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« En Toi se réjouit toute la création »

30 janvier 2020

En toi exulte, ô Pleine de grâce, toute la création : le chœur des Anges dans le ciel et les peuples de la terre; ô Temple saint du Seigneur, merveilleux jardin du Paradis et virginale gloire, dont prit chair le Dieu suprême pour devenir petit enfant, le Dieu d’avant les siècles, notre Dieu très-haut. De ton sein le Seigneur a fait son trône, il l’a rendu plus vaste que les cieux. En toi exulte, ô Pleine de grâce, toute la création : gloire à Toi.

p. Denis Guillaume, Le Spoutnik, nouveau Synecdimos, p. 303, Diaconie Apostolique, Parma, 1997


 

Kavertzas, Franghias (1647), peintre / Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris

 


Cette hymne est attribuée à Saint Jean Damascène et est insérée dans la prière d’intercession de la liturgie solennelle de Saint Basile. L’hymne est centrée sur le rôle de la création dans la glorification de Marie, thème qui ouvre et ferme le texte.

L’illustration de cet hymne en icône apparaît dans le monde grec et slave au XVe siècle. Celle du Petit Palais est de Franghias Kavertzas, peintre crétois de la première partie du XVIIe siècle. Elle est formée de deux registres : la partie supérieure évoque le monde céleste, la partie inférieure la race des hommes. Des vignettes latérales évoquent quant à elles le récit de la création du monde.

Au centre, en une composition en cercle évoquant un ostensoir, siège en trône Marie portant l’Enfant sur ses genoux. La Vierge est entourée d’Isaïe à droite et de Saint Jean Damascène à gauche. On reconnaît Adam et Ève à droite et à gauche de la tête de la Vierge. Autour de Marie se déploie en un deuxième cercle l’arbre de Jessé, soit la généalogie de Jésus et Marie remontant au roi David, fils de Jessé. L’arbre de Jessé évoque le rôle de Marie dans l’Incarnation annoncé par les prophéties. Cet arbre est lui-même entouré d’une cohorte d’anges. Ces anges se détachent sur un fond de tours et d’églises étagées évoquant la Jérusalem céleste. La voûte céleste, d’un ciel bleu-nuit étoilé, couronne cette évocation.

La partie inférieure de l’icône est quant à elle composée du peuple de Dieu, associé à la vision céleste évoquée dans la partie supérieure. La race des hommes est représentée par tous les saints, selon une façon répandue dans les grands sujets de la peinture crétoise.

Henry de Lumley, Le Symbolique, le Sacré et l’Homme. Émergence de la transcendance, p. 46-47, CNRS Éditions, Paris, 2019

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