{"id":881,"date":"2020-01-30T14:57:21","date_gmt":"2020-01-30T13:57:21","guid":{"rendered":"http:\/\/hesychia.eu\/?p=881"},"modified":"2020-01-30T14:58:37","modified_gmt":"2020-01-30T13:58:37","slug":"a-qui-ne-se-nuit-pas-a-lui-meme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/2020\/01\/30\/a-qui-ne-se-nuit-pas-a-lui-meme\/","title":{"rendered":"A QUI NE SE NUIT PAS A LUI-M\u00caME NUL NE PEUT NUIRE &#8211; III"},"content":{"rendered":"<h4 style=\"text-align: center;\">Saint Jean Chrysostome (\u2020407)<\/h4>\n<h5 style=\"text-align: center;\"><em>\u0152uvres compl\u00e8tes, Tome IV, p.347 &#8211; 352, Traduction sous la direction de M. Jeannin, Arras, 1887\u00a0<\/em><\/h5>\n<p><em>Oui, voil\u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 absolue ; \u00e0 qui ne veut pas se nuire \u00e0 lui-m\u00eame, personne ne pourra nuire ; et \u00e0 celui qui ne veut pas, de tout son c\u0153ur, pratiquer la temp\u00e9rance, faire usage des ressources qu\u2019il porte en lui, nul ne pourra jamais lui \u00eatre utile. <\/em> <!--more--><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_886\" style=\"width: 660px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-886\" class=\"wp-image-886 size-full\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/l_echelle-sainte.650px.jpg\" alt=\"L'\u00c9chelle spirituelle de saint Jean Climacus, XIe-XIIe si\u00e8cle.\" width=\"650\" height=\"930\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/l_echelle-sainte.650px.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/l_echelle-sainte.650px-210x300.jpg 210w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><p id=\"caption-attachment-886\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;\u00c9chelle spirituelle de saint Jean Climacus, XIe-XIIe si\u00e8cle. Monast\u00e8re Sainte-Catherine, Mont Sinai, \u00c9gype<\/p><\/div>\n<p>Voil\u00e0 pourquoi l\u2019\u00c9criture, dans une admirable histoire, comme dans un vaste et magnifique tableau, a d\u00e9crit les vies des anciens hommes, \u00e9tendant son r\u00e9cit depuis Adam jusqu\u2019\u00e0 l\u2019av\u00e8nement du Christ. Elle vous fait voir aussi bien ceux qui furent vaincus, que ceux qui ont conquis des couronnes, pour vous montrer, par tous ces exemples, qu\u2019\u00e0 celui qui ne se nuit pas \u00e0 lui-m\u00eame, aucun autre ne peut nuire, quand la terre enti\u00e8re exciterait contre lui une guerre cruelle.<\/p>\n<blockquote><p><em>Et en effet, ni la difficult\u00e9 des circonstances, ni les r\u00e9volutions, ni les injures des hommes puissants, ni les attaques perfides tombant sur vous comme la neige, ni la multitude des calamit\u00e9s, ni tous les malheurs humains attroup\u00e9s contre vous ne peuvent \u00e9branler en quoi que ce soit l\u2019homme courageux, vigilant et sage, comme tous les avantages possibles et toutes les facilit\u00e9s imaginables, ne rendent point meilleur le l\u00e2che qui se trahit et s\u2019abandonne lui-m\u00eame. C\u2019est ce que nous indique la parabole au sujet de ces hommes dont l\u2019un a \u00e9difi\u00e9 sa maison sur la pierre, l\u2019autre sur le sable. Il ne s\u2019agit pas ici de sable, de pierre, de ma\u00e7onnerie, de toits, ni de fleuves d\u00e9bord\u00e9s, de vents furieux qui sont venus fondre sur la maison (Matth. VII, 24) ; mais de la vertu et du vice. Et comprenons encore par ces exemples qu\u2019\u00e0 celui qui ne se nuit pas \u00e0 lui-m\u00eame, nul ne peut nuire.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Ainsi, ni les pluies malgr\u00e9 leur violence, ni les fleuves qui se sont pr\u00e9cipit\u00e9s avec imp\u00e9tuosit\u00e9, ni les vents furieux n\u2019ont pu \u00e9branler une seule partie de cette maison ; elle est demeur\u00e9e inexpugnable, invincible pour vous montrer que <strong>celui qui ne se trahit pas lui-m\u00eame, aucune \u00e9preuve n\u2019est capable de l\u2019\u00e9branler<\/strong>.