{"id":4783,"date":"2021-11-28T22:38:23","date_gmt":"2021-11-28T21:38:23","guid":{"rendered":"http:\/\/hesychia.eu\/?p=4783"},"modified":"2021-11-28T23:05:25","modified_gmt":"2021-11-28T22:05:25","slug":"maxime-confesseur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/2021\/11\/28\/maxime-confesseur\/","title":{"rendered":"M\u00e9moire de notre v\u00e9n\u00e9rable P\u00e8re Maxime le Confesseur [\u2020662 \u2013 F\u00eat\u00e9 le 21 janvier]"},"content":{"rendered":"<p>Saint Maxime <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> naquit en 580, au sein d\u2019une illustre famille de Constantinople <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Dou\u00e9 d\u2019une intelligence exceptionnelle et de rares capacit\u00e9s pour les hautes sp\u00e9culations philosophiques, il fit de brillantes \u00e9tudes et entra dans la carri\u00e8re politique.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4762\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/sfantul_maxim_marturisitorul.940px.01.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"222\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/sfantul_maxim_marturisitorul.940px.01.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/sfantul_maxim_marturisitorul.940px.01-300x71.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/sfantul_maxim_marturisitorul.940px.01-768x181.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\u00c0 son av\u00e8nement au tr\u00f4ne, en 610, l\u2019empereur H\u00e9raclius, discernant sa valeur et appr\u00e9ciant ses vertus chr\u00e9tiennes, mit Maxime \u00e0 la t\u00eate de sa chancellerie (<em>protas\u00e9kretis<\/em>). Honneurs, pouvoir et richesses ne pouvaient cependant \u00e9teindre en lui le d\u00e9sir, qu\u2019il entretenait secr\u00e8tement depuis sa jeunesse, de mener une vie conforme \u00e0 la vraie philosophie. Au bout de seulement trois ans, il abandonna sa charge et les vaines distinctions du monde, et devint moine au monast\u00e8re de la M\u00e8re de Dieu de Chrysopolis, pr\u00e8s de Constantinople. Admirablement pr\u00e9par\u00e9 au combat spirituel par la m\u00e9ditation de l\u2019\u00c9criture sainte et l\u2019\u00e9tude des P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise, il progressa rapidement sur l\u2019\u00e9chelle des vertus, qui conduit \u00e0 la bienheureuse impassibilit\u00e9. Il ma\u00eetrisait avec science les \u00e9lans de la convoitise par l\u2019asc\u00e8se, l\u2019irritation par la douceur et, lib\u00e9rant ainsi son \u00e2me de la tyrannie des passions, il nourrissait son intelligence par la pri\u00e8re, en s\u2019\u00e9levant paisiblement vers les hauteurs de la contemplation. Dans le silence de sa cellule, pench\u00e9 sur l\u2019ab\u00eeme de son c\u0153ur, il consid\u00e9rait en lui-m\u00eame le grand Myst\u00e8re de notre salut selon lequel, pouss\u00e9 par son amour infini des hommes, le Verbe de Dieu condescendit \u00e0 s\u2019unir \u00e0 notre nature, s\u00e9par\u00e9e de Dieu et divis\u00e9e contre elle-m\u00eame par l\u2019amour \u00e9go\u00efste de soi, afin de la ramener \u00e0 l\u2019unit\u00e9, de faire r\u00e9gner entre les hommes l\u2019union harmonieuse de la charit\u00e9 fraternelle, et de leur ouvrir la voie de l\u2019union avec Dieu, car<em> Dieu est amour <\/em>(1\u00a0<em>Jn<\/em> 4, 16).<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 une dizaine d\u2019ann\u00e9es dans l\u2019<em>h\u00e9sychia<\/em>, Maxime s\u2019installa, avec son disciple Anastase, dans le petit monast\u00e8re de Saint-Georges \u00e0 Cyzique, o\u00f9 il commen\u00e7a \u00e0 r\u00e9diger ses premi\u00e8res \u0153uvres\u00a0: des traites asc\u00e9tiques sur la lutte contre les passions, la pri\u00e8re, l\u2019impassibilit\u00e9 et la sainte charit\u00e9. Mais, en 626, l\u2019offensive conjugu\u00e9e des Avars et des Perses sur Constantinople, qui allait \u00eatre repouss\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019intervention