{"id":4050,"date":"2021-05-01T13:12:45","date_gmt":"2021-05-01T11:12:45","guid":{"rendered":"http:\/\/hesychia.eu\/?p=4050"},"modified":"2021-05-01T17:19:14","modified_gmt":"2021-05-01T15:19:14","slug":"augustin-jeudi-saint-i","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/2021\/05\/01\/augustin-jeudi-saint-i\/","title":{"rendered":"Sermon du bienheureux Augustin pour le Jeudi Saint I \/ III"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><em>Avant la f\u00eate de P\u00e2que, sachant que Son heure \u00e9tait venue de passer de ce monde au P\u00e8re, J\u00e9sus, apr\u00e8s avoir aim\u00e9 les Siens qui \u00e9taient dans le monde, les aima jusqu\u2019\u00e0 la fin. Et apr\u00e8s le souper, le diable ayant d\u00e9j\u00e0 mis dans le c\u0153ur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de Le trahir, J\u00e9sus, sachant que le P\u00e8re avait remis toutes choses entre Ses mains, et qu\u2019Il \u00e9tait sorti de Dieu, et qu\u2019Il retournait \u00e0 Dieu, se leva de table et \u00f4ta Ses v\u00eatements\u2009; et ayant pris un linge, Il S\u2019en ceignit. Puis, Il versa de l\u2019eau dans un bassin, et commen\u00e7a \u00e0 laver les pieds de Ses disciples, et \u00e0 les essuyer avec le linge dont Il \u00e9tait ceint.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>L\u2019\u00c9vangile selon Saint Jean<\/em>, chap.\u00a0XIII, versets\u00a01-5<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-4060\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/paques.650px.09.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"568\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/paques.650px.09.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/paques.650px.09-211x300.jpg 211w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<!--more--><\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><strong>Cinquante-cinqui\u00e8me trait\u00e9 sur Saint Jean<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>La f\u00eate de P\u00e2ques, c\u2019est-\u00e0-dire, du passage des Isra\u00e9lites dans la terre promise, \u00e9tait l\u2019annonce et la figure du passage de J\u00e9sus-Christ de ce monde \u00e0 son P\u00e8re, de notre passage de l\u2019\u00e9tat du p\u00e9ch\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tat de la gr\u00e2ce. En cette f\u00eate, le Sauveur, qui devait donner \u00e0 ses disciples la preuve du plus sinc\u00e8re amour en mourant pour eux, se mit \u00e0 laver leurs pieds, m\u00eame ceux de Judas, continuant ainsi \u00e0 pratiquer l\u2019humilit\u00e9 manifest\u00e9e dans son Incarnation.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>I. Nous voici parvenus au r\u00e9cit que Jean nous fait de la c\u00e8ne du Seigneur. Nous devons, avec la gr\u00e2ce de Dieu, l\u2019exposer convenablement et l\u2019expliquer selon qu\u2019il nous donnera de le faire. \u00ab\u2009Avant le jour de la f\u00eate de P\u00e2ques, J\u00e9sus sachant que son heure \u00e9tait venue de passer de ce monde \u00e0 son P\u00e8re, comme il avait aim\u00e9 les siens qui \u00e9taient dans le monde, il les aima jusqu\u2019\u00e0 la fin\u2009\u00bb. Le mot P\u00e2que, mes fr\u00e8res, n\u2019est pas, comme quelques-uns le pensent, un mot grec, mais bien un mot h\u00e9breu. Cependant il se pr\u00e9sente tr\u00e8s \u00e0 propos sur ce mot une certaine concordance des deux langues. Comme souffrir, en grec, se dit <em>pasxein<\/em>, il semble que la passion est appel\u00e9e P\u00e2que, comme si ce nom indiquait les souffrances du Sauveur. Mais le mot P\u00e2que, en sa