{"id":932,"date":"2020-04-24T17:38:57","date_gmt":"2020-04-24T15:38:57","guid":{"rendered":"http:\/\/hesychia.eu\/?p=932"},"modified":"2020-04-25T17:21:03","modified_gmt":"2020-04-25T15:21:03","slug":"sur-une-grele","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/2020\/04\/24\/sur-une-grele\/","title":{"rendered":"Sur une gr\u00eale qui avait fait de grands ravages"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: center;\">Sermons de Saint Gr\u00e9goire de Nazianze, surnomm\u00e9e le Th\u00e9ologien<\/h2>\n<h4 style=\"text-align: center;\">traduits du grec, avec des notes, Tome I,p. 324-346,chez Andr\u00e9 Pralard, Paris, 1693<\/h4>\n<h3 style=\"text-align: center;\">Sermon XV \/ Sur une gr\u00eale qui avait fait de grands ravages.<\/h3>\n<hr \/>\n<p style=\"padding-left: 80px;\"><em>Le quinzi\u00e8me discours fut pr\u00each\u00e9 apr\u00e8s une grande gr\u00eale qui tomba dans le Pont l\u2019an 372, qui ruina enti\u00e8rement la campagne. Il y exhorte le peuple de Nazianze \u00e0 reconna\u00eetre que ce fl\u00e9au est un juste ch\u00e2timent de ses p\u00each\u00e9s ; que l\u2019on doit consid\u00e9rer Dieu comme plein de mis\u00e9ricorde, en comparaison de la vengeance qu\u2019il exercera en l\u2019autre monde contre les r\u00e9prouv\u00e9s. <!--more-->Il marque en particulier quelques-uns de ces p\u00each\u00e9s qu\u2019il a fait punir par ce fl\u00e9au, comme l\u2019oppression des pauvres dont a usurp\u00e9 le bien ou par fraude ou par violence, les usures par lesquelles on s\u2019est enrichi en d\u00e9pouillant les pauvres, l\u2019oubli de Dieu, la duret\u00e9 qu\u2019on a eu envers les pauvre, le m\u00e9pris que l\u2019on a fait des exhortations des Pr\u00e9dicateurs, la vaine confiance dans les richesses, l\u2019avarice des riches qui les a port\u00e9s \u00e0 garder leur bl\u00e9 dans des greniers, pour le vendre bien cher dans le temps de la disette et le luxe de leurs habits et de leurs meubles. Il les exhorte tous \u00e0 fl\u00e9chir la mis\u00e9ricorde de Dieu par des pri\u00e8res publiques, par les je\u00fbnes, par la p\u00e9nitence, par les aum\u00f4nes. Il finit ce discours en priant son p\u00e8re d\u2019apaiser par les pri\u00e8res la col\u00e8re de Dieu et de lui demander la nourriture du corps, apr\u00e8s lui avoir demand\u00e9 celle de l\u2019\u00e2me.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 80px;\">Nouvelle Biblioth\u00e8que des auteurs eccl\u00e9siastiques contenant l\u2019histoire de leur vie, le catalogue, la critique, et la chronologie de leurs ouvrages, par Me. L. Ellies du Pin, Tome premier, p. 209, Autrecht, 1731.<\/p>\n<hr \/>\n<div id=\"attachment_705\" style=\"width: 660px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-705\" class=\"size-full wp-image-705\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/web.22.jpg\" alt=\"Les quatre \u00c9vangiles illumin\u00e9es et reli\u00e9es par Melk\u2019isedek, 1338\" width=\"650\" height=\"449\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/web.22.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/web.22-300x207.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><p id=\"caption-attachment-705\" class=\"wp-caption-text\">Les quatre \u00c9vangiles illumin\u00e9es et reli\u00e9es par Melk\u2019isedek, 1338<\/p><\/div>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>1. Pourquoi troublez-vous un ordre si sagement \u00e9tabli<\/strong> pour obliger \u00e0 parler un homme qui doit se taire ? vous pr\u00e9f\u00e9rez les pieds \u00e0 la t\u00eate ; vous abandonnez Aaron pour produire en public El\u00e9azar. Je ne permettrai point qu\u2019on bouche la source de la fontaine, pour laisser courir un torrent ; qu\u2019on mette un voile sur le Soleil, pour voir briller une \u00e9toile ; qu\u2019un vieillard si v\u00e9n\u00e9rable laisse un jeune homme faire la loi aux autres, qu\u2019un sage garde le silence, tandis qu\u2019un \u00e9colier parle avec toute sorte de libert\u00e9. Une pluie douce et mod\u00e9r\u00e9e est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 une pluie trop violente, qui entra\u00eene la terre et qui prive le laboureur du fruit de ses travaux : la pluie qui tombe doucement p\u00e9n\u00e8tre insensiblement la terre, elle engraisse le champ et le rend fertile, elle fait mourir l\u2019\u00e9pic, et procure mille biens au laboureur. Un harangueur qui parle beaucoup ne sait pas plus de fruit qu\u2019un orateur sage et avis\u00e9 qui ne dit que ce qu\u2019il faut dire. Le premier apr\u00e8s avoir fait un discours, qui a flatt\u00e9 pendant quelque temps les auditeurs, se retire sans remporter aucun fruit ; les charmes de sa harangue ont enchant\u00e9 des auditeurs avides. Mais les discours d\u2019un orateur sage p\u00e9n\u00e8trent l\u2019esprit, et quelque concis qu\u2019ils soient in ne laisse pas de faire une grande moisson.<\/p>\n<p><strong>2.Je ne parle point encore de cette v\u00e9ritable sagesse<\/strong>, dans laquelle cet illustre Pasteur excelle ; c\u2019est-\u00e0-dire cette vie sainte, r\u00e9guli\u00e8re, agr\u00e9able \u00e0 Dieu, qui est si pur, et qui n\u2019exige point de nous d\u2019autre sacrifice que le Sacrifice d\u2019un c\u0153ur pur et contrit, que l\u2019\u00c9criture appelle une nouvelle cr\u00e9ature, ou un homme nouveau, en J\u00e9sus-Christ ; c\u2019est un effet de la v\u00e9ritable sagesse que de m\u00e9priser ces vains ornements du discours qui ne consistent que dans des figures et des disputes inutiles. Pl\u00fbt \u00e0 Dieu que je puisse dire quelques paroles accompagn\u00e9es de prudence : je serais plus content que si je criais longtemps avec une voix de tonnerre, pour exciter mes auditeurs. La sagesse que j\u2019estime, c\u2019est celle qui a honor\u00e9 des personnes obscures, et mis au-dessus de tout le monde des gens inconnues, de pauvres p\u00eacheurs, qui ont envelopp\u00e9 tout l\u2019Univers dans les liens de l\u2019Evangile, comme dans un filet, et dissip\u00e9 par quelque paroles la sagesse p\u00e9rissable du monde.