<\/p>\n<p>L\u2019autre maison au contraire a \u00e9t\u00e9 facilement renvers\u00e9e ; non pas par l\u2019imp\u00e9tuosit\u00e9 des forces qui l\u2019\u00e9prouvaient (\u00e9videmment ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019une serait aussi arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019autre), mais par la folie de celui qui l\u2019a construite : <strong>ce n\u2019est pas parce que le vent a souffl\u00e9 qu\u2019elle est tomb\u00e9e, mais c\u2019est parce qu\u2019elle \u00e9tait \u00e9difi\u00e9e sur le sable, c\u2019est-\u00e0-dire sur la l\u00e2chet\u00e9, sur la perversit\u00e9.<\/strong> Voil\u00e0 pourquoi elle s\u2019est \u00e9croul\u00e9e. En effet, m\u00eame avant d\u2019\u00eatre assaillie par la temp\u00eate, elle \u00e9tait sans solidit\u00e9, pr\u00eate \u00e0 tomber. Les constructions de ce genre, m\u00eame sans qu\u2019on y touche, tombent toutes seules, parce que les fondations fl\u00e9chissent et se d\u00e9robent sous elles.<\/p>\n<p>Les toiles d\u2019araign\u00e9es d\u2019elles-m\u00eames se d\u00e9chirent, sans que personne y porte la main ; le diamant au contraire, quoique frapp\u00e9 \u00e0 grands coups, m\u00eame quand on le frappe, r\u00e9siste sans se briser. Il en est ainsi de ceux qui ne se nuisent pas \u00e0 eux-m\u00eames. <strong>Sous les coups de milliers d\u2019ennemis, ils deviennent plus forts<\/strong>, mais ceux qui se trahissent eux-m\u00eames, sans aucun ennemi qui les attaque, tombent de leur propre mouvement et se d\u00e9composent et p\u00e9rissent. C\u2019est l\u2019histoire de Judas, qui, non seulement sans aucune \u00e9preuve qui le mit en p\u00e9rils, mais encore, malgr\u00e9 tant de soins pour le sauver, a trouv\u00e9 la mort.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>Voulez-vous des nations enti\u00e8res, comme exemples, pour \u00e9clairer ce discours ?<\/strong> De quelles faveurs de la part de la divine Providence, n\u2019a pas joui la nation des Juifs ? Toutes les cr\u00e9atures visibles n\u2019\u00e9taient-elles pas assujetties \u00e0 leur service ? Une vie nouvelle, \u00e9tonnante, \u00e9trange ne fut-elle pas organis\u00e9e pour eux ? Sans envoyer au march\u00e9, sans faire aucune d\u00e9pense, ils jouissaient de ce qu\u2019on y vend ; pas de sillons \u00e0 creuser, de charrue \u00e0 pousser, de sol \u00e0 d\u00e9chirer, de semences \u00e0 r\u00e9pandre, et ils n\u2019avaient besoin ni des pluies, ni des vents, ni de la diversit\u00e9 des saisons, ni des rayons du soleil, ni du cours de la lune, ni de l\u2019action de l\u2019air, ni de rien de tout ce qui y ressemble ; ils ne pr\u00e9paraient pas de greniers, ne battaient pas le bl\u00e9, ne s\u2019inqui\u00e9taient pas des vans qui s\u00e9parent le grain de la paille, ne tournaient pas de meules, ne portaient ni bois ni feu dans leurs maisons ; chez eux, nul besoin des bras qui font le pain ou manient le hoyau, qui aiguisent les faux ou pratiquent une industrie quelconque ; tisserands, ma\u00e7ons, cordonniers, \u00e0 quoi bon ? Ils avaient, pour leur tenir lieu de tout, la parole de Dieu. Leur table \u00e9tait toujours pr\u00eate, sans qu\u2019il leur fall\u00fbt supporter les sueurs et les fatigues. Voici, en effet, ce qu\u2019\u00e9tait la manne, un aliment nouveau, subit, n\u2019exigeant ni soins embarrassants, ni jamais le moindre travail.<\/p>\n<p>Et maintenant, et leurs v\u00eatements, et leurs chaussures, tout, chez eux, jusqu\u2019\u00e0 leurs corps, \u00e9chappait aux lois naturelles de la faiblesse ; dans un si long espace de temps, rien ne s\u2019usait ; leurs pieds, qui marchaient tant, ne se chargeaient pas de callosit\u00e9s. Ni m\u00e9decins chez eux, ni rem\u00e8des, ni rien de ce qui s\u2019y rapporte, on n\u2019en faisait jamais mention, tant ils ignoraient toute maladie. Car il les fit sortir, avec beaucoup d\u2019or et d\u2019argent ; et il n\u2019y avait point de malades dans leurs tribus. (Ps. CIV, 37) On e\u00fbt dit que, loin de ce monde, transport\u00e9s dans un monde meilleur, ils y trouvaient leur nourriture, leur breuvage ; les rayons du soleil devenus plus ardents ne br\u00fblaient pas leurs t\u00eates, abrit\u00e9es