{"id":6605,"date":"2023-08-08T17:08:29","date_gmt":"2023-08-08T15:08:29","guid":{"rendered":"http:\/\/hesychia.eu\/?p=6605"},"modified":"2023-08-08T17:30:16","modified_gmt":"2023-08-08T15:30:16","slug":"saint-gregoire-v-patriarche-de-constantinople-ii-iii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/2023\/08\/08\/saint-gregoire-v-patriarche-de-constantinople-ii-iii\/","title":{"rendered":"Saint Gr\u00e9goire V Patriarche de Constantinople II \/ III"},"content":{"rendered":"<p>Vers le milieu de l\u2019ann\u00e9e\u00a01818, Jean Pharmak\u00e8s le visita et lui donna des nouvelles de la Philiki H\u00e9tairia dont nous allons dire quelques mots emprunt\u00e9s au livre de M.\u00a0Brunet\u00a0:\u00a0: <em><a href=\"https:\/\/archive.org\/details\/grecedepuislaco00brun\/page\/n735\/mode\/2up\">Gr\u00e8ce depuis la conqu\u00eate romaine jusqu\u2019\u00e0 nos jours<\/a><\/em>, p.\u00a0417-425<\/p>\n<p>\u00ab\u2009Vers 1813 florissait \u00e0 Ath\u00e8nes une association des amis des arts, dont le but principal \u00e9tait la conservation des antiquit\u00e9s du pays et l\u2019\u00e9ducation intellectuelle et morale de la jeunesse grecque, par le moyen des \u00e9coles. Cette association prit un rapide accroissement au-dedans et au-dehors m\u00eame de la Gr\u00e8ce, et ceux qui la composaient aimaient \u00e0 montrer l\u2019anneau qui les caract\u00e9risait, et qui \u00e9tait d\u2019or pour les bienfaiteurs, et d\u2019airain pour les simples membres. Elle trouva des appuis jusque dans les membres du Congr\u00e8s de Vienne, qui exprim\u00e8rent des v\u0153ux et firent des dons personnels pour la propagation de l\u2019instruction parmi les grecs. Le Tsar Alexandre consentit \u00e0 ouvrir la liste des souscripteurs.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-6600\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/940px.-Agios-Grigorios-o-E\u0384.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"275\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/940px.-Agios-Grigorios-o-E\u0384.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/940px.-Agios-Grigorios-o-E\u0384-300x88.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/940px.-Agios-Grigorios-o-E\u0384-768x225.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<!--more--><\/p>\n<p>Vers la fin de 1814, \u00e0 l\u2019ombre de cette association, s\u2019en \u00e9leva une autre, toute politique, qui d\u00e9joua l\u2019attention du gouvernement turc, en se confondant avec elle. L\u2019id\u00e9e en avait \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue par un homme ignorant, mais d\u2019un caract\u00e8re honorable et d\u2019une grande exp\u00e9rience, Nicolas Scouphas d\u2019Arta. Il lui avait donn\u00e9 un nom dont la forme populaire indiquait la simplicit\u00e9 du fondateur, H\u00e9tairie ou Association des amis. Scouphas ne s\u2019associa d\u2019abord que des hommes obscurs. Le nombre des membres fut fix\u00e9 \u00e0 seize, par une raison mystique. Chacun prenait comme num\u00e9ro d\u2019ordre une lettre de l\u2019alphabet, selon la date de son admission. Alexandre Hypsilanti, qui fut admis dans les derniers et probablement le dernier, portait la lettre P. Cette h\u00e9tairie secr\u00e8te aimait \u00e0 se confondre avec l\u2019h\u00e9tairie inoffensive dont le comte Jean Capodistria, grec de Corfou et ministre du Tsar Alexandre, \u00e9tait le chef avou\u00e9.<\/p>\n<p>Puis, sentant que par elle-m\u00eame elle restait impuissante, elle imagina de se mettre sous le nom et de se donner comme l\u2019organe d\u2019un pouvoir sup\u00e9rieur qu\u2019elle affectait de ne r\u00e9v\u00e9ler que d\u2019une mani\u00e8re vague et myst\u00e9rieuse, l\u2019appelant la Puissance supr\u00eame. Les Grecs, depuis longtemps unis aux Russes, comme nous l\u2019avons vu d\u00e9j\u00e0, par les liens religieux, habitu\u00e9s \u00e0 attendre la d\u00e9livrance de ces \u2039\u2009hommes blonds\u2009\u203a qu\u2019annon\u00e7aient leurs proph\u00e9ties, crurent \u00eatre assur\u00e9s de la protection occulte du Tsar Alexandre. Cette id\u00e9e donna tout \u00e0 coup une grande force \u00e0 la propagande des h\u00e9tairistes. Le voyage de Scouphas, qui avait jet\u00e9 les premiers germes de la soci\u00e9t\u00e9 dans un s\u00e9jour fait en Russie pour les affaires de son commerce et pass\u00e9 en partie \u00e0 Moscou, aupr\u00e8s d\u2019Alexandre Mavrocordato, ancien hospodar de Valachie, contribuait \u00e0 faire croire qu\u2019il avait re\u00e7u dans ce pays de hautes et myst\u00e9rieuses assurances. Des Russes r\u00e9sidant en Gr\u00e8ce s\u2019affili\u00e8rent \u00e0 l\u2019h\u00e9tairie, et confirm\u00e8rent encore cette croyance. Enfin, on avait soin de mettre en avant le nom du Comte Capodistria, consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019interm\u00e9diaire entre la nation grecque et la Russie.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que, par une propagande mystique, se r\u00e9pandit dans toute le Gr\u00e8ce une association qui d\u2019elle-m\u00eame n\u2019avait aucun fondement. Elle avait une organisation compliqu\u00e9e. On y comptait sept degr\u00e9s d\u2019initiation\u00a0: 1\u00b0 les fr\u00e8res ou vlamides\u2009; 2\u00b0 les agr\u00e9\u00e9s\u2009; 3\u00b0 les pr\u00eatres\u2009; 4\u00b0 les \u00e9v\u00eaques\u2009; 5\u00b0 les archev\u00eaques\u2009; 6\u00b0 les initi\u00e9s\u2009; 7\u00b0 les chefs ou strat\u00e8ges des initi\u00e9s. De ces sept degr\u00e9s, les deux derniers \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme donnant droit \u00e0 un commandement militaire.