Catéchèse, Orthodoxie, Seraphim Rose

L’âme après la mort – Appendice I

29 novembre 2020

L’enseignement orthodoxe de saint Marc d’Éphèse sur l’état des âmes après la mort

 

L’enseignement orthodoxe sur l’état des âmes après la mort est un enseignement qui n’est souvent pas complètement compris, même par les chrétiens orthodoxes; et l’enseignement latin relativement tardif du « purgatoire » a causé une confusion encore pire dans les esprits.
 

Le Jugement dernier, fin XVIe-début XVIIe siècle.

 
Pourtant la doctrine orthodoxe elle-même n’est ni ambiguë, ni imprécise. Peut-être que l’exposé le plus concis de cette doctrine se trouve dans les écrits de saint Marc d’Éphèse, par lesquels il réfuta l’enseignement latin du « purgatoire » au concile de Florence en 1439. Ces écrits nous sont particulièrement précieux en ce que venant du dernier des pères byzantins, avant l’ère moderne avec toutes ses confusions théologiques, ils nous dirigent vers   les sources de la doctrine orthodoxe et nous instruisent sur la manière d’aborder et de comprendre ces sources. Ces sources sont : L’Écriture, les homélies patristiques, les offices de l’Église, les Vies des saints et certaines révélations et visions de la vie après la mort, telles que contenues dans le Livre IV des Dialogues de saint Grégoire le Grand. De nos jours, les théologiens académiques ont tendance à ne pas faire confiance aux deux ou trois dernières   sortes de sources. C’est la raison pour laquelle ils se sentent souvent mal à l’aise en parlant de ce sujet, préférant parfois garder une « réticence agnostique » en ce qui les concerne 1

Par contre, les écrits de saint Marc d’Éphèse nous montrent combien les vrais théologiens orthodoxes se sentent « chez eux » au sein de ces sources. Ceux qui s’y sentent « mal à l’aise » révèlent peut-être par là une contamination insoupçonnée de l’incroyance moderne.

Des quatre réponses de saint Marc d’Éphèse composées sur le purgatoire au concile de Florence, la première homélie contient le compte-rendu le plus concis de la doctrine orthodoxe s’opposant spécifiquement aux erreurs latines. C’est principalement de cette homélie que la présente traduction a été tirée. Les autres réponses contiennent surtout des témoignages éclairant les points examinés ici, de même que des objections à des arguments latins plus spécifiques.

Les « Chapitres latins » auxquels saint Marc répond sont ceux du Cardinal Giuliano Cesarini 2 donnant l’enseignement latin, défini lors du concile antérieur d’union, celui de Lyon (1270), sur l’état des âmes après la mort. Cet enseignement frappe le lecteur orthodoxe (comme, en fait, il frappa saint Marc) comme étant d’un caractère   trop « littéral » et trop « juridique ». À ce moment-là, les Latins en étaient venus à considérer le Ciel et l’enfer en quelque sorte comme « finis » et « absolus », et ceux qui s’y trouvaient comme possédant la plénitude de l’état qu’ils auront après le dernier jugement. Ainsi, il n’y avait aucune nécessité de prier pour ceux qui sont au Ciel (dont le sort est déjà parfait), ni pour ceux qui se trouvent en enfer (car ils ne peuvent jamais être délivrés, ni purifiés de leurs péchés). Cependant, comme beaucoup de fidèles meurent dans un état intermédiaire, — pas assez parfaits pour le Ciel, mais pas assez mauvais pour l’enfer — la logique des arguments latins nécessitait un troisième lieu de purification (« purgatoire »). Là, même ceux dont les péchés étaient déjà pardonnés devaient être punis ou donner « satisfaction » pour leur péchés avant d’être suffisamment purifiés pour entrer au Ciel. Ces arguments « légaux » d’une justice purement humaine (qui en fait nie la suprême Bonté et l’Amour de Dieu pour l’homme), les Latins entreprirent de les étayer par des interprétations littérales de certains textes patristiques et de diverses visions. Presque toutes ces interprétations sont forcées et arbitraires, parce que même les anciens pères latins n’ont jamais parlé d’un endroit appelé « purgatoire », mais seulement de la « purification » des péchés après la mort, à laquelle certains font référence comme étant obtenue par le « feu », (probablement par allégorie).