miraculeuse de la M\u00e8re de Dieu <a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, contraignit les moines \u00e0 se disperser. Un nouveau mode de vie s\u2019ouvrait pour saint Maxime\u00a0: l\u2019errance pour la cause de la v\u00e9rit\u00e9. Il lui fallait d\u00e9sormais porter t\u00e9moignage de la charit\u00e9 divine, par sa conduite et ses \u00e9crits, dans un monde byzantin au bord de la catastrophe \u00e0 la suite des invasions perses. Il s\u00e9journa quelque temps en Cr\u00e8te, o\u00f9 il commen\u00e7a le combat pour la foi orthodoxe en affrontant des th\u00e9ologiens monophysites, passa ensuite \u00e0 Chypre et parvint finalement \u00e0 Carthage, en 632, o\u00f9 il fit connaissance et se rangea sous la direction spirituelle de saint Sophrone [11\u00a0mars], grand connaisseur de la tradition monastique et th\u00e9ologien renomm\u00e9 pour son orthodoxie, qui s\u00e9journait au monast\u00e8re d\u2019Eukrata avec d\u2019autres moines r\u00e9fugi\u00e9s de Palestine apr\u00e8s la prise de J\u00e9rusalem par les Perses.<\/p>\n<p>Pendant cette p\u00e9riode (626-634), avant de s\u2019engager dans la lutte pour la foi, saint Maxime put approfondir, comme nul autre avant lui, la doctrine de la divinisation, en exposant les fondements philosophiques et th\u00e9ologiques de la spiritualit\u00e9 orthodoxe. En des trait\u00e9s denses et profonds sur les passages obscurs de l\u2019\u00c9criture sainte, sur les difficult\u00e9s de saint Denys l\u2019Ar\u00e9opagite et de saint Gr\u00e9goire le Th\u00e9ologien, et sur la Divine Liturgie, il dresse une grandiose synth\u00e8se th\u00e9ologique selon laquelle l\u2019homme, plac\u00e9 par Dieu dans le monde pour \u00eatre le pr\u00eatre d\u2019une liturgie cosmique, est appel\u00e9 \u00e0 rassembler les raisons (<em>logoi<\/em>) de tous les \u00eatres pour les offrir au Verbe divin, leur Principe, en un dialogue de libre amour\u2009; de sorte qu\u2019en accomplissant le dessein pour lequel il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9, son union \u00e0 Dieu, il am\u00e8ne aussi l\u2019univers entier \u00e0 sa perfection dans le Christ, le Dieu-homme <a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>.<\/p>\n<p>Depuis son accession au tr\u00f4ne, H\u00e9raclius s\u2019\u00e9tait efforc\u00e9 de r\u00e9organiser l\u2019Empire \u00e9branl\u00e9 et de pr\u00e9parer la contre-offensive contre les Perses par une s\u00e9rie de r\u00e9formes administratives et militaires, et surtout de r\u00e9tablir l\u2019unit\u00e9 des chr\u00e9tiens, pour \u00e9viter que les monophysites ne se tournent vers les Perses ou vers les Arabes. Le patriarche de Constantinople, Serge, charg\u00e9 par l\u2019empereur de trouver \u00e0 cette fin une formule dogmatique de compromis, susceptible de satisfaire les monophysites sans renier le Concile de Chalc\u00e9doine, proposa la doctrine du mono\u00e9nergisme, selon laquelle la nature humaine du Christ serait rest\u00e9e passive et neutre, son \u00e9nergie propre ayant \u00e9t\u00e9 absorb\u00e9e par l\u2019\u00e9nergie du Verbe de Dieu. En fait, il ne s\u2019agissait que d\u2019un monophysisme \u00e0 peine d\u00e9guis\u00e9, o\u00f9 l\u2019on rempla\u00e7ait le terme \u00ab\u2009nature\u2009\u00bb par celui d\u2019\u00ab\u2009\u00e9nergie\u2009\u00bb. En 630, l\u2019empereur nomma Cyrus de Fasis patriarche d\u2019Alexandrie, avec la mission de r\u00e9aliser l\u2019union avec les monophysites, particuli\u00e8rement nombreux en \u00c9gypte. Aussit\u00f4t l\u2019union sign\u00e9e (633), alors que dans les tavernes d\u2019Alexandrie le peuple se vantait d\u2019avoir gagn\u00e9 les chalc\u00e9doniens \u00e0 la cause monophysite, saint Sophrone \u00e9leva seul la voix pour d\u00e9fendre les deux natures du Christ. Il se rendit \u00e0 Alexandrie aupr\u00e8s de Cyrus qui, voulant \u00e9viter une lutte ouverte, le renvoya vers Serge, \u00e0 Constantinople. Apr\u00e8s de longues discussions sans r\u00e9sultat