{"id":3681,"date":"2021-03-17T13:06:58","date_gmt":"2021-03-17T12:06:58","guid":{"rendered":"http:\/\/hesychia.eu\/?p=3681"},"modified":"2021-03-17T14:11:33","modified_gmt":"2021-03-17T13:11:33","slug":"persecution-iii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/2021\/03\/17\/persecution-iii\/","title":{"rendered":"Saint Jean Chrysostome &#8211; la fin d&rsquo;une vie d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Dieu \/ La pers\u00e9cution et l&rsquo;exil III"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">Voyage de Jean \u2014 S\u00e9jour \u00e0 Nic\u00e9e<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nous devons revenir sur nos pas et suivre dans sa route le grand exil\u00e9. Parti de Constantinople le 20 juin, il fut d\u00e9barqu\u00e9, le soir m\u00eame ou le lendemain, dans le golfe d\u2019Astac\u00e8ne, sur la Propontide, et imm\u00e9diatement achemin\u00e9 sur Nic\u00e9e. Il n\u2019avait pas atteint cette premi\u00e8re \u00e9tape de l\u2019exil, qu\u2019on lui enleva ses compagnons de voyage, et que sa captivit\u00e9, entour\u00e9e d\u2019abord de respects et de soins, devint tout \u00e0 coup tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re\u2009; il fut mis en prison.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3568\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Angel-John-and-Onuphri.940px.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"163\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Angel-John-and-Onuphri.940px.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Angel-John-and-Onuphri.940px-300x52.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Angel-John-and-Onuphri.940px-768x133.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Toutefois, ces outrageantes rigueurs dur\u00e8rent peu, et d\u00e8s le 28 ou le 29 il \u00e9tait rendu dans la capitale de la Bithynie, o\u00f9 les ordres ult\u00e9rieurs de la cour et sa destination lui devaient \u00eatre signifi\u00e9s. Sa sant\u00e9 toujours chancelante, mais plus \u00e9branl\u00e9e encore par les \u00e9motions de ces derniers mois et les fatigues d\u2019un voyage \u00e0 pied sous un ciel br\u00fblant, rendait indispensable un repos de quelques jours. L\u2019air de Nic\u00e9e, sur un beau lac, au milieu d\u2019une plaine vaste et fertile, lui fit du bien. Cette ville, d\u2019ailleurs, avait des souvenirs religieux qui parlaient \u00e0 son c\u0153ur. L\u2019\u00e2me d\u2019Athanase dut appara\u00eetre \u00e0 la sienne et relever son courage\u2009; car, lui aussi, il souffrait pour la v\u00e9rit\u00e9, il \u00e9tait immol\u00e9 pour elle, et, plus que jamais recueilli dans la pens\u00e9e de son Dieu, il se f\u00e9licitait d\u2019\u00e9tancher au calice du Seigneur et des Saints sa noble soif de souffrir. Il ne resta en Bithynie qu\u2019un petit nombre de jours, et les employa \u00e0 \u00e9crire \u00e0 ses amis pour les consoler, surtout \u00e0 activer par ses lettres une \u0153uvre qu\u2019il affectionnait singuli\u00e8rement\u00a0: la conversion de la Ph\u00e9nicie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">Mission de Ph\u00e9nicie<\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3585\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Birth-of-the-Mother-of-God.940px.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"218\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Birth-of-the-Mother-of-God.940px.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Birth-of-the-Mother-of-God.940px-300x70.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Birth-of-the-Mother-of-God.940px-768x178.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><\/p>\n<p>Au temps de sa puissance, la propagation de l\u2019\u00c9vangile \u00e9tait une de ses grandes sollicitudes\u00a0: il e\u00fbt voulu qu\u2019aucun lieu de la terre ne rest\u00e2t dans la nuit de l\u2019erreur. Sans arri\u00e8re-pens\u00e9e d\u2019ambition, br\u00fblant du feu le plus pur de l\u2019apostolat, il aimait \u00e0 \u00e9tendre sa charit\u00e9 jusqu\u2019aux limites de l\u2019empire\u2009; et son c\u0153ur, quoique tout entier \u00e0 ses ouailles embrassait l\u2019univers. Des pr\u00eatres anim\u00e9s de son esprit allaient \u00e7\u00e0 et l\u00e0, partout o\u00f9 le besoin s\u2019en faisait sentir, parler de J\u00e9sus-Christ et combattre les idoles. Quelques progr\u00e8s qu\u2019e\u00fbt fait le Christianisme, quelle que f\u00fbt sa puissance sous les empereurs chr\u00e9tiens, il y avait encore des contr\u00e9es de l\u2019Orient qui se d\u00e9robaient en tout ou en partie \u00e0 sa divine lumi\u00e8re\u2009; une foule de villages \u00e9taient dans ce cas. Or, entre les corps exp\u00e9ditionnaires de la foi employ\u00e9s \u00e0 de lointaines conqu\u00eates, celui de Ph\u00e9nicie occupait surtout le pieux proscrit. Un homme d\u2019un grand c\u0153ur, d\u2019un d\u00e9vouement \u00e0 toute \u00e9preuve, d\u2019un m\u00e9rite \u00e9minent qui rehaussait sa modestie, Constantinus, commandait en ce moment cette petite troupe d\u2019ap\u00f4tres, au milieu de fatigues, de p\u00e9rils, de vicissitudes de tonte esp\u00e8ce. Jean l\u2019avait \u00e9tabli, au nom de son amour pour les \u00e2mes et de son z\u00e8le pour la gloire de Dieu, sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral des missions de la Ph\u00e9nicie et de l\u2019Arabie\u00a0: et au moment m\u00eame o\u00f9 il succombait \u00e0 Byzance sous les coups de la calomnie et du despotisme, \u00e0 la veille d\u2019\u00eatre arrach\u00e9 \u00e0 son troupeau, il songeait \u00e0 Constantinus, \u00e0 lui procurer en hommes et en argent le plus de secours possible. Les tristes loisirs de l\u2019exil lui laissant plus de libert\u00e9 pour penser \u00e0 ces \u00e9glises n\u00e9es d\u2019hier qui donnaient d\u00e9j\u00e0 de si belles esp\u00e9rances, il se mit \u00e0 recruter des ouvriers \u00e9vang\u00e9liques, qu\u2019il exp\u00e9dia \u00e0 son ami avec ces recommandations\u00a0:<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009Devant quitter Nic\u00e9e le 4 juillet, j\u2019adresse \u00e0 ta pi\u00e9t\u00e9 cette lettre pour t\u2019exhorter, comme je n\u2019ai cess\u00e9 de le faire, \u00e0 poursuivre sans interruption, malgr\u00e9 la temp\u00eate qui gronde et le courroux des flots, l\u2019\u0153uvre confi\u00e9e \u00e0 ta sagesse : je veux dire l\u2019an\u00e9antissement de l\u2019Hell\u00e9nisme, la construction des \u00e9glises et le salut des \u00e2mes. En effet, ce n\u2019est pas quand la mer est plus furieuse que le pilote abandonne le gouvernail, ni au plus fort de la maladie que le m\u00e9decin s\u2019\u00e9loigne de son malade\u2009; c\u2019est alors, au contraire, qu\u2019ils d\u00e9ploient l\u2019un et l\u2019autre toutes les ressources de leur art. Toi aussi, pieux et v\u00e9n\u00e9r\u00e9 Seigneur, tu dois montrer, \u00e0 cette heure, la plus grande \u00e9nergie. Que la vue de ce qui se passe ne te d\u00e9courage point\u2009; car nous ne rendrons pas compte du mal qu\u2019on nous fait. Loin de l\u00e0, nous y trouverons un titre \u00e0 la r\u00e9compense. Mais si nous n\u00e9gligeons notre t\u00e2che, si nous restons inactifs, nous n\u2019aurons pas d\u2019excuse dans la grandeur des maux qui peuvent nous assaillir. Est-ce que Paul emprisonn\u00e9 ne remplissait pas son office d\u2019Ap\u00f4tre\u2009? Plein de ces pens\u00e9es, cher seigneur, occupe-toi sans rel\u00e2che des \u00e9glises de Ph\u00e9nicie, d\u2019Arabie, de tout l\u2019Orient, et sois convaincu que ta couronne sera d\u2019autant plus belle que lu rencontreras dans l\u2019accomplissement de ta mission plus d\u2019obstacles. \u00c9cris-moi souvent\u2026 Je sais maintenant que je ne suis point envoy\u00e9 \u00e0 S\u00e9baste, mais \u00e0 Cucuse, o\u00f9 il le sera plus facile d\u2019\u00eatre en relation avec moi. Fais-moi conna\u00eetre le nombre des \u00e9glises b\u00e2ties tous les ans, les hommes d\u00e9vou\u00e9s qui viennent te joindre et les r\u00e9sultats importants que tu auras obtenus. J\u2019ai trouv\u00e9 ici un pieux solitaire auquel j\u2019ai persuad\u00e9 de venir se mettre \u00e0 ta disposition\u2009; je d\u00e9sire savoir s\u2019il est arriv\u00e9. Sa \u2014 lamine dans l\u2019\u00eele de Chypre, est opprim\u00e9e par l\u2019h\u00e9r\u00e9sie des Marcionites\u2009; j\u2019allais m\u2019en occuper, et j\u2019aurais conduit cette affaire \u00e0 bonne fin si l\u2019on ne m\u2019e\u00fbt chass\u00e9. Si tu sais que l\u2019\u00e9v\u00eaque Cyriaque 1 est \u00e0 Constantinople, \u00e9cris-lui \u00e0 ce sujet, et il te pr\u00eatera un concours efficace. Exhorte tout le monde, et principalement ceux qui ont confiance en Dieu, \u00e0 prier assid\u00fbment et beaucoup afin que cette horrible tourmente s\u2019apaise. En effet, d\u2019intol\u00e9rables malheurs ont fondu sur l\u2019Asie et sur une foule de villes et d\u2019\u00e9glises\u2009; les \u00e9num\u00e9rer serait trop long\u2009; je ne te dis qu\u2019une chose : il faut prier assid\u00fbment et beaucoup\u2009<\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">Cucuse et les Isaure<\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3581\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Assembly-of-Angels.940px.