{"id":3858,"date":"2021-04-16T11:01:37","date_gmt":"2021-04-16T09:01:37","guid":{"rendered":"http:\/\/hesychia.eu\/?p=3858"},"modified":"2021-04-16T11:15:45","modified_gmt":"2021-04-16T09:15:45","slug":"adversites-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/2021\/04\/16\/adversites-2\/","title":{"rendered":"Saint Jean Chrysostome &#8211; \u00c0 ceux qui se scandalisent des adversit\u00e9s II\/IV"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">7\u00b0 D\u00e9monstration de la divine Providence, tir\u00e9e du spectacle de la cr\u00e9ation<\/h3>\n<p>Cette premi\u00e8re d\u00e9monstration suffit, je le r\u00e9p\u00e8te, \u00e0 ceux qui ont l\u2019esprit droit\u2009; mais, puisqu\u2019il y a de ces hommes de boue qui r\u00e9sistent, qui ne se laissent pas persuader, qui n\u2019\u00e9coutent que la chair, je vais, autant qu\u2019il me sera possible de le faire, leur d\u00e9montrer la divine Providence par le spectacle de la cr\u00e9ation.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3855\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.940px.01.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"242\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.940px.01.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.940px.01-300x77.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.940px.01-768x198.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<!--more--><br \/>\nIl ne serait pas facile de leur faire voir toute la grandeur de cette providence, ni m\u00eame de la leur expliquer enti\u00e8rement sous le moindre de ses aspects, tant elle est infinie et ineffable, tant elle \u00e9clate dans les plus petites comme dans les plus grandes choses, soit visibles, soit invisibles\u2009! Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 celles qui sont visibles que nous emprunterons nos preuves. O homme, cet univers si admirable, si harmonieux, le Seigneur ne l\u2019a fait pour aucun autre que pour toi\u2009! ce monde si beau, si grand, si vari\u00e9, si riche, si plein de ressources, ce monde, dont chaque partie a son utilit\u00e9, soit pour nourrir et r\u00e9parer le corps, soit pour instruire l\u2019\u00e2me et la conduire \u00e0 la connaissance de Dieu, c\u2019est pour toi qu\u2019il l\u2019a cr\u00e9\u00e9. Les anges n\u2019en avaient pas besoin, car ils existaient avant qu\u2019il f\u00fbt sorti du n\u00e9ant\u00a0: \u00e9coute en effet comment Dieu nous montre qu\u2019ils ont re\u00e7u l\u2019\u00eatre longtemps avant la naissance du monde. Il dit \u00e0 Job\u00a0: <em>Lorsque les \u00e9toiles furent cr\u00e9\u00e9es, les anges m\u2019exalt\u00e8rent et c\u00e9l\u00e9br\u00e8rent hautement mes louanges<\/em>. (Job, XXXVIII, 7.) C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils furent \u00e9tonn\u00e9s de la grandeur de ces \u00e9toiles, de leur beaut\u00e9, de leur position, de leur utilit\u00e9, de leur vari\u00e9t\u00e9, de leur \u00e9clat, de leur splendeur, de leur harmonie, et de tous leurs autres m\u00e9rites qu\u2019ils peuvent appr\u00e9cier beaucoup mieux que nous. Mais le Cr\u00e9ateur n\u2019a pas d\u00e9cor\u00e9 le ciel d\u2019\u00e9toiles seulement, il l\u2019a encore orn\u00e9 du soleil et de la lune, pour nous charmer et le jour et la nuit, et nous faire retirer de l\u2019un et de l\u2019autre de ces astres d\u2019immenses avantages.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>Utilit\u00e9 des \u00e9toiles qui nous guident du haut du ciel<\/em><\/h3>\n<p>Qu\u2019y a-t-il de plus beau que le ciel qui tant\u00f4t brille de l\u2019\u00e9clat du soleil ou de la lune, tant\u00f4t, comme s\u2019il dardait sur nous ses yeux, \u00e9claire la terre d\u2019un nombre infini d\u2019\u00e9toiles et fournit aux matelots et aux voyageurs des signes qui leur montrent leur chemin\u2009? Voyez le pilote qui fend les mers, assis au gouvernail, pendant que les flots sont furieux, que les ondes d\u00e9cha\u00een\u00e9es s\u2019\u00e9lancent sur son navire, que les vents soufflent avec violence et que la nuit t\u00e9n\u00e9breuse est sans lune\u2009; il se confie au ciel qui le guide, et l\u2019\u00e9toile, qui, perdue dans les hauteurs, est si \u00e9loign\u00e9e de lui, le conduit avec autant de s\u00fbret\u00e9 que si elle \u00e9tait pr\u00e8s du vaisseau\u2009; elle le conduit au port sans parler\u2009; son seul aspect indique \u00e0 l\u2019\u0153il la voie qu\u2019il faut suivre\u2009; c\u2019est \u00e0 elle que les navigateurs doivent de fendre les mers sans p\u00e9ril\u2009; car c\u2019est elle qui leur indique les saisons, pour que tant\u00f4t ils retiennent le navire au port, que tant\u00f4t ils le lancent avec confiance au sein des flots, et que, par ignorance de l\u2019avenir, ils n\u2019aillent pas affronter imprudemment la temp\u00eate et le naufrage. Les \u00e9toiles ne nous indiquent pas seulement la mesure des ann\u00e9es et l\u2019indication des saisons, elles marquent aussi avec beaucoup d\u2019exactitude l\u2019heure et la marche de chaque nuit, elles font conna\u00eetre si elle a d\u00e9pass\u00e9, si elle n\u2019a pas atteint la moiti\u00e9 de sa carri\u00e8re, et r\u00e9ciproquement\u2009; et cela n\u2019est pas utile aux seuls navigateurs, mais m\u00eame aux voyageurs, pour qu\u2019ils ne se mettent pas en chemin pendant la nuit en temps inopportun, ou qu\u2019ils ne continuent pas \u00e0 se reposer lorsqu\u2019est arriv\u00e9e l\u2019heure de marcher. L\u2019observation de la lune vient en aide \u00e0 celle des \u00e9toiles pour nous renseigner exactement sur ces choses\u2009; car de m\u00eame que le soleil r\u00e8gle les heures du jour, la lune r\u00e8gle celles de la nuit. Mais elle nous rend beaucoup d\u2019autres services\u2009; elle donne \u00e0 l\u2019air une douce temp\u00e9rature, elle engendre la ros\u00e9e qui fait germer les semences, et elle est d\u2019un grand secours pour fortifier l\u2019homme. Elle tient le milieu entre le ch\u0153ur des \u00e9toiles et l\u2019\u00e9clat du soleil, plus petite que celui-ci, plus bienfaisante et beaucoup plus grande que celles-l\u00e0. Cette vari\u00e9t\u00e9 est tout \u00e0 la fois pour nous un grand charme et un grand avantage\u2009; car quelle grande utilit\u00e9 ne retirons-nous pas des saisons et des heures, des dimensions des astres, de leur grandeur ou de leur petitesse, et de leur infinie vari\u00e9t\u00e9. L\u2019un est plus petit, l\u2019autre plus grand et plus \u00e9clatant, et plusieurs brillent dans toutes les saisons. En effet, l\u2019incomparable sagesse de Dieu montre partout dans ses \u0153uvres une vari\u00e9t\u00e9 \u00e9tonnante, et en m\u00eame temps qu\u2019elle donne une preuve de sa miraculeuse puissance, elle veille \u00e0 l\u2019utilit\u00e9 de ce qu\u2019elle offre \u00e0 nos yeux, nous fournit des ressources immenses, indicibles, et, avec tout cela, de grands agr\u00e9ments.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>Beaut\u00e9 du soleil et son utilit\u00e9<\/em><\/h3>\n<p>Y a-t-il rien de plus agr\u00e9able que le ciel, qui, tant\u00f4t s\u2019\u00e9tend sur nos t\u00eates comme un pavillon sans tache et resplendissant, tant\u00f4t ressemble \u00e0 une prairie \u00e9maill\u00e9e de fleurs, et nous montre sa couronne d\u2019\u00e9toiles\u2009? Non, il n\u2019est pas aussi doux de voir une oasis dans le d\u00e9sert, qu\u2019il n\u2019est doux, qu\u2019il n\u2019est agr\u00e9able de voir pendant la nuit le ciel partout couronn\u00e9 de mille \u00e9toiles comme de mille fleurs, et de fleurs qui ne se fl\u00e9trissent jamais, de fleurs qui ont toujours toute leur beaut\u00e9\u2009? Y a-t-il rien de plus agr\u00e9able que ce m\u00eame ciel, lorsque, la nuit \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 sur son d\u00e9clin et le soleil ne se levant pas encore, il se couvre d\u2019un voile de pourpre et rougit \u00e0 l\u2019approche de l\u2019astre du jour\u2009? Y a-t-il un spectacle plus beau que celui que nous offre le soleil, lorsque, chassant l\u2019aurore, en un instant il disperse au loin ses rayons et en \u00e9claire toute la terre, toute la mer, toutes les montagnes, les vallons\u2009; les collines, et tout le ciel\u2009; lorsqu\u2019il d\u00e9pouille tous les objets du voile dont les couvrait la nuit, et qu\u2019il les montre nus \u00e0 nos yeux\u2009? Comment pourrait-on assez admirer sa r\u00e9volution, la r\u00e9gularit\u00e9 de sa course, sa fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 nous servir qui a persist\u00e9 inalt\u00e9rable \u00e0 travers tant de si\u00e8cles, sa beaut\u00e9 \u00e9ternellement florissante, sa splendeur, son pur \u00e9clat que le contact de tant de corps ne saurait jamais ternir\u2009? Ajout\u00e9 \u00e0 cela qu\u2019il est utile au del\u00e0 de toute expression aux semences, aux plantes, aux hommes, aux quadrup\u00e8des, aux poissons, aux oiseaux, aux pierres, aux herbes, \u00e0 la terre, \u00e0 la mer, \u00e0 l\u2019air, en un mot \u00e0 tout ce qui existe. Car tout a besoin\u2009; tout tire profit de son influence\u00a0: tout ce qui la sent, s\u2019am\u00e9liore, non seulement les animaux ou les plantes, mais les eaux, les marais, les sources, les fleuves et l\u2019air lui-m\u00eame, qu\u2019elle rend plus l\u00e9ger, plus pur et plus clair. C\u2019est pourquoi, voulant exprimer sa beaut\u00e9, son \u00e9ternel \u00e9clat, sa splendeur inalt\u00e9rable, sa magnificence, la perfection de sa forme, la continuit\u00e9 de ses services, le Psalmiste dit\u00a0: <em>Le Seigneur a pos\u00e9 dans le soleil son pavillon<\/em>. (Ps. XVIII, 6.) C\u2019est-\u00e0-dire dans les cieux, car c\u2019est l\u00e0 ce que le proph\u00e8te entend par ces mots\u00a0: Le pavillon du Seigneur. Et il est semblable \u00e0 un \u00e9poux qui sort de sa chambre nuptiale. Ensuite pour indiquer avec quelle facilit\u00e9 il accomplit sa fonction\u00a0: Il est plein d\u2019ardeur, pour courir comme un g\u00e9ant dans sa carri\u00e8re\u2009; pour enseigner qu\u2019il suffit seul \u00e0 toute la terre\u00a0: <em>Son d\u00e9part est de l\u2019une des extr\u00e9mit\u00e9s du ciel, et il arrive \u00e0 l\u2019autre extr\u00e9mit\u00e9 du ciel<\/em> (Ibid.) pour montrer qu\u2019il est utile et bienfaisant pour tous les hommes\u00a0<em>: Et il n\u2019y a personne qui puisse se soustraire \u00e0 sa chaleur<\/em>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>Utilit\u00e9 de chacune des diff\u00e9rentes parties de la cr\u00e9ation<\/em><\/h3>\n<p>Nous pourrions encore, si tu n\u2019\u00e9tais pas fatigu\u00e9, examiner d\u2019autres preuves de la Providence divine\u00a0: elles nous seraient fournies par les nuages, par les saisons, par les solstices, par les vents, par la mer et par les diverses esp\u00e8ces d\u2019\u00eatres qu\u2019elle nourrit\u2009; par la terre, par ses quadrup\u00e8des et par ses reptiles\u2009; par les oiseaux qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent dans les airs, par ceux qui restent sur le sol\u2009; par les amphibies qui vivent dans les marais, dans les sources, dans les fleuves, par les contr\u00e9es ou habit\u00e9es ou inhabit\u00e9es\u2009; par les semences, par les arbres, par les herbes, par les plantes qui poussent soit dans les lieux sauvages, soit dans les terres cultiv\u00e9es, qui germent dans les plaines et dans les vall\u00e9es, sur les montagnes et sur les collines, qui naissent. d\u2019elles-m\u00eames ou qui ont besoin de soins et de culture\u2009; par les animaux apprivois\u00e9s ou farouches, sauvages ou dociles, petits ou grands\u2009; par les oiseaux, les quadrup\u00e8des, les poissons, les plantes et les herbes qui paraissent en hiver, en \u00e9t\u00e9, en automne\u2009; par les ph\u00e9nom\u00e8nes de la nuit ou du jour\u2009; par les pluies, par la dur\u00e9e de l\u2019ann\u00e9e, par la mort, par la vie, par les souffrances auxquelles nous sommes condamn\u00e9s, par la tristesse, par la joie, par les aliments qui nous ont \u00e9t\u00e9 accord\u00e9s\u2009; par les m\u00e9tiers, par les lois\u2009; par les pierres, par les mines renferm\u00e9es dans le sein des montagnes\u2009; par la mer, soit qu\u2019elle se pr\u00eate, soit qu\u2019elle se refuse \u00e0 la navigation\u2009; par les \u00eeles, par les ports, par les rivages, par la surface des ondes, par la profondeur\u00a0: des flots\u2009; par la nature des \u00e9l\u00e9ments dont, le monde est form\u00e9, par l\u2019ordre des saisons, par la longueur in\u00e9gale des jours et des nuits\u2009; par la maladie et la sant\u00e9, par les membres du corps, par la constitution de l\u2019\u00e2me\u2009; par les arts et par la sagesse qu\u2019ils r\u00e9v\u00e8lent dans le genre humain\u2009; par l\u2019utilit\u00e9 dont nous sont les b\u00eates, les plantes et toutes les autres cr\u00e9atures qui nous servent en esclaves\u2009; enfin par les plus petits et les plus vils animaux. Y a-t-il, en effet, rien de plus petit et de plus informe qu\u2019une abeille\u2009? rien de plus vil que les fourmis et les cigales\u2009? Et pourtant ces animaux t\u00e9moignent d\u2019une voix \u00e9clatante en faveur de la providence, de la puissance, de la sagesse de Dieu. C\u2019est pourquoi le proph\u00e8te