par la nue qui les couvrait de toutes parts, comme un toit portatif \u00e0 l\u2019usage de toutes ces tribus. La nuit venait, avaient-ils besoin de flambeaux dans les t\u00e9n\u00e8bres ? La colonne de feu, source intarissable de lumi\u00e8re, doublement utile, versait sur eux sa clart\u00e9, et dirigeait leur marche. Car ce n\u2019\u00e9tait pas seulement un foyer de lumi\u00e8re, c\u2019\u00e9tait encore, \u00e0 travers le d\u00e9sert, le guide s\u00fbr, excellent de ce peuple immense. Et ils marchaient d\u2019un pas ferme, non seulement sur la terre, mais ils traversaient la mer comme le continent ; les limites de la nature n\u2019arr\u00eat\u00e8rent pas leur audace, quand ils foul\u00e8rent cette mer terrible, comme des voyageurs qui sentent sous eux un ferme et solide rocher ; au moment de leur passage, les flots, sous leurs pieds, ressemblaient \u00e0 des champs, \u00e0 des plaines ; mais, quand les ennemis y p\u00e9n\u00e9tr\u00e8rent, la mer alors fit ce qu\u2019il en faut attendre ; o\u00f9 les Juifs avaient trouv\u00e9 un chemin commode et s\u00fbr, leurs pers\u00e9cuteurs trouv\u00e8rent un tombeau ; pour les premiers, douce et bonne, elle les conduisit o\u00f9 ils voulaient ; pour les autres, violente, furieuse, elle les engloutit. Et la fougue indisciplin\u00e9e des flots montra la discipline intelligente et soumise des hommes dou\u00e9s de la raison la plus sage. Tour \u00e0 tour lib\u00e9rateur et bourreau, en un m\u00eame jour, la mer remplit soudain les fonctions les plus oppos\u00e9es.<\/p>\n<p>Parlerai-je des rochers versant des fleuves d\u2019eau vive ? parlerai-je des nu\u00e9es d\u2019oiseaux qui couvrirent de leur foule innombrable toute la terre ? Des miracles de l\u2019\u00c9gypte ? Des merveilles dans le d\u00e9sert ? Des troph\u00e9es et des victoires remport\u00e9es sans effusion de sang ? On e\u00fbt dit des ch\u0153urs de musique et non des bataillons de guerriers quand ils abattaient leurs ennemis ; leurs tyrans m\u00eames, ils les vainquirent sans prendre les armes. Quant \u00e0 ceux qui, rois de l\u2019\u00c9gypte, combattirent avec eux, les Juifs en triomph\u00e8rent au son des trompettes, au bruit des hymnes. C\u2019\u00e9tait un ch\u0153ur sacr\u00e9 plus qu\u2019une m\u00eal\u00e9e ; une sainte initiation plus qu\u2019une bataille, car tous ces prodiges n\u2019arriv\u00e8rent pas seulement pour servir de secours aux Juifs, mais pour leur faire conserver la vraie doctrine, la connaissance de Dieu qu\u2019ils avaient re\u00e7ue de Mo\u00efse, et partout s\u2019entendaient les voix qui publiaient le Seigneur. C\u2019est l\u00e0 ce que criait la mer, soit qu\u2019elle se laissa traverser \u00e0 pied sec, soit qu\u2019elle redevint la mer ; et les eaux du Nil faisaient entendre cette voix, quand ses eaux devenaient du sang, et les grenouilles, et ces arm\u00e9es de sauterelles et les insectes, et la nielle des bl\u00e9s tenaient le m\u00eame langage \u00e0 tout le peuple, et les prodiges du d\u00e9sert, la manne, la colonne, la nu\u00e9e, la pluie de cailles, toutes les autres merveilles \u00e9taient comme un livre, comme des caract\u00e8res \u00e0 jamais indestructibles, qui ranimaient \u00e0 chaque instant chaque jour leur m\u00e9moire et retentissaient dans leur pens\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>Eh bien ! apr\u00e8s tant et de si grandes faveurs ; apr\u00e8s tant d\u2019ineffables bienfaits, apr\u00e8s de si grandes merveilles, apr\u00e8s tant de marques d\u2019une inexprimable sollicitude, apr\u00e8s cet enseignement, jamais interrompu, apr\u00e8s l\u2019\u00e9clatante \u00e9nergie des paroles, apr\u00e8s les exhortations qui ressortaient des choses m\u00eames, apr\u00e8s les victoires brillantes, apr\u00e8s les admirables troph\u00e9es, apr\u00e8s cette abondance des tables toujours pr\u00eates, apr\u00e8s ces eaux f\u00e9condes, apr\u00e8s cette gloire qui d\u00e9fie toute parole dont ils \u00e9taient rev\u00eatus \u00e0 la face de tous les hommes, les voici devenus ingrats, stupides.