Selon la doctrine orthodoxe, par contre, enseignée par saint Marc, les fidèles qui sont morts avec de petits péchés non confessés, ou qui n’ont pas produit de fruits du repentir pour les péchés confessés, sont purifiés de leurs fautes, soit par l’épreuve de la mort elle-même avec ses frayeurs, soit après la mort, quand ils sont retenus (mais temporairement seulement) en enfer, par les prières et les Liturgies de l’Église, ainsi que par les bonnes actions accomplies pour eux par les fidèles. Par ces moyens également, on peut donner un certain soulagement même aux pécheurs destinés au tourment éternel de l’enfer. Toutefois, il n’y a pas de feu qui tourmente les pécheurs actuellement, ni en enfer (le feu éternel ne commencera à les tourmenter qu’après le Dernier Jugement) et encore moins dans un prétendu troisième lieu dit « purgatoire ». Les visions de feu perçues par des hommes sont pour ainsi dire des images, ou des prophéties de ce qui adviendra au temps à venir. Tout pardon de péchés après la mort procède uniquement de la Bonté de Dieu, qui s’étend même à ceux qui sont en enfer, avec la coopération des prières des hommes, et aucun « paiement », aucune « satisfaction » ne sont dûs pour les péchés qui ont été pardonnés.

Il faut remarquer que les écrits de saint Marc d’Éphèse concernent en premier lieu le sujet précis de l’état des âmes après la mort. Ils abordent à peine l’histoire des événements qui arrivent à l’âme immédiatement après la mort. Sur ce dernier point, il existe une abondante littérature orthodoxe, mais il n’a pas été débattu à Florence.

Toutes les notes ont été ajoutées par les traducteurs.

Mileseva. Les myrrhophores, détail

 

Première homélie de saint Marc d’Éphèse

 

Réfutation des chapitres latins concernant le feu du purgatoire

 

Autant qu’il nous est demandé, en préservant notre orthodoxie et les dogmes de l’Église transmis par les pères, nous répondrons avec amour à ce que vous avez dit. En règle générale nous citerons d’abord chacun des arguments et témoignages que vous avez mis en avant par écrit, de façon à faire suivre notre réponse brièvement et clairement.

 

1. Ainsi, au début de votre rapport, vous parlez ainsi :

si ceux qui se repentent véritablement ont quitté la terre en état d’amour (pour Dieu), avant d’avoir pu donner satisfaction par le moyen de fruits valables en raison de leurs transgressions ou offenses, leur âme se trouve purifiée après la mort au moyen des souffrances du purgatoire. Toutefois, pour le soulagement (ou la ‹délivrance›) de ces souffrances, ils sont aidés par la compassion manifestée à leur égard par les fidèles vivants et ce, par leurs prières, leurs aumônes, les liturgies célébrées et autres pratiques de piété .

 

À cela nous répondons : En ce qui concerne ceux qui sont entrés dans le repos en confessant la foi, nous croyons qu’ils sont, sans aucun doute, aidés par les liturgies, les prières et les aumônes faites à leur intention, puisque cette coutume est en vigueur depuis l’antiquité. Il existe à ce sujet une multitude de témoignages d’expressions nombreuses et variées de la part    des docteurs latins autant que grecs. Ces témoignages oraux et écrits ont été relevés à différents endroits et au cours de différentes périodes.

Mais, que les âmes soient délivrées grâce à une certaine souffrance purificatrice et un    feu temporaire, qui posséderaient un tel pouvoir et auraient la nature d’un secours, cela nous ne le trouvons ni dans les saintes Écritures, ni dans les prières et hymnes pour les morts, ni dans les paroles des docteurs.

Par contre, nous avons reçu que même les âmes qui sont retenues en enfer — et déjà livrées aux tourments éternels, soit en réalité par expérience, soit en une perspective sans espoir — peuvent être aidées et recevoir un petit secours, bien que ce ne soit pas dans le sens d’une délivrance complète du tourment, ni d’un espoir en une délivrance finale.

Ceci est démontré par les paroles du grand ascète saint Macaire l’Égyptien, qui, trouvant un crâne dans le désert, fut enseigné par lui à ce sujet, grâce à l’action de la Puissance divine.

L’abbé Macaire a dit : « Marchant un jour dans le désert, je trouvai une tête de mort, gisant sur le sol. Comme je la remuais avec mon bâton de palmier, la tête me parla. Je lui dis : ‹ Toi, qui es-tu ? › La tête me répondit : ‹ J’étais grand prêtre des idoles et des païens demeurant en ce lieu ; mais toi, tu es Macaire, le porteur de l’Esprit. Quelle que soit l’heure où tu es ému de pitié pour ceux qui sont dans le châtiment et où tu pries pour eux, ils sont un peu soulagés. › Le vieillard lui dit : ‹ Quel est le soulagement et quel est le châtiment ? › La tête lui dit : ‹ Autant le ciel est éloigné de la terre [Is LV.9], autant il y a le feu au-dessous de nous, nous-mêmes nous trouvant dans le feu, des pieds jusqu’à la tête. Et nul ne peut en voir un autre face à face, mais la face de chacun est collée au dos d’un autre. Lors donc que tu pries pour nous, chacun peut voir un peu la face de l’autre. Tel est le soulagement. › Et le vieillard dit en pleurant : ‹ Malheur au jour où l’homme est né ! › Le vieillard lui dit : ‹ Y a-t-il un autre supplice pire que celui-là ? › La tête lui dit : ‹ Il y a un supplice plus grand en dessous de nous. › Le vieillard lui dit : ‹ Et qui sont ceux qui s’y trouvent ? › La tête lui dit : ‹ Nous qui n’avons pas connu Dieu, nous bénéficions d’un peu de pitié ; mais ceux qui ont connu Dieu et l’ont renié, sont au-dessous de nous. ›. Alors le vieillard, prenant la tête, l’enterra. 3