David, qui m\u00e9rita d\u2019\u00eatre si grandement inspir\u00e9 de l\u2019Esprit-Saint, comme il parcourait les \u0153uvres de la cr\u00e9ation et qu\u2019il en avait nomm\u00e9 quelques-unes, fait retentir, frapp\u00e9 d\u2019\u00e9tonnement, cette admirable parole\u00a0: <em>Que tes ouvrages sont pleins de magnificence, \u00f4, Seigneur\u2009! tu les as tous faits dans ta sagesse<\/em>. (Ps. CIII, 24.) Et tout cela, \u00f4 homme, a \u00e9t\u00e9 fait pour toi\u2009! Pour toi ont \u00e9t\u00e9 faits les vents eux-m\u00eames (car je me reporte au d\u00e9but de mon \u00e9num\u00e9ration)\u2009; ils ont \u00e9t\u00e9 faits pour souffler sur les corps fatigu\u00e9s, pour chasser la boue et la poussi\u00e8re, pour nous d\u00e9livrer du malaise que nous causent la fum\u00e9e, les fourneaux et toutes les exhalaisons malsaines, pour temp\u00e9rer l\u2019ardeur du soleil, pour rendre la chaleur plus supportable\u2009; pour nourrir les semences, pour faire cro\u00eetre les plantes, pour t\u2019accompagner sur la mer, pour servir au travail des champs sur la terre\u2009; car tandis que l\u00e0 ils poussent ton vaisseau avec plus de rapidit\u00e9 que la fl\u00e8che, et te donnent ainsi une travers\u00e9e facile et favorable, ici ils l\u2019aident \u00e0 nettoyer l\u2019aire, \u00e0 s\u00e9parer la paille du grain, et ils all\u00e8gent tes p\u00e9nibles labeurs. Ils sont faits pour te rendre l\u2019air doux et l\u00e9ger, pour te charmer diversement, tant\u00f4t en produisant un faible et agr\u00e9able murmure, tant\u00f4t en effleurant mollement les herbes, en agitant le feuillage des arbres\u2009; pour te procurer au printemps et en \u00e9t\u00e9 un sommeil plus d\u00e9licieux et plus doux que le miel\u2009; pour rider le dos de la mer et la surface des fleuves comme ils agitent le feuillage des arbres. Ils soul\u00e8vent les flots dans les airs, et te procurent ainsi tout \u00e0 la fois un beau spectacle et un grand avantage. En effet, ils sont d\u2019une grande utilit\u00e9 pour les eaux, en ne leur permettant pas de croupir toujours et par suite de se corrompre\u2009; en les agitant, en soufflant sans cesse sur elles, ils les renouvellent, les vivifient et les font plus propres \u00e0 nourrir les poissons qui nagent dans leur sein.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>De l&rsquo;utilit\u00e9 des vents et de la nuit en particulier<\/em><\/h3>\n<p>Il n\u2019y a pas jusqu\u2019\u00e0 la nuit, qui, si tu veux l\u2019observer, n\u2019atteste la providence infinie de Dieu\u2009; car elle met fin aux fatigues du corps, elle rel\u00e2che et d\u00e9tend les membres, qu\u2019ont tenus en contention les travaux du jour\u2009; elle les ranime par son retour, et son repos leur rend une nouvelle vigueur. Mais ce n\u2019est pas tout\u00a0: elle all\u00e8ge le poids des chagrins du jour et nous d\u00e9livre des soucis importuns\u2009; souvent m\u00eame elle \u00e9teint la fi\u00e8vre du malade, en lui amenant un sommeil qui le gu\u00e9rit, conduit \u00e0 bon port l\u2019art h\u00e9sitant du m\u00e9decin, et le d\u00e9charge de beaucoup de soins. Telle est son utilit\u00e9, telle est la grandeur de ses services, que souvent la journ\u00e9e elle-m\u00eame est perdue pour ceux qui ont \u00e9t\u00e9 priv\u00e9s de repos pendant que son voile couvrait le ciel. Supprimez par la pens\u00e9e cette tranquillit\u00e9, ce repos, ce d\u00e9lassement de la nuit, qui raniment tout, et l\u2019\u00e2me fatigu\u00e9e, et le corps \u00e9puis\u00e9, et qui nous permettent de reprendre les travaux du jour avec les meilleures dispositions, et vous verrez que d\u00e8s lors nous ne pouvons plus rien. Que si la nuit, comme le jour, nous restons \u00e9veill\u00e9s \u00e0 travailler ou m\u00eame \u00e0 ne rien faire, et que nous continuions ainsi pendant quelque temps, nous mourrions bient\u00f4t\u2009; sinon, frapp\u00e9s d\u2019une maladie de longue dur\u00e9e, nous ne retirerions aucun avantage des jours pour les travaux qui nous seraient utiles, tant nos forces seraient \u00e9puis\u00e9es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>De diverses esp\u00e8ces de poissons et d&rsquo;animaux farouches<\/em><\/h3>\n<p>Si nous arr\u00eations notre discours sur le peuple innombrable des poissons qui vivent dans les \u00e9tangs, dans les sources, dans les mers ou navigables ou innavigables, ou sur les races infinies d\u2019oiseaux qui volent dans les airs, qui se tiennent sur le sol, qui vivent \u00e9galement sur la terre et dans l\u2019eau (car plusieurs d\u2019entre eux ont cette double vie), qui sont doux ou farouches, qui, farouches de leur nature, se laissent ou ne se laissent pas apprivoiser, qui peuvent \u00eatre mang\u00e9s ou qui ne peuvent pas l\u2019\u00eatre\u2009; si nous examinions la beaut\u00e9, le plumage, la voix de chacun d\u2019eux\u2009; si seulement nous recherchions quelles diff\u00e9rences ils nous offrent pour le chant, pour la nourriture, pour le genre de vie, quelles sont leurs habitudes et leurs m\u0153urs\u2009; si nous passions en revue tous les avantages que nous en retirons, tous les services qu\u2019ils nous rendent\u2009; si nous parlions de leur grandeur et de leur petitesse, de leur naissance, de leur croissance, et de la grande, de l\u2019immense vari\u00e9t\u00e9 qu\u2019on trouve en eux\u2009; si nous entrions dans les m\u00eames d\u00e9tails sur les poissons\u2009; si, de l\u00e0, nous arrivions aux plantes qui poussent par toute la terre, et aux fruits que porte chacune d\u2019elles\u2009; si nous examinions leurs usages, leurs parfums, leur position, leurs feuilles, leurs couleurs, leur forme, leur grandeur ou leur petitesse, leur utilit\u00e9, la mani\u00e8re dont leurs vertus op\u00e8rent, la diff\u00e9rence de leurs \u00e9corces, de leurs troncs, de leurs rameaux\u2009; si nous regardions les prairies et les jardins\u2009; si nous parlions ensuite des divers aromates, de tous les lieux qui les produisent, et de la fa\u00e7on dont nous les avons trouv\u00e9s, dont nous en prenons soin, dont nous nous en servons dans les maladies\u2009; si, apr\u00e8s tout cela, nous parcourions les montagnes, qui sont si nombreuses et si riches en m\u00e9taux, et que nous portions notre investigation sur toutes les autres choses bien plus nombreuses encore qu\u2019on voit dans la nature, quel discours serait le n\u00f4tre, quel espace de temps suffirait pour approfondir un si vaste sujet\u2009! Et tout cela, \u00f4 homme\u2009! a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 pour toi. Pour toi, ont \u00e9t\u00e9 invent\u00e9s les arts et les m\u00e9tiers\u2009; pour toi ont \u00e9t\u00e9 fond\u00e9s les villes et les bourgs\u2009; pour toi, a \u00e9t\u00e9 fait le sommeil\u2009; pour toi, la mort\u2009; pour toi, la vie et la croissance\u2009; pour toi, les \u0153uvres admirables de la nature\u2009; pour toi, le monde tel que tu le vois aujourd\u2019hui, pour toi encore, le monde avec les nouvelles perfections qu\u2019il recevra\u00a0: car il recevra de nouvelles perfections, et cela, pour toi. C\u2019est ce que t\u2019apprend l\u2019ap\u00f4tre Paul\u2009; \u00e9coute-le\u00a0:<em> La cr\u00e9ature sera d\u00e9livr\u00e9e elle-m\u00eame de l\u2019esclavage de la corruption <\/em>(Rom. VIII, 21), c\u2019est-\u00e0-dire\u00a0: elle ne sera plus assujettie \u00e0 \u00eatre corrompue. Et, comme il veut montrer que c\u2019est pour toi qu\u2019elle recevra une faveur si grande, il ajoute\u00a0: <em>Pour la glorieuse libert\u00e9 des enfants de Dieu<\/em>.<\/p>\n<p>Si je ne craignais de rendre ce discours trop long et de d\u00e9passer toute mesure, j\u2019aurais parl\u00e9 longuement de la mort, et j\u2019aurais montr\u00e9 qu\u2019elle est une tr\u00e8s grande preuve de la sagesse et de la providence de Dieu\u2009; je me serais \u00e9tendu sur cette corruption, sur cette pourriture, sur ces vers, sur cette cendre du tombeau, qui arrachent le plus de plaintes et de g\u00e9missements \u00e0 la plupart des hommes\u00a0: car ils ne peuvent se r\u00e9signer \u00e0 la pens\u00e9e que nos corps deviendront cendre et poussi\u00e8re et seront la p\u00e2ture des vers. J\u2019aurais tir\u00e9 de l\u00e0 une d\u00e9monstration de la providence et de la sagesse de Dieu. En effet, elle vient de la m\u00eame providence, de la m\u00eame bont\u00e9 qui nous a tir\u00e9s du n\u00e9ant lorsque nous n\u2019\u00e9tions pas encore, cette loi qui nous ordonne de mourir et de quitter la terre. Bien que la vie et la mort diff\u00e8rent, elles sont pourtant toutes deux l\u2019\u0153uvre de la m\u00eame bont\u00e9\u2009; car, pour celui qui quitte la vie, la mort n\u2019est pas un mal, et pour celui qui vit encore, elle est un tr\u00e8s grand bien. Le vivant tire profit pour lui-m\u00eame du cadavre des autres\u00a0: lorsqu\u2019il voit que celui qui, hier ou avant-hier, marchait \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, est devenu la proie des vers et se dissout en pourriture, en poussi\u00e8re et en cendre, quand m\u00eame il aurait l\u2019orgueilleuse d\u00e9mence de Satan, il faut qu\u2019il tremble, qu\u2019il tressaille, qu\u2019il se mod\u00e8re, qu\u2019il apprenne \u00e0 \u00eatre sage, qu\u2019il introduise dans son \u00e2me l\u2019humilit\u00e9, cette m\u00e8re des vrais biens. Ainsi, celui qui quitte la vie n\u2019est l\u00e9s\u00e9 en rien, car il doit recouvrer ce corps, mais incorruptible et immortel\u2009; et celui qui reste dans la carri\u00e8re retire un tr\u00e8s grand avantage de ce qui n\u2019est nullement un mal pour celui qu\u2019il voit mourir. En effet, c\u2019est une \u00e9loquente ma\u00eetresse de sagesse que la mort, soit pour r\u00e9gler notre vie, soit pour r\u00e9primer les passions de l\u2019\u00e2me, pour apaiser leurs flots furieux et rendre le calme \u00e0 cette mer agit\u00e9e.<\/p>\n<p>Puis donc que, par ces preuves et par beaucoup d\u2019autres plus nombreuses encore, la Providence divine brille plus \u00e9clatante que le soleil, ne donne pas carri\u00e8re \u00e0 une curiosit\u00e9 inutile, ne poursuis pas une vaine recherche, n\u2019essaye pas de conna\u00eetre la raison de toutes choses. Nous vivons, et cette vie dont nous jouissons est un effet de sa pure bont\u00e9, puisqu\u2019il n\u2019avait pas besoin de nos services. Il faut donc l\u2019admirer et l\u2019adorer, non seulement parce qu\u2019il nous a cr\u00e9\u00e9s, parce qu\u2019il nous a donn\u00e9 une \u00e2me immat\u00e9rielle et raisonnable, parce qu\u2019il nous a faits sup\u00e9rieurs \u00e0 tous les animaux, qu\u2019il nous a \u00e9tablis les rois de la cr\u00e9ation et qu\u2019il l\u2019a accord\u00e9e tout enti\u00e8re \u00e0 notre usage, mais aussi parce qu\u2019il nous a cr\u00e9\u00e9s n\u2019ayant nul besoin de nous. Oui, sa bont\u00e9 a cela d\u2019admirable, que, n\u2019ayant nul besoin de nos services, il nous a donn\u00e9 la vie\u2009; car, avant la naissance des hommes, des anges et des autres esprits c\u00e9lestes, il jouissait de toute sa gloire et de toute sa f\u00e9licit\u00e9, et c\u2019est par pur amour qu\u2019il nous a donn\u00e9 la vie, qu\u2019il a fait pour nous toutes ces choses, et tant d\u2019autres bien plus nombreuses encore\u2009!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><strong>8<\/strong><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>C&rsquo;est une grande preuve de la Providence que la loi, soit naturelle, soit \u00e9crite, nous ait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e; qu&rsquo;en quittant leur patrie, des hommes distingu\u00e9s aient enseign\u00e9 les nations qui les avaient adopt\u00e9s, et que, pour comble de faveurs, la venue du Sauveur nous e\u00fbt \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e.<\/em><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3857\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.940px.03.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"190\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.940px.03.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.940px.03-300x61.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.940px.03-768x155.