{"id":970,"date":"2020-04-24T23:01:46","date_gmt":"2020-04-24T21:01:46","guid":{"rendered":"http:\/\/hesychia.eu\/?p=970"},"modified":"2022-10-28T19:40:07","modified_gmt":"2022-10-28T17:40:07","slug":"apres_tremblement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/2020\/04\/24\/apres_tremblement\/","title":{"rendered":"HOM\u00c9LIE PRONONC\u00c9E APR\u00c8S LE TREMBLEMENT DE TERRE"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: center;\"><em>par saint Jean Chrysostome<\/em><\/h3>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><em>\u0152uvres compl\u00e8tes \/ Tome III, p. 443-447 \/ Traduit par M. MALVOISIN<\/em><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>AVERTISSEMENT ET ANALYSE.<\/h4>\n<p><em>Nous avons publi\u00e9 une autre hom\u00e9lie sur un tremblement de terre, qui est la sixi\u00e8me sur Lazare, tome IIe, dans l&rsquo;avertissement de laquelle nous avons prouv\u00e9 par plusieurs t\u00e9moignages, tant de Chrysostome que d&rsquo;autres autorit\u00e9s, qu&rsquo;Antioche fut \u00e9branl\u00e9e par de fr\u00e9quents tremblements de terre, surtout \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Chrysostome. \u2014 Celui dont il est ici question arriva tandis que Chrysostome \u00e9tait malade au lit; mais, dans son ardent d\u00e9sir d&rsquo;instruire le peuple, qu&rsquo;il voyait attrist\u00e9 par l&rsquo;approche du fl\u00e9au, il ne sentit plus son mal, et vola vers son troupeau : c&rsquo;est \u00e0 quoi il fait allusion dans ces paroles : L&rsquo;enseignement de la parole divine a chang\u00e9 en bonne sant\u00e9 ma maladie.<\/em> <!--more--> <em>Ce discours fut prononc\u00e9 hors de la ville, dans une des \u00e9glises que fr\u00e9quentait la pi\u00e9t\u00e9 du peuple d&rsquo;Antioche; c&rsquo;est ce que nous apprennent plusieurs passages du discours, dans lesquels Chrysostome loue le peuple d&rsquo;avoir entrepris, pour entendre la parole de Dieu, un voyage fatigant et p\u00e9nible. \u2014 Nous voyons \u00e9galement par un passage que Chrysostome avait d\u00e9j\u00e0 prononc\u00e9 un discours la veille \u00e0 l&rsquo;occasion de ce tremblement de terre.<\/em><br \/>\n<em>Amour de Chrysostome pour son troupeau; pi\u00e9t\u00e9 des habitants d&rsquo;Antioche; fruit \u00e0 retirer des calamit\u00e9s. \u2014 Combien les fid\u00e8les sont devenus meilleurs par la p\u00e9nitence que le tremblement de terre leur a fait faire; la col\u00e8re de Dieu est maintenant apais\u00e9e. Les vices des riches avaient caus\u00e9 le fl\u00e9au, les pri\u00e8res des pauvres ont sauv\u00e9 la ville.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Si la maladie m&rsquo;a emp\u00each\u00e9 de c\u00e9l\u00e9brer avec vous cette f\u00eate spirituelle, la fatigue du voyage \u00e0 faire ne vous a pas d\u00e9courag\u00e9s. Et si cette fatigue ne vous a permis d&rsquo;arriver ici que tout baign\u00e9s de, sueur, l&rsquo;enseignement de la parole divine a, tout \u00e0 la fois, chang\u00e9 en bonne sant\u00e9 ma maladie, et apport\u00e9 par le chant des psaumes un soulagement \u00e0 vos forces \u00e9puis\u00e9es. C&rsquo;est pourquoi je n&rsquo;ai point, quoique malade, tenu ma langue silencieuse; et vous, quoique fatigu\u00e9s, vous ne vous \u00eates pas exempt\u00e9s de m&rsquo;entendre; mais en m\u00eame temps que la parole a retenti, les fatigues ont cess\u00e9, en m\u00eame temps que l&rsquo;enseignement a commenc\u00e9, l&rsquo;\u00e9puisement a disparu. La maladie et la fatigue n&rsquo;affligent que le corps, au lieu que l&rsquo;enseignement est le noble produit et le rem\u00e8de de l&rsquo;\u00e2me. Or, autant l&rsquo;\u00e2me l&#8217;emporte sur le corps, autant les \u0153uvres de la premi\u00e8re sont les plus pr\u00e9cieuses. C&rsquo;est pourquoi, malgr\u00e9 la maladie et bien d&rsquo;autres emp\u00eachements, je n&rsquo;ai point cess\u00e9 de vous porter dans mon c\u0153ur, et je n&rsquo;aurai pas \u00e9t\u00e9 priv\u00e9, m\u00eame aujourd&rsquo;hui, de ma part \u00e0 cette belle f\u00eate.