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>3. Je ne mets point au rang des sages<\/strong> ceux qui excellent dans l\u2019art de parler, qui avec une langue diserte ont un esprit indocile ; je compare ces gens-l\u00e0 \u00e0 des s\u00e9pulcres blanchis, dont la montre est fort belle, mais ils ne renferment que des cadavres puants. Celui qui parle modestement de la vertu, et qui conforme sa vie \u00e0 ses paroles, donne un grand poids \u00e0 ce qu\u2019il dit, et m\u00e9rite v\u00e9ritablement le nom de sage. La beaut\u00e9 qui frappe les yeux touche plus que celle qu\u2019on d\u00e9peint avec des paroles. Les richesses effectives sont pr\u00e9f\u00e9rables \u00e0 celles qu\u2019on ne poss\u00e8de qu\u2019en songe : la sagesse soutenue par de bonnes \u0153uvres l\u2019emporte sur celle qui ne consiste que dans des paroles. Ceux qui font ce qu\u2019ordonne la loi ont la lumi\u00e8re de la v\u00e9ritable intelligence ; les discours ne suffisent pas, il faut de l\u2019action. Le temps fait conna\u00eetre la v\u00e9ritable sagesse : une vieillesse sans reproche est un titre d\u2019une gloire l\u00e9gitime. Quoique je sais de l\u2019avis de Salomon, qui d\u00e9fend de louer un homme avant sa mort, parce qu\u2019on ne conna\u00eet pas l\u2019avenir, et que n\u00f4tre vie est expos\u00e9e \u00e0 plusieurs vicissitudes, qui nous mettent dans toutes sortes de situations ; qui peut m\u2019emp\u00eacher de donner des louanges \u00e0 un homme qui a fournie avec tant de gloire la plus grande partie de sa carri\u00e8re, qui se voit presque dans le port, apr\u00e8s avoir essuy\u00e9 tant d\u2019orages ; n\u2019est-il pas plus en suret\u00e9 et plus heureux que ceux qui ont encore une longue et p\u00e9rilleuse navigation \u00e0 faire ?<\/p>\n<p><strong>4. Ne fermez donc point une bouche qui nous dit tant des choses si utiles<\/strong>, et dont nous voyons des effets si admirables ; que d\u2019enfants vous avez engendrez, quels tr\u00e9sors n\u2019avez-vous point amassez ? Jetez les yeux sur ce peuple qui vous environne, vous l\u2019avez enfant\u00e9 \u00e0 J\u00e9sus-Christ par l\u2019Evangile. Ne nous r\u00e9futez pas quelques paroles qui nous seront si agr\u00e9able, et ne nous donnez pas encore les premi\u00e8res atteintes du malheur qui nous menace. Parlez je vous en conjure, quand vous ne diriez que trois paroles, je serai content. Disposez ce peuple \u00e0 recevoir mes instructions ; je suis v\u00f4tre \u00e9l\u00e8ve, on m\u2019a install\u00e9 dans la dignit\u00e9 de Pasteur et de Pr\u00e9lat ; apprenez-moi \u00e0 gouverner le peuple, apprenez au peuple \u00e0 ob\u00e9ir.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>5. Dites-nous quelque chose sur le malheur<\/strong> qui vient de nous arriver, pour nous faire craindre les justes jugements de Dieu, soit que nous les comprenions, soit que ce soit un ab\u00eeme imp\u00e9n\u00e9trable. Apprenez-nous avec quelle \u00e9quit\u00e9 la mis\u00e9ricorde nous dispense les bienfaits ; car la bont\u00e9 de Dieu n\u2019est point aveugle, elle n\u2019agit point au hasard et sans choix, quoique de certaines gens aient pens\u00e9 le contraire ; parce qu\u2019ils n\u2019ont pu comprendre cette in\u00e9gale distribution des gr\u00e2ces dont Dieu r\u00e9compense le m\u00e9rite. Apprenez-nous comment la col\u00e8re de Dieu est proportionn\u00e9e \u00e0 nos crimes ; c\u2019est ce Calice qui est dans la main du Seigneur, et qu\u2019il faut boire en punition de nos d\u00e9sordres, quoiqu\u2019il retranche toujours une partie des peines qui sont dues \u00e0 nos crimes ; il temp\u00e8re ce breuvage amer, il n\u2019adoucit l\u2019aigreur par un effet de sa bont\u00e9 infinie. Il change la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 en douceur, pour ceux que la crainte rend sages, que les malheurs font rentrer dans eux-m\u00eames, qu\u2019une l\u00e9g\u00e8re calamit\u00e9 oblige de renoncer \u00e0 leurs d\u00e9sordres, et de penser s\u00e9rieusement \u00e0 leur salut. Il r\u00e9serve la lie, c\u2019est-\u00e0-dire ce qu\u2019il y a de plus amer dans sa col\u00e8re pour le r\u00e9pandre sur ceux que sa cl\u00e9mence n\u2019a pu gu\u00e9rir, qui s\u2019endurcissent tous les jours comme Pharaon, Prince dur et impitoyable, qui \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 servir d\u2019un exemple terrible de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 avec laquelle Dieu Punit les impies.<br \/>\nInstruisez-vous d\u2019o\u00f9 viennent ces fl\u00e9aux de Dieu, et quel usage on en peut faire ; si ce sont de purs effets du hasard et des marques d\u2019un gouvernement mal r\u00e9gl\u00e9, comme si aucune intelligence ne se m\u00ealait du gouvernement des choses humaines, selon la pens\u00e9 des faux sages du monde, qui sont conduits par l\u2019esprit de t\u00e9n\u00e8bres. S\u2019il faut avouer que le monde qui a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 avec tant d\u2019ordre et tant de sagesse, dont l\u2019arrangement, la sym\u00e9trie, les mouvements sont si merveilleux, qu\u2019il n\u2019y a que le Cr\u00e9ateur seul qui en connaisse toute la beaut\u00e9 ; \u2018il faut avouer aussi que tout se gouverne par les ressorts d\u2019une providence \u00e9clair\u00e9e ? d\u2019o\u00f9 viennent les st\u00e9rilit\u00e9s et les d\u00e9sordres que les vents causent quelquefois, les gr\u00eales, et cette plaie effroyable dont nous venons d\u2019\u00eatre frapp\u00e9s pour notre instruction ; d\u2019o\u00f9 viennent la corruption de l\u2019air, les maladies contagieuses, les tremblements de terre, les inondations de la mer, les tonnerres qui \u00e9pouvantent l\u2019Univers ? Comment est-il possible que tant de cr\u00e9atures faites pour la commodit\u00e9 et le plaisir des hommes, deviennent aux impies les instruments de leurs supplices ? Nous n\u2019avons point remerci\u00e9 Dieu des faveurs qu\u2019il nous a faites ; il est juste que les ch\u00e2timents nous fassent rentrer en nous-m\u00eames, pour reconna\u00eetre sa toute-puissance.