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><br \/>\n&nbsp;<br \/>\nC\u2019est encore par un effet de cette bont\u00e9 que Dieu nous a donn\u00e9 la loi \u00e9crite, qu\u2019il nous a envoy\u00e9 les proph\u00e8tes, qu\u2019il a fait ses miracles. Mais m\u00eame avant tout cela, d\u00e8s qu\u2019il eut cr\u00e9\u00e9 l\u2019homme il grava en lui la loi naturelle pour le diriger comme le pilote dirige le vaisseau, comme l\u2019\u00e9cuyer dirige le cheval. Ainsi Abel lui-m\u00eame a connu Dieu\u00a0: cependant les lettres n\u2019\u00e9taient pas encore invent\u00e9es, les proph\u00e8tes et les ap\u00f4tres n\u2019avaient point paru, aucune loi \u00e9crite n\u2019\u00e9tait \u00e9tablie\u00a0: mais il poss\u00e9dait la loi naturelle. Il en est de m\u00eame pour Ca\u00efn\u2009; car lui aussi connut Dieu. Tous les deux savaient ses prescriptions, et reconnaissaient sa souverainet\u00e9, mais tous les deux ne suivirent pas la m\u00eame voie\u00a0: l\u2019un prit celle du vice, et l\u2019autre celle de la vertu. M\u00eame alors cependant le Seigneur n\u2019abandonna pas Ca\u00efn, il voulut le relever de la chute qui l\u2019avait jet\u00e9 \u00e0 terre, et il lui donna encore ses soins\u2009; d\u2019abord il emploie les conseils et les exhortations, ensuite c\u2019est par la crainte et par la terreur qu\u2019il l\u2019avertit, qu\u2019il l\u2019enseigna, qu\u2019il l\u2019instruisit. Nombre d\u2019hommes ont rejet\u00e9 un si grand bienfait, je veux dire cette science naturelle qui nous est d\u2019une si grande utilit\u00e9\u00a0: m\u00eame alors il ne les a pas d\u00e9laiss\u00e9s ni ne les a livr\u00e9s aussit\u00f4t \u00e0 la perdition\u2009; mais il a toujours continu\u00e9 de les avertir et de les exhorter par la voix des choses elles-m\u00eames, par des r\u00e9compenses, par des ch\u00e2timents, par le spectacle de la cr\u00e9ation qui chaque jour fait son \u0153uvre et remplit sa t\u00e2che accoutum\u00e9e, par les \u00e9v\u00e9nements extraordinaires et impr\u00e9vus, par les justes qui ont v\u00e9cu depuis la naissance du monde. Car il a conduit d\u2019un pays dans un autre des hommes dignes de toute admiration et pleins de sagesse\u00a0: il a envoy\u00e9 Abraham d\u2019abord en Jud\u00e9e, puis en \u00c9gypte, Jacob, en Syrie, Mo\u00efse encore en \u00c9gypte\u2009; les trois enfants et Daniel et Ez\u00e9chiot en Babylonie, J\u00e9r\u00e9mie, en \u00c9gypte. Ensuite il a donn\u00e9 les Tables de la loi, il a envoy\u00e9 les proph\u00e8tes\u2009; il a abattu, il a relev\u00e9 son peuple\u2009; et l\u2019a livr\u00e9 \u00e0 la servitude, et il l\u2019a d\u00e9livr\u00e9, et il n\u2019a pas cess\u00e9 depuis le commencement jusqu\u2019\u00e0 la fin de tout faire pour les hommes.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019est pas content\u00e9 de nous instruire par la seule voix et la cr\u00e9ation, mais, comme beaucoup d\u2019hommes, emport\u00e9s par leur propre d\u00e9mence, n\u2019en avaient retir\u00e9 aucun fruit, il entra dans de nouvelles voies pour les convaincre, et enfin, pour mettre le comble \u00e0 ses bienfaits, il leur envoya son Fils, son vrai Fils, son Fils unique\u00a0: ce fils qui \u00e9tait de la m\u00eame vraie nature que lui fut fait ce que je suis, il v\u00e9cut sur la terre au milieu des hommes, et l\u00e0 il mangeait, il buvait, il parcourait la terre, enseignant, instruisant, exhortant, faisant des miracles, et en m\u00eame temps il proph\u00e9tisait, donnait des conseils et des exhortations, souffrait, supportait les fatigues, nous faisait des promesses, nous comblait de ses dons. En effet, il a accord\u00e9 une partie de ses bienfaits aux hommes de son temps, et il a promis l\u2019autre aux g\u00e9n\u00e9rations futures\u00a0: mais l\u2019on peut compter sur ses promesses, elles sont confirm\u00e9es et par les prodiges qu\u2019il a op\u00e9r\u00e9s pendant qu\u2019il \u00e9tait encore sur la terre et par l\u2019accomplissement de toutes les proph\u00e9ties qu\u2019il a faites\u00a0: <em>Qui pourrait r\u00e9citer les exploits de l\u2019\u00c9ternel\u2009? qui pourrait faire retentir toute sa louange\u2009?<\/em> (Ps. CV, 2) Qui ne serait en extase, qui ne serait frapp\u00e9 d\u2019admiration devant cette immense sollicitude, en consid\u00e9rant comment, pour des esclaves ingrats, il a livr\u00e9 son Fils unique \u00e0 la mort, et \u00e0 une mort ex\u00e9crable, ignominieuse, \u00e0 la mort des plus grands criminels, \u00e0 sa mort des coupables condamn\u00e9s par les juges\u2009! Car il a \u00e9t\u00e9 attach\u00e9 \u00e0 une croix, il a \u00e9t\u00e9 couvert de crachats, il a re\u00e7u des soufflets, il a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 \u00e0 la joue, il a \u00e9t\u00e9 bafou\u00e9. Pour tous les bienfaits qu\u2019il avait accord\u00e9s, on l\u2019ensevelissait et on scellait son tombeau\u2009! Et toutes les injures, il les a subies pour toi, pour l\u2019amour qu\u2019il te portait, afin de t\u2019arracher \u00e0 l\u2019esclavage du p\u00e9ch\u00e9, de renverser l\u2019empire de satan, de couper les nerfs de la mort., de t\u2019ouvrir les portes du ciel, de te d\u00e9charger de la mal\u00e9diction qui pesait sur toi, d\u2019effacer le jugement de ta premi\u00e8re condamnation, de t\u2019enseigner la patience et la force, et ainsi d\u2019emp\u00eacher que rien ne te tourmente sur cette terre, ni la mort, ni les outrages, ni les injures, ni les ignominies, ni les verges, ni les pi\u00e8ges de tes ennemis, ni les offenses, ni les attaques, ni les calomnies, ni les soup\u00e7ons injurieux, ni rien de semblable. Lui-m\u00eame en effet, il a pass\u00e9 par toutes ces \u00e9preuves, il les a toutes partag\u00e9es avec toi, il a triomph\u00e9 de toutes avec la plus grande gloire, pour t\u2019enseigner et t\u2019apprendre \u00e0 ne redouter aucune d\u2019elles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>Hommes justes, forc\u00e9s \u00e0 voyager<\/em><\/h3>\n<p>Mais tout cela ne lui suffit pas encore remont\u00e9 au ciel, il nous accorde une gr\u00e2ce surprenante, il fait descendre pour nous le Saint-Esprit, et nous envoie les ap\u00f4tres par le minist\u00e8re desquels il nous transmet sa doctrine. Il voit ces h\u00e9rauts du salut accabl\u00e9s de mille maux, frapp\u00e9s de verges, outrag\u00e9s, jet\u00e9s \u00e0 la mer, tortur\u00e9s par la faim et la soie, poursuivis chaque jour, chaque jour en p\u00e9ril de mort, et pour toi, par amour pour toi, il les laisse endurer toutes ces souffrances\u2009! C\u2019est pour toi, \u00f4 homme, qu\u2019il a pr\u00e9par\u00e9 le royaume des cieux, c\u2019est \u00e0 toi qu\u2019il a destin\u00e9 ces biens ineffables, cet h\u00e9ritage c\u00e9leste, ce s\u00e9jour plein de vanit\u00e9, cette b\u00e9atitude qu\u2019aucune parole ne peut exprimer. Lors donc que tu as tant de preuves de la Providence, celles de l\u2019Ancien et celles du Nouveau Testament, celles de la vie pr\u00e9sente et celles de la vie future, celles qui seront, celles qui ont \u00e9t\u00e9, celles que nous offre chacun des jours que nous vivons, celles du commencement de la cr\u00e9ation, celles du milieu des temps, celles de la fin des choses, celles qui subsistent \u00e9ternellement, celles que fournit le corps, celles qui ont rapport \u00e0 l\u2019\u00e2me. Lors, dis-je, que tu vois pleuvoir pour ainsi dire sur toi de tous c\u00f4t\u00e9s tant de preuves qui proclament la Providence, doutes-tu encore\u2009? Mais non, tu ne doutes pas\u2009; tu crois \u00e2 la providence, tu es convaincu de son existence. Arr\u00eate donc d\u00e9sormais ta vaine curiosit\u00e9 et sois s\u00fbr de cette v\u00e9rit\u00e9, que tu as un Dieu qui t\u2019aime avec une tendresse qui surpasse celle des p\u00e8res, avec une sollicitude que n\u2019\u00e9gale pas celle des m\u00e8res, avec une ardeur que n\u2019atteint pas celle d\u2019un jeune \u00e9poux, celle\u2009; d\u2019une jeune \u00e9pouse\u2009; un Dieu qui fait sa joie de ton salut, et s\u2019en r\u00e9jouit encore plus que tu ne te r\u00e9jouis toi-m\u00eame de l\u2019\u00e9loignement du p\u00e9ril et de la mort\u00a0: ce que j\u2019ai montr\u00e9 par l\u2019exemple de Jonas, un Dieu qui a pour toi toute l\u2019affection que le p\u00e8re a pour ses enfants, la m\u00e8re pour le fruit de ses entrailles, l\u2019architecte pour son \u0153uvre, le jeune \u00e9poux pour sa jeune \u00e9pouse, l\u2019adolescent pour la vierge\u2009; un Dieu qui veut \u00e9loigner de toi les maux, autant que l\u2019Orient est \u00e9loign\u00e9 de l\u2019Occident, autant que le ciel est \u00e9lev\u00e9 au-dessus de la terre\u00a0: car cela aussi je l\u2019ai montr\u00e9\u2009; un Dieu enfin dont la bont\u00e9 ne r\u00e9pond, mais seulement \u00e0 ces comparaisons, mais se montre beaucoup plus grande encore, comme nous l\u2019avons fait voir plus haut, en avertissant qu\u2019il faut, non pas s\u2019arr\u00eater \u00e0 ces exemples, mais aller plus loin par l\u2019effort de la pens\u00e9e. Car inexplicable est la providence de Dieu, incompr\u00e9hensible sa sollicitude, inexprimable sa bont\u00e9, inimaginable son amour.<\/p>\n<p>Maintenant donc que nous savons toutes ces choses, soit par les paroles de Dieu, soit par ses \u0153uvres, par celles qu\u2019il a faites, comme par celles qu\u2019il doit faire, ne t\u2019abandonne pas \u00e0 une vaine curiosit\u00e9, ne t\u2019enquiers pas de tout, et ne dis pas\u00a0: pourquoi ceci\u2009? \u00e0 quoi bon cela\u2009? Une telle conduite serait d\u2019un insens\u00e9\u00a0: elle t\u00e9moignerait de la derni\u00e8re folie et de la plus grande d\u00e9mence. En effet le malade laisse le m\u00e9decin lui couper les chairs, lui br\u00fbler les plaies, lui appliquer les rem\u00e8des les plus cuisants\u2009; il ne lui demande compte de rien, quand m\u00eame il serait son esclave\u2009; mais, tout ma\u00eetre qu\u2019il est, il supporte en silence toutes ses douleurs, il lui est m\u00eame reconnaissant de cette br\u00fblure, de cette amputation, de ces rem\u00e8des, et pourtant il ne sait pas ce qui pourra arriver\u00a0: car combien de m\u00e9decins n\u2019ont pas enlev\u00e9 la vie \u00e0 leurs malades par leurs op\u00e9rations\u2009! enfin il lui ob\u00e9it en tout avec la plus grande soumission. Il en est de m\u00eame \u00e0 l\u2019\u00e9gard du pilote, de l\u2019architecte, et de tous ceux qui exercent un art quelconque. Puisqu\u2019il en est ainsi, je trouve ridicule, je le d\u00e9clare, qu\u2019un simple mortel, tout plein de son ignorance, demande au divin Artisan la raison de tout ce qu\u2019il a fait, qu\u2019il scrute cette Sagesse ineffable\u2009; indicible, inexprimable, incompr\u00e9hensible, qu\u2019il recherche le pourquoi de telle ou telle chose, et cela, lorsqu\u2019il sait avec \u00e9vidence que ce Dieu sage ne peut tomber dans l\u2019erreur, que sa bont\u00e9 est immense, que sa pr\u00e9voyance est infinie, que tout ce qu\u2019il fait pour nous arrive \u00e0 bonne fin, pourvu que de notre c\u00f4t\u00e9 nous aidions \u00e0 la Providence, qu\u2019enfin il ne veut la perte d\u2019aucun de nous, mais le salut de tous. Ne serait-ce pas le supr\u00eame exc\u00e8s de la d\u00e9mence, que de soumettre \u00e0 notre examen d\u00e8s maintenant, d\u00e8s ce jour, un Dieu qui veut, qui peut, nous sauver et de ne pas attendre la fin des choses.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><strong>9<\/strong><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>Qu&rsquo;il ne faut pas avoir une inqui\u00e8te curiosit\u00e9, mais qu&rsquo;il faut attendre la fin des choses.<\/em><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3856\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.940px.02.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"188\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.940px.02.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.940px.02-300x60.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.940px.02-768x154.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><br \/>\n&nbsp;<br \/>\nCe qu\u2019il y aurait de mieux pour toi, ce serait de ne pas vouloir tout conna\u00eetre, ni d\u00e8s le d\u00e9but ni plus tard\u2009; mais si ta curiosit\u00e9 est si grande et si active, attends au moins la fin, regarde o\u00f9 tendent les choses, et ne te trouble pas, ne t\u2019effraye pas d\u00e8s le commencement. Si un ignorant voit un orf\u00e8vre commencer par fondre l\u2019or et le m\u00ealer \u00e0 la cendre et \u00e0 la poussi\u00e8re, et qu\u2019il n\u2019attende pas la fin, il croira que l\u2019or a p\u00e9ri. De m\u00eame, supposez un homme n\u00e9 et \u00e9lev\u00e9 sur la mer, qui serait port\u00e9 tout \u00e0 coup au milieu des terres, sans avoir jamais entendu parler de la mani\u00e8re dont on cultive les campagnes\u00a0: s\u2019il voyait du bl\u00e9 entass\u00e9 dans un grenier, d\u00e9fendu par des portes et des verrous, prot\u00e9g\u00e9 contre l\u2019humidit\u00e9, et que tout aussit\u00f4t le laboureur l\u2019enlev\u00e2t \u00e0 ses yeux, le r\u00e9pandit et le jet\u00e2t dans la plaine, le laiss\u00e2t \u00e0 la merci de tous ceux qui pourraient passer dans son champ, et non seulement ne le garant\u00eet pas contre l\u2019humidit\u00e9, mais m\u00eame l\u2019abandonn\u00e2t \u00e0 la boue et au fumier, sans y mettre de gardiens\u2009; ne croirait-il pas que c\u2019en est fait du bl\u00e9, et ne bl\u00e2merait-il pas le laboureur d\u2019avoir agi ainsi\u2009? Pourtant rien dans la nature n\u2019autorise ce bl\u00e2me\u00a0: il vient de l\u2019ignorance de cet homme et de sa folle pr\u00e9tention de vouloir porter son jugement sans attendre. Qu\u2019il attende donc l\u2019\u00e9t\u00e9\u00a0: alors la moisson est luxuriante, la faux est aiguis\u00e9e et le bl\u00e9 qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9pandu \u00e7\u00e0 et l\u00e0, laiss\u00e9 sans gardien, livr\u00e9 \u00e0 la pourriture et \u00e0 la corruption, abandonn\u00e9 dans la boue, a germ\u00e9, s\u2019est multipli\u00e9, a reparu brillant, a repris son ancienne splendeur, s\u2019est dress\u00e9 dans la plaine avec une grande vigueur, et d\u00e9j\u00e0 il est comme entour\u00e9 de satellites, comme recouvert