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces diff\u00e9rences dans l\u2019initiation, tous les membres de l\u2019association \u00e9taient r\u00e9unis dans la m\u00eame pens\u00e9e et tourn\u00e9s vers le m\u00eame but. Le simple fr\u00e8re \u00e9tait averti qu\u2019il e\u00fbt \u00e0 tenir pr\u00eates ses armes et cinquante cartouches dans son havre-sac pour le cas o\u00f9 il serait command\u00e9 par son chef. \u00c0 l\u2019agr\u00e9\u00e9, quand il \u00e9tait re\u00e7u, on adressait ces paroles\u00a0: \u2039\u2009Combats pour la foi et pour la patrie\u2009; engage-toi \u00e0 ha\u00efr, \u00e0 poursuivre et \u00e0 exterminer les ennemis de la religion nationale et de ta patrie\u2009\u203a. Il portait pour signe distinctif une croix s\u2019\u00e9levant au-dessus d\u2019un croissant. Au pr\u00eatre l\u2019on r\u00e9v\u00e9lait que le but de l\u2019H\u00e9tairie \u00e9tait l\u2019affranchissement de la nation, et c\u2019est ce qu\u2019on r\u00e9p\u00e9tait aux associ\u00e9s des degr\u00e9s sup\u00e9rieurs. Enfin le strat\u00e8ge, quand il \u00e9tait proclam\u00e9, recevait une \u00e9p\u00e9e, qu\u2019on lui remettait, avec ces paroles\u00a0: \u2039\u2009La patrie te la donne pour que tu t\u2019en serves pour elle\u2009\u203a. Ainsi depuis le premier membre jusqu\u2019au dernier, tous savaient que le but commun \u00e9tait la conjuration contre les Turcs.<\/p>\n<p>L\u2019ambition, l\u2019int\u00e9r\u00eat, les pr\u00e9jug\u00e9s s\u2019\u00e9taient gliss\u00e9s, comme cela \u00e9tait in\u00e9vitable, dans cette vaste association. Nous pouvons citer \u00e0 ce sujet le t\u00e9moignage d\u2019un historien grec, impartial aux d\u00e9pens m\u00eames de ses compatriotes. \u2039\u2009La classe des pr\u00eatres, dit-il, \u00e9tait nombreuse. Le pr\u00eatre avait le droit de cr\u00e9er des fr\u00e8res, et m\u00eame de distribuer le titre particulier de pr\u00eatre. Et comme les initi\u00e9s devaient remettre une certaine cotisation entre les mains de leur initiateur, beaucoup de personnes prirent ce titre de pr\u00eatre ou le communiqu\u00e8rent par int\u00e9r\u00eat, et de l\u00e0 vint particuli\u00e8rement cette multitude d\u2019initiateurs et d\u2019initi\u00e9s. Si leur cat\u00e9chisme \u00e9tait obscur consid\u00e9r\u00e9 politiquement, au point de vue religieux c\u2019\u00e9tait un monstrueux assemblage de vrai et de faux, de pi\u00e9t\u00e9 et d\u2019impi\u00e9t\u00e9. En m\u00eame temps que l\u2019objet de l\u2019entreprise \u00e9tait notre sainte foi et la patrie, et que les serments se pr\u00eataient sur l\u2019\u00c9vangile et sur les saintes Ic\u00f4nes, le pr\u00eatre initiant disait \u00e0 l\u2019initi\u00e9 qu\u2019il le recevait <strong>en vertu de la puissance que lui avaient d\u00e9livr\u00e9e les grands-pr\u00eatres des myst\u00e8res d\u2019\u00c9leusis<\/strong>. Comme toutes les soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes, l\u2019H\u00e9tairie avait ses symboles et ses mots de passe pour aider ses membres \u00e0 se reconna\u00eetre. Elle avait aussi, pour les correspondances, des caract\u00e8res secrets\u2009; mais les pr\u00eatres seuls ainsi que les initi\u00e9s des degr\u00e9s sup\u00e9rieurs en poss\u00e9daient la clef. Pour \u00e9viter des dangers personnels, on se faisait inscrire sous des noms suppos\u00e9s ou sous certains signes. Telles \u00e9taient les connaissances scientifiques des fondateurs de l\u2019H\u00e9tairie des Amis, que les initiateurs devaient demander aux initi\u00e9s s\u2019ils ne connaissaient point quelque invention dont le secret f\u00fbt pr\u00e9cieux. Or, ils faisaient cette singuli\u00e8re demande parce que les fondateurs de l\u2019H\u00e9tairie croyaient \u00e0 la pierre philosophale, et qu\u2019ils r\u00eavaient la transformation des m\u00e9taux communs en m\u00e9taux pr\u00e9cieux\u2009\u203a (Spir\u00eddon Triko\u00fapis, <em>Histoire de l&rsquo;insurrection grecque<\/em>, t.I, p.24<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>).<\/p>\n<p>Jusqu\u2019en 1817, l\u2019H\u00e9tairie fit peu de progr\u00e8s en dehors de la Gr\u00e8ce, et, dans la Gr\u00e8ce m\u00eame, elle resta obscure. En 1816, un certain Nicolas Galatis d\u2019Ithaque, jeune homme plein d\u2019enthousiasme, mais aussi de jactance et d\u2019\u00e9tourderie, passant \u00e0 Odessa, y rencontra le fondateur m\u00eame de l\u2019H\u00e9tairie, Scouphas, qui revenait de Moscou, et se fit initier aux plus secrets myst\u00e8res de la soci\u00e9t\u00e9, et, plein d\u2019ardeur, se rendait \u00e0 Saint P\u00e9tersbourg pour y faire de la propagande. L\u00e0, il finit par attirer sur lui l\u2019attention de la police, fut arr\u00eat\u00e9 avec deux de ses amis, expuls\u00e9 du territoire, et dirig\u00e9 sur la Valachie. Faut-il croire que l\u00e0, \u00e0 Jassy, l\u2019empereur Alexandre, qui avait d\u00e9j\u00e0 fait preuve de tol\u00e9rance \u00e0 son \u00e9gard, soit all\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 lui faire remettre, par l\u2019interm\u00e9diaire du consul, une somme de cinq mille francs en son propre nom\u2009? Quoi qu\u2019il en soit, Galatis continua ses pr\u00e9dications avec une fougue inconsid\u00e9r\u00e9e, qui inqui\u00e9ta m\u00eame ses coop\u00e9rateurs. C\u2019est alors que les chefs de l\u2019H\u00e9tairie, saisis d\u2019une funeste id\u00e9e qui germe trop facilement dans la t\u00eate des Grecs, lui donn\u00e8rent l\u2019ordre d\u2019aller rejoindre Tsakalof, auquel ils envoy\u00e8rent en m\u00eame temps une secr\u00e8te mission.<\/p>\n<p>Tsakalof avait \u00e9t\u00e9 charg\u00e9, vers le commencement de 1817, d\u2019aller remuer le P\u00e9loponn\u00e8se. Il re\u00e7ut l\u2019ordre de ses chefs, crut devoir y ob\u00e9ir en aveugle et le communiquer \u00e0 ses initi\u00e9s\u00a0: Ceux-ci re\u00e7oivent \u00e0 bras ouverts l\u2019innocent Galatis, lui prodiguent des festins, et le m\u00e8nent un jour \u00e0 la campagne. De vallon en vallon et de colline en colline, ils arrivent sous l\u2019ombre d\u2019un platane. L\u00e0, pendant que Galatis, couch\u00e9 sous la verdure, chante un hymne patriotique, un tromblon est d\u00e9charg\u00e9 sur son dos par des h\u00e9tairistes\u2009; le malheureux rend l\u2019\u00e2me, en s\u2019\u00e9criant\u00a0: \u2039\u2009Que vous ai-je fait\u2009?