propre langue, qui est la langue h\u00e9bra\u00efque, signifie passage. C\u2019est pour cela que le peuple h\u00e9breu c\u00e9l\u00e9bra la P\u00e2que pour la premi\u00e8re fois, lorsque, s\u2019enfuyant d\u2019\u00c9gypte, il passa la mer Rouge [Exod XIV.29]. Maintenant donc cette figure proph\u00e9tique est accomplie dans la v\u00e9rit\u00e9, puisque, comme un agneau, J\u00e9sus-Christ est conduit au lieu de son immolation [Isa\u00a0LIII.7]\u2009; puisque son sang, qui teint nos portes, c\u2019est-\u00e0-dire puisque le signe de la croix, dont nos fronts sont marqu\u00e9s, nous d\u00e9livre de la corruption de ce si\u00e8cle comme en quelque sorte de la mort et de la captivit\u00e9 d\u2019\u00c9gypte [Exod XII. 23] ; nous effectuons ce passage salutaire, lorsque, de l\u2019empire du diable, nous passons \u00e0 celui de J\u00e9sus-Christ, et que, de ce monde si fragile, nous passons \u00e0 son royaume in\u00e9branlable. Nous passons vers Dieu qui demeure toujours, pour ne point passer avec le monde qui s\u2019en va. Louant Dieu de cette gr\u00e2ce qu\u2019il nous a faite, l\u2019Ap\u00f4tre dit de lui \u00ab\u2009<em>qu\u2019il nous a arrach\u00e9s de la puissance des t\u00e9n\u00e8bres et nous a transport\u00e9s dans le royaume du Fils de son amour.<\/em>\u2009\u00bb [Coloss\u00a0I.13] L\u2019\u00c9vang\u00e9liste donc, comme pour nous expliquer ce mot de P\u00e2que, qui, je l\u2019ai dit, signifie passage, commence ainsi\u00a0: \u00ab\u2009<em>Avant le jour de la f\u00eate de P\u00e2ques, J\u00e9sus sachant que son heure \u00e9tait venue de passer de ce monde \u00e0 son P\u00e8re\u2009<\/em>\u00bb. Voil\u00e0 la P\u00e2que, voil\u00e0 le passage\u00a0: le passage de quel endroit \u00e0 quel endroit\u2009? \u00ab\u2009<em>De ce monde \u00e0 son P\u00e8re<\/em>\u2009\u00bb. Et ce passage du chef donne \u00e0 ses membres une ferme esp\u00e9rance qu\u2019ils le suivront. Mais que deviendront les infid\u00e8les, et ceux qui sont s\u00e9par\u00e9s de ce chef et de son corps\u2009? Ne passeront-ils pas aussi, puisqu\u2019ils ne demeureront pas toujours \u00e0 leur place\u2009? Ils passeront assur\u00e9ment eux-m\u00eames\u2009; mais autre chose est de passer de ce monde, autre chose est de passer avec ce monde\u2009; autre chose est de passer vers le P\u00e8re, autre chose est de passer \u00e0 l\u2019ennemi. Les \u00c9gyptiens aussi ont pass\u00e9\u2009; mais s\u2019ils ont pass\u00e9 la mer, \u00e7\u2019a \u00e9t\u00e9 pour tomber dans les bras de la mort, et non pour entrer dans le royaume de Dieu.<\/p>\n<p>II. \u00ab<em>\u2009J\u00e9sus donc sachant que son heure \u00e9tait venue de passer de ce monde \u00e0 son P\u00e8re, comme il avait aim\u00e9 les siens qui \u00e9taient dans le monde, il les aima jusqu\u2019\u00e0 la fin<\/em>\u2009\u00bb. Sans doute afin qu\u2019ils fussent \u00e0 m\u00eame de passer de ce monde o\u00f9 ils se trouvaient vers leur chef qui en \u00e9tait sorti. Que veut dire, en effet, \u00ab\u2009jusqu\u2019\u00e0 la fin\u2009\u00bb, sinon jusqu\u2019\u00e0 J\u00e9sus-Christ\u2009? \u00ab\u2009<em>J\u00e9sus-Christ<\/em>\u2009\u00bb, dit l\u2019Ap\u00f4tre, \u00ab\u2009<em>est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient<\/em>\u2009\u00bb [Rom\u00a0X.4]. Il est la fin, non pas o\u00f9 finissent les choses, mais o\u00f9 elles trouvent leur perfection\u2009; la fin o\u00f9 nous devons parvenir, mais non trouver la mort. C\u2019est en ce sens qu\u2019il faut entendre ces mots\u00a0: \u00ab\u2009<em>J\u00e9sus-Christ, notre P\u00e2que, a \u00e9t\u00e9 