Et saint Basile le Grand, dans les prières lues à genoux le jour de la Pentecôte, écrit littéralement ce qui suit : « De même Toi qui, à l’occasion de cette fête toute parfaite et salvatrice, daignes accepter les prières propitiatoires pour les captifs de l’enfer, nous gratifiant d’un grand espoir d’amélioration pour ceux qui sont prisonniers des souillures qui les ont enjôlés, veuille bien faire descendre sur eux ta Consolation » 4

Mais si des âmes ont quitté cette vie dans la foi et l’amour, tout en emportant cependant avec elles quelques péchés, — soit de petits péchés pour lesquels elles ne se sont pas repenties du tout, soit des péchés graves pour lesquels — bien qu’elles s’en soient repenties — elles n’entreprirent pas de montrer des fruits de repentance : de telles âmes, nous le croyons, doivent être purifiées de ce genre de péchés, mais non au moyen de quelque feu de purgatoire ou d’une punition précise en un certain endroit (car ceci, nous l’avons déjà dit, ne nous fut absolument pas transmis). Parmi ces âmes, certaines doivent être purifiées simplement lors de leur départ même du corps, grâce aux frayeurs de la mort, comme l’indique saint Grégoire le Grand dans ses Dialogues (Livre IV), tandis que d’autres doivent être purifiées après le départ du corps, soit en demeurant dans le même endroit terrestre, avant de venir adorer Dieu et d’être honorées avec l’ensemble des bénis, soit — si leurs péchés sont plus graves et les retiennent pour une plus grande durée — en étant maintenues en enfer, non de manière à y demeurer pour toujours dans le feu et les tourments, mais comme en y étant emprisonnées, détenues et sous garde.
 

L’église en bois saint Jean Baptiste, village de Românești

L’église en bois saint Jean Baptiste, village de Românești, département de Timiș

 
Toutes ces âmes, nous l’affirmons, reçoivent du secours grâce aux prières et liturgies faites à leur intention, avec la coopération de la divine Bonté pleine d’amour pour le genre humain. Cette divine coopération accorde immédiatement la rémission de certains péchés, ceux commis par faiblesse humaine, comme le dit saint Denys l’Aréopagite dans son livre de la Hiérarchie céleste , tandis que pour d’autres péchés, après un certain temps, par de justes jugements, elle les remet et pardonne — et cela complètement —,    ou bien en allège la responsabilité jusqu’au Dernier Jugement. En conséquence, nous ne voyons aucune nécessité d’une autre punition quelconque ou d’un feu purificateur, puisque certains pécheurs sont purifiés par la peur, alors que d’autres sont dévorés par la douleur lancinante de leur conscience avec plus de tourments qu’un feu ne pourrait en procurer ; d’autres encore sont purifiés par la grande frayeur éprouvée devant la divine Gloire et l’incertitude de ce que sera le futur. L’expérience montre que cela tourmente et punit beaucoup plus qu’autre chose, et saint Jean Chrysostome en témoigne dans presque toutes ou du moins la plupart de ses homélies morales, qui l’affirment, de même que l’homélie Sur la conscience… du saint ascète Dorothée.
 
2. Nous implorons donc Dieu avec foi de délivrer (de l’éternel tourment) ceux qui sont partis et non pas d’un autre tourment ou feu autres que ceux qui ont été proclamés éternels. En outre, nous croyons que les âmes des disparus sont délivrées, par la prière, de la détention en enfer comme d’une prison. De tout cela témoigne, parmi tant d’autres, Théophane le Confesseur, appelé aussi le Marqué (à cause des paroles de son témoignage pour l’icône du Christ, paroles écrites sur son front, et il scella son témoignage par son sang). Dans un des canons pour ceux qui sont entrés dans le repos, il prie ainsi : « Délivre, ô Sauveur, tes esclaves qui sont dans l’enfer des larmes et des soupirs ».