<br \/>\nApprenez-nous pourquoi Dieu ch\u00e2tie doublement les p\u00each\u00e9s de quelques-uns, comme il a puni ceux des Isra\u00e9lites, pour les rendre sages, et pour les ramener \u00e0 leur devoir ? Pourquoi les autres sont ch\u00e2ti\u00e9s bien plus s\u00e9v\u00e8rement ? Comment la mesure des Amorrh\u00e9ens n\u2019est pas encore combl\u00e9e ? Pourquoi l\u2019on punit de certains p\u00e9cheurs, et que les autres sont exempts de peines ? N\u2019est-ce point qu\u2019on les r\u00e9serve aux ch\u00e2timents de l\u2019autre vie, et qu\u2019on veuille corriger ceux que l\u2019on ch\u00e2tie dans celle-ci ? Comment les justes sont expos\u00e9s \u00e0 tant de tentations et \u00e0 tant de chagrins, et pourquoi la vertu des autres se conserve-t-elle dans la prosp\u00e9rit\u00e9 ? Quel est cet accident qui vient de nous arriver, qui nous a afflig\u00e9 de la sorte ? N\u2019est-ce point pour \u00e9prouver n\u00f4tre vertu, ou pour punir nos iniquit\u00e9s ? Regardons ce malheur comme un ch\u00e2timent pour nous humilier sous la puissante main de Dieu, au lieu de nous glorifier, comme si ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019une \u00e9preuve de notre vertu.<br \/>\nDonnez-nous sur tous ces points des avis salutaires, afin que nous ne nous laissions point accabler sous le poids de nos ennuis, ou que nous abandonnant \u00e0 nos d\u00e9sordres, nous ne m\u00e9prisions l\u2019avertissement que Dieu nous donne. Faisons un bon usage de ces peines, de peur d\u2019en attirer de plus grandes, si nous nous endurcissons. La st\u00e9rilit\u00e9 est dans toute chose bien triste : il est dur de voir p\u00e9rir des bleds qu\u2019on \u00e9tait pr\u00eat de ramasser dans les greniers : on ne peut entendre sans en avoir compassion les g\u00e9missements des laboureurs, qui d\u00e9plorent la perte de leurs moissons, qu\u2019une pluie douce avait arros\u00e9es, et qu\u2019un orage furieux a arrach\u00e9es ; ils sont assis aupr\u00e8s de leurs \u00e9pis, avec les m\u00eames sentiments qu\u2019on a aupr\u00e8s d\u2019un mort ; les moissonneurs ne remplissent point leurs mains ; les passants ne leur donnent point les b\u00e9n\u00e9dictions qu\u2019on a coutume de donner \u00e0 ceux dont les moissons sont abondantes.<\/p>\n<p><strong>6. Quel triste spectacle ?<\/strong> la terre d\u00e9pouill\u00e9e de tous ses ornements est pour ainsi dire d\u00e9shonor\u00e9e. Le proph\u00e8te Jo\u00ebl d\u00e9plorant d\u2019une mani\u00e8re tragique les malheurs que causait la famine, apostrophait ainsi la terre que la col\u00e8re du Seigneur avait d\u00e9sol\u00e9e ; elle ressemblait d\u2019abord \u00e0 un Jardin agr\u00e9able, elle ressemble maintenant \u00e0 un champ ruin\u00e9. Il est vrai que ces objets sont fort douloureux, et que ces peines nous paraissent insupportables, d\u2019autant que les maux pr\u00e9sents affligent toujours davantage, et que nous ne sentons point encore le mal que nous causerait une plaie plus douloureuse. Il en est \u00e0 peu pr\u00e8s comme des maladies ; on croit que celle dont on est afflig\u00e9 est la plus insupportable de toutes. Le tr\u00e9sor de la col\u00e8re de Dieu renferme des maux encore bien plus accablants que ceux que nous sentons ; \u00e0 Dieu ne plaise que vous l\u2019exp\u00e9rimentiez jamais ; vous ne tomberez point dans ce malheur, pourvu que vous ayez recours \u00e0 sa mis\u00e9ricorde et que vous d\u00e9tourniez les fl\u00e9aux par vos larmes et par la r\u00e9formation de vos m\u0153urs.<\/p>\n<p>Le malheur qui vient de nos arriver n\u2019est qu\u2019un l\u00e9ger ch\u00e2timent, ce n\u2019est qu\u2019un essai pour faire rentrer dans son devoir une jeunesse indocile, c\u2019est une marque de la douceur et de la cl\u00e9mence de Dieu ; ce n\u2019est que comme la fum\u00e9e du feu de sa col\u00e8re, et le pr\u00e9lude des supplices qui nous attendent ; ce ne sont point encore-l\u00e0 ces charbons allum\u00e9s, ni ce feu d\u00e9vorant, ni ces tourments extr\u00eames dont il nous menace, qu\u2019il nous a fait sentir en partie, et dont il a arr\u00eat\u00e9 le cours, pour nous rendre sages par des menaces, par des peines effectives, et par un m\u00e9lange de douceur et de col\u00e8re. Il commence par des punitions assez l\u00e9g\u00e8res, pour n\u2019avoir pas besoin d\u2019employer de plus violentes ; il aura recours \u00e0 des rem\u00e8des plus forts, s\u2019il ne peut autrement nous corriger.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>7. Je sais qu\u2019il a dans les mains une \u00e9p\u00e9e brillante<\/strong> \u00e0 qui rien ne r\u00e9siste, avec laquelle il peut faire mourir les hommes, les an\u00e9antir, enlever leurs enfants et faire tous les maux imaginables. Je sais que ce Dieu pacifique emprunte quelquefois le naturel d\u2019un ours et d\u2019un l\u00e9opard, pour d\u00e9vorer les Assyriens, non seulement ceux qui vivaient en ce temps-l\u00e0, mais encore ceux qui leur ressemblent maintenant par le d\u00e9r\u00e8glement de leur vie. Il est impossible de se d\u00e9rober \u00e0 la promptitude et \u00e0 la violence de la col\u00e8re, quand il se met en devoir de punir nos iniquit\u00e9s et de se venger de ceux qui l\u2019outragent. Je connais les remords, les tremblements, les abattements, les d\u00e9faillances de c\u0153ur, dont il ch\u00e2tie les crimes des impies.<br \/>\nJe ne parle point des tribunaux de la vie future, o\u00f9 sont renvoy\u00e9s ceux qu\u2019il a n\u00e9glig\u00e9 de punir en celle-ci. Il est bien plus souhaitable de souffrir dans ce monde que d\u2019\u00eatre r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 ces ch\u00e2timents terribles, qui ne seront bons qu\u2019\u00e0 nous tourmenter, sans servir \u00e0 nous sanctifier. David a eu raison de dire, que celui qui a maintenant Dieu devant les yeux ne craint point la mort ; et que ceux qui tombent dans les enfers, ne pourront plus confesser son nom, ni se corriger. Il nous a donn\u00e9 la vie pr\u00e9sente pour agir ; la censure de nos actions est r\u00e9serv\u00e9e apr\u00e8s la mort.<\/p>\n<p><strong>8. Que ferons-nous en ce jour d\u2019examen<\/strong>, o\u00f9 il faudra rendre compte \u00e0 Dieu, qui nous reprendra vivement, et qui nous mettra devant les yeux tous les crimes de notre vie, qui s\u2019\u00e9l\u00e8veront contre nous comme autant d\u2019accusateurs irr\u00e9prochables ? Il comparera les bienfaits dont il nous a combl\u00e9, avec nos ingratitudes ; nos pens\u00e9es se condamneront elles-m\u00eames, nos actions se soul\u00e8veront contre nos actions : la vue de son image que nous avons d\u00e9shonor\u00e9e, nos rappellera le souvenir de la dignit\u00e9 que nous avons perdue. Nous serons tellement constern\u00e9s, que nous n\u2019aurons pas le mot \u00e0 dire, pour nous d\u00e9fendre, et nous serons forc\u00e9s d\u2019avouer, que c\u2019est avec justice qu\u2019il nous punit. Les criminels adoucissent quelquefois la rigueur de leurs supplices, par les raisons qu\u2019ils apportent pour se d\u00e9fendre. Mais de quelle excuse pourrons-nous alors nous servir ?