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Guide de la vie orthodoxe Quelques croyances, coutumes et traditions de l’Église – II

23 décembre 2019

Père David Cownie et Presbytéra Juliana Cownie, A Guide to Orthodox Life. Some beliefs, customs, and traditions of the Church. Second Edition, California, 1996

traduction: hesychia.eu

Les convenances à l’église

 

L’Église est le paradis terrestre dans lequel le Dieu céleste demeure et agit.

Saint Germain de Constantinople, Histoire ecclésiale et Contemplation mystique

Une église orthodoxe est cette partie de la création de Dieu qui a été séparée et récupérée pour le Royaume de Dieu. Entre ses murs, les royaumes céleste et terrestre se rencontrent, hors du temps, dans les actes de célébration et de sacrifice offerts à Dieu. Les anges assistent le prêtre pendant la Divine Liturgie et les saints et les membres de l’Église triomphante participent aux offices. La bienheureuse Theotokos, la mère de Dieu, est également présente et, bien sûr, notre Seigneur Jésus-Christ est présent de manière invisible chaque fois que deux ou trois personnes se réunissent en son nom • [Mt 18,19-20], tout comme il est toujours présent dans l’Eucharistie conservée sur la Sainte Table de la plupart des Églises orthodoxes.

Compte tenu de l’importance de ces réalités spirituelles, nous devrions toujours nous approcher d’une église orthodoxe avec la plus profonde attitude de vénération. Même lorsque nous passons à côté d’une église orthodoxe à pied ou en voiture, nous faisons le signe de la croix afin de montrer notre respect pour la présence de Dieu dans celle-ci. Il est en effet impensable que nous puissions passer devant une église orthodoxe sans manifester notre vénération. Par conséquent, il est évident que nous devons aborder notre rencontre avec le royaume céleste pendant les Offices divins avec une préparation minutieuse et appropriée.
Lors de la préparation pour l’Église, nous devrions toujours nous vêtir comme pour une visite chez un important dignitaire. Après tout, nous sommes sur le point d’entrer dans la présence de Dieu même. Par conséquent, les vêtements décontractés ne sont pas appropriés. Par exemple, pantalons courts ne devraient jamais être portés dans une église orthodoxe par aucun de deux sexes, quelles que soient les circonstances. Les hommes devraient normalement porter un costume et une cravate. Les femmes doivent porter des robes ou des jupes et doivent toujours se couvrir la tête. Le style et la couleur des vêtements portés par les chrétiens orthodoxes doivent être modérés et sans exubérance, en particulier lors de la fréquentation de l’église. Chez les hommes, les chemises doivent être boutonnées jusqu’au cou. Les vêtements étroits, les hauts sans manches et les blouses criardes doivent être évités, car ils sont totalement inappropriés pour les chrétiens. En fait, la règle générale pour une tenue correcte à l’intérieur et à l’extérieur de l’église est la suivante : évitez de porter quoi que ce soit qui attirerait l’attention sur vous-même. Cela inclut les bijoux, le maquillage, l’usage ostentatoire de parfums (ou d’eau de Cologne pour hommes) et les chapeaux extravagants. Lorsque nous entrons dans une église, nous devrions toujours nous efforcer d’avoir une attitude semblable à celle du publicain humble. Ainsi, tout ce qui, dans notre apparence, serait en conflit avec une attitude d’humble piété devrait être considéré comme inapproprié.

L’église en bois saint Jean Baptiste, village de Românești

L’église en bois saint Jean Baptiste, village de Românești, département de Timiș

Lorsque nous arrivons à l’église pour les offices, nous devrions chercher à arriver quelques minutes avant le début de la Célébration, afin de nous préparer et de purifier notre esprit. Dans certaines églises, et spécialement dans les communautés de vieux-croyants, on enlève ses chaussures avant d’entrer dans l’église. Ceci est, bien sûr, irréalisable dans les grandes églises et, donc, malheureusement, la coutume — une habitude toujours suivie par les musulmans et héritée de leurs ancêtres chrétiens — a presque disparu dans les pays orthodoxes. Mais le sens symbolique du fait de retirer nos chaussures, dans une tentative de garder la saleté de ce monde à l’extérieur de l’Église, nous rappelle que, plus important encore, nous ne devons pas emporter nos pensées impures dans les Offices divins. En entrant dans l’église, après nous être signés en nous approchant du bâtiment, nous vénérons normalement l’icône centrale du Narthex avec trois prosternations. Pour ce faire, faites le signe de croix deux fois en vous courbant et touchant avec votre main droite la terre ou, si vous le souhaitez, faites une grande métanie (tombant aux genoux et baissant la tête près du sol). (En ce qui concerne les prosternations, il convient de rappeler ici que, parce que le dimanche est le jour de la résurrection, nous ne faisons pas de prosternations ni ne nous agenouillons dans l’église après les vêpres du samedi. Cette proscription est valable non seulement pour les dimanches, mais pour toute la période de Pâque à la Pentecôte. Dans certains monastères, cette règle s’applique également aux samedis) Nous embrassons ensuite l’icône (de préférence sur la main droite du Saint, si le Saint bénit ou porte une croix) et on se croise une troisième fois, faisant une dernière prosternation ou grande métanie. Parce que nous ne devons pas maculer ni salir l’icône, les femmes doivent éviter de porter du rouge à lèvres à l’église — sinon complètement. (On peut noter que Saint-Jean de Shanghai et San Francisco a même publié un ukase concernant l’interdiction de vénérer les icônes lorsque l’on porte du rouge à lèvres).
Les églises orthodoxes ont toujours des cierges disponibles à l’arrière de l’église. Il faut normalement en allumer une devant une icône lorsqu’on entre dans l’Église. Si vous avez un besoin particulier ou souhaitez vous souvenir de quelqu’un dans la prière, vous pouvez le faire savoir à Dieu en allumant une bougie comme une offrande pieuse.
Saint Jean de Kronstadt nous dit :