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"140\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Assembly-of-Angels.940px.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Assembly-of-Angels.940px-300x45.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Assembly-of-Angels.940px-768x114.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><\/p>\n<p>Le bruit s\u2019\u00e9tait r\u00e9pandu que le noble proscrit devait \u00eatre d\u00e9port\u00e9 en Scythie\u2009; puis, on avait parl\u00e9 de S\u00e9baste, la ville des quarante martyrs, dans la petite Arm\u00e9nie\u2009; enfin, l\u2019ordre \u00e9tait venu de le conduire \u00e0 Gueuse, dans cette partie de la Cappadoce qu\u2019on appelait Cataonie. Paul, l\u2019un des pr\u00e9d\u00e9cesseurs de Jean, avait \u00e9t\u00e9 exil\u00e9 \u00e0 Cucuse et y \u00e9tait mort, \u00e9trangl\u00e9 par les Ariens. Outre ce lugubre souvenir, cette ville ch\u00e9tive et qui n\u2019\u00e9tait gu\u00e8re qu\u2019un mis\u00e9rable bourg, avait contre elle sa situation isol\u00e9e dans une gorge du Taurus, son climat rigoureux et malsain, et surtout le terrible voisinage des Isaures. Race sauvage, indomptable, habitu\u00e9e \u00e0 vivre de brigandage, les Isaures \u00e9taient toujours pr\u00eats \u00e0 s\u2019abattre, comme l\u2019ouragan, du haut de leurs montagnes sur les vall\u00e9es et sur les plaines o\u00f9 ils portaient la d\u00e9vastation et la mort. Ils n\u2019occupaient qu\u2019un petit district de l\u00e0 Lycaonie, et cependant ils avaient tenu en \u00e9chec, au plus beau temps de la puissance de Rome, les arm\u00e9es triomphantes de la r\u00e9publique. Leur audace n\u2019avait fait que s\u2019accro\u00eetre par les malheurs de l\u2019empire. Battus quelquefois, jamais soumis, ils sortaient \u00e0 l\u2019improviste de leurs repaires, interceptaient les routes, ran\u00e7onnaient les voyageurs, saccageaient et pillaient les villes, \u00e9gorgeaient sans quartier tout ce qui r\u00e9sistait\u00a0: puis, an moindre p\u00e9ril, regagnaient avec la vitesse du cerf leurs rocs \u00e9lev\u00e9s, inaccessibles, d\u2019o\u00f9 ils d\u00e9fiaient toutes les col\u00e8res et tous les soldats de Byzance et de Rome. L\u2019empire avait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 de les r\u00e9duire, et s\u2019\u00e9tait born\u00e9 \u00e0 les enfermer dans une ceinture de forteresses, souvent insuffisantes \u00e0 les contenir. H\u00e9raclius perdit deux cent mille hommes dans ses exp\u00e9ditions contre eux, et l\u2019on vit plus tard les enfants de cette race redout\u00e9e et proscrite s\u2019asseoir sur le tr\u00f4ne de Constantin. Au temps d\u2019Arcadius, la faiblesse m\u00e9pris\u00e9e du gouvernement leur avait permis de multiplier leurs incursions et d\u2019\u00e9tendre leurs ravages. Leur nom inspirait autant d\u2019effroi que celui des Huns.<\/p>\n<p>Les amis du Patriarche, ceux du moins que la pers\u00e9cution n\u2019avait pas encore atteints ou qui conservaient \u00e0 la cour quelques aboutissants, faisaient tout pour changer cette destination et obtenir \u00e0 l\u2019exil\u00e9 une r\u00e9sidence moins lointaine et surtout moins redoutable. La gr\u00e2ce sollicit\u00e9e \u00e9tait de celles qu\u2019on ne refuse \u00e0 personne. Mais la cour impitoyable ne voulut entendre \u00e0 rien, r\u00e9solue qu\u2019elle \u00e9tait de se d\u00e9barrasser \u00e0 tout jamais d\u2019un homme qui lui faisait peur, et de le d\u00e9porter si loin, dans un coin tellement ignor\u00e9 du monde, que l\u2019oubli l\u2019y ensevel\u00eet tout vivant, en attendant sa mort que le climat et les Isaures ne manqueraient pas de h\u00e2ter. Eudoxie elle-m\u00eame avait d\u00e9sign\u00e9 Cucuse, et en cela sa haine l\u2019inspirait bien. Mais te Ciel trompa sa vengeance, cl le bourreau mourut avant la victime.<\/p>\n<p>Cette nouvelle duret\u00e9, bien qu\u2019elle ne p\u00fbt \u00e9tonner de la part d\u2019un gouvernement sans no blesse comme sans courage, affligea vivement Chrysostome et lui arracha des plaintes injustes contre ses amis, que cet \u00e9chec attristait plus que lui sans doute.<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009Comment expliquer, \u00e9crit-il \u00e0 Th\u00e9odora de Constantinople, qui avait d\u00e9ploy\u00e9 dans cette circonstance le plus grand z\u00e8le, comment expliquer qu\u2019avec tant d\u2019amis puissants et riches, avec une sant\u00e9 affaiblie et un corps bris\u00e9, avec la terreur que r\u00e9pandent partout les Isaures, je n\u2019aie pu obtenir une gr\u00e2ce insignifiante, et qu\u2019on accorde aux plus crimi\u00adnels, celle d\u2019un exil moins lointain, sous un ciel moins rude\u2009? Vous ne cesserez de le repro\u00adcher et d\u2019en faire honte \u00e0 ceux qui nous ai\u00adment. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>Mais il resta peu sous ce coup, rendit \u00e0 ses amis la justice qu\u2019ils m\u00e9ritaient, et remercia Dieu de lui m\u00e9nager dans une \u00e9preuve nou\u00advelle une nouvelle moisson pour le ciel. \u00ab\u2009<em>Non, dit-il \u00e0 Olympiade, ne faites point de reproche \u00e0 Cyriaque ni aux autres \u00e0 propos du lieu o\u00f9 je suis envoy\u00e9. Sans doute, ils n\u2019ont pu ce qu\u2019ils ont voulu\u00a0: gloire \u00e0 Dieu en toutes choses\u2009! Quoi qu\u2019il puisse advenir, je ne cesserai de le dire<\/em>\u2009\u00bb. Et en effet, ce mot sur ses l\u00e8vres \u00e9tait l\u2019infaillible apaisement de toutes les peines. Il mourut en le pronon\u00e7ant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">S\u00e9jour \u00e0 C\u00e9sar\u00e9e<\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3577\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Ascension-of-Christ.03.940px.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"232\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Ascension-of-Christ.03.940px.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Ascension-of-Christ.03.940px-300x74.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Ascension-of-Christ.03.940px-768x190.