Entendez-vous, il dit « des larmes et des soupirs ». Il ne parle d’aucun autre genre de punition, ni de feu purgatoire. Et si l’on retrouve dans ces hymnes et prières quelque allusion au feu, elle ne concerne pas un feu temporaire ayant une puissance purificatrice, mais plutôt le feu éternel, cette punition incessante. Les saints, émus d’amour pour les hommes, et de compassion pour leurs concitoyens, osant et souhaitant ce qui est presque impossible, prient pour la délivrance de tous ceux qui sont partis dans la foi. Ainsi en témoigne saint Théodore le Studite, qui écrit tout au début de son canon pour les disparus : « Implorons tous le Christ, en commémorant aujourd’hui tous ceux qui sont morts depuis le début des temps. Qu’Il daigne délivrer du feu éternel tous ceux qui sont partis dans la foi et l’espoir de la vie éternelle » (Triode du Carême, canon du samedi du Carnaval, ode 1). Et ensuite, dans un autre tropaire de l’ode 5 du canon, il dit : « Délivre, ô notre Sauveur, tous ceux qui sont morts dans la foi, du feu qui brûle éternellement, et des ténèbres sans lumière, des grincements de dents, du ver qui tourmente éternellement et de tout tourment ».

Où est ici le « feu du purgatoire » ? S’il existait, ne serait-ce pas ici l’endroit le plus approprié pour le saint d’en parler ? Il ne nous appartient pas de chercher à savoir si les saints sont entendus de Dieu lorsqu’ils prient pour cela. Mais mus comme ils l’étaient par l’Esprit qui demeurait en eux et qui le savait, ils le savaient eux-mêmes, et ils parlaient et écrivaient alors en vertu de cette connaissance ; et le savait pareillement le Seigneur Christ, Lui qui nous donna le commandement de prier pour nos ennemis, et qui priait Lui-même pour ceux qui Le crucifiaient, inspirant au premier martyr Étienne, lorsqu’on le lapidait à mort, à faire de même. Et bien qu’il     y en ait qui disent que, lorsque nous prions pour de telles personnes, nous ne sommes pas entendus, nous ferons cependant tout ce qui est en notre pouvoir. Et certains saints, qui priaient non seulement pour les croyants, mais même pour les impies, furent entendus, et par leurs prières, ils les sauvèrent du tourment éternel, comme par exemple la première martyre Thècle sauva Falconilla, et le divin Grégoire le Dialogue sauva l’empereur Trajan, comme il est rapporté.

Ce dernier incident est relaté dans certaines des premières vies de saint Grégoire

« Saint Grégoire passant par la place de Trajan, que ce Prince avait fait orner de superbes édifices, où les principales actions de sa vie étaient représentées, il s’arrêta particulièrement à considérer un bas-relief, dans lequel on voyait ce qu’il fit en faveur d’une pauvre veuve. Cet Empereur marchant à la tête de son armée et étant obligé de faire grande diligence, ne veuve bien âgée et fort pauvre vint le prier les larmes aux yeux de venger la mort de son fils, qui avait été tué. Trajan lui promit qu’au retour de son expédition il lui ferait justice. Mais, repartit la veuve, si vous êtes tué dans le combat, de qui, Seigneur, pourrai-je après cela l’attendre? De mon successeur, répliqua Trajan. Que vous servira-t-il, grand Empereur, qu’un autre que vous me rende justice, répondit cette femme? Ne vaut-il pas mieux que vous vous acquittiez de cette bonne action, que de la laisser faire à un autre? On dit qu’alors l’Empereur touché des larmes de cette pauvre mère et forcé par ses raisons, descendit de cheval, fit venir ceux qu’on accusait d’avoir tué le fils de la veuve, prit une exacte connaissance de toute cette affaire et quoique les principaux officiers de son armée le pressaient fort, il ne voulut point continuer sa marche qu’il ne l’eût terminée. Il fait payer à la veuve une somme considérable et donna néanmoins la vie aux criminels. Saint Grégoire, dit-on, touché de cette action de justice et de charité, pria Dieu avec bien des larmes et des gémissements de faire miséricorde à cet Empereur. Etant allé de là prier au tombeau de saint Pierre, il y répandit encore beaucoup de larmes et il y demeura longtemps en prières sur le même sujet. Enfin il connut peu de temps après qu’il n’avait pas prié inutilement; car s’étant endormi d’un sommeil plutôt extatique que naturel, Dieu lui révéla qu’il avait été exaucé. Mais en même temps il lui ordonna de ne faire plus de prières, pour des personnes qui seraient mortes sans avoir reçu le baptême.» 5

 

[Puisque l’Église ne propose pas de prière publique pour les non-croyants décédés, il est évident que cette délivrance de l’enfer fut le fruit de la prière personnelle de saint Grégoire. Bien que ce soit un événement rare, cela donne de l’espoir à ceux qui ont des êtres chers qui sont morts en dehors de la foi.]