<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>9. Quels avocats entreprendront n\u00f4tre d\u00e9fense<\/strong>, \u00e0 quels faux-fuyants aurons-nous recours, quels d\u00e9tours, quels artifices emploierons-nous, pour surprendre ce tribunal et pour \u00e9luder un jugement si \u00e9quitable, o\u00f9 tout sera pes\u00e9 dans une juste balance, nos actions, nos paroles, nos pens\u00e9es, o\u00f9 nos vertus seront confront\u00e9es avec nos vices : le plus fort emportera la balance ; c\u2019est sur les meilleures raisons que la sentence sera appuy\u00e9e. Apr\u00e8s un tel Arr\u00eat il n\u2019y aura plus de ressource, ni d\u2019appel, on ne pourra avoir recours \u00e0 un tribunal sup\u00e9rieur, n\u2019y trouver des voies pour s\u2019exempter du ch\u00e2timent. Il ne sera plus temps de demander de l\u2019huile aux vierges sages, pour en remplir nos lampes qui s\u2019\u00e9teignent ; on n\u2019\u00e9coutera plus les pri\u00e8res du mauvais riche pr\u00e9cipit\u00e9 dans ces flammes d\u00e9vorantes, qui demande qu\u2019on envoie dans l\u2019autre monde quelqu\u2019un pour avertir ses fr\u00e8res ; enfin, il ne sera plus temps de songer \u00e0 se corriger, ni \u00e0 reformer ses m\u0153urs. Il ne reste plus que ce tribunal terrible, et qui est d\u2019autant plus redoutable, qu\u2019on y rend justice \u00e0 tout le monde.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Au moment que le tr\u00f4ne sera pr\u00e9par\u00e9 et que l\u2019\u00e9ternel y aura pris sa place, les livres seront ouverts, on verra couler un fleuve de feu ; on verra une lumi\u00e8re \u00e9clatante et d\u2019\u00e9paisses t\u00e9n\u00e8bres ; ceux qui auront fait de bonnes actions ressusciteront pour vivre \u00e9ternellement, apr\u00e8s la vie cach\u00e9e qu\u2019ils ont men\u00e9e en J\u00e9sus-Christ, qui sera alors glorieuse. Les p\u00e9cheurs ne ressusciteront que pour leur condamnation : ceux qui ne croient pas sont d\u00e9j\u00e0 condamn\u00e9s. Une lumi\u00e8re qui ne se peut d\u00e9crire environnera les Elus ; la tr\u00e8s-sainte Trinit\u00e9 r\u00e9pandra sur eux cette lumi\u00e8re avec des \u00e9clats extraordinaires, pour les \u00e9lever \u00e0 la connaissance de ses attributs, en quoi consiste principalement la b\u00e9atitude. Rien ne tourmentera davantage les r\u00e9prouv\u00e9s, que de se voir rebut\u00e9s de Dieu et de voir dans leur conscience les marques de l\u2019\u00e9ternelle infamie \u00e0 quoi ils sont condamn\u00e9s ; nous en parlerons dans la suite.<\/p>\n<p><strong>10. Quelle r\u00e9solution devons-nous prendre maintenant<\/strong>, mes fr\u00e8res, si ce n\u2019est de nous repentir et de nous humilier pour devenir plus sages par ce malheur dont Dieu vient de nous affliger ? comment supporterons-nous ses reproches ? Que r\u00e9pondrons-nous, lors qu\u2019apr\u00e8s tant de bienfaits dont il nous a combl\u00e9, qui n\u2019ont pu exciter notre reconnaissance, il nous reprochera encore que ses ch\u00e2timents et tant de rem\u00e8des qu\u2019il a employ\u00e9, pour nous gu\u00e9rir ont \u00e9t\u00e9 inutiles ?<\/p>\n<blockquote><p>Il nous regardera comme des enfants rebelles et indociles, qui se sont \u00e9cart\u00e9s de leur chemin par opini\u00e2tret\u00e9 ; il nous apostrophera de la sorte ; n\u2019ai-je pas tent\u00e9 toutes sortes de moyens pour vous instruire et pour vous ramener \u00e0 votre devoir ? Fallait-il user de rem\u00e8des doux ? Je m\u2019en suis servi : je n\u2019ai point fait couler des fleuves et des fontaines de sang, comme je fis autrefois pour punir les Egyptiens ; je n\u2019ai point fait pleuvoir sur vos campagnes des grenouilles et une infinit\u00e9 d\u2019autres insectes incommodes. \u00c0 la v\u00e9rit\u00e9 j\u2019ai fait mourir vos chevaux, vos moutons et vos b\u0153ufs ; m\u00e9nageant les hommes, j\u2019ai fait tomber toute ma col\u00e8re sur les b\u00eates. Cette disgr\u00e2ce ne vous a point \u00e9pouvant\u00e9 et vous avez montr\u00e9 par v\u00f4tre conduite, que vous \u00eates plus b\u00eates que les b\u00eates m\u00eames. J\u2019ai emp\u00each\u00e9 la pluie de tomber ; les campagnes qui n\u2019ont point \u00e9t\u00e9 arros\u00e9es de l\u2019eau du Ciel, sont demeur\u00e9es s\u00e8ches et br\u00fblantes ; j\u2019ai fait tomber la gr\u00eale, me servant d\u2019un fl\u00e9au contraire \u00e0 la s\u00e9cheresse pour vous punir, j\u2019ai ruin\u00e9 vos vignes et vos moissons, sans pouvoir dompter votre malignit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>11. Peut-\u00eatre le Seigneur me parlera-t-il en ces termes<\/strong> \u00e0 moi que tant de malheurs n\u2019ont pas rendu plus homme de bien ; je sais que vous \u00eates dur et que votre cou est comme un nerf de fer ; celui qui n\u2019avait que du m\u00e9pris pour moi, me m\u00e9prise encore, le p\u00e9cheur ne cesse point de p\u00e9cher ; les avertissement du Ciel, les ch\u00e2timents n\u2019ont servi de rien ; le soufflet et le m\u00e9tal ont manqu\u00e9 ; le proph\u00e8te J\u00e9r\u00e9mie vous a d\u00e9j\u00e0 fait ces reproches ; c\u2019est ne vain que l\u2019orf\u00e8vre met l\u2019argent dans le creuset ; votre duret\u00e9 n\u2019a pu \u00eatre amollie. Pr\u00e9tendez-vous soutenir tout le poids de ma col\u00e8re, dit le Seigneur ? Croyez-vous que tous mes fl\u00e9aux sont \u00e9puis\u00e9s ? J\u2019en ai encore des r\u00e9servoirs pleins, semblables \u00e0 ceux o\u00f9 Moise et les autres Ministres de mes vengeances ont puis\u00e9 autrefois, pour inonder l\u2019\u00c9gypte d\u2019un d\u00e9luge de maux ; les sauterelles, les t\u00e9n\u00e8bres palpables, cette plaie terrible, qui fit mourir les premiers-n\u00e9s de chaque maison.<br \/>\nPour nous garantir de ces malheurs et pour nous mettre \u00e0 couvert de la col\u00e8re de l\u2019Ange exterminateur, arrosons de sang les poteaux de nos maisons, c\u2019est-\u00e0-dire que nos pens\u00e9es et nos actions doivent \u00eatre marqu\u00e9es au sceau du Sauveur ; laissons-nous attacher \u00e0 la Croix, pour y mourir avec Lui, afin que nous ressuscitions aussi avec lui \u00e0 son dernier av\u00e8nement, que nous participions \u00e0 sa gloire et que nous soyons point condamn\u00e9s \u00e0 d\u2019\u00e9ternelles larmes, surpris par le malin esprit, qui fera \u00e9vanouir durant les t\u00e9n\u00e8bres de cette affreuse nuit tout le fruit et tout le m\u00e9rite de nos bonnes \u0153uvres.