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><\/p>\n<p>Il fallut partir et se mettre en route le 4\u00a0juil\u00adlet. Une escouade de pr\u00e9toriens \u00e9tait charg\u00e9e de conduire et de surveiller le captif, qu\u2019on avait contraint \u00e0 ne prendre avec lui aucun domestique\u2009; mais les soldats respectueux, leurs officiers surtout, se disputaient l\u2019honneur de le servir. Les t\u00e9moignages de la v\u00e9n\u00e9ration publique l\u2019accueillaient partout sur la route. Le peuple, les c\u00e9nobites, les vierges accou\u00adraient pour le saluer. Mieux vaudrait, di\u00adsaient-ils, que le soleil perd\u00eet ses rayons, que la bouche de Jean sa parole. Du reste, les lar\u00admes qu\u2019il vit couler bien des fois lui disaient mieux encore de quelles sympathies il \u00e9tait l\u2019objet, et quelle profonde douleur causait aux \u00e2mes chr\u00e9tiennes la pers\u00e9cution suscit\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00c9glise dans sa personne. Sa sant\u00e9, passable au moment du d\u00e9part, ne tarda pas \u00e0 s\u2019alt\u00e9rer. Les gardes avaient ordre de le faire marcher jour et nuit, et leur religieuse piti\u00e9 ne pouvait rien changer \u00e0 leur consigne. On allait \u00e0 pied, par une chaleur accablante\u2009; on manquait de tout, m\u00eame d\u2019eau. Jean ne dormait plus\u2009; la fi\u00e8vre s\u2019empara de lui, et la pens\u00e9e de ses amis en butte aux fureurs de la cabale ajoutait \u00e0 ses souffrances. Dans cet \u00e9tat, il e\u00fbt voulu s\u2019arr\u00eater quelques jours \u00e0 Ancyre, m\u00e9tropole de la Galatie\u2009; mais l\u2019\u00e9v\u00eaque du lieu, le fougueux L\u00e9once, que nous avons vu figurer \u00e0 Constantinople parmi les plus ardents supp\u00f4ts de Th\u00e9ophile, le repoussa brutalement, osa le menacer de mort, et force lui fut de poursuivre sa route \u00e0 pied, malgr\u00e9 la chaleur, la fi\u00e8vre et une crise violente de gastralgie. Enfin, apr\u00e8s un mois de marche, il arriva \u00e0 C\u00e9sar\u00e9e, en Cappadoce, ext\u00e9nu\u00e9, an\u00e9anti, plus mort que vif.<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009Non, \u00e9crit-il, les malheureux condamn\u00e9s aux mines ne souffrent pas plus que j\u2019ai souffert\u2009; cependant me voici \u00e0 C\u00e9sar\u00e9e comme dans un port, et quoique ce port n\u2019ait pas la vertu de me gu\u00e9rir encore, je commence \u00e0 reprendre des forces. J\u2019ai du pain qui n\u2019est pas moisi, de l\u2019eau qui n\u2019est pas bourbeuse, je puis me baigner ailleurs que dans un tron\u00e7on de tonneau et me coucher dans un lit&#8230;. Des m\u00e9decins c\u00e9l\u00e8bres me prodiguent leurs soins et me font du bien, moins par les rem\u00e8des qu\u2019ils ordonnent que par l\u2019affection qu\u2019ils me t\u00e9moignent. L\u2019un d\u2019eux veut m\u2019accompagner jusqu\u2019au terme de mon voyage. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>C\u00e9sar\u00e9e, en effet, ville \u00e9minemment chr\u00e9tienne et toute pleine des souvenirs de saint Basile, se montrait heureuse d\u2019accueillir dans ses murs l\u2019illustre martyr d\u2019une grande cause, l\u2019\u00e9mule admir\u00e9 du g\u00e9nie et de la saintet\u00e9 de son grand pontife. La maison du proscrit ne d\u00e9semplissait pas de visiteurs. Les pr\u00eatres, les magistrats, le peuple, les chefs militaires, les philosophes eux-m\u00eames, tous accouraient, tous voulaient le voir, lui exprimer leurs sympathies, l\u2019entourer d\u2019hommages et de bons offices. Ces soins, ces t\u00e9moignages impr\u00e9vus d\u2019une affection sinc\u00e8re et touchante, la pens\u00e9e de saint Basile, plus pr\u00e9sente \u00e0 son c\u0153ur dans ces lieux qui l\u2019avaient vu na\u00eetre et qu\u2019il avait illustr\u00e9s par son courage et ses vertus, commen\u00e7aient \u00e0 produire sur la sant\u00e9 du pauvre malade un heureux effet, quand de nouveaux ennuis lui vinrent tout \u00e0 coup du c\u00f4t\u00e9 o\u00f9 il devait moins les attendre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">D\u00e9loyaut\u00e9 de Phar\u00e9trius<\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3618\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Dormition-of-the-Virgin.02.940px.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"257\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Dormition-of-the-Virgin.02.940px.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Dormition-of-the-Virgin.02.940px-300x82.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Dormition-of-the-Virgin.02.940px-768x210.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><\/p>\n<p>Phar\u00e9trius occupait la chaire de C\u00e9sar\u00e9e\u2009; mais ni talent, ni pi\u00e9t\u00e9, rien ne survivait de son glorieux pr\u00e9d\u00e9cesseur dans ce mis\u00e9rable pr\u00e9lat. C\u0153ur bas et jaloux, l\u2019accueil fait \u00e0 son h\u00f4te le rendit malheureux\u2009; il y vit un outrage personnel et r\u00e9solut de se venger. D\u2019ailleurs, il avait tremp\u00e9 dans les intrigues d\u2019Acace et de Th\u00e9ophile, et, sans \u00eatre venu de sa personne \u00e0 Constantinople, il avait \u00e9crit aux meneurs qu\u2019il approuvait d\u2019avance tout ce qui serait fait par eux. Il acquittait donc sa dette \u00e0 la faction, en troublant tra\u00eetreusement l\u2019hospitalit\u00e9 que la ville \u00e9tait fi\u00e8re d\u2019accorder au noble captif. Mais laissons parler Jean lui-m\u00eame\u00a0:<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\"> \u2009Au moment o\u00f9 je quittais la Galatie pour entrer dans la Cappadoce, \u00e9crit-il \u00e0 Olympiade, plusieurs personnes accourues \u00e0 ma rencontre me dirent : Phar\u00e9trius t\u2019attend avec impatience, il d\u00e9sire de t\u2019embrasser, de te prouver son affection, et c\u2019est pour cela qu\u2019il met en mouvement tous les monast\u00e8res d\u2019hommes et de femmes, afin que tu re\u00e7oives partout un accueil digne de toi. J\u2019\u00e9coutais, sans le croire, ce qu\u2019on me disait\u2009; les ant\u00e9c\u00e9dents de Phar\u00e9trius me disposant \u00e0 penser de lui tout le contraire\u2009; mais je m\u2019abstins d\u2019exprimer mon opinion. Enfin, j\u2019arrivai \u00e0 C\u00e9sar\u00e9e dans un \u00e9tat pitoyable, d\u00e9vor\u00e9 de la fi\u00e8vre et presque mort. Les clercs, les c\u00e9nobites, le peuple, les m\u00e9decins me visit\u00e8rent affectueusement\u2009; on me prodigua tous les soins possibles, et peu \u00e0 peu je me trouvai mieux. Phar\u00e9trius ne paraissait pas, et moi, sentant mes forces revenir, je songeai \u00e0 reprendre la route de Cucuse, impatient d\u00e9sormais d\u2019arriver au terme de mou voyage pour go\u00fbter enfin un peu de repos.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tout \u00e0 coup on annonce que les Isaures ont fait irruption dans le territoire de C\u00e9sar\u00e9e, qu\u2019ils ont incendi\u00e9 un grand bourg et qu\u2019ils se livrent partout \u00e0 leurs habituelles f\u00e9rocit\u00e9s. \u00c0 cette nouvelle, le tribun des soldats se met \u00e0 leur t\u00eate et s\u2019\u00e9lance \u00e0 la poursuite de l\u2019ennemi. Toute la ville \u00e9tait dans l\u2019alarme\u00a0: les vieillards eux-m\u00eames montaient la garde sur les remparts. Mais voil\u00e0 qu\u2019au milieu de la perplexit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, une cohorte de moines, je ne puis me servir d\u2019une expression plus juste, s\u2019abat sur la maison que j\u2019habitais, et menace d\u2019y mettre le feu et de se porter contre moi aux derni\u00e8res violences si je ne quitte aussit\u00f4t le pays. Ni les barbares r\u00e9pandus dans la campagne, ni l\u2019\u00e9tat o\u00f9 ils me voyaient, aucune consid\u00e9ration ne put les fl\u00e9chir. Leur fureur \u00e9tait telle, que les pr\u00e9toriens qui m\u2019accompagnaient en furent effray\u00e9s\u2009; car la bande forcen\u00e9e parlait de se jeter sur eux aussi, et de leur infliger l\u2019outrage qu\u2019ils se vantaient d\u2019avoir fait subir \u00e0 d\u2019autres. Mes gardes viennent donc me trouver et me supplient de les arracher \u00e0 ces b\u00eates fauves, dussions-nous tomber aux mains des Isaures. Instruit du p\u00e9ri\u2009! o\u00f9 j\u2019\u00e9tais, le pr\u00e9fet accourut \u00e0 mon aide\u00a0: son intervention ne servit de rien.