<\/p>\n<div id=\"attachment_1016\" style=\"width: 660px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/nbn-resolving.org\/urn:nbn:de:bvb:22-dtl-0000087130\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1016\" class=\"size-full wp-image-1016\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/002.017.650px.jpg\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"577\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/002.017.650px.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/002.017.650px-300x266.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1016\" class=\"wp-caption-text\">Bamberger Apokalypse &#8211; Staatsbibliothek Bamberg Msc.Bibl.140 \/ Reichenau, circa 1010<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Il n&rsquo;y a encore qu&rsquo;un instant<\/strong>, j&rsquo;\u00e9tais clou\u00e9 sur mon lit, mais Dieu n&rsquo;a pas permis que je mourusse enti\u00e8rement de faim. Car de m\u00eame que vous avez faim d&rsquo;\u00e9couter, j&rsquo;ai, moi aussi, faim de parler. C&rsquo;est ainsi que souvent une m\u00e8re malade aimerait mieux sentir ses mamelles tourment\u00e9es par son enfant, que de voir son enfant souffrir de la faim, : je consens, moi aussi, que mon corps s&rsquo;\u00e9puise pour vous. Et qui ne donnerait avec joie jusqu&rsquo;\u00e0 son sang pour vous, pour vous dont la pi\u00e9t\u00e9 est si (445) ardente, pour vous qui br\u00fblez d&rsquo;un tel d\u00e9sir d&rsquo;\u00e9couter la parole divine, pour vous enfin qui, en un instant si court, venez de montrer de tels sentiments de p\u00e9nitence? Vous ne connaissez ni jour ni nuit : vous faites de l&rsquo;un et de l&rsquo;autre le jour, sans m\u00eame changer d&rsquo;air, mais vous \u00e9clairant la nuit pour en passer toute la dur\u00e9e \u00e0 veiller; les nuits sont pour vous sans sommeil; la tyrannie du sommeil, vous en avez secou\u00e9 le joug, car votre amour pour J\u00e9sus-Christ a vaincu en vous l&rsquo;imperfection de la nature. Vous avez affranchi vos corps de la condition humaine en imitant les puissances c\u00e9lestes : vous les imitez \u00e0 tous les yeux par vos veilles, par votre je\u00fbne prolong\u00e9, par un si p\u00e9nible voyage qui est une fatigue quant \u00e0 la nature et un repos quant \u00e0 l&rsquo;intention. Voil\u00e0 quel est le fruit de vos craintes, voil\u00e0 le profit que vous tirez de ce tremblement de terre, profit qu&rsquo;on ne d\u00e9pense jamais, profit qui met les pauvres plus \u00e0 l&rsquo;aise et qui enrichit encore les riches : il ne conna\u00eet ni riches, ni pauvres. Le tremblement de terre arrive, et voil\u00e0 qu&rsquo;il enl\u00e8ve l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 des conditions humaines. O\u00f9 sont maintenant les riches v\u00eatus de soie ? O\u00f9 est leur or? Tout cela a disparu, plus facilement d\u00e9truit qu&rsquo;une toile d&rsquo;araign\u00e9e; tout cela s&rsquo;est trouv\u00e9 plus fugace que les fleurs printani\u00e8res. Mais puisque je vois votre esprit bien pr\u00e9par\u00e9, je veux vous servir une table plus somptueuse. Je vois que votre corps est fatigu\u00e9, mais que votre \u00e2me est vive de jeunesse. Les sources de vos sueurs sont en grand nombre, mais elles servent \u00e0 laver votre conscience. Et si des athl\u00e8tes vont jusqu&rsquo;\u00e0 se couvrir de sang pour des feuilles de laurier qu&rsquo;on donne aujourd&rsquo;hui et qui demain seront fl\u00e9tries, combien plus vous autres, qui \u00eates entr\u00e9s dans la carri\u00e8re des bonnes \u0153uvres, devez-vous ne c\u00e9der \u00e0 aucune des fatigues que vous avez \u00e0 subir pour la vertu et ne point vous laisser amollir.<\/p>\n<p><strong>Votre auditoire est ma couronne, et un seul qui m&rsquo;\u00e9coute parmi vous vaut pour moi la ville enti\u00e8re.