d\u2019un v\u00eatement brillant\u2009; il porte la t\u00eate dans les airs, et r\u00e9jouit l\u2019\u0153il du cultivateur qui va en retirer une nourriture abondante et un grand gain. \u00c0 ce spectacle, quel ne sera pas l\u2019\u00e9tonnement de notre ignorant, lorsqu\u2019il verra que le grain de bl\u00e9 a pass\u00e9 par de telles vicissitudes pour arriver \u00e0 tant de f\u00e9condit\u00e9 et de beaut\u00e9\u2009! Averti par cet exemple, garde-toi, \u00f4 homme, de soumettre \u00e0 ton examen le Ma\u00eetre qui nous gouverne tous. C\u2019est l\u00e0 ce qu\u2019il y a de plus sage. Mais si tu es assez opini\u00e2tre, assez t\u00e9m\u00e9raire pour vouloir satisfaire un d\u00e9sir si d\u00e9raisonnable, attends du moins la fin des choses. Le laboureur attend tout l\u2019hiver en arr\u00eatant sa pens\u00e9e non pas sur les souffrances de bl\u00e9 pendant la saison du froid, mais sur la douce influence qui le ranimera au beau temps\u00a0: \u00e0 plus forte raison devrais-tu attendre la fin, lorsqu\u2019il s\u2019agit de Celui qui cultive toute la terre\u2009; qui prend soin de toutes les \u00e2mes. Quand je dis\u00a0: la <em>fin<\/em>, je ne parle pas seulement de cette vie mortelle (bien que souvent d\u00e8s cette vie les \u0153uvres de Dieu aient leur fin), mais aussi de la vie future. Car ces deux vies sont ordonn\u00e9es en vue d\u2019une seule fin qui est notre salut et notre gloire. Bien qu\u2019elles soient divis\u00e9es par les temps, elles sont r\u00e9unies par le but, et de m\u00eame qu\u2019il y a dans l\u2019ann\u00e9e un hiver et un \u00e9t\u00e9, mais que ces deux saisons concourent \u00e0 une m\u00eame fin, qui est la maturit\u00e9 des fruits, de m\u00eame notre vie aussi a deux saisons et une seule fin. Lors donc que tu vois l\u2019Eglise dispers\u00e9e et endurant les maux les plus cruels, les chr\u00e9tiens qui font sa gloire, pers\u00e9cut\u00e9s et frapp\u00e9s de verges, son chef rel\u00e9gu\u00e9 au loin n\u2019arr\u00eate pas seulement ton esprit sur ces malheurs\u2009; consid\u00e8re aussi les biens qui en r\u00e9sulteront, les couronnes, les r\u00e9compenses, les prix r\u00e9serv\u00e9s aux vainqueurs. <em>Car celui qui aura pers\u00e9v\u00e9r\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la fin, celui-l\u00e0 sera sauv\u00e9<\/em> (Matth. X, 22), dit J\u00e9sus. Dans l\u2019Ancien Testament, comme le dogme de la r\u00e9surrection n\u2019\u00e9tait pas encore connu, tout avait sa fin dans cette vie\u2009? Dans le Nouveau, il n\u2019en est pas toujours ainsi, et quelquefois le malheur afflige cette vie, le bonheur est r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l\u2019autre. Mais bien que chez les Juifs le bonheur se trouv\u00e2t toujours sur cette terre et pour cette vie, voici en quoi auraient \u00e9t\u00e9 le plus digne d\u2019admiration ceux qui n\u2019auraient pas voulu en jouir\u00a0: ne connaissant pas encore le dogme de la r\u00e9surrection, et voyant que les faits allaient \u00e0 l\u2019encontre des promesses de Dieu, ils auraient surtout m\u00e9rit\u00e9 tout \u00e9loge, s\u2019ils ne s\u2019\u00e9taient ni scandalis\u00e9s, ni troubl\u00e9s, ni effray\u00e9s de ce qu\u2019ils avaient sous les yeux\u2009; s\u2019ils avaient humili\u00e9 leur esprit devant l\u2019incompr\u00e9hensible providence du Seigneur, si, sans permettre que ce spectacle des faits leur f\u00fbt une occasion de scandale, restant assur\u00e9s malgr\u00e9 tout de la grandeur de la sagesse divine et de ses ressources in\u00e9puisables, ils avaient attendu la fin, ou mieux, avant de voir arriver la fin, avaient support\u00e9 avec reconnaissance tous les malheurs qui pouvaient les affliger, et n\u2019avaient pas cess\u00e9 de glorifier Celui qui leur envoyait ces souffrances. Peut-\u00eatre ces paroles sont-elles obscures pour votre esprit. Je vais donc m\u2019efforcer de les rendre plus claires.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><strong>10<\/strong><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>Anciens qui ont attendu la fin des choses. <\/em><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3853\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.650px.16.jpg\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"878\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.650px.16.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.650px.16-222x300.jpg 222w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>Comme Abraham \u00e9tait charg\u00e9 d\u2019ann\u00e9es et que sa vieillesse l\u2019avait rendu comme mort aux joies de la paternit\u00e9\u00a0: car il n\u2019\u00e9tait pas plus en \u00e9tat d\u2019\u00eatre p\u00e8re que les morts eux-m\u00eames\u2009; comme donc ce juste \u00e9tait vieux et tr\u00e8s-vieux, qu\u2019il avait d\u00e9pass\u00e9 de beaucoup les limites naturelles de l\u2019\u00e2ge o\u00f9 l\u2019on peut encore avoir des enfants, et qu\u2019il avait dans Sara une \u00e9pouse plus st\u00e9rile que la pierre, Dieu lui promit de lui donner une post\u00e9rit\u00e9 si f\u00e9conde, que le nombre de ses descendants \u00e9galerait le nombre des \u00e9toiles du ciel. (Gen.\u00a0XV, 5.) Les plus grands obstacles s\u2019opposaient \u00e0 l\u2019accomplissement de cette promesse, puisque le patriarche avait atteint les derni\u00e8res limites de l\u2019\u00e2ge, et que sou \u00e9pouse \u00e9tait doublement st\u00e9rile, par vieillesse et par nature. En effet, ce n\u2019\u00e9tait pas seulement la vieillesse qui la rendait st\u00e9rile, c\u2019\u00e9tait aussi sa nature, puisque dans sa jeunesse, elle n\u2019avait pas pu enfanter. Elle \u00e9tait donc inf\u00e9conde, c\u2019est ce que saint Paul faisait entendre, par ces paroles\u00a0: <em>Le ventre de Sara \u00e9tait comme mort.<\/em> (Rom. IV, 19.) Il ne dit pas seulement <em>Sara<\/em>, car tu pourrais croire qu\u2019il fait allusion \u00e0 son \u00e2ge\u2009; il dit\u00a0: <em>le ventre de Sara<\/em>, car sa St\u00e9rilit\u00e9 ne vient pas seulement de vieillesse, mais de nature. Malgr\u00e9 qu\u2019il y e\u00fbt, comme je l\u2019ai dit, de si grands obstacles, comme Abraham savait ce que c\u2019est que la promesse du Seigneur, combien elle a de ressources et d\u2019exp\u00e9dients, et comment ni les lois de la nature, ni la difficult\u00e9 des choses, ni aucun autre emp\u00eachement ne peut l\u2019entraver, comme il \u00e9tait assur\u00e9 au contraire qu\u2019elle aime \u00e0 trouver ses voies et \u00e0 atteindre ses fins \u00e0 travers les obstacles m\u00eames, il accueillit avec foi la parole divine, esp\u00e9ra en son accomplissement, et ne laissa pas entrer dans son \u00e2me le trouble qu\u2019auraient voulu y jeter ses raisonnements\u2009; il jugea la puissance de Dieu assez grande, comme elle l\u2019est en effet, pour tenir sa parole et ne recherche pas comment, ni de quelle mani\u00e8re cette paternit\u00e9 pouvait lui \u00eatre donn\u00e9e, pourquoi elle avait \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e \u00e0 sa jeunesse, pourquoi elle \u00e9tait accord\u00e9e si tardivement \u00e0 sa vieillesse. Aussi Paul proclame-t-il ses louanges d\u2019une voix \u00e9clatante par ces paroles\u00a0: <em>Esp\u00e9rant contre toute esp\u00e9rance, il crut qu\u2019il deviendrait le p\u00e8re de beaucoup de nations. <\/em>(Rom. IV, 18.) Cela signifie\u00a0: contre toute esp\u00e9rance humaine, il esp\u00e9ra en cette puissance de Dieu, qui triomphe de tout, qui peut tout, qui est sup\u00e9rieure \u00e0 tout\u00a0: Il crut non seulement qu\u2019il serait p\u00e8re, mais m\u00eame qu\u2019il serait p\u00e8re de beaucoup de nations, et cela, malgr\u00e9 son \u00e2ge, malgr\u00e9 la st\u00e9rilit\u00e9 naturelle et la vieillesse de son \u00e9pouse, selon ce qui lui avait \u00e9t\u00e9 dit\u00a0: <em>Ta post\u00e9rit\u00e9 sera sans nombre. Il ne s\u2019affaiblit point dans sa foi et il n\u00e9 consid\u00e9ra point, qu\u2019\u00e9tant \u00e2g\u00e9 de cent ans, son corps \u00e9tait comme mort, et que le ventre de Sara n\u2019avait plus la vertu de concevoir. Il n\u2019h\u00e9sita point, et il n\u2019eut pas la moindre d\u00e9fiance de la promesse de Dieu\u2009; mais il se fortifia par la foi, rendant gloire \u00e0 Dieu pleinement persuad\u00e9 qu\u2019il est tout-puissant pour faire tout ce qu\u2019il a promis.<\/em> (Rom. IV, 19-21)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>L&rsquo;ordre donn\u00e9 \u00e0 Abraham d&rsquo;immoler son fils<\/em><\/h3>\n<p>Cela veut dire\u00a0: Ayant rejet\u00e9 aussit\u00f4t loin de lui la faiblesse humaine, s\u2019en remettant \u00e0 la toute-puissance du Dieu qui lui faisait ces promesses, et croyant que ses voies sont infinies, il crut avec une pleine conviction \u00e0 l\u2019entier accomplissement de la parole divine\u2009; il glorifia le Seigneur autant qu\u2019il \u00e9tait possible par cela seul qu\u2019il ne montra pas une vaine et inqui\u00e8te curiosit\u00e9, mais qu\u2019il s\u2019humilia devant la profondeur incompr\u00e9hensible de la sagesse et de la puissance de Dieu et qu\u2019il ne douta pas un seul instant que ce qui lui \u00e9tait promis ne s\u2019accomplit. Ne vois-tu pas que c\u2019est rendre gloire \u00e0 Dieu, autant qu\u2019il est en nous, que de s\u2019humilier toujours devant les conseils imp\u00e9n\u00e9trables de la Providence, devant les myst\u00e8res de sa puissance et de sa sagesse\u2009; de ne pas se laisser aller \u00e0 une vaine et inutile recherche et de ne pas se demander\u00a0: Pourquoi ceci\u2009? \u00e0 quoi bon cela\u2009? comment cela se peut-il faire\u2009? Mais ce qui est digne d\u2019admiration dans Abraham, ce n\u2019est pas seulement qu\u2019il e\u00fbt cette foi ardente, mais encore qu\u2019ayant, apr\u00e8s cette promesse, re\u00e7u l\u2019ordre d\u2019immoler son fils unique, son fils ch\u00e9ri, il n\u2019ait pas m\u00eame alors \u00e9t\u00e9 scandalis\u00e9, et pourtant que de causes de scandale pour l\u2019\u00e2me faible qui n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 attentive et vigilante\u2009! tout d\u2019abord l\u2019ordre m\u00eame du Seigneur ne pr\u00eatait-il pas au scandale\u2009? Quoi donc, Dieu accepterait-il de tels sacrifices\u2009! ordonnerait-il aux p\u00e8res d\u2019immoler leurs enfants, de finir leur vie par une mort violente, d\u2019\u00eatre les meurtriers de ceux qu\u2019ils ont engendr\u00e9s\u2009! voudrait-il souiller ses autels d\u2019un tel sang\u2009! armerait-il la main d\u2019un p\u00e8re contre son fils unique\u2009? souffrirait-il que le juste f\u00fbt plus cruel que les assassins\u2009? Ajoutez qu\u2019Abraham \u00e9tait \u00e9prouv\u00e9 dans une affection que nous impose imp\u00e9rieusement la nature, et cela, non seulement parce qu\u2019il \u00e9tait p\u00e8re, mais encore parce qu\u2019il \u00e9tait bon p\u00e8re, et qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un tel fils, d\u2019un fils ch\u00e9ri, d\u2019un fils unique, d\u2019un fils dont la beaut\u00e9, si grande au premier aspect, ne paraissait pas moins grande apr\u00e8s examen. Il \u00e9tait en effet dans la fleur de l\u2019\u00e2ge, dans la force de la vertu, \u00e9clatant d\u2019une double splendeur, de la splendeur de l\u2019\u00e2me comme de celle du corps. De plus son p\u00e8re avait pour l\u2019aimer un autre motif d\u2019un bien grand poids\u00a0: c\u2019est qu\u2019il l\u2019avait eu contre toute esp\u00e9rance, et vous savez combien sont ch\u00e9ris ces enfants, qui, comme lui, naissent contre toute esp\u00e9rance et toute attente, qui nous sont accord\u00e9s, comme l\u2019avait \u00e9t\u00e9 celui-ci, par une exception aux lois ordinaires de la nature.<\/p>\n<p>Mais, outre toutes ces consid\u00e9rations, ce qui \u00e9tait surtout propre \u00e0 fournir une occasion de scandale, c\u2019\u00e9tait la promesse de Dieu, car cet ordre allait contre elle. En effet, Dieu lui avait dit\u00a0: <em>Tes enfants seront aussi nombreux que les \u00e9toiles du ciel<\/em> (Gen. XV, 5)\u2009; et maintenant, voil\u00e0 que ce fils unique, qui devait remplir toute la terre de sa post\u00e9rit\u00e9, va \u00eatre ravi \u00e0 ce monde, livr\u00e9 \u00e0 la mort, immol\u00e9 avec la derni\u00e8re cruaut\u00e9. Cependant cette contradiction n\u2019a pu scandaliser ni troubler ce juste, il a \u00e9vit\u00e9 le coup qui aurait infailliblement atteint tout homme insens\u00e9, tout homme qui ne s\u2019\u00e9l\u00e8ve jamais de terre. Il ne s\u2019est pas dit\u00a0: Qu\u2019est-ce donc\u2009? suis-je tromp\u00e9\u2009? est-ce qu\u2019on m\u2019abuse\u2009? est-ce l\u00e0 l\u2019ordre de Dieu\u2009? Non, et je n\u2019ob\u00e9irai pas\u00a0: il est impossible que je sois le meurtrier de mon fils, que je rougisse ma main d\u2019un sang si pr\u00e9cieux\u2009! Comment donc la promesse aurait-elle son accomplissement\u2009? si je coupe la racine, comment y aurait-il des branches, comment y aurait-il des fruits\u2009? Si je comble la source, que deviendra le fleuve\u2009? Si je fais mourir mon fils, comment aurai-je une post\u00e9rit\u00e9 si f\u00e9conde, que le nombre de mes descendants \u00e9gale le nombre des \u00e9toiles\u2009? Abraham n\u2019a rien dit, rien pens\u00e9 de tel\u2009; mais, s\u2019en remettant de nouveau \u00e0 la puissance de Celui qui lui avait fait cette promesse, \u00e0 cette puissance infinie si riche en moyens, si f\u00e9conde en ressources, et qui, \u00e9clatante de lumi\u00e8re \u00e0 travers les obstacles m\u00eames, sup\u00e9rieure aux lois de la nature et plus forte que tout ce qui existe, ne trouve rien qui lui puisse r\u00e9sister, il a rempli cet ordre avec une pleine assurance, il a \u00e9gorg\u00e9 son fils, il. a ensanglant\u00e9 sa main, il a rougi son glaive, il a enfonc\u00e9 son \u00e9p\u00e9e dans le cou de la victime\u2009; oui, il a fait tout cela, sinon en action, du moins en intention. Aussi Mo\u00efse l\u2019exalte et dit\u00a0: <em>Il arriva apr\u00e8s ces choses que Dieu \u00e9prouva Abraham et cria\u00a0: Abraham\u2009! et il r\u00e9pondit\u00a0: me voici\u2009; et Dieu lui dit\u00a0: Prends maintenant ton fils unique, le fils de tes affections, Isaac, pour l\u2019offrir en holocauste sur une des montagnes que je te dirai.