<\/strong> Ils adoraient un veau, ils rendaient un culte \u00e0 la t\u00eate d\u2019un b\u0153uf, ils demandaient qu\u2019on leur f\u00eet des dieux, quand les souvenirs des bienfaits dont ils avaient \u00e9t\u00e9 combl\u00e9s en \u00c9gypte, par ce Dieu, devaient vivre, dans leur m\u00e9moire, quand ils jouissaient encore de tant d\u2019autres effets de sa bont\u00e9.<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_885\" style=\"width: 660px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-885\" class=\"wp-image-885 size-full\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/la-sagesse.650px.jpg\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"894\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/la-sagesse.650px.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/la-sagesse.650px-218x300.jpg 218w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><p id=\"caption-attachment-885\" class=\"wp-caption-text\">La Sagesse a b\u00e2ti sa demeure. Novgorod, 1548<\/p><\/div>\n<p style=\"padding-left: 80px;\"><strong>Et voici maintenant, spectacle tout diff\u00e9rent, les Ninivites,<\/strong> des barbares, des \u00e9trangers, qui n\u2019ont rien re\u00e7u en partage, ni peu ni beaucoup de ces faveurs ; qui n\u2019ont connu ni discours, ni prodiges, ni actions, ni paroles ; qui ont vu simplement un homme, \u00e9chapp\u00e9 au naufrage, un homme qu\u2019ils n\u2019avaient jamais rencontr\u00e9 auparavant, c\u2019\u00e9tait alors la premi\u00e8re fois qu\u2019ils le voyaient ; il se pr\u00e9sente, il dit : encore trois jours et Ninive sera d\u00e9truite. (Jonas, III, 3.) Ce peu de paroles les a transform\u00e9s, corrig\u00e9s ; renon\u00e7ant \u00e0 leur perversit\u00e9 premi\u00e8re, touch\u00e9s de repentir, ils se tourn\u00e8rent du c\u00f4t\u00e9 de la vertu, et si bien, qu\u2019ils firent r\u00e9voquer le d\u00e9cret de Dieu, qu\u2019ils raffermirent leur ville \u00e9branl\u00e9e, qu\u2019ils \u00e9cart\u00e8rent loin d\u2019eux la col\u00e8re divine et s\u2019affranchirent de toute affliction. Car Dieu vit, dit l\u2019\u00c9criture, qu\u2019ils s\u2019\u00e9taient convertis en quittant leur mauvaise voie, et que chacun d\u2019eux s\u2019\u00e9tait retourn\u00e9 vers le Seigneur. (Ibid. 10.)<\/p>\n<p>Expliquez-moi cette conversion. Assur\u00e9ment leur malice \u00e9tait grande ; leur perversit\u00e9 inexprimable ; leurs plaies difficiles \u00e0 gu\u00e9rir, et c\u2019est ce que le Proph\u00e8te a montr\u00e9 ainsi : Leur malice s\u2019est \u00e9lev\u00e9e jusqu\u2019au ciel. (Jonas, I, 2.) L\u2019intervalle des lieux lui sert \u00e0 faire comprendre la grandeur de leur iniquit\u00e9. Eh bien ! pourtant, cette corruption si grande, cette perversit\u00e9 assez accumul\u00e9e pour s\u2019\u00e9lever jusqu\u2019au ciel, il a suffi de trois jours, de quelques instants, de quelques paroles prononc\u00e9es par un homme seul, un inconnu, un \u00e9tranger, un naufrag\u00e9, pour que les gens de Ninive la d\u00e9truisissent enti\u00e8rement, la fissent dispara\u00eetre, au point de m\u00e9riter d\u2019entendre cette parole : Car Dieu a vu qu\u2019ils s\u2019\u00e9taient convertis en quittant leur mauvaise voie, et la compassion qu\u2019il eut d\u2019eux l\u2019emp\u00eacha de leur envoyer les maux qu\u2019il avait r\u00e9solu de leur faire. Comprenez-vous, que l\u2019homme temp\u00e9rant, vigilant, non seulement ne souffre aucun mal de la part des autres hommes, mais, de plus, qu\u2019il d\u00e9tourne la col\u00e8re divine ! Comprenez-vous en m\u00eame temps que celui qui se trahit lui-m\u00eame, qui se fait du mal \u00e0 lui-m\u00eame, a beau recevoir des bienfaits sans nombre, qu\u2019il en tire peu de profit ? Ainsi, ni tant de prodiges ne servirent aux Juifs, ni les autres n\u2019eurent \u00e0 se plaindre de n\u2019avoir eu aucune part \u00e0 ces bienfaits.<\/p>\n<p>Les Ninivites \u00e9taient naturellement g\u00e9n\u00e9reux et bons ; voil\u00e0 pourquoi il leur suffit d\u2019un moment si court pour devenir meilleurs, quoiqu\u2019ils fussent des barbares, des \u00e9trangers, quoiqu\u2019ils n\u2019eussent rien entendu des divins oracles, qu\u2019un si grand espace les s\u00e9par\u00e2t de la Palestine?