 

(Le chapitre 3 démontre que l’Église prie aussi pour ceux qui jouissent déjà d’une béatitude avec Dieu — et qui, bien sûr, n’ont pas besoin de traverser le « feu du purgatoire »).
4. Après cela, un peu plus loin, vous désiriez prouver le dogme susdit du feu purgatoire, d’abord en citant ce qui est écrit dans le Livre des Macchabées : C’est donc une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés [II Macchabées XII.46], puis, en prenant de l’évangile de Matthieu le passage où le Sauveur déclare que quiconque aura parlé contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné; mais si quelqu’un aura parlé contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle, ni dans le siècle à venir. [Mt 12,32] vous dites que d’après cela on peut voir qu’il y a une rémission des péchés dans la vie future.

Soit, mais l’idée du feu purgatoire n’en découle pas du tout, et c’est plus clair que le soleil ; car qu’est-ce qu’il y a de commun entre la rémission d’une part et la purification par le feu et la punition d’autre part ? Car si la rémission des péchés est accomplie à cause des prières, ou simplement par l’amour de Dieu pour l’homme, il n’y a besoin ni de punition, ni de purification (par le feu). Mais si la punition et la purification sont également établies (par Dieu)… alors, semblerait-il, les prières (pour les morts) sont accomplies en vain, et vainement chantons-nous l’amour de Dieu pour l’homme. Ainsi, ces citations sont moins une preuve de l’existence du feu du purgatoire qu’une réfutation de celle-ci : car la rémission des péchés de ceux qui ont transgressé est présentée en elles comme le résultat d’une autorité royale et d’un amour pour l’homme assurés, et non comme une délivrance d’une punition ou d’une purification.
 
5. Troisièmement, (prenons) le passage de la première épître du bienheureux Paul aux Corinthiens, dans lequel, au sujet de la construction sur la fondation qui est Christ, il parle

de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, de la paille, l’œuvre du chacun sera manifestée; car le jour du Seigneur la fera connaître, parce qu’elle se révélera dans le feu, et que le feu prouvera ce que vaut l’œuvre de chacun. Si l’œuvre bâtie par quelqu’un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense. Si l’œuvre de quelqu’un est brûlée, il en subira la perte; cependant il sera lui-même sauvé, mais comme à travers le feu. [I Cor III.12-15].

Il semblerait que cette citation, plus que toute autre, introduit l’idée du feu du purgatoire ; mais en réalité, elle la réfute plus que toute autre.

Premièrement, l’Apôtre divin l’appela (ce feu) non pas purificateur, mais examinateur ; ensuite il déclara que les œuvres bonnes et honorables doivent aussi passer par lui, et celles-ci, il est clair qu’elles n’ont besoin d’aucune purification ; puis il dit que ceux qui apportent des œuvres mauvaises, après que ces œuvres sont brûlées, subissent une perte, tandis que ceux qui sont en train d’être purifiés ne souffrent aucune perte, mais acquièrent encore plus ; après, il dit que cela aura lieu en « ce jour », à savoir au jour du Jugement et de l’âge futur, alors que supposer l’existence d’un feu purificateur après ce redoutable Avènement du Juge et la sentence finale — n’est-ce pas une absurdité totale ? Car l’Écriture sainte ne nous transmet rien de la sorte, et    Celui qui nous jugera dit : et ceux-ci iront au supplice éternel, mais les justes à la vie éternelle. [Mt XXV.46], et encore : ceux qui auront fait le bien en sortiront pour la résurrection de la vie; mais ceux qui auront fait le mal en sortiront pour la résurrection du jugement. [Jn V.29]. Il ne reste donc aucune sorte d’endroit intermédiaire, mais après avoir divisé tous ceux qui sont à juger en deux parts, plaçant les uns à sa droite, les autres à sa gauche, et appelant les premiers des brebis et les seconds des boucs — le Seigneur n’a pas dit du tout que certains devaient être purifiés par ce feu. Il semblerait que le feu dont parle l’Apôtre soit le même que celui dont parle le prophète David : Le feu s’enflammera en Sa présence, et une tempête violente L’environnera [Ps XLIX.3], et encore : Le feu marche devant Lui, et embrase autour de Lui Ses ennemis. [Ps XCVI.3] Le prophète Daniel parle aussi de ce feu : Un fleuve de feu, rapide, sortait de devant Sa Face [Dn VII.10].

Comme les saints n’apportent aucune œuvre mauvaise ni souillure avec eux, ce feu les manifeste encore plus brillants, comme l’or éprouvé dans le feu, ou comme l’amiante, qui, comme on le rapporte, placée dans le feu, apparaît comme carbonisée, mais sortie du feu, elle apparaît encore plus propre, comme lavée avec de l’eau, comme l’étaient aussi les corps des trois adolescents dans la fournaise de Babylone. Les pécheurs cependant, qui apportent du mauvais avec eux, sont saisis comme une matière adéquate à ce feu, et sont immédiatement enflammés par lui, et leur « œuvre », c’est-à-dire leur mauvaise disposition ou leurs actes de méchanceté, est brûlée et détruite complètement, et ils sont privés de ce qu’ils apportèrent avec eux, c’est-à-dire privés de leur fardeau de méchanceté, tandis qu’eux-mêmes sont « sauvés » — c’est-à-dire, préservés et gardés pour toujours, afin de ne pas être sujets à destruction ensemble avec leur méchanceté.