<\/em> (Gen. XXII, 1, 2)<\/p>\n<p>Est-ce l\u00e0 la parole de la promesse par laquelle Dieu lui disait qu\u2019il serait le p\u00e8re d\u2019une f\u00e9conde post\u00e9rit\u00e9 et que ses descendants \u00e9galeraient en nombre les \u00e9toiles du ciel\u2009? Mais vois comment, apr\u00e8s avoir re\u00e7u ce commandement, il accepta d\u2019immoler le fils qui devait lui donner une telle post\u00e9rit\u00e9, de le ravir \u00e0 la lumi\u00e8re et de l\u2019offrir en holocauste \u00e0 Dieu.. Saint Paul, exaltant et proclamant ses louanges, s\u2019exprime en ces termes\u00a0:<em> C\u2019est, par la foi qu\u2019Abraham offrit Isaac lorsque Dieu voulut le tenter.<\/em> (H\u00e9br. XI, 17.) Ensuite, pour montrer toute la grandeur de son action, toute la vivacit\u00e9 de la foi dont il fit preuve, il ajoute\u00a0: <em>Car c\u2019est son fils unique qu\u2019il offrait\u00a0: lui qui avait re\u00e7u les promesses du Seigneur.<\/em><\/p>\n<p>Ce qu\u2019il veut exprimer par ces paroles, le voici\u00a0: On ne peut pas dire qu\u2019Abraham avait deux enfants ch\u00e9ris, et que, le premier \u00e9tant sacrifi\u00e9, il esp\u00e9rait que le second le rendrait p\u00e8re d\u2019une nombreuse post\u00e9rit\u00e9\u2009; non, il n\u2019avait que ce fils, en lui. seul \u00e9tait plac\u00e9e toute l\u2019esp\u00e9rance qu\u2019on pouvait avoir en l\u2019accomplissement de la parole de Dieu, et pourtant il ne craignit pas de l\u2019immoler\u2009; de m\u00eame que ni le d\u00e9p\u00e9rissement de sa vigueur ni la st\u00e9rilit\u00e9 dont \u00e9tait frapp\u00e9 le ventre de Sara, n\u2019avaient pu l\u2019emp\u00eacher de croire \u00e0 la paternit\u00e9 que Dieu lui ordonnait d\u2019esp\u00e9rer, ainsi dans cette occasion la mort m\u00eame de son fils ne pouvait lui enlever sa confiance. Compare cette conduite avec celle des hommes qui nous entourent, et tu verras quelle pusillanimit\u00e9 est la tienne, quelle petitesse d\u2019\u00e2me ont ceux qui se scandalisent aujourd\u2019hui, et tu comprendras clairement que si le scandale t\u2019atteint, la seule cause en est que, loin de t\u2019humilier devant les myst\u00e8res de la divine Providence, tu recherches partout la mani\u00e8re dont se d\u00e9roule le plan de la cr\u00e9ation, tu veux conna\u00eetre toutes les raisons de toutes les choses, tu portes ta curiosit\u00e9 sur tout ce qui existe\u00a0: Si Abraham avait agi comme tu fais, il aurait chancel\u00e9 dans sa foi, mais tout autre a \u00e9t\u00e9 sa conduite, aussi a-t-il obtenu une gloire \u00e9clatante, et a-t-il vu s\u2019accomplir les promesses du Seigneur\u2009; il ne s\u2019est scandalis\u00e9 ni \u00e0 cause de son \u00e2ge ni \u00e0 cause de l\u2019ordre qu\u2019il re\u00e7ut ensuite\u2009; il n\u2019a pas cru que le sacrifice d\u2019Isaac arr\u00eaterait l\u2019effet des promesses du Seigneur et il n\u2019a pas d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 de la parole divine, bien que la fin des choses f\u00fbt proche pour lui. Ne viens pas me dire que Dieu n\u2019a pas permis que son commandement f\u00fbt ex\u00e9cut\u00e9 ni que la main du juste f\u00fbt ensanglant\u00e9e, mais consid\u00e8re qu\u2019il ignorait qu\u2019il ne savait pas qu\u2019il obtiendrait la vie de son fils et le ram\u00e8nerait dans sa demeure, qu\u2019au contraire il s\u2019\u00e9tait mis tout entier \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution du sacrifice qui lui \u00e9tait ordonn\u00e9. C\u2019est pour cela que la voix de l\u2019ange cria par deux fois son nom du haut du ciel, car l\u2019ange ne dit pas seulement\u00a0: Abraham, mais\u00a0: <em>Abraham, Abraham\u2009<\/em>; car, comme toute son attention \u00e9tait tourn\u00e9e vers le sacrifice, il fallut l\u2019appeler par deux fois pour arracher son esprit \u00e0 la pr\u00e9occupation qui le remplissait\u00a0: tant il s\u2019\u00e9tait port\u00e9 tout entier \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution du commandement du Seigneur\u2009! Tu vois donc qu\u2019il l\u2019ex\u00e9cuta compl\u00e8tement en intention, et que jamais cependant il ne fut scandalis\u00e9\u2009; pourquoi\u2009? parce qu\u2019il ne chercha pas \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer les desseins cach\u00e9s de Dieu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>Histoire de Joseph<\/em><\/h3>\n<p>Parlons maintenant de Joseph. Dis-moi\u00a0: ne lui est-il pas arriv\u00e9 quelque chose de semblable\u2009? \u00c0 lui aussi Dieu promit une grande destin\u00e9e et les faits allaient \u00e0 l\u2019encontre de la parole divine. Car il lui avait \u00e9t\u00e9 promis en songe que ses fr\u00e8res se prosterneraient devant lui. Deux r\u00eaves le lui avaient annonc\u00e9 clairement\u00a0: l\u2019un, par la vision des astres\u2009; l\u2019autre, par la vision des gerbes de bl\u00e9\u2009; mais les \u00e9v\u00e9nements qui survinrent ensuite d\u00e9mentaient compl\u00e8tement ces promesses. En effet, ces visions eurent pour premier effet d\u2019exciter une guerre violente sous le toit paternel\u00a0: ses fr\u00e8res, ces fils d\u2019un m\u00eame p\u00e8re, violant les lois du sang, d\u00e9chirant les liens de l\u2019amour fraternel, renversant l\u2019ordre m\u00eame de la nature, devinrent ses adversaires, et ses ennemis, et eurent pour lui, \u00e0 l\u2019occasion de ces songes, une cruaut\u00e9 plus grande que celle des loups. Comme des b\u00eates farouches et indomptables, qui auraient enlev\u00e9 un agneau, ils lui dressaient sans cesse des emb\u00fbches. Une haine insens\u00e9e et une jalousie odieuse \u00e9taient la cause de cette guerre\u00a0: bouillants de col\u00e8re, chaque jour ils respiraient le meurtre, et l\u2019envie allumait en eux comme une fournaise ardente, d\u2019o\u00f9 s\u2019\u00e9lan\u00e7ait la flamme. Mais, comme ils ne pouvaient lui faire aucune violence, parce qu\u2019il restait dans la maison paternelle aupr\u00e8s de Jacob et de Rachel, ils attaqu\u00e8rent sa r\u00e9putation, ils lui firent une renomm\u00e9e honteuse, ils lui intent\u00e8rent d\u2019odieuses accusations, pour lui enlever ainsi l\u2019amour de son p\u00e8re et le faire tomber plus facilement dans leurs pi\u00e8ges. Ensuite, l\u2019ayant surpris loin des yeux de Jacob, lorsqu\u2019il venait leur porter leur nourriture dans le d\u00e9sert et s\u2019informer de leur \u00e9tat, sans tenir compte du motif qui l\u2019amenait vers eux, sans rougir de honte en voyant qu\u2019il leur apportait leur nourriture, ils tir\u00e8rent leurs \u00e9p\u00e9es, s\u2019appr\u00eat\u00e8rent \u00e0 l\u2019\u00e9gorger et \u00e0 devenir fratricides. Cependant ils n\u2019avaient aucun reproche, ni petit ni grand, \u00e0 lui adresser\u2009; mais cette vertu m\u00eame, qui aurait d\u00fb les porter \u00e0 l\u2019honorer et \u00e0 le glorifier, ne leur inspirait qu\u2019une inimiti\u00e9 jalouse et pleine de d\u00e9nigrement. Joseph, malgr\u00e9 leur jalousie, loin d\u2019\u00e9viter leur commerce, gardait toujours des dispositions fraternelles pour ceux qu\u2019aveuglait une telle m\u00e9chancet\u00e9\u00a0: eux au contraire, malgr\u00e9 son affection pour eux, entreprirent de le tuer, et, autant qu\u2019il f\u00fbt en eux, ils le tu\u00e8rent, ils ensanglant\u00e8rent leurs mains, ils furent fratricides. Mais l\u2019infinie sagesse de Dieu, qui marche \u00e0 l\u2019aise dans les sentiers impraticables, dans les ab\u00eemes eux-m\u00eames et jusque dans les voies de la mort, l\u2019arracha de leurs mains sacril\u00e8ges. L\u2019un des fr\u00e8res ouvrit l\u2019avis qu\u2019il ne fallait pas se souiller d\u2019un tel sang. Dieu persuada les autres, et arr\u00eata le meurtre. Cependant Joseph ne vit pas s\u2019arr\u00eater l\u00e0 le cours de ses malheurs quelle longue carri\u00e8re d\u2019\u00e9preuves, il avait encore \u00e0 parcourir\u2009! Apr\u00e8s que Dieu eut emp\u00each\u00e9 ses fr\u00e8res de l\u2019immoler, comme leur c\u0153ur respirait encore la col\u00e8re et que la temp\u00eate de leurs passions \u00e9tait encore dans toute sa force, ils ouvrirent \u00e0 leur vengeance une nouvelle voie\u00a0: ils d\u00e9pouill\u00e8rent leur fr\u00e8re, le li\u00e8rent, le jet\u00e8rent dans une fosse, les cruels les inhumains\u2009! les barbares\u2009! Ensuite ils mang\u00e8rent les aliments qu\u2019il leur avait apport\u00e9s, et, tandis que jet\u00e9 dans la fosse il craignait pour sa vie, eux faisaient bonne ch\u00e8re et s\u2019enivraient.<\/p>\n<p>Leur d\u00e9mence alla plus loin encore\u00a0: ayant vu des \u00e9trangers d\u2019un pays tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 du leur qui se rendaient en \u00c9gypte, ils leur vendirent leur fr\u00e8re, et lui pr\u00e9par\u00e8rent ainsi une autre mort, plus longue, plus cruelle et pleine de mis\u00e8re. Car il \u00e9tait jeune\u2009; tout \u00e0 fait jeune, il avait \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 avec une grande libert\u00e9 sous le toit paternel, il n\u2019avait jamais subi ni la servitude, ni les maux de la servitude\u00a0: aussi vois ce qu\u2019il dut souffrir, lui qui tout \u00e0 coup de libre devint esclave, de citoyen, \u00e9tranger, et supporta le plus dur esclavage. Mais l\u2019esclavage ce n\u2019\u00e9tait pas tout encore\u00a0: le voil\u00e0 arrach\u00e9 \u00e0 son p\u00e8re, \u00e0 sa m\u00e8re, \u00e0 toute sa famille, nu, \u00e9tranger, sans patrie, sans cit\u00e9, livr\u00e9 par sa condition d\u2019esclave \u00e0 des mains barbares\u2009! Y avait-il l\u00e0 une seule circonstance qui ne f\u00fbt accablante pour lui\u2009? L\u2019impr\u00e9vu, la surprise d\u2019un \u00e9v\u00e9nement qui arrive contre toute attente, contre toute pr\u00e9vision, la gravit\u00e9 d\u2019une telle infortune, la pens\u00e9e qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 jet\u00e9 dans ce malheur par des fr\u00e8res et par des fr\u00e8res qu\u2019il ch\u00e9rit, par des fr\u00e8res auxquels il n\u2019a jamais fait une seule injure ni petite ni grande, auxquels il a prodigu\u00e9 au contraire ses bons offices\u00a0: y a-t-il rien enfin qui ne f\u00fbt fait pour le jeter hors de lui\u2009? Rien toutefois ne l\u2019a troubl\u00e9. Cependant il \u00e9tait conduit par les marchands en \u00c9gypte, pour y \u00e9changer une fois de plus un joug contre un autre. Car arriv\u00e9 l\u00e0, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 de ma\u00eetre en ma\u00eetre, il fut encore esclave, et il habita avec des barbares, lui fils de la Jud\u00e9e, lui noble, lui deux fois libre, libre de corps et libre d\u2019\u00e2me. Malgr\u00e9 ces malheurs il ne se scandalisait pas quand le souvenir des songes qui lui avaient promis un tout autre sort lui revenait \u00e0 la m\u00e9moire. Il ne se demandait pas m\u00eame\u00a0: pourquoi enfin tous les maux m\u2019arrivent-ils\u2009? Ainsi pendant que ces fratricides, ces loups, ces animaux f\u00e9roces, vivaient dans les d\u00e9lices malgr\u00e9 leur crime sous le toit paternel, lui, qui devait \u00eatre leur roi, maintenant esclave, soumis \u00e0 un ma\u00eetre, vendu dans une terre lointaine, accabl\u00e9 par le poids de la mis\u00e8re, non seulement il n\u2019\u00e9tait pas leur roi, mais il \u00e9tait devenu leur esclave, et ses infortunes contredisaient de point en point les promesses qu\u2019il avait re\u00e7ues. En effet, bien loin de gagner un tr\u00f4ne, il perdait sa patrie, sa libert\u00e9, la vue de ses parents, et ses \u00e9preuves n\u2019\u00e9taient pas encore \u00e0 leur terme.