<\/p>\n<p><strong>Que dirons-nous, r\u00e9pondez-moi, de ces trois jeunes hommes, si fameux ?<\/strong> Leur vertu a-t-elle souffert des maux qui fondirent sur eux ? N\u2019est-il pas vrai que jeunes encore, tout \u00e0 fait jeunes ils subirent pr\u00e9matur\u00e9ment un douloureux supplice, la captivit\u00e9, le long exil, loin de leur patrie, de leurs maisons, de leur temple ? Autel, sacrifice, offrande, libations, psaumes chant\u00e9s en commun, une fois sur la terre \u00e9trang\u00e8re, ils avaient tout perdu. Ils ne durent pas renoncer seulement \u00e0 leurs maisons, mais \u00e0 combien de pratiques du culte divin ? Ne savez-vous pas qu\u2019ils furent livr\u00e9s \u00e0 des barbares qui \u00e9taient plut\u00f4t des loups que des hommes ? Et, ce qu\u2019il y a de plus terrible, c\u2019est qu\u2019ils \u00e9taient rel\u00e9gu\u00e9s loin de la patrie, sur une terre barbare, r\u00e9duits \u00e0 la plus cruelle servitude, qu\u2019ils n\u2019avaient ni ma\u00eetre pour les instruire, ni proph\u00e8te, ni prince. Il n\u2019y a, dit l\u2019\u00c9criture, ni prince, ni proph\u00e8te, ni chef, ni moyens de sacrifier devant toi et, d\u2019obtenir mis\u00e9ricorde. (Daniel, III, 38.) Ce n\u2019est pas tout, on les conduisit dans le palais comme sur une hauteur bord\u00e9e de pr\u00e9cipices, comme sur une mer remplie de rochers qui se cachent sous les flots ; et sans pilote, sans matelots, sans voiles, ils furent forc\u00e9s de naviguer sur cette mer dangereuse. Ils \u00e9taient comme dans une prison, au milieu de ce palais. Instruits clans la sagesse, sup\u00e9rieurs aux choses de ce monde, foulant aux pieds tout le faste des hommes, ces anges aux ailes l\u00e9g\u00e8res, regardaient comme un surcro\u00eet de malheur de r\u00e9sider dans ce s\u00e9jour. En effet, s\u2019ils n\u2019y eussent pas \u00e9t\u00e9 renferm\u00e9s, s\u2019ils eussent habit\u00e9 une maison particuli\u00e8re, ils auraient joui d\u2019une libert\u00e9 plus grande ; mais, dans cette prison (car cette splendeur, toute cette magnificence ne leur semblait pas moins \u00e0 craindre qu\u2019une prison, que des pr\u00e9cipices, que des \u00e9cueils), ils surent bien tout de suite r\u00e9sister \u00e0 de si grands dangers. Le roi leur commanda de s\u2019asseoir \u00e0 sa table voluptueuse, ce qui leur \u00e9tait interdit et leur paraissait profane, impur, plus funeste que la mort ; et seuls ils demeuraient comme des agneaux au milieu d\u2019une bande de loups. Il fallait bien se laisser ronger par la faim, il fallait mourir, ou consentir \u00e0 go\u00fbter des mets d\u00e9fendus. Eh bien ! que font-ils, ces jeunes gens, ces orphelins, ces captifs, ces \u00e9trangers, ces esclaves de ceux qui leur donnent de pareils ordres ? Ils ne pens\u00e8rent pas \u00e0 se faire une excuse, ni de la n\u00e9cessit\u00e9, ni de l\u2019autorit\u00e9 du tyran qui dominait la ville. Tous leurs efforts, toutes leurs tentatives \u00e9taient pour se soustraire au p\u00e9ch\u00e9, quoiqu\u2019ils fussent abandonn\u00e9s de tous. Ils ne pouvaient corrompre des hommes par argent, \u00e9tant de pauvres captifs. Ils n\u2019avaient ni confidents ni amis ; c\u2019\u00e9taient des \u00e9trangers. Ils ne pouvaient pr\u00e9valoir par la puissance, c\u2019\u00e9taient des esclaves ; pr\u00e9valoir par le nombre, ils \u00e9taient trois. Ils vont donc trouver l\u2019eunuque charg\u00e9 de la table du roi, et le persuadent. Ils le trouv\u00e8rent, en effet, agit\u00e9, inquiet, tremblant pour sa vie ; \u00e9pouvant\u00e9 de l\u2019id\u00e9e de mourir : Je crains, dit-il, le roi mon seigneur, car s\u2019il voit vos visages plus maigres que ceux des autres jeunes hommes de votre \u00e2ge, vous serez cause que le roi me fera trancher la t\u00eate. (Dan. I, 10.) Ils le rassur\u00e8rent et en obtinrent ce qu\u2019ils voulaient. Quand ils eurent donn\u00e9 au Seigneur tout ce qui d\u00e9pendait d\u2019eux, le Seigneur \u00e0 son tour leur conf\u00e9ra ce qui d\u00e9pend de lui. Car ce n\u2019\u00e9tait pas en Dieu seul que r\u00e9sidait le m\u00e9rite qui leur valut la r\u00e9compense \u00e0 eux r\u00e9serv\u00e9e, le principe, le point de d\u00e9part, ils le portaient dans leur \u00e2me g\u00e9n\u00e9reuse ; une fois qu\u2019ils l\u2019eurent noblement, virilement montr\u00e9, ils conquirent la faveur de Dieu, et ils parvinrent au terme de leur ardent d\u00e9sir.