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ne voyant \u00e0 cette situation aucune issue et ne pouvant m\u2019engager \u00e0 partir, car c\u2019\u00e9tait aller \u00e0 la mort, ni \u00e0 rester, car la ville n\u2019\u00e9tait pas plus s\u00fbre que la campagne, il fit prier l\u2019\u00e9v\u00eaque de m\u2019accorder un d\u00e9lai de quelques jours tant \u00e0 cause de ma sant\u00e9 que des brigands qui infestaient les routes. Sa d\u00e9marche eut ce r\u00e9sultat, que les moines reparurent \u00e0 ma porte le lendemain avec plus de fureur. Les pr\u00eatres, d\u00e8s lors, n\u2019eurent plus le courage de me visiter, car tout le monde regardait Phar\u00e9trius comme l\u2019instigateur de toutes ces indignit\u00e9s, et ils en \u00e9prouvaient tant de honte, qu\u2019ils n\u2019osaient plus para\u00eetre nulle part, m\u00eame chez moi quand je r\u00e9clamais leur aide. Enfin, je pris le parti de m\u2019en aller, et malgr\u00e9 le p\u00e9ril imminent et la perspective d\u2019une mort presque certaine, malgr\u00e9 la fi\u00e8vre qui ne cessait de me consumer, je me jetai dans une liti\u00e8re et partis. C\u2019\u00e9tait l\u2019heure de midi\u00a0: le peuple m\u2019entourait en pleurant, et d\u00e9vouait \u00e0 la col\u00e8re du Ciel l\u2019homme capable d\u2019une pareille duret\u00e9. Quelques clercs vinrent me faire leurs adieux apr\u00e8s que je fus sorti de la ville\u2009; ils disaient \u00e0 mes gardes\u00a0: Ne voyez-vous pas que vous le menez \u00e0 la mort\u2009? Mais l\u2019un d\u2019eux qui me t\u00e9moignait grand attachement\u00a0: Va, me dit-il, je t\u2019en supplie, et tombe aux mains des Isaures, pourvu que tu le sauves des n\u00f4tres. Quelque p\u00e9ril que tu puisses courir, il est moins grand que celui de rester avec nous.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cependant une noble femme, la veuve de Rufin, \u00e9tait venue me prier de m\u2019arr\u00eater chez elle, dans une de ses villas, \u00e0 cinq milles de C\u00e9sar\u00e9e, et m\u2019avait donn\u00e9 des hommes s\u00fbrs pour m\u2019y conduire. La haine de mes ennemis devait m\u2019atteindre m\u00eame l\u00e0. Phar\u00e9trius, en effet, n\u2019eut pas plut\u00f4t vent de l\u2019hospitalit\u00e9 qui m\u2019\u00e9tait offerte, qu\u2019il en t\u00e9moigna \u00e0 S\u00e9leucie son indignation et la mena\u00e7a de toutes ses vengeances, comme je l\u2019ai su depuis. Mais alors et quand j\u2019entrai dans sa demeure, j\u2019ignorais celle circonstance\u2009; car, venue \u00e0 moi pour me recevoir, la faible veuve ne m\u2019en dit rien\u2009; je l\u2019avais entendue recommander \u00e0 son intendant de se mettre tout entier \u00e0 ma disposition et, dans le cas que des moines turbulents vinssent encore \u00e0 m\u2019inqui\u00e9ter, de r\u00e9unir les paysans des fermes voisines et de repousser par la force une insolente agression. Elle m\u2019engagea m\u00eame \u00e0 m\u2019\u00e9tablir dans une autre de ses terres o\u00f9 \u00e9tait une forteresse imprenable. On ne put me d\u00e9cider, et je restai dans la villa sans me douter le moins du monde de ce qu\u2019on tramait contre moi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au milieu de la nuit, une alerte terrible vint m\u2019arracher \u00e0 mon illusion. S\u00e9leucie, effray\u00e9e des menaces de Phar\u00e9trius qui r\u00e9clamait mon expulsion imm\u00e9diate, et n\u2019ayant pas la force de r\u00e9sister \u00e0 ses importunit\u00e9s, recourut \u00e0 un mauvais exp\u00e9dient pour me faire comprendre qu\u2019elle subissait une indigne contrainte, ce qu\u2019elle e\u00fbt trop rougi d\u2019avouer, et me fit dire que les Isaures \u00e9taient l\u00e0. Le pr\u00eatre Ev\u00e9thius se pr\u00e9cipite dans ma chambre au milieu de la nuit, et simulant une grande frayeur\u00a0: L\u00e8ve \u2014 toi\u2009! s\u2019\u00e9crie-t-il, les brigands arrivent\u2009; ils sont \u00e0 deux pas\u2009! \u2014\u00a0On peut imaginer l\u2019impression que ces paroles firent sur moi. Qu\u2019avons-nous \u00e0 faire, dis-je \u00e0 Ev\u00e9thius, puisque nous ne pouvons rentrer dans la ville, plus dangereuse pour nous que les Isaures\u2009? \u2014\u00a0Pour toute r\u00e9ponse, il me contraignit de partir.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il \u00e9tait minuit : point de lune au ciel, pas une \u00e9toile\u2009; un brouillard \u00e9pais couvrait la terre. Personne pour me venir en aide : tout le monde s\u2019\u00e9tait sauv\u00e9. La crainte de la mort, qui me semblait imminente, me rendant des forces, je quitte mon lit malgr\u00e9 l\u2019accablement de la fi\u00e8vre et fais allumer des flambeaux\u2009; Ev\u00e9thius les \u00e9teint aussit\u00f4t. 11 ne faut pas, dit-il, r\u00e9v\u00e9ler notre marche \u00e0 l\u2019ennemi. Nous avancions au milieu des t\u00e9n\u00e8bres, par des chemins affreux, quand le mulet qui portait ma liti\u00e8re s\u2019abat et me jette \u00e0 terre si rudement que je faillis \u00eatre tu\u00e9. Je me rel\u00e8ve n\u00e9anmoins, et le pr\u00eatre Ev\u00e9thius me donnant la main, je continuai ma route avec peine, me tra\u00eenant ou plut\u00f4t rampant dans ces sentiers difficiles, au milieu des montagnes, au bord des pr\u00e9cipices, tremblant de la fi\u00e8vre et croyant voir \u00e0 chaque instant les Barbares fondre sur nous, car j\u2019ignorais encore de quelle mystification j\u2019\u00e9tais l\u2019objet. Pensez-vous, Olympiade, que de tels ennuis, m\u00eame seuls, ne suffisent pas \u00e0 couvrir bien des fautes\u2009?&#8230; Et pourrais-je dire tous les p\u00e9rils, toutes les peines qui m\u2019ont assailli dans ce voyage\u2009? Maintenant leur souvenir me remplit de joie\u2009; c\u2019est un tr\u00e9sor cach\u00e9 dans mon c\u0153ur. Je vous prie seulement de garder tout ceci pour vous et de n\u2019en parler \u00e0 personne. Sans doute les pr\u00e9toriens qui m\u2019accompagnaient et qui ont partag\u00e9 mes dangers, rempliront toute la ville de ces d\u00e9tails. Du moins qu\u2019on ne sache rien par vous. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">Jean \u00e0 Cucuse<\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3625\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Elijah-and-Blasius.940px.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"373\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Elijah-and-Blasius.940px.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Elijah-and-Blasius.940px-300x119.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Elijah-and-Blasius.940px-768x305.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><\/p>\n<p>Le motif de cette recommandation, c\u2019est la crainte d\u2019humilier et de blesser les pr\u00eatres de C\u00e9sar\u00e9e, qui l\u2019avaient si cordialement accueilli et qui, plus que personne, d\u00e9ploraient la d\u00e9loyaut\u00e9 de leur \u00e9v\u00eaque. Enfin, il arriva \u00e0 Cucuse, soixante-dix jours apr\u00e8s son d\u00e9part de Constantinople, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la fin d\u2019ao\u00fbt\u00a0404. La fi\u00e8vre qu\u2019il avait gard\u00e9e plus d\u2019un mois, la marche, la chaleur \u00e9touffante, la crainte des Isaures, les pr\u00e9occupations de son c\u0153ur \u00e0 l\u2019endroit de son \u00e9glise et de ses amis, l\u2019avaient mis \u00e0 deux doigts de la mort. 11 se sentit revivre en touchant au terme de son voyage. Cependant Cucuse, ainsi que nous l\u2019avons dit, n\u2019\u00e9tait qu\u2019une pauvre petite ville, si peu importante qu\u2019on n\u2019y trouvait ni march\u00e9 ni m\u00e9decin\u00a0: elle avait pourtant un \u00e9v\u00eaque. \u00c0 la fronti\u00e8re de l\u2019empire, \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de cette terre sauvage qu\u2019enferme la cha\u00eene du Taurus, entre la Cilicie, la Cappadoce et l\u2019Arm\u00e9nie, \u00e0 cent lieues de S\u00e9baste, \u00e0 soixante de Mitil\u00e8ne, fort loin de la route qui menait de Constantinople \u00e0 Antioche, entour\u00e9e d\u2019une multitude de brigands indomptables dont le nom seul faisait trembler au loin toute la contr\u00e9e, ce triste s\u00e9jour avait surtout un inconv\u00e9nient f\u00e2cheux pour un homme d\u2019une poitrine d\u00e9licate et malade, n\u00e9 sous le soleil de la Syrie\u00a0: l\u2019hiver y \u00e9tait long et froid, l\u2019\u00e9t\u00e9 br\u00fblant. On e\u00fbt dit que la cour assignait au proscrit une tombe plut\u00f4t qu\u2019un exil. Cucuse, d\u2019ailleurs, nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9, avait des souvenirs particuli\u00e8rement \u00e9mouvants pour un \u00e9v\u00eaque de Byzance. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019\u00e9tait mort l\u2019un des plus illustres d\u2019entre eux, victime de sa foi et des fureurs de l\u2019Arianisme. Enferm\u00e9 dans un noir cachot, priv\u00e9 de toute nourriture, il faisait peur encore \u00e0 ses ennemis\u2009; ne trouvant pas que la faim le tu\u00e2t assez vite, ils l\u2019\u00e9trangl\u00e8rent. Ce souvenir avait quelque chose d\u2019un pressentiment, et se dressait comme un fant\u00f4me sinistre sur la route de l\u2019exil\u00e9, dont le pied, \u00e0 son entr\u00e9e dans la petite ville, semblait glisser dans le sang de son pr\u00e9d\u00e9cesseur.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, la fatigue et la maladie l\u2019avaient tellement bris\u00e9, qu\u2019il parut ne comprendre et ne sentir d\u2019abord qu\u2019une chose\u00a0: le repos. Les plus riches de l\u2019endroit \u00e9taient accourus \u00e0 sa rencontre, le priant, \u00e0 l\u2019envi les uns des autres, d\u2019agr\u00e9er leur hospitalit\u00e9. Mais Dioscore avait pris les devants, et ses serviteurs, envoy\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 C\u00e9sar\u00e9e, avaient demand\u00e9 en son nom et obtenu la pr\u00e9f\u00e9rence. II avait pouss\u00e9 la d\u00e9licatesse jusqu\u2019\u00e0 se retirer lui-m\u00eame de sa maison afin de la laisser toute \u00e0 Jean. Tous, du reste, dans ce pauvre s\u00e9jour de Cucuse, s\u2019ing\u00e9niaient de leur mieux pour en faire oublier la tristesse \u00e0 leur h\u00f4te et rivalisaient d\u2019attentions et de bons offices, en sorte qu\u2019il ne manquait de rien dans un pays qui manquait de tout1. Cette lutte d\u2019affection et de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 existait surtout entre Dioscore et Adelphius, l\u2019\u00e9voque du lieu, dont Jean go\u00fbtait la conversation et qui lui e\u00fbt tout abandonn\u00e9, m\u00eame sa chaire et son Eglise, si Jean e\u00fbt pu accepter 2. Le ciel, d\u2019ailleurs, avait m\u00e9nag\u00e9 au saint proscrit une surprise douce \u00e0 son c\u0153ur. Une s\u0153ur de son p\u00e8re, la diaconesse Sabinienne, \u00e9tait accourue \u00e0 la premi\u00e8re nouvelle des malheurs de son illustre neveu, d\u00e9cid\u00e9e, malgr\u00e9 son grand \u00e2ge, \u00e0 le suivre jusqu\u2019au fond de la Scythie, s\u2019il l\u2019avait fallu\u2009; elle arriva \u00e0 Cucuse le m\u00eame jour que lui, et les soins d\u00e9vou\u00e9s de cette autre m\u00e8re ne servirent pas peu \u00e0 r\u00e9tablir une sant\u00e9 gravement compromise Le pr\u00eatre Constantius l\u2019y avait devanc\u00e9e, et d\u00e9j\u00e0 depuis quelque temps il y attendait son ma\u00eetre bien-aim\u00e9, auquel toutefois il avait demand\u00e9 la permission de faire ce voyage, car il avait l\u2019habitude de ne rien entreprendre sans son aveu. Il venait lui porter le t\u00e9moignage d\u2019une filiale tendresse, partager ses douleurs, et chercher consolation et appui dans sa propre infortune, car la haine de Porphyre le poursuivait \u00e0 outrance et l\u2019obligeait \u00e0 se cacher.<\/p>\n<p>Jean fut surpris de trouver son exil aimable et sembla s\u2019y attacher. Dans plusieurs lettres, du moins, il supplie ses amis de ne plus songer \u00e0 une autre destination, de ne faire dans ce sens aucune d\u00e9marche.<\/p>\n<p>\u00ab\u2009<em>S\u2019ils veulent me rapprocher de la mer, dit-il, et me transf\u00e9rer \u00e0 Cyzique, par exemple, ou non loin de Nicom\u00e9die, je le veux bien. Mais hors de l\u00e0, je pr\u00e9f\u00e8re rester ici. J\u2019y trouve un grand repos d\u2019esprit et de corps, et deux jours m\u2019ont suffi pour effacer les traces funestes de mon voyage\u2026<\/em>\u2009\u00bb<\/p>\n<p>On \u00e9tait alors en automne, et l\u2019admirable beaut\u00e9 de la saison lui montrait Cucuse sous son aspect le plus favorable.<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009Vous regrettez pour moi la solitude de ce lieu, mande-t-il \u00e0 Olympiade, et pourquoi\u2009? Rien n\u2019est plus doux. Avec la solitude, j\u2019ai le repos, la sant\u00e9, un calme parfait. Qu\u2019importe qu\u2019il n\u2019y ait ici ni agora ni march\u00e9\u2009? Tout abonde dans ma demeure. L\u2019\u00e9v\u00eaque et Dioscore n\u2019ont d\u2019autre pens\u00e9e, d\u2019autre souci que de me rendre la vie agr\u00e9able. Ne vous inqui\u00e9tez pas davantage de la rigueur du climat. J\u2019habite un appartement commode, o\u00f9 toutes les pr\u00e9cautions sont prises contre l\u2019hiver. Si l\u2019on peut juger de l\u2019ann\u00e9e enti\u00e8re par ces premiers jours, notre ciel est aussi beau que le ciel d\u2019Antioche. C\u2019est la m\u00eame temp\u00e9rature, le m\u00eame air ti\u00e8de et pur. N\u2019allez pas vous reprocher l\u2019insucc\u00e8s de vos d\u00e9marches et mon s\u00e9jour en ce lieu. Ne vous ai-je pas pri\u00e9, dans mes pr\u00e9c\u00e9dentes lettres, de ne rien faire pour m\u2019arracher d\u2019ici\u2009? &#8230;. Quant aux Isaures, il n\u2019y a pas non plus \u00e0 vous alarmer\u2009; ils sont rentr\u00e9s dans leurs montagnes, gr\u00e2ce aux efforts du gouverneur, et je suis plus en s\u00fbret\u00e9 dans cette petite ville qu\u2019\u00e0 C\u00e9sar\u00e9e. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>Au fond, le d\u00e9sert, le silence, ce repos inattendu ne pouvaient d\u00e9plaire \u00e0 cette \u00e2me recueillie et m\u00e9ditative, fatigu\u00e9e de luttes et toute meurtrie encore d\u2019un naufrage r\u00e9cent. Apr\u00e8s dix-huit ans de travaux sans rel\u00e2che, elle reprenait, non sans quelque satisfaction, la jouissance d\u2019elle-m\u00eame et son essor vers la contemplation, attrait et bonheur de ses premi\u00e8res ann\u00e9es. Rien n\u2019allait plus troubler l\u2019intimit\u00e9 de ses entretiens avec Dieu, ni la douceur de ses relations avec ses amis\u2009! Leur \u00e9crire, exciter leur courage, compatir \u00e0 leurs peines, b\u00e9nir leur d\u00e9vouement, \u00e9tait dans son exil une consolation qu\u2019il se donnait volontiers. Nous avons de lui, dat\u00e9es de Cucuse, un grand nombre de lettres dans lesquelles il se r\u00e9v\u00e8le tout entier. On y respire, m\u00eame dans l\u2019abandon de ses plaintes, m\u00eame dans la plus libre effusion de ses sentiments, cette majest\u00e9 de caract\u00e8re qui s\u2019attendrit quelquefois, qui ne s\u2019amollit jamais. On dirait que la pers\u00e9cution a p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 l\u2019h\u00e9ro\u00efsme de cette \u00e2me d\u2019une dose plus forte de surnaturel. Cette seconde phase de son existence moins occup\u00e9e et moins orageuse a quelque chose de plus touchant et pour ainsi dire de plus auguste. Un calme c\u00e9leste repose son regard et ses traits. Son front rayonne, l\u2019aur\u00e9ole des \u00e9lus entoure sa t\u00eate.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">Sa correspondance<\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3109\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/hermitage.940px.05.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"138\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/hermitage.940px.05.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/hermitage.940px.05-300x44.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/hermitage.940px.05-768x113.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><\/p>\n<p>On ne conna\u00eetrait pas Chrysostome si l\u2019on ne connaissait ses lettres. Exil\u00e9, captif au fond d\u2019un d\u00e9sert, il est la pens\u00e9e et la pr\u00e9occupation du monde chr\u00e9tien tout entier. Des fid\u00e8les, des pr\u00eatres, des pontifes accourent pour le visiter, lui \u00e9crivent pour l\u2019interroger\u2009; et sa parole est port\u00e9e avec ses lettres dans toutes les \u00e9glises, jusqu\u2019aux derni\u00e8res limites de la terre civilis\u00e9e.