\u2009\u203a On dit que ses cendres reposent encore au pied de ce m\u00eame arbre sous lequel il fut tu\u00e9, et que sur son \u00e9corce un de ses amis a grav\u00e9, en guise d\u2019\u00e9pitaphe, les derni\u00e8res paroles de cette d\u00e9plorable victime\u00a0: \u2039\u2009Que vous ai-je fait\u2009?\u2009\u203a Ainsi, avant le premier signal de la guerre, le sang \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 vers\u00e9, sans jugement, sans n\u00e9cessit\u00e9, sans haine m\u00eame, par simple pr\u00e9caution contre un jeune enthousiaste inoffensif, et par l\u2019exp\u00e9ditive et d\u00e9plorable autorit\u00e9 de la raison d\u2019\u00c9tat\u2009!<\/p>\n<p>En avril 1818, Scoupias quitta Odessa, o\u00f9 il venait d\u2019affilier les principaux chefs r\u00e9fugi\u00e9s dans les Sept-\u00celes. Il se rendit \u00e0 Constantinople, et l\u00e0, en pr\u00e9sence d\u2019une police inhabile et d\u2019un gouvernement aveugle, il fit de nombreux pros\u00e9lytes. En m\u00eame temps il envoyait partout des \u00e9missaires. La Gr\u00e8ce continentale fut un peu contenue par la crainte d\u2019Ali-Pacha\u2009; l\u00e0 m\u00eame cependant les h\u00e9tairistes rencontr\u00e8rent une coutume qui devait favoriser leur action. Depuis le commencement du dix-septi\u00e8me si\u00e8cle, s\u2019\u00e9tait \u00e9tabli parmi les Albanais l\u2019usage de s\u2019unir en une fraternit\u00e9. Par\u00e9s de leurs plus beaux v\u00eatements, les deux hommes qui voulaient devenir fr\u00e8res, Grecs tous deux, et souvent l\u2019un Grec, l\u2019autre Mahom\u00e9tan, l\u2019un clephte, l\u2019autre d\u00e9r\u00e9-bei, c\u2019est-\u00e0-dire sujet rebelle \u00e0 la Porte, s\u2019approchaient d\u2019un autel, \u00e9changeaient leurs armes, se donnaient la main, s\u2019embrassaient en se disant r\u00e9ciproquement\u00a0: \u2039\u2009Ta vie est ma vie, et ton \u00e2me est mon \u00e2me\u2009\u203a. Apr\u00e8s cette union jur\u00e9e, l\u2019un pouvait abandonner \u00e0 l\u2019autre la garde de sa famille et de sa maison, pendant qu\u2019il s\u2019absentait pour labourer ses champs \u00e9loign\u00e9s ou pour la guerre. Les h\u00e9tairistes n\u2019eurent qu\u2019\u00e0 adopter ce mode d\u2019affiliation, mais en excluant s\u00e9v\u00e8rement les mahom\u00e9tans.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-6500\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/650px.-beautiesofbospho00parduoft_orig_0134.jpg\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"443\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/650px.-beautiesofbospho00parduoft_orig_0134.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/650px.-beautiesofbospho00parduoft_orig_0134-300x204.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans le reste de la Gr\u00e8ce, dans le P\u00e9loponn\u00e8se, dans les \u00eeles, l\u2019h\u00e9tairie faisait d\u2019immenses progr\u00e8s. Elle devenait l\u2019objet de tous les entretiens, et l\u2019enthousiasme qu\u2019elle suscitait s\u2019exaltant tous les jours, et se contenant moins \u00e0 mesure qu\u2019elle s\u2019\u00e9tendait davantage, elle commen\u00e7ait \u00e0 trouver un danger dans son d\u00e9veloppement m\u00eame. Une d\u00e9putation fut envoy\u00e9e en Russie et obtint, dit-on, du gouvernement, mille ducats de Hollande. Les marins de l\u2019archipel p\u00e9n\u00e9traient dans les Sept-\u00celes pour leurs affaires commerciales, et y correspondaient avec Colocotroni. Papa-Fl\u00e9chas, apr\u00e8s avoir achev\u00e9 ses pr\u00e9dications en Mor\u00e9e, alla r\u00e9pandre l\u2019H\u00e9tairie en Valachie. Alexandre Soutzo, nomm\u00e9 par la Porte hospodar de cette province apr\u00e8s le d\u00e9part de Caradja, en octobre, passait pour favorable \u00e0 la cause des Grecs, ainsi que Michel Sourzo, nomm\u00e9 peu de temps apr\u00e8s lui hospodar de Moldavie. Aristide P\u00e9lopidas et Perr\u00e9vos furent d\u00e9put\u00e9s en Bessarabie, en Moldavie, et all\u00e8rent jusqu\u2019\u00e0 Odessa et Ta\u00efganrock.<\/p>\n<p>\u00c0 mesure que l\u2019association se d\u00e9veloppait, on sentait le besoin de la centraliser. Cette m\u00eame ann\u00e9e\u00a01818, on cr\u00e9a des \u00e9phories dans les principales villes. Chaque \u00e9phorie \u00e9tait le centre d\u2019une circonscription, avait sa caisse \u00e0 part, dont les tr\u00e9soriers devaient \u00eatre pris parmi les n\u00e9gociants les plus consid\u00e9rables, et correspondait directement avec Constantinople, d\u2019o\u00f9 \u00e9manaient les d\u00e9cisions d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Smyrne, Chios, Samos, Calamata, Misolonghi, Janina, Bucarest, Jassy, Trieste, Moscou, Pesth, plusieurs autres villes eurent chacun leur \u00e9phorie\u2009; et parmi les principaux initi\u00e9s, on nomma Marc Botzaris, georges l\u2019Olympien, Kyriakoulis, Pierre Mavromichalis, Antoine Criesis, Lazare Coudouriotis, Savas, des archev\u00eaques, des armatoles et des chefs de klephtes, des n\u00e9gociants et des membres de la noblesse du Phanar.<\/p>\n<p>Le gouvernement turc, habitu\u00e9 \u00e0 ne pas se m\u00ealer des affaires int\u00e9rieures des chr\u00e9tiens, n\u2019emp\u00eachait rien. Son aveuglement doit moins \u00e9tonner si l\u2019on songe que, d\u00e9nu\u00e9 des moyens que la centralisation fournit \u00e0 la police des \u00c9tats, embarrass\u00e9 encore dans la surveillance de ses sujets par la diff\u00e9rence des langues, distrait d\u2019ailleurs par des agitations plus voisines du centre et la r\u00e9bellion sans cesse mena\u00e7ante des gouverneurs, il \u00e9tait souvent r\u00e9duit \u00e0 punir ou \u00e0 subir les complots au lieu de les pr\u00e9venir.