<\/p>\n<p>Comprenez-vous combien il est vrai de dire, qu\u2019\u00e0 celui qui ne se nuit pas \u00e0 lui-m\u00eame, aucun autre ne peut nuire ?<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>Voyez donc : jeunesse ; captivit\u00e9, s\u00e9jour dans une terre \u00e9trang\u00e8re, abandon g\u00e9n\u00e9ral, manque de tout secours<\/strong>, ordre rigoureux qui \u00e9tait impos\u00e9, crainte violente qui oppressait l\u2019\u00e2me de l\u2019eunuque, pauvret\u00e9, petit nombre, malheur de se trouver au milieu des barbares, d\u2019avoir ses ennemis pour ma\u00eetres, d\u2019\u00eatre \u00e0 la merci d\u2019un prince cruel, l\u2019\u00e9loignement de tous les parents, de tous les proches, absence des pr\u00eatres, des proph\u00e8tes, de tous ceux qui pouvaient instruire et soutenir, cessation absolue des libations et des sacrifices, privation du temple et des chants sacr\u00e9s, rien de tout cela, rien ne porta atteinte \u00e0 la vertu des trois jeunes gens. Au contraire, elle s\u2019est agrandie, elle a m\u00e9rit\u00e9 plus de gloire qu\u2019aux jours o\u00f9 ils jouissaient de tous ces biens dans leur propre patrie.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir achev\u00e9 ce premier combat, ceint leur front d\u2019une brillante couronne, conserv\u00e9 leur loi, m\u00eame en pays \u00e9tranger, foul\u00e9 aux pieds m\u00eame l\u2019ordre d\u2019un tyran, vaincu la terreur du d\u00e9mon, sans recevoir aucun dommage ; aussi purs que s\u2019ils \u00e9taient rest\u00e9s dans leur patrie, en pleine jouissance des biens sacr\u00e9s ; heureux de leur t\u00e2che accomplie sans crainte, ils furent de nouveau appel\u00e9s \u00e0 des luttes nouvelles, et, de nouveau, ils se montr\u00e8rent les m\u00eames. Un combat plus terrible que le premier leur \u00e9tait offert ; une fournaise \u00e9tait embras\u00e9e ; une arm\u00e9e barbare, son roi en t\u00eate, \u00e9tait rang\u00e9e devant eux ; toute la puissance de la Perse \u00e9tait mise en mouvement ; tout s\u2019agitait, tout \u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 pour triompher d\u2019eux par la ruse et par la violence, par la diversit\u00e9 des s\u00e9ductions de la musique, par la vari\u00e9t\u00e9 des supplices, par les menaces, par les images terribles qui les entouraient de tous c\u00f4t\u00e9s, par les paroles plus terribles que ces images ; mais, comme ils ne se trahirent pas eux-m\u00eames, comme, au contraire, ils d\u00e9ploy\u00e8rent toutes les ressources qui \u00e9taient en eux, rien, non, rien ne leur fit sentir l\u2019atteinte du mal, et ils ajout\u00e8rent, \u00e0 leurs premi\u00e8res couronnes, d\u2019autres couronnes plus \u00e9clatantes encore. Nabuchodonosor les chargea de fers et les jeta dans la fournaise, et il ne leur nuisit point ; il servit, au contraire, leurs int\u00e9r\u00eats, il travailla \u00e0 rendre leur gloire plus brillante.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>Ces jeunes hommes n\u2019avaient ni temple (je veux le r\u00e9p\u00e9ter encore), ni autel, ni patrie, ni pr\u00eatres, ni proph\u00e8tes<\/strong> ; ils \u00e9taient dans un pays \u00e9tranger ; barbare, au milieu d\u2019une fournaise, au milieu de toute cette arm\u00e9e, sous les yeux du roi qui commandait leur supplice, et ils dress\u00e8rent un troph\u00e9e splendide, et ils remport\u00e8rent une insigne victoire, quand ils chant\u00e8rent tout \u00e0 coup cet admirable cantique qui, depuis, se chante, de nos jours encore, sur toute la terre, et se chantera dans tous les si\u00e8cles.