 

6. Le divin père Chrysostome aussi (celui que nous appelons les « lèvres de Paul », tout comme ce dernier est appelé les « lèvres du Christ ») considère nécessaire de faire une telle interprétation de ce passage dans son commentaire sur l’épître 6 ; et Paul parle par Chrysostome, comme cela fut révélé grâce à la vision de Proclu, son disciple et son successeur.

[Il aimait surtout à lire saint Paul. Il exprimait si souvent et si haut son admiration pour lui, il l’expliquait avec tant de supériorité, et il s’était tellement pénétré de son génie et de son âme, qu’ainsi que nous l’avons dit, l’opinion s’était accréditée dans le peuple que Paul visitait souvent sous une forme visible son éloquent commentateur et lui découvrait lui-même le sens caché de ses écrits. Proclus, qui fut le secrétaire de Jean et plus tard son successeur, prétendait avoir vu l’apôtre dans le cabinet du pontife travaillant avec lui de longues heures, l’un dictant, l’autre écrivant. Lorsqu’au milieu d’une improvisation, le nom de Paul venait à se poser sur les lèvres de l’orateur, il lui faisait tout oublier; inspiré, transfiguré, l’admiration l’emportait sur ses ailes au plus haut des cieux. 7

Saint Chrysostome consacra un traité spécial à ce seul passage, afin que les origénistes ne citent pas ces paroles de l’Apôtre en guise de confirmation de leur façon de penser (qui, semblerait-il, leur convient plus à eux qu’à vous), et ne nuisent à l’Église par l’introduction en son sein de l’idée d’une fin au tourment de l’enfer et d’une restauration finale (apocatastasis) des pécheurs. Car l’expression que le pécheur est sauvé comme à travers le feu signifie qu’il restera tourmenté par le feu et ne sera pas détruit ensemble avec ses œuvres mauvaises et sa mauvaise disposition de l’âme.

Basile le Grand en parle aussi dans les Morales, en interprétant le passage de l’Écriture,

la voix du Seigneur fait jaillir des flammes de feu [Ps XXVIII.7] : « Le Psalmiste veut parler […] du feu préparé pour le châtiment du démon et de ses anges, et […] il indique prophétiquement que ce feu sera un jour partagé par la voix de Dieu, de telle sorte que, comme il y a deux propriétés dans le feu, celle de brûler et celle d’éclairer, son activité dévorante soit réservée d’avance à ceux qui méritent de brûler, tandis que son éclat et sa splendeur seront le partage et la joie des bienheureux. Ainsi la voix du Seigneur partage la flamme du feu et sépare les deux qualités essentielles de cet élément, afin que le feu du châtiment reste sans splendeur et que celui de la récompense ne puisse plus brûler. » 8

Et ainsi, comme on peut le voir, cette division et cette séparation de ce feu se produiront lorsque tous passeront par lui : ainsi, les œuvres claires et brillantes seront manifestées comme encore plus lumineuses, et ceux qui les apportent deviendront héritiers de la lumière et recevront une récompense éternelle ; tandis que ceux qui apportent des œuvres mauvaises, faites pour être brûlées, étant punis par leur perte, resteront éternellement dans le feu et seront héritiers d’un salut qui est pire que la perdition, car c’est ce que signifie, strictement parlant, le mot sauvé — que le pouvoir destructeur du feu ne leur sera pas appliqué et qu’eux-mêmes ne seront pas complètement détruits. Suivant ces pères, bien d’autres de nos docteurs comprirent ce passage dans le même sens. Et quiconque l’a interprété dans un sens différent et a entendu par « sauvé » :

« délivré de la punition », et « passage par le feu » : « purgatoire » — celui-là, si nous osons nous exprimer de la sorte, comprend ce passage d’une manière complètement incorrecte. Et ce n’est pas surprenant, car il est un homme, et beaucoup parmi les docteurs eux-mêmes interprètent des passages de l’Écriture de différentes façons, et tous n’ont pas atteint le sens précis à un degré égal. Il n’est pas possible que le même texte, transmis avec des interprétations diverses, corresponde à un degré égal à toutes ses interprétations ; mais nous, choisissant parmi elles les plus importantes et celles qui correspondent le mieux aux dogmes de l’Église, devons mettre les autres en seconde place. Par conséquent, nous n’allons pas dévier de l’interprétation citée ci — dessus des paroles de l’Apôtre, même si Augustin ou Grégoire le Dialogue ou un autre de vos docteurs donnait une telle interprétation ; car une telle interprétation répond moins à l’idée d’un feu temporaire de purgatoire qu’à l’enseignement d’Origène, qui, parlant d’une restauration finale des âmes par ce feu et d’une délivrance du tourment, fut interdit et anathématisé par le cinquième Concile œcuménique, et irrévocablement renversé comme une impiété commune pour l’Église.