<\/p>\n<p>Cependant, les Grecs n\u2019abandonnaient pas les int\u00e9r\u00eats de leur commerce. L\u2019ann\u00e9e\u00a01818 amena en France une disette g\u00e9n\u00e9rale. Les vaisseaux des \u00eeles de l\u2019archipel apport\u00e8rent \u00e0 Marseille les bl\u00e9s de la Mor\u00e9e, qui furent achet\u00e9s \u00e0 de hauts prix. L\u2019ann\u00e9e suivante, le 24\u00a0avril 1819, la Porte reconnut l\u2019ind\u00e9pendance des \u00eeles Ioniennes, dont la constitution, publi\u00e9e depuis le 29\u00a0d\u00e9cembre 1817, acceptait le protectorat perp\u00e9tuel du roi d\u2019Angleterre, repr\u00e9sent\u00e9 par un lord haut-commissaire, gouverneur g\u00e9n\u00e9ral. En \u00e9change de cette reconnaissance, Mahmoud\u00a0II demanda la restitution de Parga. Ce fut un triste exp\u00e9dient de la politique que ce march\u00e9 qui faisait changer de ma\u00eetre, sans la consulter, comme si elle e\u00fbt \u00e9t\u00e9 esclave, une ville florissante, et livrait \u00e0 des mahom\u00e9tans des chr\u00e9tiens par la main d\u2019autres chr\u00e9tiens. On dressa l\u2019inventaire de Parga, de ses \u00e9glises, de ses monuments, de ses maisons, des vases de ses autels. Elle fut \u00e9valu\u00e9e \u00e0 cinq cent mille livres sterling. Moyennant ce prix, Ali-Pacha prit possession de cette ville, qui lui avait toujours \u00e9chapp\u00e9. Les habitants \u00e9taient plac\u00e9s dans l\u2019alternative de devenir des sujets, ou de se retirer, d\u00e9pouill\u00e9s de tous leurs biens, \u00e0 Corfou. Ils ouvrirent les tombeaux, en retir\u00e8rent les restes de leurs p\u00e8res, les br\u00fbl\u00e8rent sur la place publique, et se retir\u00e8rent sur le territoire de refuge qui leur avait \u00e9t\u00e9 assign\u00e9. L\u2019indemnit\u00e9 insuffisante qui leur avait \u00e9t\u00e9 promise par les Anglais fut marchand\u00e9e, et r\u00e9duite par les agents d\u2019Ali-Pacha, \u00e0 cent cinquante mille livres sterling. Ils furent oblig\u00e9s de profiter des secours que leur offrirent les Grecs de l\u2019\u00eele et le comte Capodistria, qui vint les visiter dans leur campement. Il y eut dans l\u2019Europe un mouvement d\u2019indignation (10\u00a0mai 1819).<\/p>\n<p>Cependant l\u2019H\u00e9tairie grandissait toujours\u2009; mais il fallait se rattacher enfin \u00e0 son origine imaginaire. Une r\u00e9union des principaux membres eut lieu \u00e0 Tripolitza, au commencement de 1820. L\u2019enthousiasme, l\u2019esp\u00e9rance, la fraternit\u00e9 y pr\u00e9sida. Il n\u2019y avait encore aucun nuage devant l\u2019avenir, aucune d\u00e9fiance, aucune division. Le sentiment religieux couvrait les nuances politiques. Le grand objet de la r\u00e9union fut d\u2019envoyer \u00e0 la cour de Russie un commissaire charg\u00e9 de lui demander sa protection et ses conseils. Le choix tomba sur Jean Paparrigopoulo, qui re\u00e7ut les instructions suivantes\u00a0: il devait demander \u00e0 la Puissance Supr\u00eame, comme on l\u2019appelait\u00a0:<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n1\u00b0 De former une \u00e9phorie de fr\u00e8res dans le P\u00e9loponn\u00e8se, pour agir sous sa direction en vue du but commun, et la consulter sur toute chose.<\/p>\n<p>2\u00b0 D\u2019engager tous les fr\u00e8res \u00e0 ob\u00e9ir en tout \u00e0 l\u2019\u00e9phorie, et \u00e0 ne rien faire sans son consentement, sous peine d\u2019exclusion de l\u2019H\u00e9tairie.<\/p>\n<p>3\u00b0 De donner son consentement et ses conseils pour la formation d\u2019une caisse commune dans le P\u00e9loponn\u00e8se, sous la garde d\u2019hommes recommandables, destin\u00e9e \u00e0 recueillir les souscriptions de tous les fr\u00e8res du P\u00e9loponn\u00e8se, et des Iles Ioniennes, s\u2019il \u00e9tait possible, avec ordre de ne faire aucune d\u00e9pense sans l\u2019avis d\u2019un conseil choisi de fr\u00e8res et l\u2019agr\u00e9ment de la Supr\u00eame Puissance.<\/p>\n<p>4\u00b0 De charger un des fr\u00e8res d\u2019Hydra de veiller \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 des correspondances entre le Supr\u00eame Puissance et l\u2019\u00e9phorie du P\u00e9loponn\u00e8se.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nAli-Pacha eut connaissance de la mission de Paparigopoulo, qu\u2019il avait connu pendant qu\u2019il r\u00e9sidait \u00e0 Patras. Il voulut saisir cette occasion de se recommander \u00e0 l\u2019alliance de la Russie comme ennemi de la Porte, et appela Paprigopoulo aupr\u00e8s de lui \u00e0 Pr\u00e9v\u00e9za. Celui-ci commen\u00e7a par se montrer d\u00e9fiant, et \u00e9vita de communiquer sa mission\u2009; puis, sur le conseil de l\u2019archev\u00eaque de Patras, Germanos, il lui d\u00e9voila le but de son voyage, le remplit de joie par cette nouvelle, qui lui faisait esp\u00e9rer des auxiliaires dans ses projets d\u2019ind\u00e9pendance, et se trouva ainsi charg\u00e9 d\u2019une double commission aupr\u00e8s de l\u2019Empereur de Russie.<\/p>\n<p>Le m\u00eame Ali-Pacha poursuivait depuis longtemps d\u2019une haine implacable un homme qui avait \u00e9t\u00e9 son ami et son confident, Isma\u00efl-Bey. Celui-ci fut r\u00e9duit, pour \u00e9chapper \u00e0 sa vengeance, \u00e0 se r\u00e9fugier jusque dans Constantinople. L\u00e0 il eut le bonheur d\u2019entrer dans les conseils de la Porte comme Kapoudji-Pacha et de se concilier l\u2019amiti\u00e9 du tout-puissant Khalet-Effendi. Ali-Pacha fut d\u2019autant plus irrit\u00e9 de cette \u00e9l\u00e9vation inattendue de son ennemi, que son second fils, V\u00e9li-Pacha, fut transf\u00e9r\u00e9 de l\u2019important gouvernement de Larisse au gouvernement secondaire de Naupacte, par l\u2019influence de Khalet-Effendi et les suggestions d\u2019Isma\u00efl. Toujours prompt \u00e0 la vengeance, il soudoie trois Albanais, qu\u2019il charge d\u2019aller assassiner ce dernier\u2009; mais leur coup manque, et, arr\u00eat\u00e9s, ils s\u2019avouent les instruments d\u2019Ali-Pacha. Ils furent pendus, et le Pacha de Janina fut mand\u00e9 \u00e0 Constantinople pour r\u00e9pondre devant le Sultan. Il refusa de compara\u00eetre, et fut d\u00e9clar\u00e9 fermanli, c\u2019est-\u00e0-dire mis au ban de l\u2019Empire. Isma\u00efl fut nomm\u00e9 \u00e0 sa place pacha de Janina et de Delvino, et nomm\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralissime de l\u2019exp\u00e9dition envoy\u00e9e contre lui.