r\u00e9el, Sophrone se vit interdire de soulever davantage le d\u00e9bat sur les natures et les \u00e9nergies. Il regagna la Palestine, o\u00f9 il fut accueilli par le peuple comme le soutien de l\u2019Orthodoxie et fut \u00e9lu patriarche de J\u00e9rusalem, au moment m\u00eame o\u00f9 les Arabes envahissaient le pays et commen\u00e7aient une s\u00e9rie de conqu\u00eates qui allaient plus que jamais mettre l\u2019Empire en p\u00e9ril. Sit\u00f4t \u00e9lu, saint Sophrone publia une <em>Lettre encyclique<\/em>, dans laquelle il pr\u00e9cisait que chaque nature ayant son \u00e9nergie propre, une est la Personne du Christ, mais deux sont ses natures et ses op\u00e9rations (\u00e9nergies).<\/p>\n<p>Pendant ce temps, rest\u00e9 \u00e0 Carthage, saint Maxime entrait discr\u00e8tement dans la lutte dogmatique pour soutenir son p\u00e8re spirituel. Sans s\u2019opposer \u00e0 l\u2019interdiction de parler des deux \u00e9nergies, il montrait avec finesse que \u00ab\u2009Le Christ op\u00e8re humainement ce qui est divin, par ses miracles, et divinement ce qui est humain, dans sa Passion vivifiante\u2009\u00bb <a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Mais quand, en 638, H\u00e9raclius publia un \u00e9dit (l\u2019<em>Ecth\u00e9sis<\/em>) confirmant l\u2019interdiction de parler des deux \u00e9nergies et imposant \u00e0 tous de confesser une seule volont\u00e9 dans le Christ (monoth\u00e9lisme), le moine dut sortir de sa r\u00e9serve et passer \u00e0 la confession publique de la v\u00e9rit\u00e9. Car, saint Sophrone \u00e9tant mort la m\u00eame ann\u00e9e, Maxime \u00e9tait alors regard\u00e9 par tous comme le porte-parole le plus autoris\u00e9 de l\u2019Orthodoxie. Comme \u00e0 l\u2019\u00e9poque de saint Athanase ou de saint Basile, le soutien de la vraie foi d\u00e9pendit alors d\u2019un seul homme.<\/p>\n<p>Dans une abondante correspondance, adress\u00e9e au pape de Rome, au souverain et aux personnages influents de l\u2019Empire, et dans des trait\u00e9s d\u2019une profondeur in\u00e9gal\u00e9e, Maxime le Sage montra que le Verbe de Dieu, par un amour et un respect infinis pour sa cr\u00e9ature, a assum\u00e9 la nature humaine dans toute son int\u00e9grit\u00e9, sans rien alt\u00e9rer de sa libert\u00e9. Libre de reculer devant la Passion, Il s\u2019est soumis volontairement, en tant qu\u2019homme, \u00e0 la volont\u00e9 et au dessein divin, nous ouvrant ainsi la voie du salut (<em>Mt<\/em>\u00a026, 39) par la soumission et l\u2019ob\u00e9issance. Parfaitement unie \u00e0 l\u2019absolue libert\u00e9 de Dieu dans la Personne du Christ, la libert\u00e9 humaine s\u2019est trouv\u00e9e ainsi restaur\u00e9e dans son mouvement naturel vers l\u2019union avec Dieu et avec les autres hommes par la charit\u00e9. Ce que l\u2019exp\u00e9rience de la pri\u00e8re et de la contemplation lui avait permis d\u2019entrevoir, Maxime pouvait d\u00e9sormais l\u2019exposer, en fondant la doctrine de la divinisation de l\u2019homme sur la th\u00e9ologie de l\u2019Incarnation. Nul autre P\u00e8re de l\u2019\u00c9glise n\u2019avait jusque-l\u00e0 pouss\u00e9 aussi loin l\u2019examen de la libert\u00e9 humaine et de son union avec Dieu, dans la Personne du Christ comme chez les saints. Avec saint Maxime, la doctrine orthodoxe de l\u2019Incarnation trouve son expos\u00e9 le plus complet\u2009; il ne restera, quelque temps apr\u00e8s, \u00e0 saint Jean Damasc\u00e8ne qu\u2019\u00e0 la pr\u00e9senter de mani\u00e8re plus accessible, pour la livrer aux g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir comme une tradition immuable.