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Voil\u00e0 donc la v\u00e9rit\u00e9 ; que personne ne se fasse de mal \u00e0 soi-m\u00eame, et personne ne fera de mal \u00e0 autrui.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Voil\u00e0 en effet le cantique, la parole que je ne cesserai pas de redire<\/strong> ; car, s\u2019il est vrai que la captivit\u00e9, la servitude ; l\u2019abandon, la patrie et tous les parents perdus, la mort, les flammes d\u00e9vorantes, une si grande arm\u00e9e, un tyran si cruel, ont \u00e9t\u00e9 sans pouvoir contre ces trois jeunes hommes, ces captifs, ces esclaves, ces \u00e9trangers, qui se trouvaient au milieu d\u2019\u00e9trangers ; s\u2019il est vrai que rien n\u2019a entam\u00e9 leur vertu, que ces attaques cruelles n\u2019ont abouti qu\u2019\u00e0 faire \u00e9clater la libert\u00e9 de leur langage, quel mat atteindra l\u2019homme chaste et temp\u00e9rant ? Non, rien ne peut lui \u00eatre nuisible, e\u00fbt-il tout l\u2019univers contre lui. Mais Dieu, me r\u00e9pond-on, les assista dans cette \u00e9preuve. C\u2019est Dieu qui les arracha aux flammes, sans doute, assur\u00e9ment, et vous aussi, faites tout ce qui d\u00e9pend de vous, et vous \u00eates s\u00fbrs que Dieu aussit\u00f4t vous accordera son secours.<\/p>\n<p>Cependant si j\u2019admire ces nobles jeunes gens ; si je c\u00e9l\u00e8bre leur bonheur ; si je proclame qu\u2019ils sont dignes d\u2019envie, ce n\u2019est pas parce qu\u2019ils ont foul\u00e9 les flammes sous leurs pieds, parce qu\u2019ils ont vaincu le feu d\u00e9vorant ; mais parce que c\u2019est pour rendre hommage \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, \u00e0 la vraie doctrine, qu\u2019ils se sont laiss\u00e9s encha\u00eener, jeter dans la fournaise et livrer aux fers. Voil\u00e0 uniquement ce qui leur constitue un glorieux troph\u00e9e. Du moment qu\u2019ils furent jet\u00e9s dans la fournaise, la couronne fut mise sur leur front.<\/p>\n<p>Cette couronne, on commen\u00e7a \u00e0 la tresser, sans attendre l\u2019issue de l\u2019\u00e9v\u00e9nement, aussit\u00f4t qu\u2019ils firent entendre ces paroles prononc\u00e9es avec une enti\u00e8re confiance, librement, devant tout le peuple, \u00e0 la face du roi :<\/p>\n<blockquote><p><em>Il n\u2019est pas besoin, \u00f4 roi, que nous vous r\u00e9pondions sur ce sujet, car notre Dieu, le Dieu que nous adorons peut certainement nous retirer du milieu des flammes de la fournaise et nous d\u00e9livrer, \u00f4 roi, d\u2019entre vos mains ; s\u2019il ne veut pas le faire, nous vous d\u00e9clarons n\u00e9anmoins, \u00f4 roi, que nous n\u2019honorons point vos dieux, et que nous n\u2019adorons point la statue d\u2019or que vous avez fait \u00e9lever.<\/em> (Dan. III, 16, 17 et 18.)<\/p><\/blockquote>\n<p>\u00c0 partir de ces paroles, je constate et proclame leur gloire ; \u00e0 partir de ces paroles, vainqueurs, triomphants, ils coururent pour saisir l\u2019\u00e9clatante couronne du martyre ; confesseurs par les paroles, ils voulurent encore \u00eatre confesseurs par les effets. Quand ils furent livr\u00e9s aux flammes, si les flammes respect\u00e8rent leur personne, d\u00e9truisirent leurs liens, leur permirent de demeurer intacts dans le foyer br\u00fblant ; si le feu oublia sa nature ; si la fournaise embras\u00e9e devint une source d\u2019eau fra\u00eeche, cette \u0153uvre surnaturelle, \u00e9tonnante, fut le propre de la divine gr\u00e2ce ; ce fut le miracle de Dieu. Pour ces athl\u00e8tes, m\u00eame avant ces prodiges, aussit\u00f4t qu\u2019ils furent entr\u00e9s dans la flamme, ils avaient \u00e9rig\u00e9 leur troph\u00e9e, remport\u00e9 leur victoire ; ils portaient au front leur couronne ; et le ciel et la terre les c\u00e9l\u00e9braient ; et rien ne manquait plus \u00e0 leur gloire.<\/p>\n<p><strong>Que pourrez-vous donc all\u00e9guer ?<\/strong><\/p>\n<p>Vous \u00eates un exil\u00e9 banni de votre patrie ? Eux aussi.<\/p>\n<p>Vous avez endur\u00e9 la captivit\u00e9, sous des ma\u00eetres \u00e9trangers ? Eux aussi ; lisez leur histoire.