<\/p>\n<p><strong>12. \u00c0 Dieu ne plaise qu\u2019avec tous les autres malheurs<\/strong> dont je suis d\u00e9j\u00e0 accabl\u00e9, on me fasse encore ce reproche et que le Seigneur me dise, en insultant \u00e0 mes d\u00e9r\u00e8glements, je vous ai afflig\u00e9 par toutes sortes de maladies et je n\u2019y ai rien gagn\u00e9. Les morts violentes vous ont priv\u00e9 de vos enfants et cependant vous ne vous \u00e9t\u00e9s point convertis. \u00c0 Dieu ne plaise que je ressemble \u00e0 la vigne du bien aim\u00e9, laquelle apr\u00e8s qu\u2019on l\u2019eut plant\u00e9e et entour\u00e9e d\u2019une bonne muraille, fortifi\u00e9 d\u2019une tour et munie des autres choses n\u00e9cessaires \u00e0 la conservation, fut d\u00e9truite et d\u00e9sol\u00e9e, en sorte qu\u2019elle ne produisait que des \u00e9pines ; on l\u2019abandonna tellement, qu\u2019on ne prenait plus le soin de la tailler, ni de la cultiver. On renversa la tour et la muraille, elle demeura expos\u00e9e au m\u00e9pris et au pillage de tout le monde.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 ce que j\u2019appr\u00e9hende, ce sont les sentiments que m\u2019inspirent les fl\u00e9aux dont Dieu nous ch\u00e2tie ; j\u2019ajouterai encore cette pri\u00e8re \u00e0 tout ce que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit ; nous avons p\u00each\u00e9, nous sommes abandonn\u00e9s \u00e0 toutes sortes de crimes, parce que nous avons oubli\u00e9 vos commandements, nous avons suivi le mouvement de nos passions d\u00e9r\u00e9gl\u00e9es ; nous n\u2019avons point conform\u00e9e notre vie aux inspirations de J\u00e9sus-Christ, \u00e0 l\u2019Evangile, \u00e0 ses souffrances, \u00e0 sa Passion. Nous l\u2019avons d\u00e9shonor\u00e9 ; les Pr\u00eatres, aussi bien que le peuple, se sont \u00e9cart\u00e9 de vos voies, nous sommes tous devenus inutiles ; personne ne se met en peine d\u2019observer les Lois de l\u2019\u00e9quit\u00e9 et de la justice. Notre malignit\u00e9 a tari la source de votre mis\u00e9ricorde et de votre cl\u00e9mence : vous \u00eates bon et nous sommes m\u00e9chants ; votre douceur est extr\u00eame, mais nous m\u00e9ritons toutes sortes de ch\u00e2timents ; quelques stupides que nous soyons, nous connaissons vos bont\u00e9s ; nos crimes devaient \u00eatre expi\u00e9es par des supplices bien plus rudes.<\/p>\n<blockquote><p>Vous \u00eates terrible, qui pourra vous r\u00e9sister ? Vous faites trembler les montagnes qui pourra soutenir la pesanteur de votre bras ? Qui pourra ouvrir le ciel, si vous le fermez ? Si vous en ouvrez les cataractes, qui les arr\u00eatera ? Il d\u00e9pend de vous de nous rendre pauvres, ou riches, de nous faire mourir et de nous rendre la vie, de nous blesser et de nous gu\u00e9rir, votre volont\u00e9 est toujours efficace.<\/p><\/blockquote>\n<p>Vous \u00eates en col\u00e8re et nous avons p\u00e9ch\u00e9, disait un ancien, qui avouait ses crimes ; je renverse la proposition et je dis nous avons p\u00e9ch\u00e9 et vous \u00eates en col\u00e8re ; voil\u00e0 ce qui fait que nous sommes devenus l\u2019opprobre de nos voisins ; vous avec d\u00e9tourn\u00e9 votre visage et nous avons \u00e9t\u00e9 couverts d\u2019ignominie ; Seigneur, apaisez votre col\u00e8re : pardonnez-nous nos offenses, soyez-nous propice ; ne nous abandonnez pas pour toujours, quelque p\u00e9cheurs que nous soyons ; ne nous choisissez pas pour servir d\u2019exemple aux autres, par nos infortunes, puisque nous pouvons nous corriger, par les malheurs d\u2019autrui ; je veux dire des Gentils qui ne vous connaissent pas et par le renversement des Empires qui ne vous sont point soumis.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>13. Seigneur nous sommes votre peuple et votre h\u00e9ritage<\/strong> ; ch\u00e2tiez-nous avec douceur et que votre col\u00e8re n\u2019entre point dans notre punition ; ne permettez pas que nous devenions le peuple le moins nombreux et le plus m\u00e9prisable de toute la terre ; c\u2019est ainsi que je t\u00e2che de fl\u00e9chir la mis\u00e9ricorde de Dieu ; si je pouvais apaiser son courroux par des sacrifices et des holocaustes, je ne les aurais pas \u00e9pargn\u00e9s.<br \/>\nMarchez sur les traces de votre timide Pr\u00e9lat ; faites ce que je fais, vous qui avez pat comme moi aux menaces et aux caresses de Dieu ; effacez vos crimes par vos larmes ; n\u2019\u00e9pargnez rien, pour adoucir la col\u00e8re de Dieu, en changeant de vie et r\u00e9formant vos m\u0153urs ; sanctifiez vos je\u00fbnes, le proph\u00e8te Jo\u00ebl vous y exhorte avec moi assemblez les anciens, aussi-bien que les enfants qui sucent encore la mamelle, cette cage si digne de piti\u00e9 attirera peut-\u00eatre la compassion du Seigneur. Je connais quelles sont mes obligations \u00e0 moi qui suis le Ministre de Dieu et \u00e0 vous qui participez \u00e0 la m\u00eame dignit\u00e9 ; il faut que nous entrions dans le temple couvert de cilices, que nous frappions nos poitrines, afin d\u2019exciter la compassion ; que nous poussions des cris lamentables, pour nous et pour le peuple, n\u2019\u00e9pargnant rien, ni peines, ni pri\u00e8res, pour t\u00e2cher d\u2019apaiser l\u2019indignation de Dieu. Disons-lui avec le Proph\u00e8te, Pardonnez Seigneur \u00e0 votre peuple et ne permettez pas que votre h\u00e9ritage tombe dans une \u00e9ternelle infamie ; notre douleur doit \u00eatre plus grande \u00e0 mesure que nous sommes plus \u00e9lev\u00e9s en dignit\u00e9, afin d\u2019exciter le peuple \u00e0 la componction par notre exemple ; pour l\u2019obliger de renoncer \u00e0 des d\u00e9sordres, pour le rendre digne des bont\u00e9s de Dieu et pour d\u00e9tourner les fl\u00e9aux.