<\/p>\n<p>Cette proscription, et surtout l\u2019anath\u00e8me prononc\u00e9 par le grand-muphti au nom du proph\u00e8te, isolait Ali-Pacha de tout bon musulman. Aussi fut-il oblig\u00e9 de chercher un appui en dehors de ses coreligionnaires. D\u00e9j\u00e0 depuis longtemps, en pr\u00e9vision d\u2019un semblable \u00e9v\u00e8nement, il avait cherch\u00e9 \u00e0 gagner les palicares, fort nombreux dans les montagnes de l\u2019Epire. Tandis que son arm\u00e9e et sa propre famille l\u2019abandonnaient, le 23\u00a0mars 1820, de son ch\u00e2teau de l\u2019Ach\u00e9rusie, il fit appel aux Hell\u00e8nes, et se proclama leur lib\u00e9rateur. On vit alors de singuliers rapprochements. Ce cruel Pacha, qui faisait sceller des hommes vivants dans les murs de son palais et se plaisait \u00e0 crever avec un fer br\u00fblant les yeux de ses victimes, cet ennemi implacable des chr\u00e9tiens, qui leur avait fait \u00e0 plusieurs reprises une guerre d\u2019extermination, organisa pour sa d\u00e9fense les milices des klephtes, et les distribua en Livadie, aux Thermopyles, au passage de l\u2019Ach\u00e9lo\u00fcs et dans les gorges du Mont Olympe. En m\u00eame temps d\u2019autres chefs des monts Agrapha, du Pinde et de l\u2019Oeta \u00e9taient sollicit\u00e9s par la Porte et enr\u00f4l\u00e9s par leurs ma\u00eetres contre leur vieil ennemi. Ainsi les Grecs recevaient des deux c\u00f4t\u00e9s les instruments de leur d\u00e9livrance.<\/p>\n<p>Cependant, Ali de\u00a0T\u00e9b\u00e9len, battu par les Souliotes que Marc Botzaris avait reconstitu\u00e9s, trahi par ses agas, d\u00e9laiss\u00e9 par ses fils, \u00e9tait assi\u00e9g\u00e9 dans sa forteresse de l\u2019Ach\u00e9rusie par les Albanais. A la t\u00eate de ses gu\u00e8gues, mont\u00e9 sur un cheval arabe, ou, au milieu des douleurs de la vieillesse, port\u00e9 sur un brancard, mais toujours \u00e9nergique, et brandissant tant\u00f4t un mousquet de Charles\u00a0XII, tant\u00f4t un fusil de Napol\u00e9on, il s\u2019\u00e9criait\u00a0: \u2039\u2009L\u2019ours du Pinde vit encore\u2009\u203a, et ralliait ses soldats. Mais, press\u00e9 de plus en plus par les Albanais, qui continuaient le si\u00e8ge malgr\u00e9 l\u2019hiver, il compta sur une derni\u00e8re ressource, le soul\u00e8vement des h\u00e9tairistes. Il chercha \u00e0 l\u2019activer en r\u00e9pandant parmi les Souliotes une lettre intercept\u00e9e de Khalet-Effendi au s\u00e9raskier Isma\u00efl-Pacha, qui r\u00e9v\u00e9lait un projet de massacre de tous les Grecs pour le commencement de 1821.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-6491\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/650px.-beautiesofbospho00parduoft_orig_0076.jpg\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"441\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/650px.-beautiesofbospho00parduoft_orig_0076.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/650px.-beautiesofbospho00parduoft_orig_0076-300x204.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019alarme de cette nouvelle se r\u00e9pandit partout. Les embarras de la Porte, l\u2019impatience des affili\u00e9s port\u00e9s \u00e0 environ 200\u2009000, l\u2019esp\u00e9rance d\u2019une diversion du c\u00f4t\u00e9 de la Serbie, mille raisons pressaient les chefs de l\u2019h\u00e9tairie de donner enfin le signal de l\u2019action. La pression de la multitude fut l\u2019inconv\u00e9nient in\u00e9vitable d\u2019une association si nombreuse. Tous les pr\u00e9paratifs n\u2019\u00e9taient pas faits. Cependant, le secours de la Russie \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre assur\u00e9. La faveur des autres puissances n\u2019\u00e9tait rien moins que probable, en ce temps o\u00f9 la Sainte-Alliance, effray\u00e9e des progr\u00e8s du carbonarisme en Italie, ne voyait partout que le spectre de la R\u00e9volution, et consid\u00e9rait les peuples comme autant d\u2019ennemis naturels. Mais les plus prudents \u00e9taient entra\u00een\u00e9s\u00a0: on chercha un g\u00e9n\u00e9ral en chef.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 le conseil de l\u2019H\u00e9tairie avait d\u00e9put\u00e9 \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg Emmanuel Xanthos pour sonder Jean Capodistria. Celui-ci non seulement l\u2019avait \u00e9conduit, mais lui avait durement reproch\u00e9 de pr\u00e9parer la ruine de sa nation. Il fallut tourner ses vues ailleurs. On songea \u00e0 Alexandre Hypsilantis, jeune prince grec, major g\u00e9n\u00e9ral au service de la Russie et aide de camp du tsar Alexandre. Il appartenait \u00e0 une famille riche et distingu\u00e9e d\u2019hospodars de Valachie. Il \u00e9tait connu pour son courage militaire, et avait perdu un bras \u00e0 la bataille de Dresde. On \u00e9tait assur\u00e9 de ses sentiments pour la libert\u00e9 de sa patrie. Xanthos l\u2019initia \u00e0 l\u2019H\u00e9tairie en qualit\u00e9 de chef ou de strat\u00e8ge, le 20\u00a0juin 1820, mais sans lui remettre encore les pleins pouvoirs de g\u00e9n\u00e9ralissime, d\u00e9pos\u00e9s entre les mains de Paparigopoulo.<\/p>\n<p>Celui-ci \u00e9tait encore \u00e0 Constantinople\u2009; de l\u00e0 il envoyait \u00e0 Ali-Pacha l\u2019assurance qu\u2019il serait soutenu contre la Porte, et le conseil de tenir bon. Puis il se rendit \u00e0 Saint P\u00e9tersbourg, \u00e0 la rencontre d\u2019Hypsilantis. Ce dernier ne s\u2019y trouvait plus. M.\u00a0Al\u00a0Soutzo raconte qu\u2019il \u00e9tait violemment tourment\u00e9 d\u2019inqui\u00e9tude au sujet des \u00e9v\u00e8nements qui se pr\u00e9paraient, et qu\u2019avant de savoir s\u2019il devait en prendre sa part de responsabilit\u00e9, il voulut conna\u00eetre les intentions d\u2019Alexandre. \u00ab\u2009Le Tzar jouissait alors de l\u2019air de la campagne dans les vastes jardins de Tzarki-C\u00e9lo\u2009; il y m\u00e9ditait sur les voyages qu\u2019il allait entreprendre pour se rendre \u00e0 l\u2019ouverture de la di\u00e8te de Varsovie et de l\u00e0 \u00e0 Laybach. Hypsilantis s\u2019y pr\u00e9senta, sous pr\u00e9texte de lui demander un cong\u00e9 illimit\u00e9, mais en effet pour lui glisser quelques paroles sur la situation malheureuse de la Gr\u00e8ce. Un soir, \u00e9piant le moment de le trouver \u00e0 l\u2019\u00e9cart, il se promenait r\u00eaveur dans une all\u00e9e de Tsarki-C\u00e9lo\u2009; tout \u00e0 coup, il s\u2019entend appeler, se retourne, et voit l\u2019empereur qui vient seul \u00e0 lui\u2009; son c\u0153ur palpite. Le souverain, l\u2019abordant d\u2019un air amical\u00a0: \u2039\u2009Que faites-vous ici\u2009? lui dit-il. Vous me paraissez triste\u2009\u203a. Hypsilantis, en lui montrant une feuille qu\u2019il tenait par hasard dans sa main, lui r\u00e9cite <a href=\"https:\/\/fr.wikisource.org\/wiki\/Anthologie_des_po%C3%A8tes_fran%C3%A7ais_du_XIX%C3%A8me_si%C3%A8cle\/Antoine-Vincent_Arnault\">une \u00e9l\u00e9gie de M.