immol\u00e9\u2009<\/em>\u00bb [I Cor. V.7]. Il est notre fin, c\u2019est \u00e0 lui que nous devons passer. Je sais bien que ces paroles de notre \u00c9vangile peuvent s\u2019entendre d\u2019une mani\u00e8re tout humaine\u2009; voici comment\u00a0: puisqu\u2019il a aim\u00e9 les siens jusqu\u2019\u00e0 la mort, on peut dire \u00ab\u2009<em>qu\u2019il les a aim\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 la fin<\/em>\u2009\u00bb. Mais c\u2019est l\u00e0 un sentiment tout humain, qui n\u2019a rien de divin. Il ne nous a pas aim\u00e9s seulement jusqu\u2019\u00e0 la mort, puisqu\u2019il nous a toujours aim\u00e9s et qu\u2019il nous aimera sans cesse. Loin de nous la pens\u00e9e que son amour ait fini par sa mort, puisqu\u2019il n\u2019a pas lui-m\u00eame fini par la mort. Le riche superbe et impie de l\u2019\u00c9vangile a aim\u00e9 ses cinq fr\u00e8res, m\u00eame apr\u00e8s sa mort [Luc\u00a0XVI.27-28]. Et J\u00e9sus-Christ ne nous aurait aim\u00e9s que jusqu\u2019\u00e0 sa mort\u2009? Dieu nous garde de le penser, mes tr\u00e8s-chers fr\u00e8res. Car il ne nous aurait pas aim\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 mourir pour nous, si son amour avait d\u00fb finir avec sa mort. On pourrait n\u00e9anmoins entendre ces paroles\u00a0: \u00ab\u2009<em>Il les a aim\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 la fin<\/em>\u2009\u00bb, en ce sens qu\u2019il les a aim\u00e9s au point de vouloir mourir pour eux. Il l\u2019a t\u00e9moign\u00e9 lui-m\u00eame en disant\u00a0: \u00ab\u2009<em>Personne ne \u00ab\u2009peut montrer un plus grand amour qu\u2019en donnant sa vie pour ses amis\u2009<\/em>\u00bb [Jean\u00a0XV.13]. C\u2019est pourquoi je n\u2019improuve pas ceux qui veulent que ces paroles\u00a0: \u00ab\u2009<em>Il les aima jusqu\u2019\u00e0 la fin<\/em>\u2009\u00bb, signifient que son amour l\u2019a conduit jusqu\u2019\u00e0 mourir pour eux.<\/p>\n<p>III. \u00ab\u2009<em>Et apr\u00e8s que le souper fut fait, le diable ayant d\u00e9j\u00e0 mis dans le tueur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le livrer, J\u00e9sus sachant que le P\u00e8re lui avait donn\u00e9 toutes choses entre les mains, et qu\u2019il \u00e9tait sorti de Dieu, et qu\u2019il retournait \u00e0 Dieu, se l\u00e8ve du souper, quitte ses v\u00eatements, et, ayant pris un linge, il s\u2019en ceignit. Ensuite il versa de l\u2019eau dans un bassin et commen\u00e7a \u00e0 laver les pieds de ses disciples et \u00e0 les essuyer avec le linge dont il \u00e9tait ceint\u2009<\/em>\u00bb. Par ces mots, apr\u00e8s que le souper fut fait, nous ne devons pas entendre que le souper \u00e9tait termin\u00e9 et achev\u00e9\u2009; car on \u00e9tait encore \u00e0 table lorsque Notre-Seigneur se leva et lava les pieds de ses disciples. Apr\u00e8s cela, en effet, il se remit \u00e0 table, et c\u2019est alors qu\u2019il donna le morceau de pain \u00e0 celui qui devait le trahir. Le repas n\u2019\u00e9tait donc pas fini, puisqu\u2019il y avait encore du pain sur la table. Ainsi donc, apr\u00e8s le souper veut dire apr\u00e8s que le souper fut pr\u00e9par\u00e9 et servi sur la table pr\u00eat \u00e0 \u00eatre mang\u00e9.