<\/p>\n<p><strong>14. Allons mes fr\u00e8res, adorons Dieu<\/strong>, prosternons-nous, pleurons devant le Seigneur, qui nous a cr\u00e9\u00e9s ; poussons tous de concert des g\u00e9missements pour effacer le crime de nos murmures : pr\u00e9sentons-nous \u00e0 lui pour l\u2019apaiser, afin que nous le voyions reprendre sa douceur, apr\u00e8s avoir vu de si terribles effets de sa col\u00e8re. Que savons-nous, s\u2019il ne prendra point d\u2019autres sentiments \u00e0 notre \u00e9gard et s\u2019il ne nous donnera pas sa b\u00e9n\u00e9diction ? J\u2019en suis tr\u00e8s persuad\u00e9 et je me fais la caution de la mis\u00e9ricorde Divine. Apr\u00e8s avoir apais\u00e9 sa col\u00e8re, qui est si peu conforme \u00e0 sa douceur, il n\u2019agira plus que par les mouvements de sa bont\u00e9, qui lui est plus naturelle. Nous le for\u00e7ons malgr\u00e9 lui de nous traiter avec rigueur ; son penchant le ram\u00e8ne \u00e0 des sentiments de mis\u00e9ricorde. S\u2019il nous frappe, parce qu\u2019il y est contraint qui peut l\u2019emp\u00eacher de nous traiter avec indulgences, quand il ne suit que ce que lui inspire sa bont\u00e9 ? Ayons seulement compassion de nous-m\u00eames, pour nous disposer \u00e0 m\u00e9riter la tendresse d\u2019un P\u00e8re qui nous aime. Imitons les Ninivites et ne suivons pas l\u2019exemple des peuples de Sodome : arr\u00eatons le cours de nos d\u00e9sordres, de peur qu\u2019ils ne soient l\u2019occasion de notre perte : fuyions les avis de Jonas, de peur que nous ne soyons ab\u00eem\u00e9s sous un d\u00e9luge de feu et de souffre. Si nous sortons de Sodome, fuyons sur la montagne ; retirons-nous dans la ville de S\u00e9gor, entrons-y au lever du Soleil ; ne nous arr\u00eatons point dans les lieux circonvoisins, ne regardons pas derri\u00e8re nous, de crainte que nous soyons chang\u00e9s en statues de sel, pour \u00eatre des marques \u00e9ternelles de nos rechutes.<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_1014\" style=\"width: 950px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/nbn-resolving.org\/urn:nbn:de:bvb:22-dtl-0000087130\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1014\" class=\"size-full wp-image-1014\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/002.016.940px.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"588\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/002.016.940px.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/002.016.940px-300x188.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/002.016.940px-768x480.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1014\" class=\"wp-caption-text\">Bamberger Apokalypse &#8211; Staatsbibliothek Bamberg Msc.Bibl.140 \/ Reichenau, circa 1010<\/p><\/div>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>15. Nous devons \u00eatre persuad\u00e9s que les hommes ne sont pas impeccables<\/strong> ; cette haute perfection est au-dessus de leur faiblesse ; il n\u2019y a que Dieu qui ne p\u00eache point : je ne dis rien des Anges, pour ne point donner mati\u00e8re de disputer \u00e0 des gens qui empoisonnent tout ; mais il n\u2019y a que les d\u00e9mons et ceux \u00e0 qui ils ont inspir\u00e9 leur malignit\u00e9, qui s\u2019opini\u00e2trent et qui s\u2019endurcissent dans leur crime. C\u2019est le propre des hommes de faire p\u00e9nitence apr\u00e8s avoir p\u00e9ch\u00e9 ; ce retour est une marque de leur vertu et de leur pr\u00e9destination. Quoique nous sentions toujours de la faiblesse qui nous est naturelle et qui emp\u00eache notre \u00e2me de s\u2019\u00e9lever ; il faut du moins faire tous nos efforts, pour effacer ces taches et pour soutenir par la raison la faiblesse de la chair. Notre condition serait beaucoup meilleur, si nous n\u2019avions pas besoin de nous purifier de la sorte et si nous eussions conserv\u00e9 cette premi\u00e8re beaut\u00e9 saine et enti\u00e8re, que nous recouvrerons par la r\u00e9gularit\u00e9 de notre vie et si l\u2019amertume du crime ne nous e\u00fbt pas emp\u00each\u00e9 de sentir la douceur du fruit de l\u2019arbre de vie : mail il est bien plus exp\u00e9dient pour nous, que nous soyons punis apr\u00e8s nos r\u00e9voltes, que de nous apprivoiser au vice, par l\u2019impunit\u00e9. Le Seigneur ch\u00e2tie celui qu\u2019il aime ; cette punition est une marque infaillible de sa bienveillance ; au contraire les p\u00e9cheurs qu\u2019on abandonne, sans les ch\u00e2tier, ou les corriger, s\u2019endurcissent dans leurs iniquit\u00e9s.<br \/>\nLe plus grand des malheurs n\u2019est pas de sentir les fl\u00e9aux de Dieu, c\u2019est de n\u2019en profiter pas ; c\u2019est ainsi que le Proph\u00e8te Isa\u00efe parlait des Israelites, que les punitions endurcissaient : Seigneur vous les avez frapp\u00e9s et ils n\u2019ont pas fait semblant de s\u2019en apercevoir ; vous avez voulu les corriger et ils se sont r\u00e9volt\u00e9s contre les corrections ; c\u2019est en vain, qu\u2019on a trait\u00e9 durement ce peuple, il n\u2019a point voulu se convertir. Pourquoi ce peuple se d\u00e9tourne-t-il de moi, avec une obstination criminelle, qui sera la cause de sa ruine ?<\/p>\n<p><strong>16. Il n\u2019est rien de plus funeste, mes fr\u00e8res<\/strong>, que de tomber entre les mains du Dieu vivant. Il regarde les p\u00e9cheurs avec un visage terrible et mena\u00e7ant. Il entend la voix de nos crimes, comme il entendit la voix du sang d\u2019Abel ; il est impossible que le crime se d\u00e9robe par la suite \u00e0 la vitesse ; son immensit\u00e9 remplit tout l\u2019Univers, de sorte qu\u2019on ne peut trouver de retraite, pour se mettre \u00e0 couvert de sa vengeance ; quand nous nous transporterions jusque dans le Ciel, quand nous fuirions au bout du monde, quand nous nous ensevelirions dans les gouffres les plus profonds de la mer. Le Proph\u00e8te Nahum redoutait la col\u00e8re de ce Dieu jaloux, qui se venge dans sa fureur de ses ennemis et qui les punit avec tant de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 d\u00e8s la premi\u00e8re fois, qu\u2019il ne laisse plus de place \u00e0 une seconde vengeance.<\/p>\n<p>Tout le corps me frissonne et je ne puis retenir mes larmes, lorsque j\u2019entends la proph\u00e8te Isa\u00efe menacer le peuple et les principaux de Sodome et de Gomorrhe. Quels nouveaux supplices pourra-t-on inventer, si vous commettez de nouveaux crimes ? Il n\u2019y a plus rien \u00e0 ajouter \u00e0 vos peines, quoique vous ajoutiez \u00e0 vos forfaits ; votre iniquit\u00e9 est mont\u00e9e \u00e0 un tel point et votre d\u00e9solation est si g\u00e9n\u00e9rale, que vous avez \u00e9puis\u00e9 tous les fl\u00e9aux de la col\u00e8re de dieu ; ce n\u2019est point une blessure qui afflige quelque membre en particulier, c\u2019est une plaie universelle et incurable, qui se r\u00e9pand sur toutes les parties de votre corps ; il est inutile de bander cette plaie, d\u2019y appliquer de l\u2019huile ou de l\u2019onguent. Je passe les autres menaces du Proph\u00e8te, pour ne vous pas causer plus d\u2019ennuis, que vos malheurs m\u00eames ne vous en causent.