Chrysostome, Fêtes de l'Église, Orthodoxie

La Nativité de Jean le Baptiste

19 octobre 2019

Prophète et Précurseur de la venue du Christ, nous ne pouvons te louer dignement, nous qui t’honorons avec amour : par ta glorieuse et vénérable nativité la stérilité d’une mère et le mutisme d’un père ont cessé, tandis qu’est annoncée au monde l’incarnation du Fils de Dieu.
[Tropaire de la Nativité de Jean le Baptiste, ton 4]

Saint Jean Baptiste - XIIe siècle

Saint Jean Baptiste – XIIe siècle

 

La Stérile de jadis enfante en ce jour le Précurseur du Christ, le dernier de tous les prophètes et le plus grand; car à celui que tous ils avaient annoncé il imposa la main dans les flots du Jourdain et du Verbe divin s’est de la sorte montré Prophète, Prédicateur en même temps que Précurseur.
[Kondakion de la Nativité de Jean le Baptiste, ton 3]

 


 

LA NATIVITE DE JEAN, LE SAINT PRECURSEUR DU SEIGNEUR

Auteur: Saint Jean Maximovitch / Traduction: hesychia.eu

The Orthodox Word, 1980, vol. 16, n° 1 (90) January – February, page 24

 

Parmi les fêtes de l’Église, il y en a trois en l’honneur des saints de Dieu qui, par leur importance, se distinguent des autres consacrées aux saints et comptent parmi les grandes fêtes de l’Église du Christ. Ces fêtes glorifient l’économie de Dieu pour notre salut.
Ces trois fêtes sont la Nativité de Saint Jean le Précurseur, sa décapitation et la fête des Saints Apôtres Pierre et Paul.
L’apparition du Saint Archange Gabriel au prêtre Zacharie dans le Temple, avec l’annonce de la naissance d’un fils de son union avec la juste Elisabeth, qui préparerait la voie du Seigneur, le Sauveur du monde, et l’accomplissement ultérieur de cette promesse, sont les premiers des événements relatés par les évangélistes.
L’annonce du saint archange Gabriel à Zacharie dans le Temple marque le début de l’Évangile du Nouveau Testament. L’annonce du même archange Gabriel six mois plus tard à Nazareth à la Vierge Marie concernant la naissance d’elle du Fils de Dieu qui devait s’incarner, est la continuation de la révélation du plan pré-éternel concernant le salut de la race humaine.
Trois mois après l’Annonciation, saint Jean le Précurseur est né “dans une ville de Juda”, et six mois après lui, le Christ lui-même est né à Bethléem.
Ces événements sont étroitement liés. “La glorieuse conception du Précurseur proclame d’avance le Roi qui doit naître d’une Vierge” (Exapostilarion, 23 septembre, Fête de la Conception de Jean le
Baptiste). L’annonce de l’Archange Gabriel au Temple, annoncée plus tard à tous ceux qui se trouvaient à proximité de Zacharie, dans le magnifique hymne qu’il a chanté après la naissance de l’enfant Jean et la restauration du don de la parole (Luc 1,67-79), est le précurseur de l’hymne angélique: “Gloire à Dieu au plus haut” qui a été chanté à Bethléem par les anges lorsqu’ils ont annoncé aux bergers la Nativité du Christ.
La Nativité de Jean-Baptiste est la première joie transmise par Dieu au genre humain, le début de sa délivrance du pouvoir du diable, du péché et de la mort éternelle.
Il est vrai que même avant le Précurseur, la Très Sainte Vierge Marie était née et que sa naissance avait également été annoncée par des anges à ses parents. Mais à cette époque, seuls ses parents étaient au courant du sort élevé qui avait été préparé pour la Vierge qui était née, et eux-mêmes n’étaient pas pleinement conscients de ce qui leur avait été annoncé à l’avance. Par conséquent, ils sont les seuls à avoir célébré la naissance de leur fille, alors que le reste du monde ne comprenait que plus tard la joie qui lui avait été annoncée par cette naissance.