[Dans les chapitres VII-XII, saint Marc répond à des objections levées par des citations des œuvres du bienheureux Augustin, de saint Ambroise, de saint Grégoire le Dialogue, de saint Basile le Grand et d’autres pères, montrant qu’ils ont été mal interprétés ou peut-être mal cités   et que ces pères enseignent bien la doctrine orthodoxe en réalité, sinon, leur enseignement ne doit pas être accepté. Plus loin, il démontre que Grégoire de Nysse ne parle pas du tout de purgatoire, mais qu’il soutient une erreur bien pire, celle d’Origène, affirmant qu’il y aura une fin des flammes éternelles de l’enfer — bien qu’il soit possible que ces idées fussent placées dans ses écrits plus tard par des origénistes].
13. Et finalement vous dites :

« La vérité susmentionnée est évidente d’après la Justice divine, qui ne laisse pas impuni quelque chose qui fut mal fait, et de là il s’ensuit nécessairement que pour ceux qui n’ont pas subi de punition ici-bas et ne peuvent s’en acquitter ni au Ciel ni en enfer, il reste à supposer l’existence d’un troisième endroit différent, où cette purification s’accomplit, grâce à laquelle chacun, devenu purifié, est immédiatement conduit à la jouissance céleste. »

 

À cela, nous répondons ce qui suit, et remarquez combien c’est aussi simple que juste : il est généralement reconnu que la rémission des péchés est en même temps aussi une délivrance de la punition ; car celui qui reçoit leur rémission est en même temps délivré de la punition qui leur était due. La rémission est donnée sous trois formes et à des moments différents : (1) lors du baptême ; (2) après le baptême par la conversion, le regret et la réparation (des péchés) par les bonnes œuvres dans la vie présente ; et (3) après la mort, par des prières et des bonnes œuvres et grâce à tout ce que l’Église fait pour les morts.

Donc, la première rémission des péchés n’est pas du tout liée au labeur ; elle est commune à tous et égale en honneur, comme l’éclairage de la lumière et la vision du soleil et les changements des saisons de l’année, car c’est uniquement la grâce et de nous il n’est demandé rien d’autre que la foi. Mais la deuxième rémission est pénible, comme pour celui qui de ses larmes chaque nuit baigne sa couche, et de ses pleurs arrose son lit [Ps VI.5] pour qui même les traces des coups du péché sont douloureuses, qui va en pleurant et la face contrite et imite la conversion des Ninivites et l’humilité de Manassé, lesquels obtinrent miséricorde. La troisième rémission est également douloureuse, car elle est liée à la repentance et à une conscience    contrite qui souffre de l’insuffisance du bien ; cependant, elle n’est pas du tout mêlée à une punition, si elle est une rémission des péchés : car rémission et punition ne peuvent aucunement coexister. Qui plus est, dans la première et la dernière rémission des péchés, la Grâce de Dieu a la part la plus importante, avec la coopération de la prière, et notre apport est minime. La rémission du milieu, d’un autre côté, laisse peu à la Grâce, alors que la plus grande part est due    à notre labeur. La première rémission des péchés est distincte de la dernière en ceci que la première est une rémission de tous les péchés à un degré égal, tandis que la dernière est une rémission seulement de ceux des péchés qui ne sont pas mortels et dont la personne s’est repentie durant sa vie.

Ainsi pense l’Église de Dieu, et lorsqu’elle intercède pour la rémission des péchés des âmes des défunts et croit qu’elle leur est accordée, elle ne définit comme loi aucune sorte de punition par rapport à ces âmes, sachant bien que dans de telles questions, la Bonté divine surpasse l’idée de justice.

 

Mont Athos, Ι. Ν. Πρωτάτου, Le baptême du Christ, détail.

Deuxième homélie de saint Marc d’Éphèse sur le feu du purgatoire

 