<\/p>\n<p>Serge de\u00a0Constantinople mourut en 638 et le nouveau patriarche, Pyrrhus, se fit le promoteur ardent de la nouvelle h\u00e9r\u00e9sie. Cependant, malgr\u00e9 les pressions, une grande partie des chr\u00e9tiens r\u00e9sistait a l\u2019application du d\u00e9cret imp\u00e9rial et, un peu avant de mourir (en 641), H\u00e9raclius dut reconna\u00eetre l\u2019\u00e9chec de sa politique religieuse. Pyrrhus, tomb\u00e9 en disgr\u00e2ce au moment de la succession, s\u2019enfuit en Afrique et affronta saint Maxime \u00e0 Carthage, dans une dispute publique sur la Personne du Christ (645). Exposant le myst\u00e8re du Salut avec une argumentation d\u2019une rigueur infaillible, le saint moine r\u00e9ussit \u00e0 faire reconna\u00eetre ses erreurs au patriarche qui proposa finalement d\u2019aller en personne \u00e0 Rome pour jeter l\u2019anath\u00e8me sur le monoth\u00e9lisme devant le tombeau des Ap\u00f4tres. Toutefois, peu de temps apr\u00e8s, il <em>retourna \u00e0 son vomissement<\/em> (2<em>\u00a0Pi<\/em> 2,\u00a022) et s\u2019enfuit \u00e0 Ravenne. Le pape Th\u00e9odore l\u2019excommunia aussit\u00f4t et condamna pour h\u00e9r\u00e9sie son successeur sur le tr\u00f4ne de Constantinople, Paul. En r\u00e9action contre cette intervention du pape et craignant qu\u2019une rupture ouverte avec Rome n\u2019aggrav\u00e2t la situation politique, devenue plus que jamais pr\u00e9caire \u00e0 la suite de la conqu\u00eate de l\u2019\u00c9gypte par les Arabes, l\u2019empereur Constant\u00a0II (641-668) publia le <em>Typos<\/em> (648) qui interdisait \u00e0 tout chr\u00e9tien, sous peine de ch\u00e2timent s\u00e9v\u00e8re, de discuter des deux natures et des deux volont\u00e9s. On commen\u00e7a alors \u00e0 poursuivre et \u00e0 pers\u00e9cuter les orthodoxes, surtout les moines et les amis de saint Maxime. Celui-ci rejoignit \u00e0 Rome le nouveau pape, Martin\u00a0I<sup>er<\/sup> [13\u00a0avr.], qui \u00e9tait fermement d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 soutenir la vraie foi, et il fut l\u2019inspirateur du concile du Latran (649) qui condamna le monoth\u00e9lisme et rejeta l\u2019\u00e9dit imp\u00e9rial. Irrit\u00e9 au plus haut point par cette r\u00e9sistance, l\u2019empereur envoya alors un exarque \u00e0 Rome \u00e0 la t\u00eate d\u2019une arm\u00e9e (653). Ils arr\u00eat\u00e8rent le pape malade et impotent, et le conduisirent au prix de mille s\u00e9vices \u00e0 Constantinople, o\u00f9 il fut jug\u00e9 comme un criminel et outrag\u00e9 publiquement. De l\u00e0, il fut conduit en exil \u00e0 Cherson, o\u00f9 il mourut dans la situation la plus lamentable, en septembre\u00a0655.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 saint Maxime, il avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9, un peu avant Martin, avec son fid\u00e8le disciple Anastase et un autre Anastase, apocrisiaire (l\u00e9gat) du pape [20\u00a0sept.]. Il attendit en prison de longs mois avant de compara\u00eetre devant le tribunal qui avait si odieusement condamn\u00e9 le saint pr\u00e9lat. On voulait pr\u00e9senter le jugement du chef de l\u2019Orthodoxie comme un proc\u00e8s politique, aussi l\u2019accusa-t-on de s\u2019\u00eatre \u00e9lev\u00e9 contre le pouvoir imp\u00e9rial et d\u2019avoir favoris\u00e9 la conqu\u00eate de l\u2019\u00c9gypte et de l\u2019Afrique par les Arabes, puis on l\u2019accusa d\u2019avoir sem\u00e9 la division dans l\u2019\u00c9glise par sa doctrine. Fix\u00e9 en Dieu et avec charit\u00e9 pour ses ennemis, le saint r\u00e9pondait avec un calme imperturbable aux calomnies et, se d\u00e9fendant de confesser aucune doctrine particuli\u00e8re, il se d\u00e9clara pr\u00eat \u00e0 rompre la communion avec tous les patriarcats et m\u00eame \u00e0 mourir, plut\u00f4t que de jeter le trouble dans sa conscience en trahissant la foi. Condamn\u00e9 \u00e0 l\u2019exil, il fut conduit \u00e0 Byzie (Thrace), son disciple Anastase \u00e0 Perb\u00e9ris et l\u2019autre Anastase \u00e0 M\u00e9sembria, dans le d\u00e9nuement le plus complet, mais sans perdre leur joie de souffrir ainsi pour le Nom du Seigneur dans l\u2019attente de la r\u00e9surrection.