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Les sermons de carême du Père George Calciu – INTRODUCTION

20 octobre 2019

The Orthodox Word Jan-Feb 1982 // Vol.18 No.01 #102

Traduction: hesychia.eu

Les sermons de carême du Père George Calciu, destinés à l’origine aux séminaristes et aux étudiants orthodoxes en Roumanie, sont tout aussi appropriés pour les jeunes d’Amérique et du monde occidental en général. Ses paroles vont toucher le cœur de tout jeune éveillé ou prêt à s’éveiller à l’appel du Christ, de cette dernière génération corrompue de l’humanité.

Sculpture crucifixion / ivoire

Icône avec la crucifixion – milieu du Xème siècle

Dans les pays de l’Est dominés par les communistes, cet appel est freiné par le contrôle athée de l’éducation, de la presse et de tous les moyens d’expression publique. En Occident, la persécution ouverte de la foi en Dieu est faible, mais l’atmosphère spirituelle n’est pas aussi différente de celle de l’Est, comme cela pourrait paraître. La même incrédulité et la mondanité incessante sont martelées dans les têtes et les cœurs des jeunes occidentaux dans presque toutes les institutions et tous les médias publics; la même violence et la même rébellion perturbent les jeunes âmes qui ne connaissent pas d’autre moyen d’exprimer leur besoin et leur frustration; et la religion, bien qu’extérieurement libre, est devenue une affaire privée et subjective qui ne dirige pas la société dans son ensemble et est généralement perçue par les jeunes comme n’ayant aucun pouvoir particulier ni signification pour leurs vies. Le nom de Christ – contrairement à la situation à l’Est – peut être prononcé librement, mais il est le plus souvent associé à une religion d’un formalisme moribond ou, au mieux, de revivalisme subjectif et, au pire, d’exploitation égoïste du sentiment religieux.

Le Christ du père George Calciu est assez différent. Il appelle les cœurs souffrants, assoiffés et insatisfaits de jeunes qui pourraient croire en Christ, si seulement ils osaient, ou si seulement quelqu’un oserait Le leur prêcher, ensemble avec l’appel à l’engagement chrétien et à l’acceptation du chemin salvateur qu’Il nous a donné dans son Église.

Ces conférences ont été initialement données les mercredis soirs du Grand Carême en 1978, dans la chapelle du séminaire orthodoxe de Bucarest, où le p. George était professeur. Elles ont suscité un vif intérêt et des controverses (comme le mentionne partiellement la huitième méditation), révélant ainsi le potentiel d’un renouveau orthodoxe au sein du peuple roumain souffrant, très proche de ce qui se passe en Union soviétique, où les discours du père Dimitry Dudko ont eu un effet similaire.

La situation du père George dans l’Église roumaine (le patriarcat de l’église orthodoxe “officielle” de Roumanie) est pratiquement identique à celle du père Dimitry Dudko en Russie avant son arrestation en 1980. Il accepte l’autorité de ses évêques, mais avec énergie prêche la vérité et la justice qu’ils s’abstiennent de prêcher à cause de leur entente avec le gouvernement communiste; Ce faisant, il ne peut s’empêcher de critiquer les évêques et de remettre en question la nature même de leur coexistence avec le gouvernement. Il écrit: “S’ils (les évêques) étaient vraiment les apôtres du Christ sur le sol roumain, nous serions leurs disciples fermes. Si un seul évêque avait été à nos côtés, nous n’aurions pas contribué à la destruction de l’église d’Enea”.

Comme on pouvait s’y attendre, on n’a pas permis au père George de parler librement à la jeunesse orthodoxe de l’Église roumaine pour longtemps. Connu des prisons communistes (où il avait passé 18 ans avant d’être libéré en 1964), il fut de nouveau arrêté en mars 1979 et condamné à dix ans de prison après des longues et dures tortures. Lorsque son épouse a été autorisée à le voir en 1980, il était presque aveugle et gravement émacié, apparemment drogué et à peine capable de la reconnaître. Il a depuis été soumis à des interrogatoires périodiques et à des actes de torture, mais il ne s’est pas effondré et n’a “pas avoué”.

L’orthodoxie d’aujourd’hui, malgré les différences souvent sérieuses qui séparent un grand nombre d’Églises locales, est toujours une et une manifestation spirituelle authentique dans une église orthodoxe ne peut que toucher les croyants ailleurs. Ainsi, la voix du père George n’est pas uniquement destinée à la Roumanie. Quel jeune homme dont le cœur brûle de l’amour du Christ et de sa Vraie Église en Amérique – ou en tout autre pays où l’orthodoxie s’est enracinée et a commencé à se développer – ne sera pas ému pour son propre peuple lorsqu’il entendra le Père George dire : “Notre peuple est une moisson mûre, attendant d’être récoltée pour le Christ. Mais où sont les dignes ouvriers ? Soyez des ouvriers! Soyez des pasteurs! Et surtout, priez Dieu de donner à cette nation de bons ouvriers qui n’aimeront pas leurs parents et leurs enfants plus que Christ” “Si, dans une seule année, nous voyions un millier de prêtres être ordonnés, remplis de l’esprit de sacrifice, prêtres comme le Christ voudrait qu’ils soient, alors, dans moins d’un an, la face spirituelle de notre pays serait modifiée.”
On ne peut que prier pour que le jeune peuple orthodoxe d’Amérique, et tous ceux dont le cœur est mûr pour une véritable orthodoxie, écoutent ces messages de la part de l’âme orthodoxe qui souffre sous le joug athée et leur répondent en repoussant les attraits de ce monde décadent et prenant enfin au sérieux la foi orthodoxe qui nous est donnée ici trop facilement, marquant ainsi le début du christianisme authentique et engagé dont cette terre a si désespérément besoin.

Qu’il en soit ainsi!

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