<\/strong> Il en est qui ont couronn\u00e9 leurs coupes, d&rsquo;autres qui ont r\u00e9uni des convives \u00e0 des festins de Satan, d&rsquo;autres qui ont pr\u00e9par\u00e9 une table somptueuse ; mais vous, vous avez accompli une longue veille, vous avez purifi\u00e9 la ville enti\u00e8re par la sainte trace de vos pieds en traversant la place publique, et vous avez sanctifi\u00e9 l&rsquo;air. Oui, l&rsquo;air aussi est sanctifi\u00e9 par le chant des psaumes, comme vous avez entendu aujourd&rsquo;hui que Dieu le dit \u00e0 Mo\u00efse : Car le lieu o\u00f9 tu es est une terre sainte. (Exod. III, 5.) Vous avez sanctifi\u00e9 le sol, la place publique, vous avez fait pour nous de la ville une \u00e9glise, Et comme un torrent qui passe et qui, emport\u00e9 par l&rsquo;abondance de Son courant, renverse toutes choses, ainsi ce torrent spirituel, ce fleuve de Dieu, qui r\u00e9jouit la cit\u00e9 de Dieu (Psaumes XLV, 5, et LXIV,10), s&rsquo;est grossi jusqu&rsquo;\u00e0 ses bords et a purifi\u00e9 le bourbier de l&rsquo;impi\u00e9t\u00e9. Il n&rsquo;y a plus d&rsquo;impudique, ou si quelqu&rsquo;un l&rsquo;est encore, il est en voie de se transformer. L&rsquo;homme entend les accents divins, et son esprit est ramen\u00e9 \u00e0 la mesure, les chants sacr\u00e9s p\u00e9n\u00e8trent en lui, et son impi\u00e9t\u00e9 dispara\u00eet, ses passions d&rsquo;avarice prennent la fuite. Si elles ne fuient pas, du moins elles imitent les b\u00eates sauvages qui se r\u00e9fugient l&rsquo;hiver dans des tani\u00e8res. Ainsi se cache l&rsquo;esprit d\u00e9r\u00e9gl\u00e9 semblables aux serpents qui; lorsque le froid vient engourdir leur corps, s&rsquo;enfoncent dans la terre, ainsi ces passions viles et ignobles s&rsquo;engloutissent comme dans un ab\u00eeme. C&rsquo;est qu&rsquo;en effet, ceux-l\u00e0 m\u00eame qui les tra\u00eenent avec eux en rougissent, car ils les tra\u00eenent encore avec eux, mais elles sont mortifi\u00e9es. Vos chants sacr\u00e9s deviennent pour eux la saison d&rsquo;hiver. La sainte m\u00e9lodie entre dans l&rsquo;oreille de l&rsquo;avare, et si elle ne chasse point hors de lui la passion, du moins elle la mortifie; elle entre dans l&rsquo;oreille de l&rsquo;impudique et de l&rsquo;orgueilleux, et si elle ne tue pas l&rsquo;impudicit\u00e9 et l&rsquo;orgueil, du moins elle les enfouit. Or c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 un grand point que le vice n&rsquo;ait pas sa franchise. Je vous disais hier aussi qu&rsquo;il y avait un grand fruit \u00e0 retirer des tremblements de terre.<\/p>\n<p><strong>Vous avez vu la mis\u00e9ricorde du Seigneur \u00e9branlant la ville et affermissant votre \u00e2me<\/strong>, secouant les fondements de vos maisons et consolidant vos pens\u00e9es, rendant la cit\u00e9 chancelante et fortifiant vos c\u0153urs. R\u00e9fl\u00e9chissez \u00e0 cette mis\u00e9ricorde : il vous a secou\u00e9s un instant et il vous a affermis pour jamais; le tremblement de terre a dur\u00e9 deux jours, puisse votre pi\u00e9t\u00e9 ne jamais cesser ! vous avez \u00e9t\u00e9 afflig\u00e9s pendant peu de temps, mais c&rsquo;est pour toujours que vous avez \u00e9t\u00e9 enracin\u00e9s. Car je sais bien que votre pi\u00e9t\u00e9 a pris racine dans la crainte de Dieu, et quoique le calme soit revenu, le fruit reste. Il n&rsquo;y a plus ni ronces qui \u00e9touffent le bon grain, ni pluie torrentielle qui l&rsquo;inonde ; la crainte a merveilleusement travaill\u00e9 le sol de votre \u00e2me, et elle a second\u00e9 mes paroles. Je me tais, et les fondements de vos maisons \u00e9l\u00e8vent la voix; je (446) garde le silence, et ces secousses vous crient d&rsquo;une mani\u00e8re plus \u00e9clatante que le son de la trompette : Le Seigneur est mis\u00e9ricordieux et compatissant, il est plein de longanimit\u00e9 et de piti\u00e9. (Psaume CII, 8, 9.) Si je suis venu, continue-t-il, ce n&rsquo;est pas pour vous \u00e9craser, mais pour vous donner de l&rsquo;\u00e9nergie. Oui, ce