<\/p>\n<p>Ayant appris au cours de son proc\u00e8s que le nouveau pape, Eug\u00e8ne\u00a0I<sup>er<\/sup>, \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 accepter une formule de compromis qui supposait une troisi\u00e8me \u00e9nergie dans le Christ, saint Maxime \u00e9crivit une lettre dogmatique, gr\u00e2ce \u00e0 laquelle le peuple de Rome se r\u00e9volta et poussa le pape \u00e0 se passer de l\u2019accord imp\u00e9rial pour se faire consacrer. Comprenant alors qu\u2019il ne pourrait pas soumettre les orthodoxes avant d\u2019avoir gagn\u00e9 Maxime, l\u2019empereur envoya vers lui l\u2019\u00e9v\u00eaque Th\u00e9odose et deux courtisans. Les souffrances de l\u2019exil et le long s\u00e9jour en prison n\u2019avaient pas fait perdre au saint confesseur la ma\u00eetrise de lui-m\u00eame. Il repoussa sans peine tous leurs arguments, exposa de nouveau la doctrine orthodoxe et termina en exhortant avec larmes l\u2019empereur et le patriarche \u00e0 se repentir et \u00e0 revenir \u00e0 la vraie foi. Pour toute r\u00e9ponse, les envoy\u00e9s du souverain se jet\u00e8rent sur lui comme des b\u00eates sauvages, l\u2019accabl\u00e8rent d\u2019injures et le couvrirent de crachats.<\/p>\n<p>Transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Perb\u00e9ris, saint Maxime resta six ans enferm\u00e9 avec Anastase, jusqu\u2019\u00e0 leur nouveau proc\u00e8s, en 662, devant le patriarche de Constantinople et son synode. On lui demanda\u00a0: \u00ab\u2009De quelle \u00c9glise es-tu donc\u00a0: de Constantinople\u2009? de Rome\u2009? d\u2019Antioche\u2009? d\u2019Alexandrie\u2009? de J\u00e9rusalem\u2009? Car voici que toutes sont unies \u00e0 nous.\u2009\u00bb Le Confesseur r\u00e9pondit\u00a0: \u00ab\u2009L\u2019\u00c9glise catholique (<em>i.e.<\/em> universelle), c\u2019est la droite et salutaire confession de la foi dans le Dieu de l\u2019univers.\u2009\u00bb Menac\u00e9 de la peine capitale, il r\u00e9pliqua\u00a0: \u00ab\u2009Que ce que Dieu a d\u00e9termin\u00e9 avant tous les si\u00e8cles trouve en moi le terme qui lui rende la gloire qu\u2019Il a avant tous les si\u00e8cles <a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>\u2009!\u2009\u00bb Apr\u00e8s les avoir maudits et injuri\u00e9s, les membres du tribunal eccl\u00e9siastique les livr\u00e8rent, lui et ses compagnons, au pr\u00e9fet de la ville, qui les condamna \u00e0 la flagellation et leur fit couper les organes de leur confession\u00a0: la langue et la main droite. Ils furent promen\u00e9s \u00e0 travers la ville tout ensanglant\u00e9s, puis le pr\u00e9fet les fit incarc\u00e9rer dans des forteresses s\u00e9par\u00e9es, \u00e0 Lazique, dans le lointain Caucase. C\u2019est l\u00e0 que, le 13\u00a0ao\u00fbt\u00a0662, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de quatre-vingt-deux ans, saint Maxime fut d\u00e9finitivement uni au Verbe de Dieu, qu\u2019il avait tant aim\u00e9 et dont il avait imit\u00e9 la Passion vivifiante par la confession de foi et le martyre. On raconte que chaque nuit trois lampes, symbole de la sainte Trinit\u00e9, s\u2019allumaient d\u2019elles-m\u00eames au-dessus de son tombeau <a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. La relique de sa main droite est v\u00e9n\u00e9r\u00e9e au monast\u00e8re de Saint-Paul au Mont Athos.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4769\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/sfantul_maxim_marturisitorul.350px.02.jpg\" alt=\"\" width=\"350\" height=\"435\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/sfantul_maxim_marturisitorul.350px.02.jpg 350w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/sfantul_maxim_marturisitorul.350px.02-241x300.jpg 241w\" sizes=\"auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px\" \/><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a>. Les <em>synaxaires<\/em> comm\u00e9morent la translation des reliques de S.\u00a0Maxime le 13 ao\u00fbt, alors qu\u2019il s\u2019agit de la date de sa dormition. Comme dans le cas de S.\u00a0Athanase [18 janv.], ce transfert de la m\u00e9moire de S.