C’est pour cette raison que les fêtes de la Nativité de la très sainte Theotokos et de Son entrée dans le temple ont été établies dans l’Église et ont commencé à être célébrées solennellement bien plus tard que les autres grandes fêtes, tandis que la Nativité de Jean le Précurseur est l’une des plus anciennes et plus vénérées des fêtes chrétiennes. Les sermons de cette fête sont préservés depuis les premiers siècles.
À partir du jour de la Nativité de Jean le Précurseur, la préparation de la race humaine commence pour la rencontre avec le Fils de Dieu sur la terre. Béni soit le Seigneur Dieu d’Israël ; car Il a visité et racheté son peuple. Et toi, enfant, tu seras appelé le prophète du Très Haut; car tu iras devant le Seigneur pour préparer ses voies (Luc 1 :68, 76).
Ces paroles inspirées par Dieu du prêtre Zacharie, après qu’il eut reçu le don de la parole, furent révélées dans tout le pays de Judée, provoquant des troubles chez tous ceux qui y vivaient qui se demandèrent avec étonnement:
Que sera donc cet enfant? (Luc 1: 66).
Involontairement, la pensée émerge: n’est-ce pas le Messie lui-même?
La Judée était dans un état d’attente particulièrement sensible vis-à-vis du Sauveur. Ainsi, l’enfant Jean prépara déjà la voie du Seigneur par sa naissance même; et alors même qu’il était encore dans le ventre de sa mère, par son bond (Luc 1: 41), il annonçait la naissance prochaine de l’enfant Jésus, comme s’il criait: “Christ est né, donnez-vous gloire. Christ vient du ciel, rencontrez-le “(Irmos, Cantique Une des canons, fête de la Nativité du Christ).
Étant né exactement six mois avant Jésus-Christ, Jean le Précurseur, par le moment même de sa naissance, décrivit sa mission de préparer la voie du Seigneur. Il est né au moment de l’année (24 juin), lorsque le jour commence à raccourcir après le solstice d’été, alors que la Nativité du Christ a lieu (le 25 décembre) lorsque le jour commence à s’allonger après le solstice d’hiver. Ces faits mêmes sont une concrétisation des paroles prononcées plus tard par le Précurseur, après le début de la prédication du Christ: Il faut qu’Il grandisse, et que moi, je diminue (Jean 3:30).
“Le héraut du soleil, le précurseur” a été Jean-Baptiste, qui ressemblait à l’étoile du matin qui annonce le lever du soleil de justice à l’Orient.
De même que l’événement même de la Nativité de Jean-Baptiste était l’antichambre de la Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ, de même la fête de la Nativité de Jean le Précurseur est l’antichambre de la fête de la Nativité de Christ. “L’étoile des étoiles, le Précurseur, est née aujourd’hui sur la terre d’une femme stérile, Jean, le bien-aimé de Dieu, et a manifesté l’aurore du Christ, l’Orient d’en haut” (Gloire aux laudes de la fête, 24 juin).
“Toute la création se réjouit de ta nativité divine; car tu as été montré comme un ange terrestre, ô précurseur et homme céleste, nous annonçant le Dieu du ciel incarné” (Cantique Cinq du Canon). “Prophète et Précurseur de la venue du Christ, nous ne pouvons te louer dignement, nous qui t’honorons avec amour : par ta glorieuse et vénérable nativité la stérilité d’une mère et le mutisme d’un père ont cessé, tandis qu’est annoncée au monde l’incarnation du Fils de Dieu “(Tropaire de la fête).