<\/p>\n<p>IV. Quant \u00e0 ce qu\u2019il est dit \u00ab\u2009<em>que le diable avait d\u00e9j\u00e0 mis dans le c\u0153ur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le trahir<\/em>\u2009\u00bb, si vous demandez ce qui fut mis dans le c\u0153ur de Judas, \u00e9videmment ce fut le \u00ab\u2009<em>dessein de le trahir\u2009<\/em>\u00bb. Cette transmission d\u2019un pareil dessein est une suggestion toute spirituelle elle ne se fait point par les oreilles, mais par la pens\u00e9e\u2009; le corps n\u2019y a aucune part, tout se passe dans l\u2019esprit. Car tout ce qui est appel\u00e9 spirituel ne doit pas toujours \u00eatre pris en bonne part. L\u2019Ap\u00f4tre parle des esprits de malice r\u00e9pandus dans l\u2019air, et contre lesquels il assure que nous avons \u00e0 lutter. Or, il n\u2019y aurait point de m\u00e9chancet\u00e9s spirituelles [Eph\u00e9s. VI.12], s\u2019il n\u2019y avait aussi des esprits m\u00e9chants\u2009; car le mot spirituel vient de celui d\u2019esprit. Mais comment se fait-il que les suggestions du diable se glissent dans la pens\u00e9e humaine et se m\u00ealent de telle sorte \u00e0 cette pens\u00e9e que l\u2019homme les regarde comme ses propres pens\u00e9es \u00e0 lui\u2009? Qui peut le savoir\u2009? Nous ne pouvons douter non plus que les bonnes pens\u00e9es ne viennent de m\u00eame sorte du bon esprit et secr\u00e8tement et spirituellement. Ce qui nous importe, c\u2019est de savoir auxquelles de ces pens\u00e9es l\u2019\u00e2me humaine consent, si c\u2019est aux mauvaises, quand elle est priv\u00e9e du secours de Dieu parce qu\u2019elle l\u2019a m\u00e9rit\u00e9, ou aux bonnes, quand elle est aid\u00e9e par la gr\u00e2ce. D\u00e9j\u00e0 donc le diable avait fait na\u00eetre dans le c\u0153ur de Judas le dessein de trahir son ma\u00eetre, que cependant il n\u2019avait pas encore reconnu pour son Dieu. Il \u00e9tait venu au repas pour espionner son Pasteur, tendre des pi\u00e8ges \u00e0 son Sauveur et vendre son R\u00e9dempteur. Tel il \u00e9tait venu, J\u00e9sus le voyait et le supportait\u00a0: pour lui, il croyait n\u2019\u00eatre pas connu et il se trompait sur le compte de celui qu\u2019il voulait tromper. Mais J\u00e9sus, voyant ce qui se passait dans son c\u0153ur, le faisait sciemment servir, \u00e0 son insu, \u00e0 l\u2019accomplissement de ses desseins.<\/p>\n<p>V. \u00ab\u2009<em>Sachant que le P\u00e8re lui avait mis toutes choses entre les mains<\/em>\u2009\u00bb\u2009; par cons\u00e9quent aussi celui qui le trahissait\u2009; car s\u2019il ne l\u2019avait pas eu entre les mains, il ne s\u2019en serait pas servi comme il le voulait. Le tra\u00eetre se trouvait donc en la puissance de Celui qu\u2019il voulait livrer, et du mal qu\u2019il faisait en le livrant devait r\u00e9sulter un bien qu\u2019il ne soup\u00e7onnait pas. Car Notre-Seigneur savait ce qu\u2019il faisait pour ses amis, en souffrant avec tant de patience ce que lui faisaient ses ennemis. Et c\u2019est ainsi que le P\u00e8re lui avait tout remis entre les mains\u00a0: les maux, pour en user\u2009; les biens, pour les produire. \u00ab\u2009<em>Il savait aussi qu\u2019il \u00e9tait sorti de Dieu et qu\u2019il retournait \u00e0 Dieu<\/em>\u2009\u00bb\u2009; sans cependant avoir quitt\u00e9 Dieu quand il venait \u00e0 nous, et sans nous abandonner\u2009; quand il retournait \u00e0 lui.<\/p>\n<p>VI. J\u00e9sus sachant cela \u00ab\u2009<em>se l\u00e8ve de table et quitte ses v\u00eatements, et ayant pris un linge, il s\u2019en ceignit. Ensuite il met de l\u2019eau dans un bassin et commence \u00e0 laver les pieds de ses disciples et \u00e0 les essuyer avec le linge dont il \u00e9tait ceint\u2009<\/em>\u00bb. Nous devons, mes tr\u00e8s chers fr\u00e8res, remarquer avec soin l\u2019intention qu\u2019a eue l\u2019\u00c9vang\u00e9liste en nous parlant de cet acte d\u2019humilit\u00e9 si grande de Notre-Seigneur\u2009; il a commenc\u00e9 par nous donner