<\/p>\n<p>Un nouvel ab\u00eeme, plus profond que tous les autres, s\u2019ouvre pour l\u2019engloutir et le menace une fois de plus de mort et de supplice, mais de mort ignominieuse et de supplice plein de d\u00e9shonneur. Car la reine a port\u00e9 sur lui des yeux impurs\u2009; s\u00e9duite par la beaut\u00e9 de l\u2019adolescent, captiv\u00e9e par l\u2019\u00e9clat de son visage \u00e0 son tour\u2009; elle ourdit contre lui des pi\u00e8ges et des emb\u00fbches. Lorsque sa luxure eut tendu ses filets de tous c\u00f4t\u00e9s, elle observait chaque jour comment elle pourrait prendre l\u2019adolescent dans ses mailles, le pr\u00e9cipiter dans le gouffre de l\u2019adult\u00e8re et le livrer \u00e0 une mort \u00e9ternelle. Chaque jour elle allait \u00e0 cette chasse, aiguillonn\u00e9e par sa passion\u2009; chaque jour son lascif amour lui donnait de nouvelles armes. Enfin, l\u2019ayant surpris loin de tous les regards, elle l\u2019entra\u00eena de force dans ses bras impudiques, voulut le contraindre \u00e0 souiller la couche de son \u00e9poux, et s\u2019effor\u00e7a de faire violence \u00e0 sa chastet\u00e9. Ce juste est pourtant sorti sans blessure d\u2019une telle lutte\u00a0: l\u2019empire de la concupiscence, le trouble des sens dans un \u00e2ge si tendre, les pi\u00e8ges d\u2019une \u00e9pouse impudique, les efforts d\u2019une reine, l\u2019emportement de la jeunesse, toutes les impressions que pouvaient \u00e9veiller en lui le contact, la vue, la fureur passionn\u00e9e d\u2019une femme\u2009; il surmonta tout avec la plus grande facilit\u00e9, comme l\u2019aigle qui \u00e9l\u00e8ve son vol vers les plus hautes r\u00e9gions de l\u2019air\u2009; et, se d\u00e9pouillant de ses habits, les abandonnant \u00e0 ces mains impures, il sortit nu\u2009; mais tout nu qu\u2019il \u00e9tait, la chastet\u00e9 le couvrait d\u2019un v\u00eatement splendide et plus \u00e9clatant que la pourpre elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>Cet acte de vertu lui valut devoir encore une fois le glaive menacer sa t\u00eate, la mort lui dresser ses emb\u00fbches, la temp\u00eate redoubler de violence, et la fureur de la reine jeter plus de flammes que la fournaise de Babylone. Car ses d\u00e9sirs s\u2019\u00e9taient rallum\u00e9s plus ardents, et la col\u00e8re, autre passion terrible, qui venait s\u2019ajouter \u00e0 sa luxure, avait rempli son \u00e2me d\u2019une extr\u00eame cruaut\u00e9, se portait tout enti\u00e8re au meurtre, saisissait le glaive, m\u00e9ditait les ch\u00e2timents les plus injustes, et h\u00e2tait le supplice de cet athl\u00e8te de la chastet\u00e9, de la fermet\u00e9 et de-la constance. Elle va donc vers son \u00e9poux, et lui expose les faits, mais non dans leur v\u00e9rit\u00e9. Elle ourdit la trame de la calomnie, fait croire au juge tout ce qui lui pla\u00eet d\u2019imaginer, accuse Joseph de l\u2019avoir surprise seule, et, comme si elle avait \u00e9t\u00e9 outrag\u00e9e, demande vengeance\u00a0: enfin, comme pi\u00e8ce de conviction, ses mains impures portent les habits de l\u2019innocent jeune homme. Ainsi corrompu, le juge n\u2019appela point l\u2019accus\u00e9 devant son tribunal\u2009; et ne lui donna pas la parole. Sans l\u2019avoir vu, il le condamna comme coupable et convaincu d\u2019adult\u00e8re, et le fit jeter charg\u00e9 de cha\u00eenes dans la prison. Ainsi, celui que la vertu ornait, d\u2019une si belle couronne, dut vivre en prison avec des imposteurs, des briseurs de s\u00e9pulcres, des meurtriers, des hommes souill\u00e9s de tous les forfaits\u00a0: et pourtant toutes ces ignominies n\u2019ont pas pu le troubler\u2009! Un prisonnier qui avait offens\u00e9 le roi fut rel\u00e2ch\u00e9, mais lui, d\u00e9tenu depuis longtemps, il restait toujours enferm\u00e9\u00a0: et ce qui e\u00fbt d\u00fb lui m\u00e9riter, r\u00e9compense et gloire lui avait valu le dernier des ch\u00e2timents. Il ne s\u2019en \u00e9mouvait pas, s\u2019en scandalisait pas, il ne se disait pas m\u00eame\u00a0: pourquoi ces souffrances\u2009? \u00c0 quoi bon ces \u00e9preuves\u2009? Moi qui devais r\u00e9gner sur mes fr\u00e8res, non seulement je n\u2019ai pas les honneurs supr\u00eames, mais j\u2019ai m\u00eame perdu patrie, maison, parents, libert\u00e9, repos\u2009; j\u2019ai \u00e9t\u00e9 immol\u00e9 par ceux qui devaient se prosterner devant moi, et, apr\u00e8s qu\u2019ils m\u2019eurent ainsi sacrifi\u00e9, ils m\u2019ont vendu\u2009; je suis devenu esclave dans un pays barbare, j\u2019ai pass\u00e9 de ma\u00eetre en ma\u00eetre, et l\u00e0 ne s\u2019arr\u00eatent pas mes malheurs\u00a0: il n\u2019y a autour de moi que gouffres et que pr\u00e9cipices. Car, apr\u00e8s que mes fr\u00e8res m\u2019eurent entour\u00e9 de pi\u00e8ges, m\u2019eurent immol\u00e9, m\u2019eurent livr\u00e9 \u00e0 la servitude, \u00e0 la servitude des marchands, \u00e0 la servitude des \u00c9gyptiens, voil\u00e0 que\u00a0: de nouveau je vois se dresser devant moi les pi\u00e8ges de la mort, une calomnie plus noire encore que celle dont j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 victime d\u2019habiles machinations, une attaque passionn\u00e9e, une justice corrompue, une accusation qui me couvre de honte et me livre au supplice. Sans avoir pu plaider ma cause, je suis, quoiqu\u2019innocent, jet\u00e9 dans une prison o\u00f9, charg\u00e9 de cha\u00eenes, je dois vivre avec des adult\u00e8res, des meurtriers, des criminels souill\u00e9s de tous les forfaits. Cependant le premier \u00e9chanson est rel\u00e2ch\u00e9, la prison s\u2019ouvre pour lui, et moi, je ne puis pas, m\u00eame apr\u00e8s lui, obtenir de tr\u00eave \u00e0 mes souffrances\u2009; il a vu s\u2019accomplir les promesses de son r\u00eave, selon l\u2019interpr\u00e9tation que j\u2019en avais donn\u00e9e, et moi je reste accabl\u00e9 de maux intol\u00e9rables\u2009! Est-ce l\u00e0 ce que m\u2019avaient annonc\u00e9 mes songes\u2009? Est-ce l\u00e0 ce que me pr\u00e9sageaient et les astres et les gerbes de bl\u00e9\u2009? O\u00f9 sont les promesses du Seigneur\u2009? o\u00f9 sont ses paroles\u2009? Serais-je donc tromp\u00e9\u2009? serais-je donc abus\u00e9\u2009? Car comment mes fr\u00e8res se prosterneraient-ils devant moi, pauvre esclave charg\u00e9 de cha\u00eenes, condamn\u00e9 comme adult\u00e8re, sans cesse en p\u00e9ril de mort et si \u00e9loign\u00e9 de la terre qu\u2019ils habitent\u2009! Les promesses de Dieu ont p\u00e9ri et s\u2019en sont all\u00e9es au n\u00e9ant. Non, il n\u2019a rien dit, rien pens\u00e9 de tel\u2009; mais il attendait la fin, de toutes ces choses en homme assur\u00e9 que la sagesse de Dieu est infinie\u2009; que ses ressources sont innombrables\u2009; et non seulement il ne se scandalisait pas, mais m\u00eame il \u00e9tait fier et glorieux de ses maux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>Exemple de David propre \u00e0 consoler les afflig\u00e9s<\/em><\/h3>\n<p>Que dire de David\u2009? N\u2019avait-il pas \u00e9t\u00e9 sacr\u00e9 roi\u2009? n\u2019avait-il pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 par le suffrage de Dieu\u2009? ne tenait-ils pas le sceptre au milieu des Juifs\u2009? n\u2019avait-il pas remport\u00e9 sur le barbare Goliath un glorieux triomphe\u2009? Cependant voil\u00e0 qu\u2019il souffre les maux les plus cruels, entour\u00e9 d\u2019ennemis, environn\u00e9 de pi\u00e8ges par Sa\u00fcl, courant risque de la vie, entra\u00een\u00e9 dans les combats les plus p\u00e9rilleux, sans cesse chass\u00e9 dans le d\u00e9sert, errant, fugitif, sans cit\u00e9, sans pays, habitant une terre \u00e9trang\u00e8re\u00a0: Qu\u2019ai-je besoin d\u2019en dire plus\u2009? Enfin, il n\u2019avait plus de patrie, il avait perdu tout son royaume, il vivait au milieu d\u2019ennemis barbares acharn\u00e9s \u00e0 sa perte, il supportait une vie plus triste que la servitude\u00a0: car il manquait des premiers aliments, et il endurait ces souffrances apr\u00e8s que Samuel lui \u00e9tait apparu, apr\u00e8s qu\u2019il l\u2019avait oint de l\u2019huile sainte, apr\u00e8s qu\u2019il avait re\u00e7u la promesse de la royaut\u00e9, apr\u00e8s qu\u2019il avait tenu le sceptre et port\u00e9 le diad\u00e8me, apr\u00e8s que Dieu l\u2019avait \u00e9lu et lui avait donn\u00e9 son suffrage. Cependant tant de malheurs n\u2019ont pu le scandaliser, et il ne s\u2019est pas dit\u00a0: pourquoi donc tous ces maux\u2009? Moi, souverain, moi, qui devais poss\u00e9der un si grand empire, je ne puis pas m\u00eame avoir la s\u00e9curit\u00e9 du simple citoyen\u2009; mais errant, fugitif, sans cit\u00e9, sans pays, habitant une terre \u00e9trang\u00e8re, chass\u00e9 dans un pays barbare, je manque de la nourriture n\u00e9cessaire, et chaque jour Je vois suspendus sur ma t\u00eate les plus grands dangers. O\u00f9 sont les promesses de royaut\u00e9\u2009? o\u00f9 sont les paroles qui me disaient d\u2019esp\u00e9rer un empire\u2009? \u2014\u00a0Non, il n\u2019a rien dit, rien pens\u00e9 de tel\u2009; il ne s\u2019est pas scandalis\u00e9 de ce qui arrivait, mais il a attendu l\u2019accomplissement des promesses.<\/p>\n<p>J\u2019en pourrais citer mille autres qui, tomb\u00e9s dans des maux terribles, bien loin de se troubler, ont continu\u00e9 d\u2019avoir confiance dans les paroles du Seigneur, m\u00eame lorsqu\u2019ils voyaient que les faits \u00e9taient contraires aux promesses. Gr\u00e2ce \u00e0 leur patience, ils ont remport\u00e9 de glorieuses couronnes. Vous donc aussi, vous que j\u2019aime, attendez la fin\u00a0: car tout sera accompli, soit maintenant, soit plus tard. Humiliez-vous devant l\u2019incompr\u00e9hensible providence de Dieu, ne dites pas\u00a0: quel rem\u00e8de pourra-t-il trouver \u00e0 de si grands maux\u2009? et ne recherchez pas curieusement par quelles voies le Seigneur accomplit ses miracles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><strong>11<\/strong><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>Les Anciens ne se sont pas scandalis\u00e9s d\u00e8s le moment o\u00f9 ils ont vu les \u00e9v\u00e9nements contraires aux promesses de Dieu.<\/em><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3854\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.650px.17.jpg\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"922\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.650px.17.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.650px.17-211x300.jpg 211w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les justes dont je viens de parler n\u2019ont recherch\u00e9 ni pourquoi ni comment s\u2019accompliraient les promesses du Seigneur\u2009; mais, lors m\u00eame qu\u2019ils voyaient que tout \u00e9tait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 aux yeux de la raison humaine, ils ne se troublaient pas, ils ne s\u2019effrayaient pas, ils supportaient courageusement toutes les \u00e9preuves ils s\u2019en remettaient \u00e0 l\u2019avenir, assur\u00e9s que la parole du Tout-Puissant ne saurait faillir, et ne se laissaient pas abattre dans le moment m\u00eame par les \u00e9v\u00e9nements contraires. Ils \u00e9taient en effet pleinement convaincus que Dieu a dans sa sagesse des ressources infinies, qu\u2019il peut, m\u00eame apr\u00e8s avoir tout obscurci, remettre tout dans un plus beau jour, et qu\u2019il lui est tr\u00e8s facile de mener \u00e0 leur fin ses promesses. Toi aussi, mon ami, si d\u00e8s cette vie tu vois finir ce qui t\u2019afflige, glorifie le Seigneur\u2009; si au contraire les malheurs s\u2019ajoutent aux malheurs, glorifie-le encore et ne te scandalise pas, persuad\u00e9 que la providence de Dieu est infinie, qu\u2019aucune expression ne peut la rendre, et que toutes choses auront la fin que r\u00e9clame la justice soit maintenant, soit plus tard. Que si quelqu\u2019un, en m\u2019entendant dire\u00a0<em>: Plus tard<\/em>, s\u2019imagine dans sa petite intelligence qu\u2019il verra tout s\u2019accomplir ici-bas, nous lui dirons que notre vraie vie, que l\u2019\u00e9tat o\u00f9 nous resterons \u00e0 jamais, nous est r\u00e9serv\u00e9 dans l\u2019avenir. Nous ne sommes ici, que sur une route, l\u00e0 nous serons dans la patrie\u2009; ici tout passe comme les fleurs du printemps, l\u00e0 tout subsistera comme le roc, l\u00e0 sont les couronnes et les r\u00e9compenses qui ne p\u00e9rissent pas, l\u00e0 sont les prix destin\u00e9s aux vainqueurs, l\u00e0 sont les peines et les ch\u00e2timents intol\u00e9rables qui attendent ceux qui se seront couverts d\u2019une telle iniquit\u00e9. Mais enfin, me dira-t-on, pourquoi ne pas voir aussi ceux qui ont \u00e9t\u00e9 scandalis\u00e9s\u2009? Et moi, je te demande pourquoi, ne parlant pas de ceux qui ont brill\u00e9 d\u2019un plus grand \u00e9clat, tu choisis, pour les mettre en avant, ceux qui d\u2019abord se sont couverts du masque de la pi\u00e9t\u00e9, mais qui sont maintenant d\u00e9masqu\u00e9s\u2009? Ne sais-tu pas que le feu purifie l\u2019or et montre le vil plomb dans, toute sa laideur\u2009? Ne distingues-tu pas la paille du froment, les loups des agneaux, les hypocrites de ceux qui ont montr\u00e9 dans leur vie une pi\u00e9t\u00e9 sinc\u00e8re\u2009? Lors donc que tu verras le scandale dans ceux-l\u00e0, songe \u00e0 la gloire dont brillent ceux-ci. Oui, il en est qui ont tr\u00e9buch\u00e9, mais il en est bien plus qui sont rest\u00e9s fermes, qui se sont pr\u00e9par\u00e9 de grandes r\u00e9compenses, et n\u2019ont c\u00e9d\u00e9 ni \u00e0 la puissance des m\u00e9chants qui leur dressaient des pi\u00e9g\u00e9s, ni \u00e0 la difficult\u00e9 des temps. Que ceux qui ont \u00e9t\u00e9 scandalis\u00e9s se l\u2019imputent \u00e0 eux-m\u00eames, puis que trois enfants arrach\u00e9s du milieu des pr\u00eatres, \u00e9loign\u00e9s, du temple et de l\u2019autel, vivant au milieu d\u2019un pays barbare o\u00f9 aucune pratique de la loi n\u2019\u00e9tait observ\u00e9e, ont pourtant observ\u00e9 avec une scrupuleuse exactitude toutes les prescriptions de cette loi. Il en est de m\u00eame de Daniel et de mille autres\u00a0: mais tandis que les uns, m\u00eame r\u00e9duits en esclavage, ont pr\u00e9serv\u00e9 leur foi de toute atteinte, il en est d\u2019autres qui, restant chez eux et jouissant de tous les avantages de la patrie, se sont heurt\u00e9s, sont tomb\u00e9s et ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><strong>12<\/strong><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>Pourquoi il y a dans le monde des m\u00e9chants et des d\u00e9mons; pourquoi Dieu permet le scandale.