\u00a0Arnault<\/a>, qui commence ainsi\u00a0:<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-left\"><blockquote><p> De ta tige d\u00e9tach\u00e9e,<\/p>\n<p>Pauvre feuille dess\u00e9ch\u00e9e,<\/p>\n<p>O\u00f9 vas-tu\u2009?&#8230; <\/p><\/blockquote><\/div>\n&nbsp;<br \/>\nDe qui sont ces vers\u2009? lui demanda Sa Majest\u00e9. \u2014\u00a0Sire, ils sont d\u2019un Fran\u00e7ais\u2009; mais ils peuvent \u00eatre appliqu\u00e9s \u00e0 tous ces Grecs infortun\u00e9s, errant de pays en pays, et mourant sur un sol \u00e9tranger. \u2014\u00a0Ah\u2009! toujours exalt\u00e9\u2009! toujours ne r\u00eavant que patrie\u2009! Eh bien\u2009! Vous en aurez un jour\u2009! Je ne mourrai pas content si je ne fais rien pour mes pauvres Grecs. Je n\u2019attends qu\u2019un signe du ciel pour cela\u00a0: je saurai le discerner, ou ils me l\u2019indiqueront eux-m\u00eames. Mais avant tout, il faut qu\u2019ils soient dignes d\u2019\u00eatre heureux. Il faut que je puisse dire\u00a0: Les voyez-vous\u2009? Ils demandent la libert\u00e9. \u2014\u00a0Ils la demandent, sire. Interpr\u00e8te de leurs v\u0153ux, j\u2019ose les d\u00e9poser \u00e0 vos pieds. \u2014\u00a0Il faut que j\u2019y pense, moi\u00a0: un boulet tir\u00e9 sur le Danube mettrait toute l\u2019Europe en feu. Hypsilantis appliqua sa bouche sur l\u2019\u00e9paule de l\u2019empereur, et, les larmes aux yeux, lui dit\u00a0: \u00ab\u2009Ah\u2009! si un de vos regards tombait sur mon pays&#8230;\u2009\u00bb Il voulut continuer\u2009; l\u2019agitation lui coupa la voix. Alexandre, \u00e9mu, laissa \u00e9chapper ces mots\u00a0: \u00ab\u2009Qu\u2019une lev\u00e9e de boucliers se montre en Gr\u00e8ce, et mes cosaques iront la seconder\u2009\u00bb. Nous avons besoin d\u2019ajouter que nous laissons \u00e0 M.\u00a0Soutzo la responsabilit\u00e9 de ce r\u00e9cit.<\/p>\n<p>Peu de temps apr\u00e8s, Alexandre Hypsilantis rencontrait \u00e0 Odessa Paparrigopoulo, charg\u00e9 des pleins pouvoirs des P\u00e9loponn\u00e9siens, et toujours se faisant fort de l\u2019appui de la myst\u00e9rieuse puissance. Hypsilantis \u00e9tait h\u00e9sitant. Il demandait o\u00f9 \u00e9taient les arm\u00e9es, les finances, les munitions de guerre. Paparrigopoulo, qui avait re\u00e7u des h\u00e9tairistes en partant, outre le brevet de sa mission, un blanc-seing rev\u00eatu des signatures du conseil de Tripolitza qu\u2019il pouvait remplir \u00e0 son gr\u00e9, s\u2019en servit pour y inscrire toutes les pr\u00e9tendues ressources de la Gr\u00e8ce, et lever les scrupules du g\u00e9n\u00e9ralissime.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019automne de 1820, il revint \u00e0 Patras, rapportant les instructions d\u2019Hypsilantis relativement aux demandes qu\u2019avait pos\u00e9es le conseil de l\u2019H\u00e9tairie. Paparrigopoulo les pr\u00e9sentait comme dict\u00e9es par la Supr\u00eame Puissance et transmises par son organe \u00e0 Hypsilantis. Il ajouta ses exhortations v\u00e9h\u00e9mentes, et pressa de constituer l\u2019\u00e9phorie centrale. Elle fut compos\u00e9e de six membres, du pr\u00e9sident Jean Vlasapoulos et des deux tr\u00e9soriers, Jean Papadiamantopoulos et Panayoti Aovali. Mais ce choix fit des m\u00e9contents. Une opposition se forma, et paralysa l\u2019action de l\u2019\u00e9phorie \u00e0 peine n\u00e9e.<\/p>\n<p>Cependant Hypsilantis obtint de la Russie un cong\u00e9, sous pr\u00e9texte d\u2019aller prendre les bains, et se rendit en Bessarabie, o\u00f9 se group\u00e8rent autour de lui un grand nombre d\u2019h\u00e9tairistes. Ils \u00e9chauffaient son z\u00e8le, trompaient ses d\u00e9fiances, et finirent par le persuader que tout \u00e9tait pr\u00eat. Trop soigneusement entretenu dans ces illusions, il envoya en Mor\u00e9e, dans les \u00eeles et dans la Gr\u00e8ce continentale des \u00e9missaires charg\u00e9s d\u2019annoncer sa marche prochaine sur la Turquie. Il comptait d\u2019abord partir pour Trieste, o\u00f9 un vaisseau grec annon\u00e7ait qu\u2019il l\u2019attendrait vers le 20\u00a0novembre, et d\u00e9barquer secr\u00e8tement dans le Magne, d\u2019o\u00f9 il commencerait les op\u00e9rations, \u00e0 une date qui symboliserait la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de la Gr\u00e8ce, le 25\u00a0mars, jour de la f\u00eate de l\u2019Annonciation. Mais on lui conseillait instamment d\u2019entrer par la Moldo-Valachie. On lui repr\u00e9sentait que les deux principaut\u00e9s \u00e9taient une autre Gr\u00e8ce, que les habitants suivaient la religion grecque, que l\u2019hospodar de Moldavie, Michel Soutzo, \u00e9tait favorable \u00e0 l\u2019h\u00e9tairie, que l\u2019hospodarat de Valachie, vacant depuis le mois de janvier 1821, par la mort d\u2019Alexandre Soutzo, laissait la province ouverte, que partout il rencontrerait des affili\u00e9s, jusque dans les milices \u00e9trang\u00e8res, et que la fertilit\u00e9 du pays offrirait des vivres en abondance. La forteresse d\u2019Ibra\u00eflow en Valachie n\u2019\u00e9tait d\u00e9fendue que par trois cents Turcs, mal arm\u00e9s. Les forteresses riveraines du Danube \u00e9taient d\u00e9pourvues de garnison. La guerre d\u2019Ali-Pacha avait d\u00e9garni de soldats la Thrace et la Bulgarie. D\u2019autres raisons d\u00e9cid\u00e8rent Hypsilantis\u00a0: deux armatoles fameux, Georges ou Georgakis l\u2019Olympien et Savas Caminaris de Patmos l\u2019assuraient de leur concours, puissant dans ces contr\u00e9es. Enfin, les trait\u00e9s d\u00e9fendaient \u00e0 la Turquie de faire entrer des troupes dans les principaut\u00e9s sans le consentement de la Russie. Ou bien elle passerait au-dessus des conventions, et donnerait alors \u00e0 la Russie un sujet l\u00e9gitime de guerre contre elle, et l\u2019occasion d\u2019une embarrassante diversion, ou elle les respecterait, et laisserait alors le champ libre \u00e0 l\u2019arm\u00e9e de l\u2019insurrection, qui traverserait la Mac\u00e9doine et l\u2019Illyrie et viendrait tomber en Gr\u00e8ce, au c\u0153ur de l\u2019empire.