<\/p>\n<p>Mais vous n\u2019avez personne pour vous assister, pour vous diriger, pour vous avertir, pour vous \u00e9clairer ? Eux aussi n\u2019avaient personne pour s\u2019occuper d\u2019eux.<\/p>\n<p>Mais on vous livrait aux flammes, mais la mort \u00e9tait sur vous ? Je crois que vous ne pourriez rien nous objecter de plus sinistre ; eh bien ! eux aussi.<\/p>\n<p>Voyez, ils ont persist\u00e9 \u00e0 travers toutes ces \u00e9preuves. Chaque difficult\u00e9 ajoutait \u00e0 leur gloire, \u00e0 leur gloire de plus en plus \u00e9clatante, et grossissait leur r\u00e9compense dans le ciel.<\/p>\n<p><strong>Les Juifs avaient leur temple, avaient l\u2019autel, l\u2019arche, les ch\u00e9rubins, le propitiatoire, le voile, l\u2019infinie multitude des pr\u00eatres. <\/strong>Chaque jour, le culte de Dieu, les sacrifices du matin, les sacrifices du soir, le continuel enseignement des proph\u00e8tes ; les vivants et les morts parlaient \u00e0 leurs oreilles, leur rappelant les miracles de l\u2019\u00c9gypte, les miracles du d\u00e9sert, tous les autres prodiges. Cette histoire, les Juifs l\u2019avaient dans leurs mains ; la trouvaient inscrite sur leurs murailles, c\u2019\u00e9tait pour eux que tant de faits surprenants s\u2019\u00e9taient manifest\u00e9s, au-dessus de l\u2019ordre de la nature. Et, que dirai-je de toutes les autres marques de la sollicitude, de la providence de Dieu ? Eh bien ! non seulement, ils n\u2019en ont retir\u00e9 aucun profit ; au contraire, ils y ont trouv\u00e9 ce qui leur a \u00e9t\u00e9 nuisible ; \u00e9levant dans le temple m\u00eame, \u00e9levant des idoles ; massacrant leurs fils et leurs filles, au pied des arbres ; pratiquant tout ce qui est d\u00e9fendu par la loi ; souillant, de leurs ex\u00e9crables sacrifices, presque toute la terre de la Palestine ; commettant toutes les abominations imaginables.<\/p>\n<p><strong>Au contraire ; ces jeunes hommes, en pleine barbarie, sur une terre ennemie, dans la demeure d\u2019un tyran, priv\u00e9s de tous les soins, entra\u00een\u00e9s au supplice, br\u00fbl\u00e9s, non seulement ne souffrirent par l\u00e0 aucun mal, ni petit ni grand ; mais de plus, leur gloire a grandi.<\/strong><\/p>\n<p>Instruits par ces exemples, par les exemples semblables que r\u00e9unit l\u2019\u00c9criture inspir\u00e9e de Dieu (en effet, beaucoup d\u2019exemples de ce genre nous sont fournis par divers personnages), cessons de croire que la difficult\u00e9 des temps ou des choses, que la n\u00e9cessit\u00e9, la violence, la tyrannie des grands de ce monde, puisse nous servir d\u2019excuse quand nous avons p\u00e9ch\u00e9. Ce que j\u2019ai dit, en commen\u00e7ant mon discours, je veux le redire maintenant encore en le terminant. Celui qui re\u00e7oit un dommage, un pr\u00e9judice, le re\u00e7oit de lui-m\u00eame et non des autres, y e\u00fbt-il un nombre infini de personnes conspirant \u00e0 lui faire injustice ; \u00e0 lui causer pr\u00e9judice et dommage. Voil\u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 :<\/p>\n<blockquote><p>Quand un homme ne se nuit pas \u00e0, lui-m\u00eame, c\u2019est en vain que tout ce qui peuple et les terres et les mers, conspirerait contre toi, ferait irruption sur lui, rien ne peut m\u00eame effleurer celui gui pratique la vigilance, la temp\u00e9rance dans le Seigneur.<\/p><\/blockquote>\n<h5 style=\"text-align: center;\"><em>Soyons donc, je vous en prie, toujours temp\u00e9rants, toujours vigilants ; supportons, d\u2019une \u00e2me g\u00e9n\u00e9reuse, toutes les douleurs, afin de jouir des biens imp\u00e9rissables, des biens \u00e9ternels, en J\u00e9sus-Christ Notre-Seigneur, \u00e0 qui appartient la gloire et l\u2019empire, et maintenant et toujours, et dans les si\u00e8cles des si\u00e8cles. Ainsi soit-il.<\/em><\/h5>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Saint Jean Chrysostome (\u2020407) \u0152uvres compl\u00e8tes, Tome IV, p.347 &#8211; 352, Traduction sous la direction de M. 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