<\/em><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3842\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.650px.05.jpg\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"693\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.650px.05.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/MET.650px.05-281x300.jpg 281w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>Si tu cherches \u00e0 savoir pourquoi le scandale est permis, si, ne t\u2019inclinent pas devant les raisons cach\u00e9es des conseils de Dieu, tu t\u2019efforces de satisfaire sur tous les points ton inqui\u00e8te curiosit\u00e9, de questions en questions combien d\u2019autres difficult\u00e9s ne vas-tu pas te proposer\u2009? Tu voudras savoir pourquoi Dieu a laiss\u00e9 les h\u00e9r\u00e9sies se produire, le diable et les d\u00e9mons nous tenter, les m\u00e9chants entra\u00eener dans leur chute beaucoup d\u2019entre nous, et, ce qui r\u00e9sume tout, pourquoi l\u2019ant\u00e9christ s\u2019avance, lui dont le pouvoir est tel pour tromper, que, dit le Sauveur, il irait jusqu\u2019\u00e0 s\u00e9duire, s\u2019il \u00e9tait possible, les justes eux-m\u00eames. (Matth. XXIV, 24.) Mais il ne faut pas se poser ces questions\u2009; en toutes choses, rapportons-nous-en \u00e0 la sagesse incompr\u00e9hensible de Dieu. Car, quand mille vagues, mille temp\u00eates l\u2019assailleraient, celui qui se tient ferme plein d\u2019une m\u00e2le assurance, non seulement ne sera pas atteint, mais m\u00eame deviendra plus fort, tandis que l\u2019homme faible et sans consistance, qui n\u2019a qu\u2019une mollesse n\u00e9gligente tombe souvent, m\u00eame sans \u00eatre pouss\u00e9 par personne. Si pourtant tu veux une explication, \u00e9coute celle que nous connaissons. Il en est assur\u00e9ment bien d\u2019autres qui sont connues de Celui dont la providence nous gouverne par des voies si diff\u00e9rentes et si vari\u00e9es\u00a0: pour celle que nous connaissons, la voici. Le scandale, disons-nous, est permis pour que les r\u00e9compenses r\u00e9serv\u00e9es aux \u00e2mes fortes et vertueuses ne perdent rien de leur \u00e9clat\u00a0: c\u2019est ce que nous enseigne Dieu lui-m\u00eame\u2009; lorsque, parlant \u00e0 Job, il lui dit\u00a0: <em>Si je t\u2019ai r\u00e9pondu, crois-tu que, ce soit pour autre chose que pour faire briller ta vertu\u2009?<\/em> (Job, XL, 3.) Paul dit\u00a0\u00e9galement\u00a0: <em>Il faut qu\u2019il y ait m\u00eame des h\u00e9r\u00e9sies afin qu\u2019on d\u00e9couvre par l\u00e0 ceux d\u2019entre vous qui ont une vertu \u00e9prouv\u00e9e<\/em>. (I Cor. XI, 19.) Lorsque tu l\u2019entends dire\u00a0: <em>Il faut qu\u2019il y ait des h\u00e9r\u00e9sies\u2009<\/em>; ne crois pas que l\u2019Ap\u00f4tre parle ainsi pour nous engager \u00e0 \u00eatre h\u00e9r\u00e9tiques, loin de toi cette pens\u00e9e\u2009; mais il annonce ce qui doit arriver et il pr\u00e9dit l\u2019avantage qu\u2019en retirent les fid\u00e8les attentifs et vigilants\u00a0: car, dit-il, c\u2019est alors que votre vertu para\u00eetra dans tout son \u00e9clat \u00e0 vous qui ne vous serez pas laiss\u00e9 tromper. Outre cette consid\u00e9ration, Dieu a encore permis pour un autre motif qu\u2019il y e\u00fbt des m\u00e9chants\u00a0: c\u2019est pour qu\u2019ils ne fussent pas priv\u00e9s des avantages qu\u2019ils retirent de leur conversion\u2009; c\u2019est ainsi qu\u2019ont \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9s l\u2019ap\u00f4tre Paul, le bon larron, la femme de mauvaise vie, le publicain et mille autres. Si, avant leur conversion, ils avaient \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9s de ce monde, aucun d\u2019eux n\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9. Quant \u00e0 la venue de l\u2019ant\u00e9christ, Paul en donne encore une autre raison, quelle est-elle\u2009? c\u2019est que les Juifs n\u2019auront ainsi \u00e0 se couvrir, d\u2019aucune d\u00e9fense. De quel pardon en effet, pourraient-ils \u00eatre dignes, eux qui n\u2019ont pas re\u00e7u le Christ, en qui ils devaient croire\u2009? C\u2019est pourquoi l\u2019Ap\u00f4tre dit\u00a0: <em>De la sorte seront condamn\u00e9s tous ceux qui n\u2019ont, point cru ci la v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire au Christ, mais qui ont estim\u00e9 l\u2019injustice<\/em> (II Thess. II, 11), c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019ant\u00e9christ. Ils pr\u00e9tendaient en effet qu\u2019ils ne croyaient pas en lui parce qu\u2019il se proclamait Dieu<em>. Nous te lapidons<\/em>, disent-ils, <em>parce qu\u2019\u00e9tant homme, tu te fais Dieu<\/em>. (Jean, X, 33). Pourtant ils l\u2019avaient entendu attribuer une grande puissance au P\u00e8re, il leur avait annonc\u00e9 qu\u2019il venait avec la permission de son P\u00e8re, et il en avait donn\u00e9 beaucoup de preuves. Comment donc s\u2019excuseront-ils, lorsqu\u2019ils auront accueilli l\u2019ant\u00e9christ, qui, lui aussi se dira Dieu, mais qui, bien loin de parler du P\u00e8re, n\u2019en fera pas m\u00eame mention. Aussi, le Christ au milieu des reproches qu\u2019il leur adresse, leur fait-il cette pr\u00e9diction\u00a0: <em>Je suis venu au nom de mon P\u00e8re, et vous ne me recevez pas\u2009; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez<\/em> (Jean, V, 43)\u2009; voil\u00e0 pourquoi le scandale est permis. Que si tu mets en avant ceux qui ont \u00e9t\u00e9 scandalis\u00e9s, je t\u2019opposerai ceux qui ont brill\u00e9 d\u2019une plus grande gloire, et je te dirai qu\u2019il ne fallait pas qu\u2019\u00e0 cause de la n\u00e9gligence et de la paresse de ceux qui ne peuvent pas \u00eatre attentifs et vigilants, et gagner ainsi d\u2019innombrables couronnes, les r\u00e9compenses r\u00e9serv\u00e9es aux justes, perdissent de leur \u00e9clat. Supprimez en effet ces occasions de combattre et de vaincre, et vous faites tort aux justes\u2009; donnez-les, et si les faibles ne s\u2019en tirent pas sans blessure, ils ne peuvent du moins en accuser qu\u2019eux-m\u00eames\u2009; pour les convaincre de leur faute et le leur reprocher, ils ont l\u2019exemple de ceux qui non seulement n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 scandalis\u00e9s, mais qui m\u00eame sont sortis de la lutte plus glorieux et plus forts.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><strong>13<\/strong><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>Rien ne peut blesser ni renverser ceux gui sont attentifs et vigilants; Abraham, No\u00e9, Job.<\/em><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3615\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Do-not-cry.650px.jpg\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"764\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Do-not-cry.650px.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Do-not-cry.650px-255x300.jpg 255w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>Dis-moi, je t\u2019en prie, de quels pr\u00eatres Abraham a-t-il eu le secours? de quels docteurs pouvait-il consulter les lumi\u00e8res\u2009? par qui a-t-il \u00e9t\u00e9 cat\u00e9chis\u00e9, exhort\u00e9, conseill\u00e9\u2009? Il n\u2019y avait pas alors d\u2019\u00c9criture, de loi, de proph\u00e8tes, ni rien de semblable\u2009; il naviguait sur une mer qui n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 ouverte, il marchait dans une voie qui n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 fray\u00e9e, bien plus, il \u00e9tait n\u00e9 d\u2019une famille et d\u2019un p\u00e8re impies. Malgr\u00e9 tant de d\u00e9savantages qu\u2019il avait sur nous, il n\u2019a pas chancel\u00e9. Voyez au contraire de quel \u00e9clat a brill\u00e9 sa vertu\u2009! ce qu\u2019apr\u00e8s un si long temps, apr\u00e8s les proph\u00e8tes, apr\u00e8s la loi, ce qu\u2019apr\u00e8s une si longue instruction, confirm\u00e9e par tant de preuves, par tant de prodiges, le Christ a d\u00fb enseigner aux hommes\u2009! Abraham en avait beaucoup de si\u00e8cles avant, donn\u00e9 l\u2019exemple\u2009; il a montr\u00e9 une charit\u00e9 ardente et sinc\u00e8re, a m\u00e9pris\u00e9 les richesses, il a \u00e9t\u00e9 plein de sollicitude pour tous ceux qui lui \u00e9taient unis par le sang, il a foul\u00e9 aux pieds tout faste, il a rejet\u00e9 loin de lui toute mollesse et tout rel\u00e2chement, et il a v\u00e9cu avec plus d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 que les moines qui habitent maintenant sur le sommet des montagnes. En effet, il n\u2019avait pas de maison, et c\u2019\u00e9tait un toit de feuillage qui abritait et couvrait la t\u00eate de ce juste\u2009; \u00e9tranger dans la terre qu\u2019il habitait, il n\u2019en avait pas moins de z\u00e8le \u00e0 accorder l\u2019hospitalit\u00e9, et tout \u00e9tranger qu\u2019il \u00e9tait sur cette terre \u00e9trang\u00e8re, il s\u2019employait chaque jour \u00e0 recevoir et \u00e0 soigner tous ceux qui pouvaient voyager \u00e0 l\u2019heure du midi, il les servait de ses propres mains et se faisait aider par sa femme dans cette noble occupation. Que n\u2019a-t-il pas fait pour son neveu, bien que celui-ci se f\u00fbt mal comport\u00e9 envers lui et qu\u2019il e\u00fbt voulu prendre la plus belle part dans le partage, et cela apr\u00e8s que l\u2019\u00e9lection du Seigneur avait choisi Abraham\u2009! N\u2019a-t-il pas vers\u00e9 le sang\u2009? n\u2019a-t-il pas arm\u00e9 tous ses serviteurs\u2009? ne s\u2019est-il pas jet\u00e9 dans un danger manifeste\u2009? au temps o\u00f9 il lui fut ordonn\u00e9 de quitter son pays et d\u2019aller dans une autre contr\u00e9e, n\u2019a-t-il pas ob\u00e9i sur l\u2019heure\u2009? n\u2019a-t-il pas abandonn\u00e9 sa patrie, ses amis, ses proches, tous ceux qu\u2019il connaissait\u2009? par soumission au commandement du Seigneur n\u2019a-t-il pas d\u00e9laiss\u00e9 des biens assur\u00e9s\u2009? ne les a-t-il pas sacrifi\u00e9s dans sa pens\u00e9e \u00e0 des biens incertains, tant il croyait aux promesses de Dieu, tant il avait toute la foi qui nous est prescrite\u2009! Apr\u00e8s tout cela, comme la disette le faisait souffrir de la faim, et qu\u2019il avait d\u00fb changer de pays une seconde fois, loin de se troubler et de s\u2019effrayer, n\u2019a-t-il pas montr\u00e9 la m\u00eame ob\u00e9issance, la m\u00eame sagesse, la m\u00eame constance\u2009? n\u2019est-il pas all\u00e9 en \u00c9gypte, et, docile \u00e0 la voix de Dieu qui le lui ordonnait, ne s\u2019est-il pas s\u00e9par\u00e9 de son \u00e9pous\u00e9\u2009? n\u2019a-t-il pas vu l\u2019\u00c9gyptien la souiller autant qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 en son pouvoir\u2009? n\u2019a-t-il pas \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 \u00e0 l\u2019endroit le plus sensible d\u2019un coup plus terrible que la mort\u2009? Car, dis-moi\u2009; y a-t-il rien de plus affreux que de voir, apr\u00e8s toute une vie de vertu, une femme \u00e0 laquelle on est uni par les liens du mariage, livr\u00e9e en p\u00e2ture aux d\u00e9sirs effr\u00e9n\u00e9s d\u2019un barbare, conduite dans le palais du roi, enfin d\u00e9shonor\u00e9e\u2009? Il est vrai que l\u2019outrage n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019au fait m\u00eame, mais Abraham s\u2019attendait \u00e0 le voir consomm\u00e9, il n\u2019en supportait pas moins avec courage toutes les \u00e9preuves\u2009; ni le malheur ne pouvait l\u2019abattre, ni la bonne fortune le gonfler d\u2019orgueil, mais il conservait en toutes circonstances une admirable \u00e9galit\u00e9 d\u2019\u00e2me. Ce n\u2019est pas tout, lorsqu\u2019il lui fut annonc\u00e9 qu\u2019il aurait un fils, son esprit ne lui montrait-il pas mille obstacles qui s\u2019y opposaient\u2009? Mais n\u2019a-t-il pas apais\u00e9 ses raisonnements, calm\u00e9 leur tumulte, et brill\u00e9 ainsi de tout l\u2019\u00e9clat de la foi\u2009? Lorsqu\u2019ensuite il re\u00e7ut l\u2019ordre d\u2019offrir son fils en holocauste, n\u2019a-t-il pas mis \u00e0 le mener au sacrifice tout l\u2019empressement qu\u2019il aurait mis \u00e0 le marier, \u00e0 le conduire au lit nuptial\u2009? n\u2019a-t-il pas pour ainsi dire d\u00e9pouill\u00e9 sa nature et cess\u00e9 d\u2019\u00eatre homme\u2009? n\u2019a-t-il pas offert au Seigneur un sacrifice nouveau et extraordinaire\u2009? n\u2019a-t-il pas, \u00e0 lui seul, support\u00e9 tout le poids de la lutte, sans vouloir appeler \u00e0 son aide sa femme, son esclave ou tout autre\u2009? Il savait, oui, il savait clairement combien \u00e9tait profond le pr\u00e9cipice qui s\u2019ouvrait sous ses pieds, combien lourd le fardeau qui lui \u00e9tait impos\u00e9, combien terrible le combat qu\u2019il allait soutenir, et c\u2019est parce qu\u2019il le savait qu\u2019il a voulu parcourir seul toute la carri\u00e8re, qu\u2019il l\u2019a parcourue, qu\u2019il a combattu, qu\u2019il a remport\u00e9 la couronne, qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 proclam\u00e9 vainqueur. Quel pr\u00eatre lui a enseign\u00e9 cette foi\u2009? quel docteur\u2009? quel proph\u00e8te\u2009? aucun\u2009; mais, comme il avait une \u00e2me forte, il s\u2019est suffi \u00e0 lui-m\u00eame en toute occasion.