<\/p>\n<p>Hypsilantis, r\u00e9fugi\u00e9 de bonne heure en Russie avec sa famille, connaissait mal la Gr\u00e8ce. Il croyait que 25\u2009000\u00a0hommes \u00e9taient sous les armes dans le P\u00e9loponn\u00e8se, que Tripolitza, ville toute turque, si\u00e8ge du gouvernement dans la Mor\u00e9e, \u00e9tait pr\u00eate \u00e0 \u00e9clater la premi\u00e8re. Il \u00e9tait tromp\u00e9 surtout par son agent l\u2019archimandrite Dic\u00e9e, qui lui assurait que des amas d\u2019armes \u00e9taient pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 Hydra par les soins du gouvernement russe. Dic\u00e9e lui communiqua, dans une entrevue qu\u2019il eut avec lui sur un \u00eelot du Danube, son dessein d\u2019incendier les principaux quartiers \u00e0 Constantinople, l\u2019arsenal et les magasins de Topchana. Pendant que, de nuit, les Grecs de la capitale ex\u00e9cuteraient ce projet, dix bricks hydriotes tireraient sur le s\u00e9rail, et forceraient le Sultan \u00e0 sortir de son palais et \u00e0 tomber entre les mains des insurg\u00e9s&#8230; Homme ardent et peu scrupuleux sur les moyens, Dic\u00e9e, pour h\u00e2ter les moyens de l\u2019ex\u00e9cution, affirmait tout ce que l\u2019on d\u00e9sirait, et rassurait en trompant. Des chefs h\u00e9tairistes du P\u00e9loponn\u00e8se commenc\u00e8rent \u00e0 se m\u00e9fier de lui, et le mand\u00e8rent \u00e0 Vostitza le 26\u00a0janvier 1821. Ils lurent les lettres de cr\u00e9ance par lesquelles Hypsilantis le d\u00e9clarait son alter ego, et furent frapp\u00e9s des illusions dangereuses dans lesquelles il l\u2019avait fait tomber. Ils enjoignirent \u00e0 Dic\u00e9e de se retirer dans son pays et de s\u2019y tenir tranquille. Ils d\u00e9cid\u00e8rent que des commissaires seraient envoy\u00e9s pour convoquer une assembl\u00e9e des repr\u00e9sentants de l\u2019H\u00e9tairie aupr\u00e8s de l\u2019\u00e9phorie de Patras, que le P\u00e9loponn\u00e8se ne remuerait pas avant qu\u2019on e\u00fbt re\u00e7u un charg\u00e9 des pleins pouvoirs du g\u00e9n\u00e9ral en chef, que l\u2019on s\u2019adresserait de nouveau \u00e0 l\u2019empereur Alexandre pour savoir ses sentiments et le secours qu\u2019on pouvait attendre de lui.<\/p>\n<p>Mais Hypsilantis n\u2019\u00e9tait plus ma\u00eetre de tarder davantage. La Porte ne pouvait plus ignorer les dangers qui la mena\u00e7aient. Dans le mois de janvier 1821, deux agents envoy\u00e9s par Hypsilantis, l\u2019un en Serbie, l\u2019autre \u00e0 Thessalonique, avaient \u00e9t\u00e9 saisis avec le plan de l\u2019H\u00e9tairie et ses papiers, portant la signature du g\u00e9n\u00e9ral en chef. Si le divan le d\u00e9non\u00e7ait au gouvernement russe, il allait \u00eatre rappel\u00e9 en Bessarabie. Il savait d\u2019ailleurs qu\u2019un P\u00e9loponn\u00e9sien avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le complot au Sultan, qu\u2019Ali-Pacha en avait fait autant, dans l\u2019espoir de rentrer en gr\u00e2ce aupr\u00e8s de lui. De tous c\u00f4t\u00e9s des lettres lui annon\u00e7aient que l\u2019H\u00e9tairie n\u2019\u00e9tait plus un secret pour personne, que la nation \u00e9tait mise par ses lenteurs au bord de l\u2019ab\u00eeme. Il ne crut m\u00eame plus pouvoir attendre la date primitivement fix\u00e9e. Dans la nuit du 6\u00a0mars 1821, il passa le Pruth, et entra en Moldavie.<\/p>\n<p>Le Rubicon \u00e9tait franchi.\u2009\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-6598\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/650px.-gregorios_e.jpg\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"407\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/650px.-gregorios_e.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/650px.-gregorios_e-300x188.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> <a href=\"https:\/\/anemi.lib.uoc.gr\/search\/?dtab=m&amp;search_type=simple&amp;search_help=&amp;display_mode=overview&amp;wf_step=init&amp;show_hidden=0&amp;number=10&amp;keep_number=10&amp;cclterm1=&amp;cclterm2=&amp;cclterm3=&amp;cclterm4=&amp;cclterm5=&amp;cclterm6=&amp;cclterm7=&amp;cclterm8=&amp;cclfield1=&amp;cclfield2=&amp;cclfield3=&amp;cclfield4=&amp;cclfield5=&amp;cclfield6=&amp;cclfield7=&amp;cclfield8=&amp;cclop1=&amp;cclop2=&amp;cclop3=&amp;cclop4=&amp;cclop5=&amp;cclop6=&amp;cclop7=&amp;isp=&amp;display_help=0&amp;offset=1&amp;search_coll%5bmetadata%5d=1&amp;&amp;stored_cclquery=creator%3D%28%CE%A4%CF%81%CE%B9%CE%BA%CE%BF%CF%8D%CF%80%CE%B7%CF%82%2C+%CE%A3%CF%80%CF%85%CF%81%CE%AF%CE%B4%CF%89%CE%BD%2C%29&amp;skin=&amp;rss=0&amp;show_form=&amp;export_method=none&amp;display_mode=detail&amp;ioffset=1&amp;offset=3&amp;number=1&amp;keep_number=10&amp;old_offset=1&amp;search_help=detail\u00e0\">\u0399\u03c3\u03c4\u03bf\u03c1\u03af\u03b1 \u03c4\u03b7\u03c2 \u0395\u03bb\u03bb\u03b7\u03bd\u03b9\u03ba\u03ae\u03c2 \u0395\u03c0\u03b1\u03bd\u03b1\u03c3\u03c4\u03ac\u03c3\u03b5\u03c9\u03c2<\/a> \/ <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Spir%C3%ADdon_Triko%C3%BApis\">\u03a3\u03c0\u03c5\u03c1\u03af\u03b4\u03c9\u03bd\u03bf\u03c2 \u03a4\u03c1\u03b9\u03ba\u03bf\u03cd\u03c0\u03b7<\/a>, \u03b5\u03ba\u03b4\u03cc\u03c4\u03b7\u03c2 \u03a0\u03b1\u03bd\u03b1\u03b3\u03b9\u03ce\u03c4\u03b7\u03c2 \u0391\u03c3\u03bb\u03ac\u03bd\u03b7\u03c2.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><em><a href=\"http:\/\/presbyteraanna.blogspot.com\/2019\/08\/les-nouveaux-martyrs-par-pere-ambroise.