3. Nous affirmons que, pour le moment, ni les justes n’ont reçu la plénitude de leur sort bienheureux, cette condition bénie pour laquelle ils se sont préparés ici par les labeurs ; ni les pécheurs, après la mort, n’ont été conduits dans la punition éternelle dans laquelle ils seront tourmentés éternellement. Les uns et les autres devront nécessairement prendre leur place après le jugement du dernier jour et la résurrection de tous. Maintenant cependant, ils sont dans les endroits qui leur sont appropriés. Les premiers en repos absolu et libres, sont au ciel avec les anges, devant Dieu Lui-même, et déjà comme dans le paradis, duquel Adam est tombé (et dans lequel le bon larron est entré avant les autres). Ils nous rendent souvent visite dans les églises où on les vénère, ils entendent ceux qui les invoquent et prient Dieu pour eux, ayant reçu de Lui ce don suprême. À travers leurs reliques, ils font des miracles, se réjouissant de la vision de Dieu et de l’illumination envoyée par Lui, plus parfaitement et plus purement qu’auparavant lorsqu’ils étaient en vie. Les seconds, eux, étant confinés en enfer, restent dans une fosse profonde, dans des lieux ténébreux et à l’ombre de la mort [Ps LXXXVII.7], comme le dit David, et aussi Job : dans cette région ténébreuse et couverte de l’obscurité de la mort : région de misère et de ténèbres, où habite l’ombre de la mort, où il n’y a pas d’ordre, mais une éternelle horreur. [Jb X.21–22]. Les premiers demeurent dans toutes les joies, en se réjouissant, attendant déjà mais n’ayant pas encore entre leurs mains le royaume et toutes les bonnes choses ineffables qui leur ont été promises. Les seconds, au contraire, demeurent tous en prison, dans une souffrance inconsolable, tels des hommes attendant la sentence du Juge et prévoyant leurs tourments. Mais ni les premiers n’ont encore reçu l’héritage du royaume et ces bonnes choses que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a point entendu, et ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme [I Cor II.9], ni les seconds n’ont été remis aux éternels tourments, ni aux brûlures du feu inextinguible. Et cet enseignement-ci, nous l’avons reçu comme transmis par nos pères anciens, et nous pouvons facilement le démontrer par les divines Écritures elles — mêmes.
10. Ce que certains saints ont vu en visions et révélations concernant le tourment à venir des impies et des pécheurs sont des images des choses futures et pour ainsi dire de descriptions, mais non ce qui se passe déjà en réalité maintenant. Ainsi, par exemple, Daniel, décrivant le Jugement futur, dit : Je regardais, jusqu’à ce que des trônes furent placés, et l’Ancien des jours s’assit. Le jugement se tint, et les livres furent ouverts. [Dn VII.9-10], alors qu’il est clair que cela n’a pas eu lieu en réalité, mais fut révélé d’avance en esprit au prophète.
19. Quand nous examinons les témoignages que vous avez cités du livre des Macchabées et de l’évangile, en parlant simplement avec amour de la vérité, nous voyons qu’ils ne contiennent aucun témoignage de punition ou de purification quelconques, mais parlent uniquement de rémission de péchés. Vous avez fait une division étonnante, disant que chaque péché doit être compris sous deux aspects : (1) l’offense elle-même faite à Dieu, et (2) la punition qui la suit. De ces deux aspects — enseignez-vous —, l’offense à Dieu peut en effet être remise après repentance et détournement du mal, mais la charge de punition doit exister en tous les cas ; de sorte que, sur la base de cette idée, il est essentiel que ceux qui ont été délivrés des péchés doivent quand même être objets d’une punition pour eux.

Mais nous nous permettons de dire qu’une telle présentation de la question contredit des vérités claires et connues par tous : si nous n’avons jamais vu un roi qui, après avoir accordé l’amnistie et le pardon, soumet les coupables à de nouvelles punitions, alors à plus forte raison Dieu, dont les nombreux attributs en comprennent un particulièrement remarquable, qui est son amour pour l’homme, même s’Il punit bien un homme après un péché commis, Il le délivre immédiatement de la punition aussi dès le moment où Il lui a pardonné. Et c’est naturel. Car si l’offense à Dieu mène à la punition, alors quand la faute est pardonnée et la réconciliation a eu lieu, la conséquence même de la faute — la punition — se termine nécessairement.


 

Traduction de Catherine Pountney

Publié en format numérique sur le site des Vrais chrétiens orthodoxes francophones

Nous tenons à remercier l’archimandrite Cassien pour la permission de reproduire ici cet ouvrage.

 


 

 

 

  1. cf. Timothy Ware, L’Église Orthodoxe
  2. traduction russe dans Pogodin pp. 50-57
  3. Les sentences des pères du désert, collection alphabétique traduite et présentée par Dom Lucien Regnault, p.186-7, Solesmes, 1981
  4. Troisième prière vespérale à genoux
  5. Histoire de S. Grégoire le Grand, p.283-4, chez la Veuve de Louis Behourt, 1700
  6. Homélie IX sur 1 Corinthiens
  7. Saint Jean Chrysostome, Œuvres complètes traduites pour la première fois en français sous la direction de M. Jeannin, Tome premier, p.277, Sueur-Charruey, Imprimeur-Libraire-Editeur, Arras, 1887
  8. Œuvres choisies de Saint Basile le Grand, Tome I, Paris, 1846, Homélie sur le Psaume XXVIII §7. La voix du Seigneur partage la flamme du feu, p. 337

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