tremblement de terre emprunte une voix pour vous dire : je vous ai \u00e9pouvant\u00e9s, non pour vous affliger, mais afin de vous rendre plus diligents. Faites une grande attention \u00e0 ce que je vais vous dire : comme la parole n&rsquo;avait plus assez de force, le ch\u00e2timent a \u00e9lev\u00e9 la voix; l&rsquo;enseignement se fatiguait \u00e0 la t\u00e2che, la crainte est arriv\u00e9e \u00e0 son aide. Je suis venu vous entretenir un moment et je fais ce qui d\u00e9pend de moi : apr\u00e8s vous avoir vigoureusement \u00e9treints je vous remettrai \u00e0 la parole, afin que la parole ne s&rsquo;\u00e9puise pas en pure perte. Comme je trouve des pierres et des ronces, je commence par en purger le terrain, afin que la parole jette ensuite la semence \u00e0 pleines mains.<\/p>\n<div id=\"attachment_1006\" style=\"width: 950px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/nbn-resolving.org\/urn:nbn:de:bvb:22-dtl-0000087130\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1006\" class=\"wp-image-1006 size-full\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/002.009.940x.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"287\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/002.009.940x.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/002.009.940x-300x92.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/002.009.940x-768x234.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1006\" class=\"wp-caption-text\">Bamberger Apokalypse &#8211; Staatsbibliothek Bamberg Msc.Bibl.140 \/ Reichenau, circa 1010<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Quel dommage avez-vous \u00e9prouv\u00e9 de cette affliction momentan\u00e9e?<\/strong> D&rsquo;hommes que vous \u00e9tiez, vous \u00eates devenus des anges; vous avez pass\u00e9 au ciel, sinon quant au s\u00e9jour, du moins quant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de vos \u00e2mes. Et ceci n&rsquo;est pas une flatterie : les faits m&rsquo;en sont t\u00e9moins. Qu&rsquo;avez-vous n\u00e9glig\u00e9 en effet sous le rapport de la p\u00e9nitence? Vous avez banni l&rsquo;envie, expuls\u00e9 les passions viles, implant\u00e9 en vous, la vertu; vous avez pers\u00e9v\u00e9r\u00e9 la nuit tout enti\u00e8re dans de saintes veilles, et dans les sentiments d&rsquo;une grande charit\u00e9 ainsi que d&rsquo;un z\u00e8le ardent. Nul ne songe plus \u00e0 ses affaires d&rsquo;argent, nul ne tient plus le langage de l&rsquo;avarice; non-seulement vos mains sont pures de p\u00e9ch\u00e9s, mais encore votre langue est affranchie de la licence et de l&rsquo;injure; nul n&rsquo;outrage plus son prochain, nul ne va prendre place \u00e0 des banquets de Satan; les maisons sont pures, la place publique est lav\u00e9e de toute souillure; le soir nous gagne, et nulle part des ch\u0153urs de jeunes gens ne font entendre de chants th\u00e9\u00e2traux. Il y a, il est vrai, des ch\u0153urs, mais dont les chants ne sont pas ceux de l&rsquo;impuret\u00e9: ce sont de vertueux cantiques; on peut entendre, sur la place publique, les hymnes retentir; les fid\u00e8les qui sont rest\u00e9s chez eux chantent, les uns des psaumes, les autres des hymnes; la nuit arrive, et tout le monde se r\u00e9unit \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, ce port qui n&rsquo;est point battu des flots, cet oc\u00e9an qui ne conna\u00eet point de temp\u00eates. Je croyais, moi, qu&rsquo;apr\u00e8s un ou deux jours, la veille aurait bris\u00e9 vos corps, et voici que plus elle se prolonge, plus aussi votre ferveur augmente. Ceux qui vous chantaient des psaumes se sont fatigu\u00e9s, et vous, vous \u00eates toujours dispos; ils ont manqu\u00e9 de force, et vous, vous avez acquis une \u00e9nergie nouvelle.<\/p>\n<p><strong>O\u00f9 sont les riches?