 

Le baptême de notre Seigneur

 


 

COMMENTAIRE SUR L’ÉVANGILE SELON SAINT JEAN – HOMÉLIE XVII

Auteur: St. Jean Chrysostome / Traduction sous la Direction de M. JEANNIN

TRADUCTION FRANÇAISE DES OEUVRES COMPLETES DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME – TOME HUITIÈME

 

C’est un grand bien de parler hardiment et avec une entière liberté ; de mépriser tout, quand il s’agit de confesser Jésus-Christ : ce bien est si grand et si admirable, que le Fils unique de Dieu fera lui-même l’éloge de celui qui l’aura ainsi confessé devant les hommes. Et certes, il n’y a point de proportion dans la récompense. Vous le confessez et le reconnaissez sur la terre, et lui vous reconnaîtra dans le ciel (Matth. X, 32) : vous le reconnaissez devant les hommes, et lui vous reconnaîtra devant son Père et devant tous les anges. Tel était Jean-Baptiste: il ne regardait ni à la multitude, ni à la gloire, ni à quoi que ce soit; mais toutes ces choses, il les foulait aux pieds, et, avec cette liberté qui convenait à son ministère, il prêchait Jésus-Christ devant tout le mondé. Car, si l’évangéliste marque le lieu où Jean prêchait, c’est pour montrer la liberté avec laquelle ce héraut faisait tonner et retentir sa voix. Ce n’est point dans sa maison, ni dans un coin reculé, ni dans le fond d’un désert, mais c’est sur les bords du Jourdain, au milieu d’une multitude d’hommes, et en présence de tous ceux qu’il baptisait; car les Juifs y étaient : c’est là, dis-je, qu’il fit cette admirable confession, pleine d’une très-grande, très-profonde et très-sublime doctrine, par où il déclara qu’il n’était pas digne lui-même de dénouer les cordons des souliers de Jésus-Christ !
[…]
Mais quoi ! est-ce que sans le baptême de Jean, on ne pouvait ni prêcher, ni attirer le peuple? Je réponds que cela n’eût pas été si facile. Si le baptême n’eût pas accompagné la prédication, tous n’auraient pas accouru de même, et ils n’auraient point connu la prééminence d’un baptême sur l’autre, sans en faire la comparaison. Si le peuple sortait des villes, ce n’était point pour aller entendre la prédication de Jean-Baptiste. Pourquoi donc? Afin que, confessant leurs péchés, ils fussent baptisés. Mais, une fois arrivés, ils apprenaient à connaître Jésus-Christ, et aussi la différence des baptêmes : le baptême de Jean était plus excellent que celui des Juifs, et voilà pourquoi tous y accouraient, mais cependant ce baptême était lui-même imparfait.
[…]
Or, voici que Jean dit lui-même que s’il est venu, c’était afin que Jésus fût connu dans Israël, et c’est pour cela aussi qu’il disait : « C’est moi qui dois être baptisé par vous ». Ensuite, comme le connaissant mieux, il l’annonce au peuple, en disant : « C’est celui-là même de qui j’ai dit : Il vient a après moi un homme qui est avant moi, et qui m’a envoyé baptiser dans l’eau ». Il a envoyé Jean pour se faire connaître dans Israël, et lui-même s’est révélé à Jean avant la descente du Saint-Esprit. Voilà pourquoi celui-ci disait avant que Jésus fût venu à lui : « Celui qui est avant moi vient après moi ». Jean ne le connaissait donc pas avant qu’il vînt auprès du Jourdain, et qu’il baptisât tout le peuple mais il le connaissait quand il vint pour se faire baptiser. Le Père lui-même le révéla au prophète, et le Saint-Esprit le fit connaître aux Juifs pendant qu’on le baptisait. Car c’est pour eux que le Saint-Esprit descendit. En effet, de peur qu’on ne méprisât le témoignage de Jean, qui disait : « Il est avant moi », et: « Il baptise dans le Saint-Esprit », et : « Il jugera le monde » ; le Père annonçant son Fils fit entendre sa voix; le Saint-Esprit vint, qui fit tomber cette voix sur la tête de Jésus-Christ. Comme Jean baptisait, comme Jésus était baptisé, quelqu’un de ceux qui étaient présents aurait pu croire que c’était à Jean que s’appliquaient ces paroles; le Saint-Esprit vint ôter ce soupçon.

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