Les cierges allumés sur l’autel représentent la lumière non créée de la Trinité, car le Seigneur demeure dans une lumière inaccessible. Elles représentent également le feu de la Divinité qui détruit notre impiété et nos péchés. Les bougies allumées devant les icônes du Sauveur signifient qu’il est la vraie lumière qui éclaire tout homme venant au monde [Jean 1 : 9] ; en même temps, Il est un feu qui engloutit et ravive nos âmes et nos corps.
Les bougies allumées devant les icônes de la Theotokos sont un symbole du fait qu’elle est la mère de la lumière inapprochable, ainsi que de son amour le plus pur et le plus brûlant pour Dieu et de son amour pour l’homme.
Les bougies allumées devant les icônes des saints reflètent leur amour ardent envers Dieu pour l’amour duquel ils ont renoncé à tout ce que l’homme prisent dans la vie, y compris leur vie même, à l’instar des saints Apôtres, martyrs et autres. Ces bougies signifient également que ces saints sont des lampes qui brûlent pour nous et nous éclairent par leurs propres vies saintes, leurs vertus et leurs intercessions ardentes et incessantes devant Dieu par leurs prières constantes. Les bougies allumées représentent également notre zèle ardent et le sacrifice sincère que nous faisons par vénération et par gratitude pour leur sollicitude envers nous devant Dieu.

St. John of Kronstadt, When We Light Candles, Orthodox America, Issue 40 (Vol IV, No. 10, June, 1984)

Après avoir révéré l’Icône au centre de l’Église et avoir allumé une bougie, nous prenons alors notre place dans l’Église : les hommes à droite, les femmes à gauche (face à l’autel). (L’habitude d’embrasser les icônes sur le Templon, qu’on peut voir dans les églises et les monastères les plus traditionnels, n’est pas techniquement correcte. Les icônes doivent en fait être vénérées par l’évêque ou le clergé célébrant la Liturgie, et non par les fidèles ou d’autres personnes présentes aux offices)
Une église traditionnelle n’aura pas de bancs, mais seulement des stasidia à la périphérie de l’église, pour les infirmes ou les personnes âgées. Par conséquent, les fidèles restent debout pendant la plupart des Offices. Il est impie, arrogant et inapproprié de s’asseoir devant Dieu pendant les Offices Divins. Les bancs et le fait de s’asseoir pendant les services sont une innovation protestante, les conséquences naturelles des offices qui impliquent, non pas une rencontre du céleste avec le terrestre, mais la récitation d’un sermon accompagné d’hymnes. La séparation du culte d’un sentiment de participation aux Mystères de Dieu et sa réduction au fait de regarder et d’écouter la représentation d’un prédicateur et d’une chorale est incompatible avec une compréhension orthodoxe du culte divin. Il en va de même pour le fait de s’asseoir pendant les Offices.

Templon : Grande clôture de bois ou de marbre, richement décorée, qui sépare le sanctuaire de la nef, ou plutôt du chœur, clôture qui est percée de trois portes, et sur laquelle sont peintes les images de Notre Seigneur, de la Sainte-Vierge et des principaux Saints. Les Français ont choisi pour désigner cette clôture l’expression iconostase ; mais ce choix a le défaut de trop restreindre la signification que ce mot a chez les Grecs. p.149


Stasidia: Siège de bois à dossier élevé et à bras. Les stasidia sont placés dans trois parties différentes de l’église. Les uns, situés à droite et à gauche du chœur, sont réservés aux membres du clergé et aux chantres. D’autres, moins nombreux et destinés aux prêtres concélébrants, se dressent au fond du sanctuaire. Enfin, une troisième série de sièges et la plus considérable, est disposée tout autour de l’église, le long des murs, Ceux-ci sont à l’usage des fidèles. Les prêtres et les chantres sont rarement assis pendant les offices, ce qui explique l’origine du mot stasidion, qui signifie suivant sa racine, non pas un siège, mais un endroit où l’on se tient debout. p.139


Léon CLUGNET, Dictionnaire Grec-Français des noms liturgiques en usage dans l’Église grecque
A. Picard et Fils, éditeurs, Paris, 1895

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