<\/strong> dites-moi : qu&rsquo;ils apprennent des pauvres la divine sagesse ! Les riches dorment, mais les pauvres, sur la terre nue, ne dorment point: ils fl\u00e9chissent les genoux, comme Paul et Silas. (Act. des Ap. XVI.) Eux aussi chantaient des psaumes, et ils \u00e9branl\u00e8rent la prison: vous, vous chantez des psaumes comme eux, et vous avez raffermi la ville \u00e9branl\u00e9e. Les r\u00e9sultats sont oppos\u00e9s, mais ils tournent l&rsquo;in et l&rsquo;autre \u00e0 la gloire de Dieu. Les ap\u00f4tres firent trembler la prison afin d&rsquo;\u00e9branler l&rsquo;\u00e2me des infid\u00e8les, de d\u00e9livrer le ge\u00f4lier, et de proclamer la parole de Dieu; vous, vous avez raffermi la ville, afin d&rsquo;apaiser la col\u00e8re de Dieu; les deux buts ont \u00e9t\u00e9 atteints d&rsquo;une mani\u00e8re diff\u00e9rente. Toutefois, je me r\u00e9jouis, non pas de ce que la ville s&rsquo;est, raffermie, ruais de ce qu&rsquo;elle le doit \u00e0 vos pri\u00e8res, et de ce que vos chants sacr\u00e9s en sont devenus les fondements. La col\u00e8re venait d&rsquo;en-haut : votre voix est venue d&rsquo;en bas; et le torrent de col\u00e8re qui tombait du ciel a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par cette voix qui s&rsquo;\u00e9levait de la terre. Les cieux s&rsquo;\u00e9taient ouverts, notre sentence en \u00e9tait descendue: le glaive \u00e9tait aiguis\u00e9: la ville allait joncher le sol; la col\u00e8re semblait impossible \u00e0 conjurer. Nous n&rsquo;e\u00fbmes besoin d&rsquo;autre chose que de la p\u00e9nitence, des larmes et des g\u00e9missements, et tout s&rsquo;apaisa: Dieu avait prononc\u00e9, mais nous avons calm\u00e9 sa col\u00e8re. Ce n&rsquo;est donc pas \u00e0 tort qu&rsquo;on vous appellerait les protecteurs et les sauveurs de cette ville. O\u00f9 sont-ils, les magistrats? o\u00f9 sont-ils, ces grands protecteurs officiels? C&rsquo;est v\u00e9ritablement vous qui \u00eates les tours, les murailles, la s\u00fbret\u00e9 de la ville. Car pour eux, par leur iniquit\u00e9, ils ont min\u00e9 la ville, et vous, par, votre vertu, vous l&rsquo;avez consolid\u00e9e. Si vous demandez \u00e0 quelqu&rsquo;un d&rsquo;o\u00f9 vient que la ville a \u00e9t\u00e9 ainsi \u00e9branl\u00e9e, quand m\u00eame on ne vous r\u00e9pondrait pas, il reste bien av\u00e9r\u00e9 que cela vient des p\u00e9ch\u00e9s, de l&rsquo;avarice, des injustices, des pr\u00e9varications, de l&rsquo;orgueil, de la sensualit\u00e9, du mensonge. Et de la part de qui? de la part des riches. Et si ensuite on vient demander ce qui fait que la ville s&rsquo;est raffermie, il est (447) bien av\u00e9r\u00e9 que c&rsquo;est le chant des psaumes, que ce sont les pri\u00e8res, que ce sont les veill\u00e9s. Et de qui? des pauvres. Ce qui a \u00e9branl\u00e9 la ville est le fait des premiers; ce qui l&rsquo;a raffermie est votre fait: de sorte que c&rsquo;est vous qui en \u00eates devenus les protecteurs et les sauveurs.<\/p>\n<p><strong>Mais terminons ici notre discours pour continuer nos veilles et le chant de nos psaumes, en renvoyant la gloire au P\u00e8re, au Fils et au Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les si\u00e8cles des si\u00e8cles. Ainsi soit-il.<\/strong><span hidden class=\"__iawmlf-post-loop-links\" data-iawmlf-links=\"[{&quot;id&quot;:561,&quot;href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/nbn-resolving.org\\\/urn:nbn:de:bvb:22-dtl-0000087130&quot;,&quot;archived_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;redirect_href&quot;:&quot;http:\\\/\\\/digital.bib-bvb.de:80\\\/view\\\/bvb_mets\\\/viewer.0.6.5.jsp?folder_id=0\\u0026dvs=1774639840549~187\\u0026pid=13423867\\u0026locale=en\\u0026usePid1=true\\u0026usePid2=true&quot;,&quot;checks&quot;:[],&quot;broken&quot;:false,&quot;last_checked&quot;:null,&quot;process&quot;:&quot;done&quot;}]\"><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par saint Jean Chrysostome \u0152uvres compl\u00e8tes \/ Tome III, p. 443-447 \/ Traduit par M. 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