<\/p>\n<p>Que dire de No\u00e9\u2009? quel pr\u00eatre, quel docteur, quel ma\u00eetre l\u2019a instruit\u2009? N\u2019a-t \u2014 il pas, par ses seules forces, alors que tout l\u2019univers \u00e9tait rempli de crimes, suivi une voie tout oppos\u00e9e \u00e0 celle qu\u2019il voyait suivre\u2009? n\u2019a-t-il pas cultiv\u00e9 la vertu\u2009? n\u2019a-t-il pas brill\u00e9 d\u2019un tel \u00e9clat au milieu des hommes, qu\u2019il a pu sortir lui-m\u00eame sain et sauf de la ruine commune de toute la terre, et, par sa sublime vertu, arracher beaucoup d\u2019autres que lui aux dangers qui les mena\u00e7aient\u2009? De qui a-t-il appris \u00e0 \u00eatre juste, \u00e0 \u00eatre parfait\u2009? De quel pr\u00eatre, de quel docteur a-t-il re\u00e7u l\u2019enseignement\u2009? D\u2019aucuns que tu puisses citer. Voyez au contraire son fils\u2009! bien qu\u2019il ait eu sous les yeux, pour l\u2019instruire sans cesse, la vertu d\u2019un tel p\u00e8re, bien qu\u2019il ait entendu les le\u00e7ons que No\u00e9 lui donnait par ses actions comme par ses paroles, bien qu\u2019il ait eu pour l\u2019exhorter la voix puissante des \u00e9v\u00e9nements, celle de la perte du genre humain, celle du salut de sa famille, il se montra cependant coupable envers lui, se moqua de sa nudit\u00e9, et la livra \u00e0 la ris\u00e9e. (Gen.\u00a0IX, 22.) Ne vois-tu pas qu\u2019on a toujours besoin d\u2019avoir une \u00e2me forte et g\u00e9n\u00e9reuse\u2009?<\/p>\n<p>Mais parlons de Job. Dis-moi, quels proph\u00e8tes avait-il entendus\u2009? quel enseignement avait-il re\u00e7u\u2009? aucun. Cependant, quoique priv\u00e9 de ces secours, il s\u2019est montr\u00e9 d\u2019une scrupuleuse exactitude dans l\u2019observation de tous les devoirs. Il a partag\u00e9 avec les pauvres tous ses biens, il a fait plus\u2009; il a mis son corps \u00e0 leur service, car il recevait les voyageurs, et sa maison leur appartenait plus qu\u2019au possesseur lui-m\u00eame. Il employait la vigueur de son corps \u00e0 d\u00e9fendre les opprim\u00e9s\u2009; par la sagesse et la mod\u00e9ration da sa parole, il r\u00e9duisait au silence les calomniateurs\u2009; enfin, il faisait briller dans toutes ses actions une conduite vraiment \u00e9vang\u00e9lique. En effet, le Christ dit\u00a0: <em>Bienheureux les pauvres d\u2019esprit<\/em> (Matth. V, 3)\u2009! et c\u2019est ce dont Job a montr\u00e9 la v\u00e9rit\u00e9 par tout ce qu\u2019il a fait. <em>Si j\u2019avais d\u00e9daign\u00e9, dit-il, de faire droit \u00e0 mon serviteur et \u00e0 ma servante, quand ils ont contest\u00e9 avec moi, qu\u2019eusse je fait, quand le Dieu fort se serait lev\u00e9\u2009? et quand il m\u2019aurait demand\u00e9 compte, que lui aurais-je r\u00e9pondu\u2009? Celui qui m\u2019a cr\u00e9\u00e9 dans le sein de ma m\u00e8re, n\u2019a-t-il pas fait aussi celui qui me sert\u2009? Nous avons \u00e9t\u00e9 form\u00e9s de m\u00eame dans le sein maternel<\/em>. (Job, XXXI, 13-15.) <em>Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu\u2019ils poss\u00e9deront la terre\u2009! <\/em>(Matth. V, 4.) Qui a donc \u00e9t\u00e9 plus doux que celui dont ses serviteurs disaient\u00a0: <em>Qui nous, donnera de sa chair\u2009? nous n\u2019en saurions \u00eatre rassasi\u00e9s<\/em> (Job, XXXI, 31), tant ils avaient pour lui un ardent amour\u2009! <em>Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu\u2019ils seront consol\u00e9s\u2009!<\/em> (Matth, V, 5) Ce, m\u00e9rite ne lui a pas manqu\u00e9 plus que les autres. \u00c9coute-le en effet\u00a0: <em>Quand j\u2019ai p\u00e9ch\u00e9 volontairement, ai-je redout\u00e9 la foule du peuple pour ne pas raconter mon iniquit\u00e9\u2009<\/em>? (Job, XXXI, 33-34.) Un homme ainsi dispos\u00e9 devait \u00e9videmment verser une grande abondance de larmes. <em>Bienheureux ceux qui sont affam\u00e9s et alt\u00e9r\u00e9s de la justice\u2009!<\/em> (Matth. V, 6.) Tu vois que cette parole s\u2019est admirablement v\u00e9rifi\u00e9e en lui. <em>J\u2019ai bris\u00e9, <\/em>dit-il<em>, les m\u00e2choires de l\u2019injuste, et je lui ai arrach\u00e9 la proie d\u2019entre les dents.<\/em> (Job, XXIX, 17.) <em>Je m\u2019\u00e9tais rev\u00eatu de la justice\u2009; mon \u00e9quit\u00e9 \u00e9tait comme un manteau qui me servait de v\u00eatement<\/em>. (Ibid. 14.) <em>Bienheureux ceux qui sont mis\u00e9ricordieux, parce qu\u2019ilsobtiendront eux-m\u00eames mis\u00e9ricorde\u2009<\/em>! (Matth. V, 7) Or, Job a \u00e9t\u00e9 mis\u00e9ricordieux non seulement en donnant son bien, en couvrant les nus, en nourrissant les affam\u00e9s, en secourant les veuves, en d\u00e9fendant les orphelins, en portant rem\u00e8de aux bless\u00e9s, mais aussi en compatissant dans son \u00e2me \u00e0 toutes les souffrances. <em>Car, <\/em>dit-il<em>, j\u2019ai pleur\u00e9 sur toutes les infirmit\u00e9s, et j\u2019ai g\u00e9mi chaque fois que j\u2019ai vu un homme dans la n\u00e9cessit\u00e9.<\/em> (Job, XXX, 25.) En effet, comme s\u2019il avait \u00e9t\u00e9 le p\u00e8re de tous les infortun\u00e9s, il venait en aide au malheur des uns, il pleurait sur le malheur des autres, et se montrait mis\u00e9ricordieux en paroles, et en actes, par sa compassion et par ses larmes\u2009; il employait tous les moyens pour relever ceux qui \u00e9taient accabl\u00e9s de maux et il \u00e9tait pour tous les faibles comme un port hospitalier. <em>Bienheureux ceux qui ont le c\u0153ur pur, car ils verront Dieu<\/em>\u2009! (Matth. V, 8.) Cela s\u2019est encore v\u00e9rifi\u00e9 en lui avec \u00e9clat. \u00c9coute en effet le t\u00e9moignage que lui rend le Seigneur\u00a0: <em>Il n\u2019a point d\u2019\u00e9gal sur la terre cet homme int\u00e8gre et droit, qui craint Dieu et se d\u00e9tourne du mal<\/em>. (Job, XVIII.)<\/p>\n<p><em>Bienheureux ceux qui souffrent pers\u00e9cution pour la justice, car le royaume des cieux est \u00e0 eux\u2009!<\/em> (Matth. V, 10.) C\u2019est ainsi qu\u2019il a triomph\u00e9 dans beaucoup de combats et remport\u00e9 un grand nombre de couronnes. Ce n\u2019\u00e9taient pas les hommes qui le tourmentaient, c\u2019est le d\u00e9mon, ce principe de tous les maux, qui, apr\u00e8s avoir fait avancer toutes les machines de guerre, l\u2019assaillit, le chassa de sa demeure. et de sa patrie, le jeta sur le fumier, lui enleva toutes ses richesses, tous ses enfants, la sant\u00e9 m\u00eame, et le tortura par les douleurs de la faim. Ensuite plusieurs de ses amis lui prodigu\u00e8rent l\u2019insulte et rouvrirent toutes les blessures de son \u00e2me. <em>Vous serez heureux lorsqu\u2019\u00e0 cause de moi on vous dira des injures, qu\u2019on vous pers\u00e9cutera et qu\u2019on dira faussement contre vous toute sorte de mal. R\u00e9jouissez-vous alors et tressaillez de joie, parce que votre r\u00e9compense sera grande dans les cieux.<\/em> (Matth. V, 11, 12.) Cette b\u00e9atitude, il l\u2019a encore obtenue, et avec quelle pl\u00e9nitude\u2009! En effet, ceux qui se trouvaient aupr\u00e8s de lui le d\u00e9chiraient dans leurs paroles\u2009; ils pr\u00e9tendaient que son ch\u00e2timent n\u2019\u00e9tait pas assez grand pour ses fautes, ils l\u2019accablaient d\u2019interminables accusations et ourdissaient contre lui le mensonge et la calomnie. Job les arracha pourtant au p\u00e9ril que Dieu avait d\u00e9j\u00e0 suspendu sur leurs t\u00eates, et ne leur fit aucun reproche pour les injures qu\u2019ils lui avaient adress\u00e9es. Car l\u00e0 il a suivi ce pr\u00e9cepte\u00a0: <em>Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous pers\u00e9cutent.<\/em> (Matth. V, 44.) Il les a aim\u00e9s en effet, il a pri\u00e9 pour eux, il a apais\u00e9 la col\u00e8re de Dieu, et il a rachet\u00e9 leurs fautes. Cependant ni proph\u00e8tes ni \u00e9vang\u00e9listes, ni pr\u00eatres ni docteurs, personne enfin ne l\u2019avait exhort\u00e9 \u00e0 la vertu. Vois-tu de quel prix est une \u00e2me g\u00e9n\u00e9reuse, et combien elle se suffit \u00e0 elle-m\u00eame dans la pratique du bien, m\u00eame lorsque personne ne lui donne ses soins\u2009? Bien plus, il avait eu pour anc\u00eatres des hommes sans pi\u00e9t\u00e9 et souill\u00e9s de tous les crimes. Paul, parlant de son anc\u00eatre \u00c9sa\u00fc, s\u2019exprime ainsi\u00a0: <em>Qu\u2019il n\u2019y ait pas de fornicateur et de profane comme \u00c9sa\u00fc, qui vendit son droit d\u2019a\u00eenesse pour un seul mets.<\/em> (H\u00e9br. XII, 16.)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-2579\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/08.650px-585x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"585\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/08.650px-585x1024.jpg 585w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/08.650px-171x300.jpg 171w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/08.650px.jpg 650w\" sizes=\"auto, (max-width: 585px) 100vw, 585px\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5 style=\"text-align: center;\">Saint Jean Chrysostome<\/h5>\n<h5 style=\"text-align: center;\"><em>\u0152uvres compl\u00e8tes traduites pour la premi\u00e8re fois en fran\u00e7ais sous la Direction de M. Jeannin<\/em><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.bibliotheque-monastique.ch\/bibliotheque\/bibliotheque\/saints\/chrysostome\/tome4\/discours\/disours002.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Tome quatri\u00e8me, pp. 362-375<\/a><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: center;\">Sueur-Charruey, Imprimeur-Libraire-Editeur, Arras, 1887<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"vlp-link-container vlp-layout-basic\"><a href=\"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/saint-jean-chrysostome-adversites\/\" class=\"vlp-link\" title=\"\u00c0 ceux qui se scandalisent des adversit\u00e9s\"><\/a><div class=\"vlp-layout-zone-side\"><div class=\"vlp-block-2 vlp-link-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"max-width: 150px;\" width=\"150\" height=\"201\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/01.400px.jpg\" class=\"attachment-150x999 size-150x999\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/01.400px.jpg 400w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/01.400px-224x300.jpg 224w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/div><\/div><div class=\"vlp-layout-zone-main\"><div class=\"vlp-block-0 vlp-link-title\">\u00c0 ceux qui se scandalisent des adversit\u00e9s<\/div><div class=\"vlp-block-1 vlp-link-summary\">\u00c0 ceux qui se scandalisaient des malheurs survenus, de la pers\u00e9cution subie par le peuple et les pr\u00eatres,&hellip;<\/div><\/div><\/div>\n<div class=\"vlp-link-container vlp-layout-basic\"><a href=\"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/chretiens-de-france\/\" class=\"vlp-link\" title=\"Saint Jean Chrysostome, aux chr\u00e9tiens de France\"><\/a><div class=\"vlp-layout-zone-side\"><div class=\"vlp-block-2 vlp-link-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"max-width: 150px;\" width=\"150\" height=\"181\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/07.650px.jpg\" class=\"attachment-150x999 size-150x999\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/07.650px.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/07.650px-249x300.jpg 249w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/div><\/div><div class=\"vlp-layout-zone-main\"><div class=\"vlp-block-0 vlp-link-title\">Saint Jean Chrysostome, aux chr\u00e9tiens de France<\/div><\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<span hidden class=\"__iawmlf-post-loop-links\" data-iawmlf-links=\"[{&quot;id&quot;:621,&quot;href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/www.bibliotheque-monastique.ch\\\/bibliotheque\\\/bibliotheque\\\/saints\\\/chrysostome\\\/tome4\\\/discours\\\/disours002.htm&quot;,&quot;archived_href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/web-wp.archive.org\\\/web\\\/20250115095859\\\/http:\\\/\\\/www.bibliotheque-monastique.ch\\\/bibliotheque\\\/bibliotheque\\\/saints\\\/chrysostome\\\/tome4\\\/discours\\\/disours002.htm&quot;,&quot;redirect_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;checks&quot;:[{&quot;date&quot;:&quot;2026-03-27 22:05:29&quot;,&quot;http_code&quot;:206}],&quot;broken&quot;:false,&quot;last_checked&quot;:{&quot;date&quot;:&quot;2026-03-27 22:05:29&quot;,&quot;http_code&quot;:206},&quot;process&quot;:&quot;done&quot;}]\"><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; 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