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Les nouveaux martyrs<\/a><\/em>, \u00c9ditions de la fraternit\u00e9 Saint Gr\u00e9goire Palamas, Paris, 1987, p. 36-75<\/h4>\n<h5 style=\"text-align: center;\">Traduction P\u00e8re Ambroise Fontrier<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"vlp-link-container vlp-layout-basic\"><a href=\"http:\/\/hesychia.eu\/index.php\/saint-nicodeme-lathonite-honorons-les-martyrs-en-les-imitant\/\" class=\"vlp-link\" title=\"Saint Nicod\u00e8me l&#039;Athonite : \u00ab Honorons les martyrs en les imitant\u2026 \u00bb\"><\/a><div class=\"vlp-layout-zone-side\"><div class=\"vlp-block-2 vlp-link-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"max-width: 150px;\" width=\"150\" height=\"110\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Nicodim.650px.05.jpg\" class=\"attachment-150x999 size-150x999\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Nicodim.650px.05.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Nicodim.650px.05-300x220.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/div><\/div><div class=\"vlp-layout-zone-main\"><div class=\"vlp-block-0 vlp-link-title\">Saint Nicod\u00e8me l'Athonite : \u00ab Honorons les martyrs en les imitant\u2026 \u00bb<\/div><div class=\"vlp-block-1 vlp-link-summary\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/div><\/div><\/div>\n<div class=\"vlp-link-container vlp-layout-basic\"><a href=\"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/terre_musulmane\/\" class=\"vlp-link\" title=\"Chr\u00e9tiens en terre musulmane\"><\/a><div class=\"vlp-layout-zone-side\"><div class=\"vlp-block-2 vlp-link-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"max-width: 150px;\" width=\"150\" height=\"104\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/650px.-beautiesofbospho00parduoft_orig_0122.jpg\" class=\"attachment-150x999 size-150x999\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/650px.-beautiesofbospho00parduoft_orig_0122.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/650px.-beautiesofbospho00parduoft_orig_0122-300x209.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/div><\/div><div class=\"vlp-layout-zone-main\"><div class=\"vlp-block-0 vlp-link-title\">Chr\u00e9tiens en terre musulmane<\/div><div class=\"vlp-block-1 vlp-link-summary\">&nbsp; &nbsp;<\/div><\/div><\/div><span hidden class=\"__iawmlf-post-loop-links\" data-iawmlf-links=\"[{&quot;id&quot;:482,&quot;href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/archive.org\\\/details\\\/grecedepuislaco00brun\\\/page\\\/n735\\\/mode\\\/2up&quot;,&quot;archived_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;redirect_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;checks&quot;:[],&quot;broken&quot;:false,&quot;last_checked&quot;:null,&quot;process&quot;:&quot;done&quot;},{&quot;id&quot;:483,&quot;href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/fr.wikisource.org\\\/wiki\\\/Anthologie_des_po%C3%A8tes_fran%C3%A7ais_du_XIX%C3%A8me_si%C3%A8cle\\\/Antoine-Vincent_Arnault&quot;,&quot;archived_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;redirect_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;checks&quot;:[],&quot;broken&quot;:false,&quot;last_checked&quot;:null,&quot;process&quot;:&quot;done&quot;},{&quot;id&quot;:484,&quot;href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/fr.wikipedia.org\\\/wiki\\\/Spir%C3%ADdon_Triko%C3%BApis&quot;,&quot;archived_href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/web-wp.archive.org\\\/web\\\/20260214231515\\\/https:\\\/\\\/fr.wikipedia.org\\\/wiki\\\/Spir%C3%ADdon_Triko%C3%BApis&quot;,&quot;redirect_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;checks&quot;:[{&quot;date&quot;:&quot;2026-03-27 17:27:48&quot;,&quot;http_code&quot;:200}],&quot;broken&quot;:false,&quot;last_checked&quot;:{&quot;date&quot;:&quot;2026-03-27 17:27:48&quot;,&quot;http_code&quot;:200},&quot;process&quot;:&quot;done&quot;},{&quot;id&quot;:481,&quot;href&quot;:&quot;http:\\\/\\\/presbyteraanna.blogspot.com\\\/2019\\\/08\\\/les-nouveaux-martyrs-par-pere-ambroise.html&quot;,&quot;archived_href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/web-wp.archive.org\\\/web\\\/20231126214451\\\/https:\\\/\\\/presbyteraanna.blogspot.com\\\/2019\\\/08\\\/les-nouveaux-martyrs-par-pere-ambroise.html&quot;,&quot;redirect_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;checks&quot;:[{&quot;date&quot;:&quot;2026-03-27 17:14:53&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-04-18 21:49:38&quot;,&quot;http_code&quot;:200}],&quot;broken&quot;:false,&quot;last_checked&quot;:{&quot;date&quot;:&quot;2026-04-18 21:49:38&quot;,&quot;http_code&quot;:200},&quot;process&quot;:&quot;done&quot;}]\"><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vers le milieu de l\u2019ann\u00e9e\u00a01818, Jean Pharmak\u00e8s le visita et lui donna des nouvelles de la Philiki H\u00e9tairia dont&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6596,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[303,95,202,297,2,253],"tags":[533,532],"class_list":["post-6605","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-hagiographie","category-histoire","category-luminaires","category-martyrs-2","category-orthodoxie","category-synaxaire","tag-constantinople","tag-ottomane"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6605","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6605"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6605\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6616,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6605\/revisions\/6616"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6596"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6605"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6605"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6605"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}