\u00a0Maxime au 21 janv. s\u2019explique probablement par la volont\u00e9 de le ranger dans la s\u00e9rie des grands docteurs et confesseurs comm\u00e9mor\u00e9s pendant le mois de janvier. Il est encore comm\u00e9mor\u00e9 le 20 sept., avec S.\u00a0Martin de Rome.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a>. D\u2019apr\u00e8s une \u00ab\u2009<em>Vie\u2009\u00bb<\/em> syriaque r\u00e9cemment retrouv\u00e9e \u2014\u00a0qui est d\u2019ailleurs plut\u00f4t un pamphlet, r\u00e9dig\u00e9 par un monoth\u00e9lite malintentionn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard du saint \u2014, S.\u00a0Maxime serait n\u00e9 en Palestine, dans la r\u00e9gion de Tib\u00e9riade, et il aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9 \u00e0 la Vieille Laure de Souka, au sud de J\u00e9rusalem, fond\u00e9e par S.\u00a0Chariton, laquelle avait \u00e9t\u00e9 une forteresse de la vraie foi lors de la querelle orig\u00e9niste, qui divisa cruellement les moines de Palestine au vi<sup>e<\/sup>\u00a0s. C\u2019est ce qui pourrait expliquer le soin pris par Maxime pour r\u00e9futer avec profondeur les doctrines d\u2019Orig\u00e8ne et d\u2019\u00c9vagre dans ses premi\u00e8res \u0153uvres. Mais, la haute culture du saint t\u00e9moigne bien qu\u2019il a d\u00fb grandir dans les milieux de la capitale. Ce sont plut\u00f4t les documents, conserv\u00e9s en g\u00e9orgiens, qui permettent de mettre en ordre certains \u00e9l\u00e9ments de sa biographie, rest\u00e9s confus dans la tradition grecque.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a>. C\u2019est \u00e0 l\u2019occasion de ce miracle, comm\u00e9mor\u00e9 le cinqui\u00e8me samedi du Grand Car\u00eame ou Samedi de l\u2019Acathiste, qu\u2019a probablement \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 l\u2019hymne Acathiste \u00e0 la M\u00e8re de Dieu.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a>. Dans son trait\u00e9 <em>Sur les difficult\u00e9s de Denys et Gr\u00e9goire<\/em> (<em>Ambigua<\/em>), trad. fr. E. Ponsoye, Paris-Suresnes\u00a01994, Maxime fait une r\u00e9futation d\u00e9finitive de l\u2019orig\u00e9nisme (c\u2019est-\u00e0-dire de la survivance du platonisme dans la pens\u00e9e chr\u00e9tienne), en montrant la dimension cosmique du salut, tandis que dans ses <em>R\u00e9ponses \u00e0 Thalassios<\/em> (trad. \u00e0 para\u00eetre dans SC) et ses trait\u00e9s ult\u00e9rieurs, il mobilise toutes les ressources de la pens\u00e9e philosophique pour fonder le myst\u00e8re de la divinisation sur le dogme christologique, \u00e9levant ainsi la pens\u00e9e patristique \u00e0 son sommet. Voir J-C. Larchet, <em>La Divinisation de l\u2019Homme selon Saint Maxime le Confesseur<\/em>, \u00ab\u2009Th\u00e9ologie et Sciences Religieuses\u00a0194\u2009\u00bb, Paris\u00a01996.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a>. <em>Ambigua<\/em>\u00a05, <em>PG<\/em>\u00a091, 1056\u00a0A.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a>. <em>\u00c0 Anastase le moine,<\/em> <em>PG<\/em>\u00a090, 132.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a>. D\u2019apr\u00e8s la tradition g\u00e9orgienne, les reliques du saint n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9es \u00e0 Constantinople et seraient rest\u00e9e dans la forteresse de Muri, pr\u00e8s de la ville de Tsageri (ouest de la G\u00e9orgie), dans une \u00e9glise d\u00e9di\u00e9e au saint, o\u00f9 elles ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment retrouv\u00e9es et identifi\u00e9es de mani\u00e8re assez convaincante.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4777\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/sfantul_maxim_marturisitorul.650px.04.jpg\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"582\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/sfantul_maxim_marturisitorul.650px.04.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/sfantul_maxim_marturisitorul.650px.04-300x269.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.monastere-transfiguration.fr\/synaxaire\/editions_synaxaire.