une haute id\u00e9e de sa grandeur\u2009; c\u2019est dans ce dessein qu\u2019il a dit\u00a0: \u00ab\u2009<em>Il savait que le P\u00e8re lui a donn\u00e9 toutes choses entre les mains, et qu\u2019il \u00e9tait sorti de Dieu et qu\u2019il retournait \u00e0 Dieu<\/em>\u2009\u00bb. Celui donc \u00e0 qui le P\u00e8re a remis toutes choses entre les mains, lave, non les mains, mais les pieds de ses disciples, et lui qui savait \u00eatre sorti de Dieu et retourner \u00e0 Dieu, il remplit l\u2019office, non d\u2019un Seigneur Dieu, mais d\u2019un homme esclave. Et si l\u2019\u00c9vang\u00e9liste a parl\u00e9 d\u2019un tra\u00eetre qui \u00e9tait venu dans la pens\u00e9e de le livrer, mais que le Sauveur connaissait bien pour tel, c\u2019est pour nous montrer le comble de l\u2019humilit\u00e9 o\u00f9 il est descendu, en ne d\u00e9daignant pas de laver les pieds de celui dont il pr\u00e9voyait que les mains allaient se souiller d\u2019un pareil crime.<\/p>\n<p>VII. Est-il \u00e9tonnant que celui qui, ayant la forme de Dieu, s\u2019est an\u00e9anti lui-m\u00eame, se soit lev\u00e9 de table et d\u00e9pouill\u00e9 de ses v\u00eatements\u2009? Y a-t-il rien d\u2019\u00e9tonnant \u00e0 ce qu\u2019il se soit ceint d\u2019un linge, celui qui, prenant la forme d\u2019esclave, a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 semblable \u00e0 un homme [Philipp. II.6-7]\u2009? Est-il \u00e9tonnant qu\u2019il ait mis de l\u2019eau dans un bassin, pour laver les pieds de ses disciples, lui qui a r\u00e9pandu son sang sur la terre, pour effacer la souillure des p\u00e9ch\u00e9s\u2009? Qu\u2019y a-t-il d\u2019\u00e9tonnant \u00e0 ce qu\u2019avec le linge dont il \u00e9tait ceint, il ait essuy\u00e9 les pieds qu\u2019il venait de laver, lui qui, dans la chair dont il \u00e9tait rev\u00eatu, a confirm\u00e9 tous les dires des \u00e9vang\u00e9listes\u2009? Il est vrai que, pour se ceindre d\u2019un linge, il quitta les v\u00eatements qu\u2019il avait, tandis que pour prendre la forme d\u2019esclave au moment o\u00f9 il s\u2019an\u00e9antit lui-m\u00eame, il ne quitta pas ce qu\u2019il avait, mais il prit ce qu\u2019il n\u2019avait pas. Pour \u00eatre crucifi\u00e9, il fut d\u00e9pouill\u00e9 de ses v\u00eatements, et quand il fut mort on l\u2019enveloppa dans un linceul. Et toute sa passion a servi \u00e0 nous purifier. Avant donc de souffrir les derniers tourments, il a voulu s\u2019abaisser, non-seulement devant ceux pour qui il allait subir la mort, mais encore devant celui qui devait le livrer \u00e0 la mort. L\u2019humilit\u00e9 est d\u2019une importance si grande pour l\u2019homme, que Dieu dans sa grandeur a voulu lui en laisser un exemple complet\u2009; car l\u2019homme aurait p\u00e9ri \u00e0 jamais victime de son orgueil, si Dieu ne l\u2019avait sauv\u00e9 par son humilit\u00e9. Le Fils de l\u2019Homme est venu chercher et sauver ce qui \u00e9tait perdu [Luc XIX.10]. Or, l\u2019homme s\u2019\u00e9tait perdu en imitant l\u2019orgueil de son s\u00e9ducteur\u2009; puisqu\u2019il est retrouv\u00e9, qu\u2019il imite l\u2019humilit\u00e9 de son R\u00e9dempteur.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4062\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/paques.650px.11.jpg\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"819\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/paques.650px.11.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/paques.650px.11-238x300.jpg 238w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><em>\u0152uvres compl\u00e8tes de Saint Augustin<\/em> traduites pour la premi\u00e8re fois en fran\u00e7ais sous la direction de M. Poujoulat et de M. l\u2019abb\u00e9 Raulx, Bar-Le-Duc 1864, tome X, pp.