Arsenie Boca, La foi vivante de l’église orthodoxe, La voie du Royaume, Orthodoxie, Prière, Vivre la foi ...

CE QUE DIEU CHERCHE

20 octobre 2019

Hiéromoine Arsenie Boca, Cărarea împărăției, Editura Sfintei Episcopii Ortodoxe Române a Ardealului, 2006, p.100-102

traduction: hesychia.eu

Jusqu’au jugement dernier, le salut peut être obtenu n’importe où, aussi bien sur les champs de bataille ; et même en enfer ; et il peut être perdu n’importe où, dans les monastères et au milieu des saints Apôtres, et il a été perdu même au Paradis. Le brigand, crucifié pour ses actes, a sauté de la croix au Paradis et Lucifer est tombé comme l’éclair des Cieux. L’aveugle de naissance a retrouvé la vue, a vu Dieu et Lui a parlé, et les pharisiens du temple L’ont perdu en Lui disant qu’Il était pécheur et qu’Il était possédé par un démon (Mt 9,34).

Ils demandaient un signe (Lc 11,29) et cherchaient à tuer Lazare, celui qui est ressuscité le quatrième jour des morts. La cécité du mal, s’opposant toujours à la Vérité, n’a pas de cure, mais elle a une punition. Mais le cœur brisé et broyé, Dieu ne le méprisera point. Par conséquent, face à l’orgueil, il a dit que les publicains et les pécheresses se présenteront devant les « justes » (Mt 21,31) au Royaume des Cieux et qu’il y aurait de la joie au ciel pour un pécheur qui se convertit (Lc 15,27).

 

Fragments de fresques murales de l’église des Trois Hiérarques à Iasi, Roumanie

Cette conversion est voulue par Dieu, mais il ne peut pas nous y obliger sans le concours de notre volonté. C’est pourquoi il nous transporte sur toutes sortes de chemins et nous appelle avec des instruments divers, et, si nécessaire, il nous parle avec le canon.
Ce que Dieu souhaite premièrement est notre salut ou notre conversion à Lui et à Sa demeure, même si nous continuons de vivre ici-bas. Cependant, les gens liés par l’ignorance, courts d’esprit et faibles en foi poursuivent la vie terrestre et tout leur intérêt est pour leur corps (Si 41,14).
Tant que cette forme de vie dure, les gens seront mêlés : ceux du Nouveau Testament, les fils de la grâce, et ceux de l’Ancien Testament, que la loi seulement réussit à les tenir en ordre, et les gens sans alliance, les hommes de l’iniquité et du chaos sans cure, les fils du malin.

« Celui qui aime les bonnes et les belles choses tend volontairement vers la Divine Grâce, étant guidé par la Providence à travers les raisons de la sagesse. Et celui qui n’est pas attiré par ces choses est éloigné du péché contre sa volonté — ce qui est fait par le droit Jugement, par différents moyens de punition. Le premier, c’est-à-dire celui qui est amoureux de Dieu, est déifié par la Providence, le second, c’est-à-dire celui qui est amoureux de la matière, est arrêté par le Jugement avant que la sentence soit rendue. » (Saint Maxime le Confesseur, Réponses à Thalasse)

Toute la difficulté de l’intervention auprès de ce peuple est que, dans l’étroitesse de sa vue, il s’obstine à voir et à soutenir cette vie comme un but en soi et suffisante à soi-même. Il ne veut pas dire à la « montagne » de ce monde de se lever et de se jeter à la mer, afin d’ouvrir sa vue au royaume de l’esprit. Et il suffirait d’avoir une foi aussi grande qu’une graine de pavot. Il est rare de trouver un homme qui donne un sens religieux à la mort, c’est-à-dire de l’attendre avec joie, en tant que délivrance certaine du royaume du péché. Les paroles du saint nous enseignent :

« À cause de la première faute, la loi du péché, celle du plaisir des sens, s’est infiltrée dans le corps, et pour cette raison, la mort du corps a été décidée, afin d’abolir la loi du péché. Celui qui sait que la mort est arrivée à cause du péché, pour le détruire, se réjouit constamment dans son âme en voyant l’extinction de la loi du péché dans son corps, par le biais des différentes épreuves, pour recevoir dans l’esprit l’heureuse vie future. Car il sait que cette vie éternelle ne peut être atteinte que si préalablement la loi du péché est vidée du corps, comme d’un vase, dans cette vie même.
Celui qui ne reçoit pas les événements qui le détournent de ses passions, celui-là fuit ce qu’il ne doit pas fuir. » (Saint Maxime le Confesseur, Réponses à Thalasse)

Par conséquent, tant que nous n’atteindrons pas le même avis avec Dieu sur notre vie terrestre, ainsi que sur l’autre, dans l’autre royaume, nous n’aurons pas de paix dans l’âme, ni entre nous, ni de santé dans nos corps, ni d’harmonie dans nos organisations terrestres.
Nous devons respecter la sagesse omnisciente de Dieu, qui, dans tout ce qu’elle fait, poursuit notre éclaircissement, que nous la sachions ou que nous ne la comprenions pas. Lorsque nous inclinons la tête et que nous voulons aussi ce que Dieu a voulu, nous atteindrons à ce moment la paix de l’âme, quoi qu’il nous soit donné de vivre. Car Il est le maître de la vie et de la mort, l’Univers entier Lui obéit et Il est craint en enfer « Tous les habitants de la terre ne sont rien devant lui ; il fait ce qu’il veut avec l’armée du ciel et les habitants de la terre, et personne ne peut résister à sa colère ni lui dire : Que fais-tu? » (Dn 4,32)
Lorsqu’il a voulu sauver Adam et tous les justes, il les a fait sortir de l’enfer et il peut sauver des griffes de la mort toute personne qu’Il choisit. C’est la raison pour laquelle les Pères ont dit, pour réconforter les hommes : “Même si tu étais aussi pêcheur qu’un diable, ne désespère pas du pouvoir de Dieu”, car celui qui, étant en danger de mort appellera le nom de Dieu, sera sauvé, car dans l’état où il sera trouvé par la mort il le restera pour toujours. C’est pourquoi, ne connaissant pas notre fin, nous nous devons toujours d’être en état de repentir, et d’y être comptés à jamais.

Dieu nous cherche et nous appelle, mais si nous ne voulons pas comprendre, Il commence à nous suivre avec des dangers et des épreuves.

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