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>Le Synaxaire. Vie de Saints de l&rsquo;\u00c9glise orthodoxe<\/em><\/a><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\">Deuxi\u00e8me \u00e9dition<br \/>\npar hi\u00e9romoine Macaire, monast\u00e8re de Simonos P\u00e9tra au Mont Athos<br \/>\nCinqui\u00e8me volume [<em>janvier<\/em>], publi\u00e9 par les \u00e9ditions <em>Simonos P\u00e9tra<\/em><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><em>La vie de saint Maxime le Confesseur est publi\u00e9e ici avec l&rsquo;aimable autorisation de l&rsquo;auteur<\/em><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"vlp-link-container vlp-layout-basic\"><a href=\"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/saint-maxime-le-confesseur\/\" class=\"vlp-link\" title=\"Saint Maxime le Confesseur [\u2020662 \u2013 F\u00eat\u00e9 le 21 janvier]\"><\/a><div class=\"vlp-layout-zone-side\"><div class=\"vlp-block-2 vlp-link-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"max-width: 150px;\" width=\"150\" height=\"139\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/sfantul_maxim_marturisitorul.650px.03.jpg\" class=\"attachment-150x999 size-150x999\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/sfantul_maxim_marturisitorul.650px.03.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/sfantul_maxim_marturisitorul.650px.03-300x278.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/div><\/div><div class=\"vlp-layout-zone-main\"><div class=\"vlp-block-0 vlp-link-title\">Saint Maxime le Confesseur [\u2020662 \u2013 F\u00eat\u00e9 le 21 janvier]<\/div><\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<span hidden class=\"__iawmlf-post-loop-links\" data-iawmlf-links=\"[{&quot;id&quot;:431,&quot;href&quot;:&quot;http:\\\/\\\/www.monastere-transfiguration.fr\\\/synaxaire\\\/editions_synaxaire.html&quot;,&quot;archived_href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/web-wp.archive.org\\\/web\\\/20251213004843\\\/http:\\\/\\\/www.monastere-transfiguration.fr\\\/synaxaire\\\/editions_synaxaire.html&quot;,&quot;redirect_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;checks&quot;:[{&quot;date&quot;:&quot;2026-03-27 16:27:35&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-04-01 12:33:04&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-04-06 13:17:12&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-04-10 09:26:12&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-04-13 18:39:03&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-04-17 10:05:58&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-04-21 05:34:51&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-04-24 14:26:41&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-04-28 06:54:31&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-05-01 08:25:00&quot;,&quot;http_code&quot;:503},{&quot;date&quot;:&quot;2026-05-04 14:00:00&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-05-08 05:35:35&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-05-11 09:37:26&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-05-15 08:00:37&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-05-19 18:15:31&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-05-23 18:29:34&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-05-27 18:30:12&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-05-30 19:30:57&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-06-05 23:01:24&quot;,&quot;http_code&quot;:200},{&quot;date&quot;:&quot;2026-06-12 14:16:48&quot;,&quot;http_code&quot;:200}],&quot;broken&quot;:false,&quot;last_checked&quot;:{&quot;date&quot;:&quot;2026-06-12 14:16:48&quot;,&quot;http_code&quot;:200},&quot;process&quot;:&quot;done&quot;}]\"><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Saint Maxime [1] naquit en 580, au sein d\u2019une illustre famille de Constantinople [2]. 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