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>17. T\u00e2chons de d\u00e9couvrir la source de notre infortune.<\/strong> Qui est-ce qui a br\u00fbl\u00e9 nos moissons et emp\u00each\u00e9 que nos greniers ne se remplissent ? Nos troupeaux ont manqu\u00e9 de p\u00e2turages ; la terre d\u00e9sol\u00e9e n\u2019a plus sa beaut\u00e9 ordinaire ; nos campagnes arides inspirent la tristesse ; on ne voit point de bled dans les val\u00e9es, tout est ruin\u00e9. On ne go\u00fbte plus sur les montagnes la douceur qu\u2019on y goutait autrefois ; elles sont d\u00e9pouill\u00e9es de leurs ornements ordinaires ; la mal\u00e9diction est tomb\u00e9e sur elles, aussi bien que sur les montagnes de Gelbo\u00e9, quoique ce soit d\u2019une mani\u00e8re diff\u00e9rente. La terre est maintenant comme elle \u00e9tait autrefois une masse informe, avant que Dieu l\u2019e\u00fbt enrichie de tant de beaut\u00e9s. Vous avez visit\u00e9 la terre et vous l\u2019avez abreuv\u00e9e d\u2019une mani\u00e8re bien d\u00e9solante. Quel triste spectacle ! En quel \u00e9tat nos moissons sont-elles r\u00e9duites ? On ne connait que par quelques restes d\u2019\u00e9pis, que la terre a \u00e9t\u00e9 ensemenc\u00e9e ; \u00e0 peine avons-nous eu de quoi offrir \u00e0 Dieu des pr\u00e9mices ; les mois plut\u00f4t que les gerbes, font conna\u00eetre que nous sommes dans le temps de la moisson.<br \/>\nTelles sont les richesses des impies et les moissons de ceux qui s\u00e8ment le mal ; ils s\u00e8ment et ne recueillent point, comme il est port\u00e9 dans l\u2019ancienne mal\u00e9diction ; ils plantent la vigne et ne ramassent point de raisins : dans dix arpents de terre, ne pas trouver de quoi remplir une bouteille ! Les campagnes de nos voisins regorgent de fruits, tandis que nous sommes r\u00e9duits \u00e0 la derni\u00e8re mis\u00e8re. D\u2019o\u00f9 vient cela et quelle est la cause de notre malheur ? Faisons-nous justice \u00e0 nous-m\u00eames, sans attendre les reproches des autres. Avouer ses p\u00e9ch\u00e9s, les d\u00e9tester, fuir l\u2019occasion de retomber, c\u2019est un bon rem\u00e8de contre le vice. Comme j\u2019ai averti mon peuple du malheur qui le mena\u00e7ait et que j\u2019avais pr\u00e9vu, car je n\u2019ai point dissimul\u00e9 que la vengeance de Dieu \u00e9tait pr\u00eate \u00e0 \u00e9clater ; pour t\u00e2cher de sauver ceux qui m\u2019\u00e9coutent, en me sauvant moi-m\u00eame, je ne craindrai point de faire un d\u00e9tail de votre d\u00e9sob\u00e9issance et de me charger de vos propres p\u00e9ch\u00e9s : peut-\u00eatre adoucirai-je par-l\u00e0 mes ennuis et obtiendrai-je mis\u00e9ricorde.<\/p>\n<p><strong>18. Les uns ont opprim\u00e9 les pauvre<\/strong>s et ont enlev\u00e9 une partie de leur bien, par artifice ou par violence ; ils ont empi\u00e9t\u00e9 sur leurs h\u00e9ritages ; ils ont uni \u00e0 leurs maisons celles de leurs voisins, pour \u00eatre seuls dans leur quartier, comme s\u2019ils pr\u00e9tendaient \u00eatre les seuls habitants de la terre. Les autres ont tout d\u00e9sol\u00e9 par des usures excessives, ramassant ce qu\u2019ils n\u2019avaient point sem\u00e9 et s\u2019enrichissant du sang des pauvres, au lieu de s\u2019enrichir de leurs travaux. D\u2019autres ont n\u00e9glig\u00e9 d\u2019offrir \u00e0 Dieu les pr\u00e9mices de leurs raisins et de leurs bl\u00e9s, quoiqu\u2019ils les e\u00fbt combl\u00e9s de biens ; ils ont fait conna\u00eetre leur ingratitude et leur folie, en ne le remerciant pas de ses bienfaits et s\u2019ils ne se sont point attir\u00e9 d\u2019autres malheurs, ils ont du moins tari la source de ses bont\u00e9s. Les autres n\u2019ont point \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s des mis\u00e8res des veuves et des orphelins ; ils n\u2019ont point donn\u00e9 \u00e0 manger aux pauvres, ou plut\u00f4t \u00e0 J\u00e9sus-Christ, qui nourrit ceux qui ont soin de nourrir les pauvres. Ils ont une grande quantit\u00e9 de bl\u00e9, que leurs greniers ne sont pas assez vastes pour les contenir ; ils les emplissent, ou ils les d\u00e9truisent pour en b\u00e2tir de plus grands, sans savoir si la mort les enl\u00e8vera du monde, avec toutes leurs esp\u00e9rances, pour rendre compte des biens qu\u2019ils ont poss\u00e9d\u00e9s r\u00e9ellement ou en id\u00e9e et dont ils ont fait un si mauvais usage. Les autres ont \u00e9vit\u00e9 la rencontre des petits et ont tourment\u00e9 injustement les gens de bien. Les autres ont t\u00e9moign\u00e9 de l\u2019aversion \u00e0 ceux qui les reprenaient, les bons discours leur ont paru insupportables. Les autres se sont applaudi de leurs gains ill\u00e9gitimes et des captures qu\u2019ils faisaient sur les pauvres, bannissant de leur m\u00e9moire le souvenir de Dieu, ou s\u2019en souvenant d\u2019une mani\u00e8re indigne et disant, le Seigneur soit b\u00e9nir, parce que nous sommes devenus riches ; ils se sont faussement persuad\u00e9, que leurs richesses \u00e9taient des effets de la bont\u00e9 de Dieu et elles feront la mati\u00e8re de leurs supplices ; car c\u2019est pour cela que la col\u00e8re de Dieu s\u2019est r\u00e9pandue sur les enfants de d\u00e9sob\u00e9issance ; c\u2019est ce qui ferme l\u2019entr\u00e9e du Ciel et nous en serons encore plus indignes, si nos malheurs ne nous rendent sages et si nous ne retournons \u00e0 Dieu, qui veut bien venir \u00e0 nous.