\u00a0693-696<\/h4>\n<h5 style=\"text-align: center;\">Texte disponible \u00e9galement en format num\u00e9rique [<a href=\"https:\/\/www.bibliotheque-monastique.ch\/bibliotheque\/bibliotheque\/saints\/augustin\/jean\/tr51-60\/tr55.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">html<\/a>] sur le site de la Biblioth\u00e8que virtuelle de l\u2019Abbaye Saint-Beno\u00eet<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"vlp-link-container vlp-layout-basic\"><a href=\"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/la-semaine-sainte\/\" class=\"vlp-link\" title=\"La Semaine Sainte\"><\/a><div class=\"vlp-layout-zone-side\"><div class=\"vlp-block-2 vlp-link-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"max-width: 150px;\" width=\"150\" height=\"178\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/epoux.650px.01.jpg\" class=\"attachment-150x999 size-150x999\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/epoux.650px.01.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/epoux.650px.01-253x300.jpg 253w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/div><\/div><div class=\"vlp-layout-zone-main\"><div class=\"vlp-block-0 vlp-link-title\">La Semaine Sainte<\/div><div class=\"vlp-block-1 vlp-link-summary\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/div><\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<span hidden class=\"__iawmlf-post-loop-links\" data-iawmlf-links=\"[{&quot;id&quot;:612,&quot;href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/www.bibliotheque-monastique.ch\\\/bibliotheque\\\/bibliotheque\\\/saints\\\/augustin\\\/jean\\\/tr51-60\\\/tr55.htm&quot;,&quot;archived_href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/web-wp.archive.org\\\/web\\\/20240521111757\\\/https:\\\/\\\/www.bibliotheque-monastique.ch\\\/bibliotheque\\\/bibliotheque\\\/saints\\\/augustin\\\/jean\\\/tr51-60\\\/tr55.htm&quot;,&quot;redirect_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;checks&quot;:[{&quot;date&quot;:&quot;2026-03-27 21:42:32&quot;,&quot;http_code&quot;:206}],&quot;broken&quot;:false,&quot;last_checked&quot;:{&quot;date&quot;:&quot;2026-03-27 21:42:32&quot;,&quot;http_code&quot;:206},&quot;process&quot;:&quot;done&quot;}]\"><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avant la f\u00eate de P\u00e2que, sachant que Son heure \u00e9tait venue de passer de ce monde au P\u00e8re, J\u00e9sus,&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4061,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[203,202,2,103,397],"tags":[400,399],"class_list":["post-4050","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-peres","category-luminaires","category-orthodoxie","category-saints-de-loccident","category-semaine-sainte","tag-bienheureux-augustin","tag-semaine-sainte"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4050","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4050"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4050\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4097,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4050\/revisions\/4097"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4061"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4050"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4050"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4050"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}