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>19. Que r\u00e9pondront \u00e0 cela ceux qui ach\u00e8tent le bl\u00e9 pour le vendre,<\/strong> qui sont attentifs \u00e0 \u00e9pier les temps difficiles, pour s\u2019enrichir ; qui font leurs d\u00e9lices des calamit\u00e9s d\u2019autrui, bien \u00e9loign\u00e9s d\u2019imiter la bonne conduite de Joseph, qui faisait un si bon usage des richesses des Egyptiens : il achetait le bl\u00e9 dans la saison pour le distribuer \u00e0 propos, il pr\u00e9vit la famine et pris ses mesures, pour en emp\u00eacher les suites ; mais ils ne songent qu\u2019\u00e0 s\u2019approprier par des moyens ill\u00e9gitimes les richesses de leurs voisins. Quand viendra la saison de vendre, disent-ils ? Quand les jours du Sabbat seront expir\u00e9s, nous ouvrirons nos tr\u00e9sors : ils se servent de faux poids, pour distribuer leurs marchandises ; cette injustice comble la mesure de leurs iniquit\u00e9s. Le d\u00e9sir qu\u2019ils ont d\u2019amasser est insatiable ; ils adorent l\u2019or et l\u2019argent, comme les Juifs adoraient autrefois les idoles abominables. Ils aiment l\u2019\u00e9clat des pierreries, les habits pompeux et magnifiques qui ressentent la mollesse et qui sont la proie des teignes, des voleurs et des tyrans. La foule de leurs esclaves et leurs nombreux troupeaux les rendent fiers et insolents ; ils augmentent autant qu\u2019ils le peuvent l\u2019\u00e9tendue de leurs h\u00e9ritages, insatiables comme les sangsues dont parle Salomon, qu\u2019on ne peut remplir non plus que l\u2019enfer, la terre, le feu, l\u2019eau. \u00c0 peine le monde entier pourrait-il suffire \u00e0 leur avidit\u00e9 ; peu s\u2019en faut qu\u2019ils ne se f\u00e2chent contre Dieu d\u2019avoir mis des bornes si \u00e9troites \u00e0 l\u2019Univers.<br \/>\nQue diront ceux qui sont assis sur des tr\u00f4nes \u00e9clatants, qui jouent un si grand r\u00f4le dans le monde, dont l\u2019ext\u00e9rieur marque tant d\u2019orgueil et tant de fiert\u00e9 ; ils ne font nulle attention sur la conduite douce et commode avec laquelle Dieu gouverne le monde, afin de commander \u00e0 leurs \u00e9gaux avec la m\u00eame indulgence. Jetez les yeux sur le portrait que le Proph\u00e8te Amos fait de ces voluptueux, qui sont couch\u00e9s avec tant de mollesse sur des lits d\u2019ivoire, qui se parfument des onguents les plus d\u00e9licieux et les plus exquis, qui se laissent charmer par la douceur de l\u2019harmonie, qui s\u2019attachent aux choses p\u00e9rissables, comme si elles devaient durer toujours et qui ne sont point touch\u00e9s des ennuis et des calamit\u00e9s de Joseph. Ils devaient traiter doucement ceux qui \u00e9taient tomb\u00e9s les premiers dans le malheur, afin de m\u00e9riter par cette indulgence qu\u2019on les trait\u00e2t d la m\u00eame sorte. La chute du c\u00e8dre devait faire pleurer le sapin ; c\u2019est-\u00e0-dire que les infortunes de leurs voisins devaient les rendre sages ; il fallait profiter de l\u2019exp\u00e9rience qu\u2019ils avaient des calamit\u00e9s de leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs, qui n\u2019avaient pas eu le m\u00eame bonheur de pouvoir s\u2019instruire par des exemples semblables.<\/p>\n<p><strong>20. Aidez-nous \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur ces grandes v\u00e9rit\u00e9s<\/strong>, homme saint et pieux, qu\u2019une longue exp\u00e9rience a rendu si sage ; faites part de vos lumi\u00e8re \u00e0 votre peuple ; apprenez-leur \u00e0 soulager les mis\u00e8res des pauvres, \u00e0 donner du pain \u00e0 ceux qui en manquent, \u00e0 loger ceux qui n\u2019ont point de maison, \u00e0 rev\u00eatir ceux qui n\u2019ont point d\u2019habit, \u00e0 ne point m\u00e9priser leurs fr\u00e8res, afin de tirer tout l\u2019avantage que nous pourrons de la mis\u00e8re o\u00f9 nous sommes r\u00e9duits, persuadez que ce ne sont point les dons pr\u00e9cieux, ni les offrandes magnifique qui plaisent davantage \u00e0 Dieu. Tenez-vous lieu aujourd\u2019hui de Moise et de Phin\u00e9es ; calmez par votre intercession le courroux de Dieu et d\u00e9livrez-nous des fl\u00e9aux qui nous menacent encore. Dieu se laisse attendrir par les larmes d\u2019un p\u00e8re qui prie pour ses enfants ; demandez-lui mis\u00e9ricorde pour nos p\u00e9ch\u00e9s pass\u00e9s, promettez que nous vivrons plus r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 l\u2019avenir, pr\u00e9sentez-lui ce peuple, que la crainte et les infortunes ont sanctifi\u00e9. Demandez aussi \u00e0 Dieu des aliments pour le faire subsister, quand il en devrait faire tomber du Ciel par un miracle. Si vous vous chargez de cette commission, vous nous r\u00e9concilierez avec Dieu, vous adoucirez le Ciel, qui communiquera les eaux le soir et le matin. Le Seigneur donnera sa b\u00e9n\u00e9diction, la terre nous donnera ses fruits et notre pain quotidien, tandis que nous ferons des fruits dignes de la vie \u00e9ternelle et vous les pr\u00e9senterez \u00e0 J\u00e9sus-Christ, \u00e0 qui la gloire appartient dans tous les si\u00e8cles.<span hidden class=\"__iawmlf-post-loop-links\" data-iawmlf-links=\"[{&quot;id&quot;:561,&quot;href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/nbn-resolving.org\\\/urn:nbn:de:bvb:22-dtl-0000087130&quot;,&quot;archived_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;redirect_href&quot;:&quot;http:\\\/\\\/digital.bib-bvb.de:80\\\/view\\\/bvb_mets\\\/viewer.0.6.5.jsp?folder_id=0\\u0026dvs=1774639840549~187\\u0026pid=13423867\\u0026locale=en\\u0026usePid1=true\\u0026usePid2=true&quot;,&quot;checks&quot;:[],&quot;broken&quot;:false,&quot;last_checked&quot;:null,&quot;process&quot;:&quot;done&quot;}]\"><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sermons de Saint Gr\u00e9goire de Nazianze, surnomm\u00e9e le Th\u00e9ologien traduits du grec, avec des notes, Tome I,p. 324-346,chez Andr\u00e9&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":705,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[139,95,2],"tags":[146,145,125],"class_list":["post-932","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-gregoire-de-nazianze","category-histoire","category-orthodoxie","tag-affliction","tag-nazianze","tag-peres-de-leglise"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/932","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=932"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/932\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1018,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/932\/revisions\/1018"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/705"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=932"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=932"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=932"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}