<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\"> \u2009Violent et faible, dit M. Villemain, l\u2019empire se dissolvait de toutes parts. Mais la soci\u00e9t\u00e9 chr\u00e9tienne, unie dans sa dispersion, ne relevant que d\u2019elle-m\u00eame et plus forte que toutes les souffrances, que tous les schismes, s\u2019entendait, se parlait, s\u2019animait du m\u00eame z\u00e8le sur tous les points du monde. Chrysostome \u00e9crivait en Orient aux \u00e9v\u00eaques de J\u00e9rusalem, de C\u00e9sar\u00e9e, de Scythopolis, d\u2019Adana, de Corinthe, de Thessalonique et d\u2019une foule d\u2019autres villes, \u00e0 des moines de Syrie, de Ph\u00e9nicie, d\u2019\u00c9gypte\u2009; en Occident \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00eaque de Carthage, Aur\u00e8le, qui fut le protecteur d\u2019Augustin\u2009; aux \u00e9v\u00eaques de Milan, de Brescia, d\u2019Aquil\u00e9e, de Salone, et \u00e0 beaucoup de pr\u00eatres de Rome\u2009; partout \u00e0 des femmes illustres, ferventes alli\u00e9es de l\u2019\u00c9glise, sentant cro\u00eetre leur enthousiasme par les malheurs de l\u2019\u00e9loquent pontife, et plac\u00e9es si haut dans sa confiance, que c\u2019est \u00e0 une d\u2019elles, Olympiade, qu\u2019il adresse l\u2019expos\u00e9 le plus complet de ses souffrances et de sa foi. Image de ses souffrances et de sa fermet\u00e9, les lettres de Chrysostome sont \u00e9loquentes comme ses discours. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>Il instruit, il console, il encourage\u2009; rarement il se plaint, presque toujours il exalte le prix surnaturel qui s\u2019attache aux \u00e9preuves saintement endur\u00e9es. Il parle de l\u2019\u00c9glise avec amour, de ses amis avec effusion, de ses ennemis avec r\u00e9serve, de l\u2019empereur avec respect. Une fois ou deux, la m\u00e9chancet\u00e9 du vieux Arsace, l\u2019horrible d\u00e9loyaut\u00e9 de Phar\u00e9trius, lui arrachent quelques paroles s\u00e9v\u00e8res et d\u2019une amertume trop justifi\u00e9e par l\u2019affreuse conduite de ces deux hommes. Hors de l\u00e0, son langage ne trahit ni aigreur, ni rancune, ni trouble, et l\u2019on ne sait ce qu\u2019il faut le plus admirer de sa charit\u00e9 que rien n\u2019alt\u00e8re, de son abn\u00e9gation que rien n\u2019\u00e9tonne, ou de son courage que rien n\u2019abat. Martyr d\u2019une grande cause, il en a la grandeur. H semble parler du bord \u00e9ternel de la vie \u00e0 travers le tombeau.<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009Tu m\u2019as rempli de courage et de joie, \u00e9crit-il \u00e0 P\u0153anius, lorsque, apr\u00e8s m\u2019avoir annonc\u00e9 de tristes nouvelles, tu as ajout\u00e9 ce mot qu\u2019il faudrait avoir sans cesse \u00e0 la bouche : <em>Que Dieu soit glorifi\u00e9 en toutes choses\u2009!<\/em> Ce mot porte au d\u00e9mon un coup terrible\u2009; dans quelque p\u00e9ril qu\u2019on se trouve, il donne de la s\u00e9curit\u00e9. Il suffit de le prononcer pour dissiper les nuages de la tristesse. Ne cesse donc de le redire toi-m\u00eame et de le recommander aux autres&#8230;. Quant \u00e0 ma r\u00e9sidence, que personne ne s\u2019en occupe. Cucuse est un d\u00e9sert\u2009; mais je jouis d\u2019une grande paix, et me remets peu \u00e0 peu des fatigues et des souffrances d\u2019un long voyage. \u00c9cris-moi souvent, et parle-moi de ta sant\u00e9, de tes affaires, de ton bonheur : tes lettres me seront, dans mon isolement, une pr\u00e9cieuse consolation. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>S\u2019adressant de nouveau aux \u00e9v\u00eaques, aux pr\u00eatres pers\u00e9cut\u00e9s\u00a0:<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009Vous \u00eates heureux, leur \u00e9crit-il, trois fois heureux d\u2019\u00eatre en prison, de porter des cha\u00eenes\u2009! Vous vous \u00eates concili\u00e9 tous les c\u0153urs\u2009; dans les pays les plus lointains vous avez des amis. On ne parle partout que de votre fermet\u00e9, de votre courage, de votre noble caract\u00e8re. Rien n\u2019a \u00e9branl\u00e9 votre r\u00e9solution : ni le tribunal, ni le bourreau, ni les menaces, ni les tortures, ni le juge furieux, ni vos adversaires fr\u00e9missants qui vous entouraient d\u2019emb\u00fbches, ni les noires calomnies, ni les accusations atroces, ni la mort elle-m\u00eame que vous aviez sous les yeux tous les jours. Il n\u2019y a qu\u2019une voix pour vous louer et vous exalter : vos ennemis eux-m\u00eames, les auteurs de vos maux, vous rendent justice au fond du c\u0153ur. C\u2019est le propre de la vertu, que ceux qui la combattent sont oblig\u00e9s de l\u2019admirer\u2009; et c\u2019est le propre du p\u00e9ch\u00e9, que, tout en s\u2019y livrant, on le condamne. Voil\u00e0 o\u00f9 vous en \u00eates sur la terre\u2009; ce que vous m\u00e9ritez pour le ciel, qui pourrait l\u2019expliquer\u2009? Vos noms sont inscrits au livre de vie : vous comptez parmi les martyrs. Je le sais avec certitude, non que je sois mont\u00e9 dans le s\u00e9jour de Dieu, mais je l\u2019ai appris des divins oracles. Car, si Jean, le fils de la femme st\u00e9rile, le citoyen du d\u00e9sert, est r\u00e9put\u00e9 martyr et le premier des martyrs parce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 et mis \u00e0 mort pour avoir bl\u00e2m\u00e9 le crime qu\u2019il ne pouvait emp\u00eacher, vous, qui d\u00e9fendez les constitutions de nos p\u00e8res que d\u2019autres foulent aux pieds, et le sacerdoce que d\u2019autres envahissent et souillent, vous qui souffrez pour la v\u00e9rit\u00e9 et pour faire cesser d\u2019inf\u00e2mes calomnies, quelle r\u00e9compense n\u2019aurez-vous pas\u2009? <em>Il ne t\u2019est pas permis d\u2019avoir la femme de ton fr\u00e8re<\/em>, disait le magnanime Proph\u00e8te. Vous, vous avez dit\u00a0: Nous voil\u00e0, livrez-nous au supplice, \u00e9puisez contre nous tous les genres de tortures, nous ne pouvons mentir\u2009; nous pr\u00e9f\u00e9rons mille fois la mort\u2009! Sans doute, vous n\u2019avez pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9capit\u00e9s\u2009; mais vous en avez souffert davantage. Perdre la t\u00eate en un clin d\u2019\u0153il est moins affreux que de lutter si longtemps avec les menaces, la terreur, les cachots, les bourreaux, les langues des sycophantes, leurs moqueries, leurs quolibets, leurs outrages\u2026 Donc r\u00e9jouissez-vous, tressaillez d\u2019all\u00e9gresse. Soyez fermes, songez au bien qu\u2019a produit votre exemple. Ayez sans cesse \u00e0 la bouche cette parole de l\u2019Ap\u00f4tre\u00a0: <em>Les souffrances de la vie pr\u00e9sente n\u2019ont aucune proportion avec la gloire qui doit un jour \u00e9clater en nous<\/em>. Attendez, l\u2019\u00e9preuve va finir, la d\u00e9livrance aura lieu. Priez pour moi\u2009; car, bien que de grandes distances nous s\u00e9parent, et depuis longtemps, je baise vos t\u00e8tes v\u00e9n\u00e9r\u00e9es, j\u2019ouvre mes bras pour vous accueillir comme des vainqueurs d\u00e9j\u00e0 couronn\u00e9s, et j\u2019attends pour moi-m\u00eame, de notre mutuelle affection, le plus grand avantage. Or, s\u2019il est permis d\u2019aspirer \u00e0 la r\u00e9compense parce qu\u2019on aime, \u00e0 quoi ne pouvez-vous aspirer, vous que tant de combats ont rendus illustres\u2009?\u2009<\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>Tant\u00f4t il \u00e9crit au gouverneur de C\u00e9sar\u00e9e pour le remercier de ses bons offices\u00a0:<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009Cucuse est un lieu bien solitaire\u2009; mais cette solitude m\u2019attriste moins qu\u2019elle me r\u00e9cr\u00e9e par la paix que j\u2019y go\u00fbte et que rien ne vient plus troubler. Je suis ici comme dans un port, je respire et me r\u00e9pare peu \u00e0 peu des souffrances de mon voyage. En te parlant ainsi, je suis s\u00fbr de te faire plaisir, car je ne puis oublier tes g\u00e9n\u00e9reux efforts pour \u00e9carter de coupables agressions et me procurer quelque s\u00e9curit\u00e9. Je le dis partout o\u00f9 je vais, et je t\u2019en conserve une reconnaissance non m\u00e9diocre, Seigneur digne de toute affection. Accorde-moi comme une gr\u00e2ce qui me rendra heureux, non-seulement de m\u2019aimer, mais de me faire jouir de tes lettres. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>Tant\u00f4t c\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00eaque Th\u00e9odore, celui de Mopsueste sans doute, le vieil ami de ses premi\u00e8res ann\u00e9es, celui que, jeune lui-m\u00eame, il avait arrach\u00e9 aux enivrements de la jeunesse, qu\u2019il adresse ces paroles\u00a0:<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009S\u2019il m\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 possible d\u2019aller te joindre et go\u00fbter pr\u00e8s de toi le bonheur de ton amiti\u00e9, je me serais h\u00e2t\u00e9 de le faire\u2009; je veux du moins suppl\u00e9er par mes lettres \u00e0 ce que je n\u2019ai pu obtenir autrement. Quoique rel\u00e9gu\u00e9 aux limites du monde, je n\u2019ai point oubli\u00e9 cette affection si vraie, si sinc\u00e8re que tu m\u2019as t\u00e9moign\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9but, il y a long temps, et que lu me gardes encore. Je n\u2019ignore pas, pieux et v\u00e9n\u00e9rable seigneur, tout ce que tu as dit et fait tant de fois pour notre cause. Si cela n\u2019a point abouti, il n\u2019en est pas moins vrai que Dieu demeure le d\u00e9biteur de ta charit\u00e9, et que tu as droit \u00e0 ses r\u00e9compenses. Mais moi, je t\u2019ai vou\u00e9 une reconnaissance sans fin, et je ne cesse de louer ta pi\u00e9t\u00e9 devant tout le monde\u2009; conserve-moi toujours les m\u00eames sentiments. Condamn\u00e9 \u00e0 vivre dans ce d\u00e9sert, j\u2019\u00e9prouve une grande consolation \u00e0 poss\u00e9der dans la Cilicie un si grand tr\u00e9sor, tant de richesses ca\u00adch\u00e9es : je veux dire l\u2019attachement d\u2019une \u00e2me aussi clairvoyante, aussi g\u00e9n\u00e9reuse que la tienne. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>Tant\u00f4t il \u00e9crit \u00e0 Jean de J\u00e9rusalem, \u00e0 Th\u00e9o\u00addose de Scythopolis, \u00e0 Euloge de C\u00e9sar\u00e9e en Palestine, \u00e0 Ruffin de Rhodes, \u00e0 Anatole d\u2019\u00a0Adana en Cilicie, aux \u00e9v\u00eaques Bassus, Porphyre, Urbicius, Maris, Mo\u00efse, \u00e0 une foule d\u2019autres, pour les remercier de leur d\u00e9vouement, leur demander des lettres, les exhorter \u00e0 la pers\u00e9\u00adv\u00e9rance dans leur horreur pour le schisme, dans leur z\u00e8le pour une cause qui est celle de l\u2019\u00c9glise et de la justice.<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009Je le rends gr\u00e2ces, dit-il \u00e0 Lucius, l\u2019un d\u2019entre eux, je fais sans cesse ton \u00e9loge\u2009; car, au milieu de tant d\u2019\u00e9\u00adcueils et de naufrages, tu n\u2019as pas quitt\u00e9 le droit chemin, et l\u2019on t\u2019a vu bl\u00e2mer les choses qu\u2019il fallait bl\u00e2mer, \u00e9viter les hommes qu\u2019il fallait \u00e9viter. Nous t\u2019engageons \u00e0 persister dans cette volont\u00e9 \u00e9nergique, et \u00e0 montrer toujours plus d\u2019ardeur pour la cause juste. Tu sais, en effet, quelle sera votre r\u00e9compense, quelles couronnes vous attendent, si, tandis que les autres tombent, vous marchez d\u2019un pas ferme dans la bonne voie, appliquant ainsi aux maux pr\u00e9sents le meilleur des rem\u00e8des\u2009; car, bien que vous soyez en petit nombre, la vigueur que vous avez d\u00e9ploy\u00e9e vous assure la victoire. Rien n\u2019est plus fort que la vertu unie au z\u00e8le pour les int\u00e9r\u00eats de l\u2019\u00c9glise\u2009; rien n\u2019est plus propre \u00e0 attirer le secours divin. Faites donc ce qui est de votre devoir, et vous serez comme un rempart in\u00e9branlable pour toutes les \u00c9glises du monde. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009Puisque ta charit\u00e9, qui embrasse l\u2019univers, \u00e9crit-il \u00e0 Elpidius de Laodic\u00e9e, veut aussi s\u2019oc\u00adcuper de moi et savoir o\u00f9 je suis, ce que je fais, quelles sont les personnes qui forment ma so\u00adci\u00e9t\u00e9,\u2026 je vais te le dire pour te faire plaisir&#8230; Je suis rel\u00e9gu\u00e9 \u00e0 Gueuse, dans un d\u00e9sert : mais ce d\u00e9sert me pla\u00eet, j\u2019y trouve paix et s\u00e9curit\u00e9\u2009; tout le monde m\u2019entoure de bons offices. Gr\u00e2ce \u00e0 tes pri\u00e8res, toute trace de maladie a disparu. Les Isaures nous laissent tranquilles\u2009; je jouis avec d\u00e9lices d\u2019un repos parfait. J\u2019ai pr\u00e8s de moi les v\u00e9n\u00e9rables pr\u00eatres Constantius et Ev\u00e9thius, et j\u2019esp\u00e8re que les autres, d\u00e9livr\u00e9s de leurs cha\u00eenes, vont accourir bient\u00f4t. Et toi, pieux seigneur, continue \u00e0 prier pour moi, \u00e0 qui tu es si cher, et \u00e0 m\u2019\u00e9crire souvent. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>Tant\u00f4t il gronde paternellement les pr\u00eatres de Constantinople qui n\u00e9gligent d\u2019assister aux synaxes et d\u2019instruire les fid\u00e8les.<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009Je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 m\u00e9diocrement afflig\u00e9 d\u2019apprendre que le pr\u00eatre Th\u00e9ophile et foi vous vous rel\u00e2chiez. Je sais, en effet, que l\u2019un de vous n\u2019a fait que cinq hom\u00e9lies jusqu\u2019au mois d\u2019octobre, l\u2019autre aucune. Rien ne m\u2019a \u00e9t\u00e9 plus p\u00e9nible depuis que je vis dans celte solitude. Si je suis mal inform\u00e9, h\u00e2tez-vous de me d\u00e9tromper. Si la chose est vraie, portez-y rem\u00e8de. R\u00e9veillez mutuellement votre z\u00e8le, car vous me causez une grande douleur, quoique j\u2019\u00e9prouve pour vous une vive affection. Mais ce qui est autrement grave : la nonchalance o\u00f9 vous vivez, la n\u00e9gligence de vos fonctions appellent sur vos t\u00eates le jugement de Dieu. Et qui donc pourrait vous excuser, vous, si, tandis que les autres sont pers\u00e9cut\u00e9s, exil\u00e9s, vous abandonnez \u00e0 lui \u2014 m\u00eame ce peuple battu de la temp\u00eate, sans songer \u00e0 le secourir par votre parole, m\u00eame par votre exempte\u2009?\u2009<\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>Quel affectueux abandon dans ces quelques lignes adress\u00e9es \u00e0 Herculius\u2009!<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009Ce n\u2019est pas la peine de chercher des excuses \u00e0 ton silence et d\u2019all\u00e9guer la raret\u00e9 des courriers, honorable seigneur digne de toute affection. Que tu \u00e9crives ou que tu te taises, rien ne peut changer l\u2019opinion que j\u2019ai de ton amiti\u00e9. Tu l\u2019as assez prouv\u00e9e par les faits, et toute la ville sait quel amour ardent et presque insens\u00e9 tu professes pour moi. Je d\u00e9sire cependant recevoir de ton excellence quelques d\u00e9faits sur ta sant\u00e9. Si \u00eatre assur\u00e9 de la mienne est pour toi, comme tu le dis, un d\u00e9dommagement de notre s\u00e9paration, tu dois comprendre de quel prix est une pareille assurance pour un homme qui sait aimer, toi qui aimes si bien. Aussi n\u2019ai-je rien tant \u00e0 c\u0153ur. Accorde-moi donc cette gr\u00e2ce : ce sera dans mon triste exil une grande consolation. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>On aime \u00e0 trouver sur les l\u00e8vres aust\u00e8res d\u2019un tel homme les aimables reproches qu\u2019il fait \u00e0 son ami, l\u2019\u00e9v\u00eaque Cyriaque.<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009Puis-je donc le supporter\u2009? Est-ce tol\u00e9rable\u2009? Auras-tu l\u2019ombre d\u2019une excuse \u00e0 fournir\u2009? Priv\u00e9 de toi depuis longtemps, je vis dans le deuil et le trouble, et tu n\u2019as pas daign\u00e9 m\u2019\u00e9crire un fois. Moi, je t\u2019ai adress\u00e9 plusieurs lettres rest\u00e9es sans r\u00e9ponse, et tu penses n\u2019avoir qu\u2019une petite faute \u00e0 te reprocher quand tu pousses l\u2019ingratitude si loin\u2009! Tu me causes une vive perplexit\u00e9 par ton silence, que je ne m\u2019explique pas, alors surtout que je pense \u00e0 cette affection si sinc\u00e8re et si vive dont tu m\u2019as donn\u00e9 la preuve. Je ne peux accuser ta paresse, car je connais ton activit\u00e9\u2009; ni la peur, car je sais ton courage\u2009; ni la maladie, car d\u2019abord elle ne suffirait pas \u00e0 t\u2019arr\u00eater, et j\u2019ai appris d\u2019ailleurs que tu jouis d\u2019une sant\u00e9 parfaite. Qu\u2019est-ce donc\u2009? Je ne puis le dire\u2009; je sais seulement que je souffre de ton silence. Enl\u00e8ve-moi ce chagrin, car, apr\u00e8s cette lettre re\u00e7ue, ne pas te h\u00e2ter de m\u2019\u00e9crire, c\u2019est me livrer en proie \u00e0 une extr\u00eame douleur. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>Il \u00e9crit \u00e0 Chalcidie d\u2019Antioche, la s\u0153ur de Constantius\u00a0:<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009Je connais l\u2019affection que vous m\u2019avez vou\u00e9e depuis longtemps\u2009; je sais qu\u2019elle vit toujours dans votre c\u0153ur, et que l\u2019absence, loin de l\u2019affaiblir, n\u2019a fait que l\u2019embraser&#8230;. De mon c\u00f4t\u00e9, je vous porte toujours dans mon \u00e2me, comme si votre image y \u00e9tait grav\u00e9e, et rien ne peut vous effacer de mon souvenir, bien que je vous \u00e9crive rarement faute de courriers. Puisque vous ne l\u2019ignorez pas, donnez \u2014 moi de temps \u00e0 autre des nouvelles de votre sant\u00e9. Et quoique je fasse mille questions \u00e0 ceux qui viennent de l\u00e0-bas, je n\u2019en \u00e9prouve pas moins le perp\u00e9tuel d\u00e9sir de recevoir des lettres de vous. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>Quelle douce et sainte philosophie\u2009! Quel profond sentiment de l\u2019immortalit\u00e9 dans cette lettre au pr\u00e9fet Studius qui pleurait la mort de son fr\u00e8re\u00a0:<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009Dou\u00e9, comme tu l\u2019es, d\u2019une haute sagesse, tu n\u2019as pas besoin de mes paroles pour supporter avec r\u00e9signation le d\u00e9part de ton fr\u00e8re : je dis d\u00e9part parce que je ne veux pas dire mort. Cependant, pour acquitter ma dette, j\u2019exhorte ton excellence, honorable seigneur, \u00e0 te montrer dans cette circonstance digne de toi \u2014 m\u00eame\u2009; non que tu doives t\u2019interdire toute affliction : tu ne le pourrais pas, car lu es homme, ton \u00e2me habite un corps, et tu viens de perdre le meilleur des fr\u00e8res\u2009; mais ta douleur doit avoir ses bornes. Tu sais, en effet, la fragilit\u00e9 des choses humaines qui passent connue l\u2019eau du fleuve, en sorte que ceux-l\u00e0 seuls doivent \u00eatre cens\u00e9s heureux qui ont fini dans une bonne esp\u00e9rance cette triste vie. Ce n\u2019est pas vers la mort qu\u2019ils s\u2019acheminent, mais vers la r\u00e9compense apr\u00e8s le combat, vers la couronne apr\u00e8s la lutte, vers le port apr\u00e8s la temp\u00eate. Que ces pens\u00e9es soutiennent ton courage\u2009! Nous, dans notre douleur qui n\u2019est pas l\u00e9g\u00e8re, nous songeons aux vertus de cet homme de bien. Leur souvenir qui nous console doit \u00eatre un grand adoucissement \u00e0 ta peine. Si celui qui nous a quitt\u00e9s ent\u00eat\u00e9 un m\u00e9chant, couvert de crimes, il faudrait pleurer et se lamenter\u2009; mais tel qu\u2019il \u00e9tait et que toute la ville l\u2019a connu, modeste, doux, rigide observateur de la justice, d\u2019une franchise et d\u2019une loyaut\u00e9 parfaites, d\u2019une \u00e2me grande et forte, plein de d\u00e9dain pour les choses d\u2019ici-bas, il faut te r\u00e9jouir et te f\u00e9liciter loi \u2014 m\u00eame d\u2019\u00eatre pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 dans une vie meilleure par un fr\u00e8re comme celui-l\u00e0, qui a plac\u00e9 dans un asile s\u00fbr et inviolable les biens qu\u2019il poss\u00e9dait au sortir de ce momie. Garde-toi donc, seigneur bien-aim\u00e9, de te laisser abattre par ton deuil. Ne sois pas inf\u00e9rieur \u00e0 loi m\u00eame, et daigne m\u2019apprendre que ma lettre l\u2019a fait du bien. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>Nous ne savons s\u2019il faut demander pardon au lecteur d\u2019avoir accumul\u00e9 sous ses yeux tant de citations. Il nous a sembl\u00e9 que ces extraits de la correspondance intime d\u2019un grand homme \u00e9taient plus propres \u00e0 le faire conna\u00eetre que nos discours et nos r\u00e9flexions. L\u2019orateur est descendu de sa tribune, le pontife a d\u00e9pos\u00e9 son b\u00e2ton pastoral, l\u2019homme nous appara\u00eet lui \u2014 m\u00eame dans l\u2019abandon de ses pens\u00e9es. Et si nous d\u00e9couvrons tout ce qu\u2019il y a de tendresse cach\u00e9e au fond de cette vie aust\u00e8re, nous sentons toujours, m\u00eame dans ses paroles les plus famili\u00e8res, comme la trace lumineuse des communications divines.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">Il refuse les cadeaux de ses amis<\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2650\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/02.940px.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"228\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/02.940px.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/02.940px-300x73.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/02.940px-768x186.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><\/p>\n<p>Du reste, parmi les lettres de Chrysostome, beaucoup sont \u00e0 l\u2019adresse d\u2019Antioche, et t\u00e9moignent des souvenirs qu\u2019il avait laiss\u00e9s dans sa patrie. La ville s\u2019\u00e9tait crue frapp\u00e9e elle-m\u00eame dans la personne de son plus illustre enfant. Accouru pr\u00e8s de lui le premier, Libanius lui porta les condol\u00e9ances et les sympathies de ses concitoyens. Bient\u00f4t on les vit arriver en foule pr\u00e8s de l\u2019exil\u00e9. Cucuse devint un but de p\u00e8lerinage. De tous les points de la Cilicie et de la Syrie, d\u2019Antioche surtout, on affluait dans ce d\u00e9sert, jusque-l\u00e0 sans nom, regard\u00e9 maintenant comme le sanctuaire de la vertu pers\u00e9cut\u00e9e, le temple d\u2019un martyr vivant. Pr\u00eatres, la\u00efques, hommes, femmes, chacun tenait \u00e0 offrir par lui-m\u00eame l\u2019hommage d\u2019une affectueuse admiration\u2009; chacun voulait voir le noble proscrit, recueillir un mot de sa bouche, \u00eatre b\u00e9ni par lui, emporter au fond du c\u0153ur un \u00e9cho de sa voix, un reflet de son visage. Apr\u00e8s l\u2019avoir vu, on voulait le voir encore\u2009; tout visiteur devenait un ami. Ceux \u00e0 qui le voyage de Cucuse \u00e9tait impossible, sollicitaient comme une faveur quelques mots de la main de Jean. \u00ab\u2009<em>Je ne vous ai jamais vue des yeux du corps, \u00e9crivait-il \u00e0 S\u00e9vera\u2009; mais l\u2019\u0153il de mon \u00e2me vous contemple, et pour celui-l\u00e0 il n\u2019est point de distance<\/em>\u2009\u00bb. Les \u00e9v\u00eaques qui n\u2019avaient pu le visiter s\u2019en excusaient par lettres, et se faisaient repr\u00e9senter pr\u00e8s de lui par quelqu\u2019un de leurs pr\u00eatres. \u00ab\u2009<em>\u00catre aim\u00e9 de la sorte et par des hommes comme vous, r\u00e9pondait-il, ce n\u2019est pas une petite consolation pour celui qui est l\u2019objet de tels sentiments. Je regarde votre amiti\u00e9 comme un tr\u00e9sor, comme un amas de richesses inestimables<\/em>\u2009\u00bb. On se disputait l\u2019honneur de lui venir en aide dans sa pauvret\u00e9\u2009; car, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 si longtemps le p\u00e8re et le soutien des pauvres, il n\u2019avait emport\u00e9 de Constantinople que le plus complet d\u00e9nuement. Mais son indigence abondait de tout, et il affligeait bien des personnes en repoussant les cadeaux d\u2019une affection trop g\u00e9n\u00e9reuse \u00e0 ses yeux.<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009Si vous saviez, mandait-il \u00e0 Cart\u00e9rie, quel droit vous acqu\u00e9rez \u00e0 ma reconnaissance en m\u2019\u00e9crivant fr\u00e9quemment, en r\u00e9pandant sur vos lettres le miel de votre charit\u00e9, vous feriez tous vos efforts pour m\u2019\u00e9crire tous les jours. Je ne crois plus habiter Cucuse ni vivre au d\u00e9sert, tant vos lettres me font de plaisir\u2009! Mais quelle marque de bienveillance et de sollicitude ne m\u2019avez-vous pas donn\u00e9e en d\u00e9cidant mon seigneur et bien-aim\u00e9 fr\u00e8re Libanius \u00e0 se mettre en route, \u00e0 entreprendre ce voyage\u2009? Je m\u2019en r\u00e9jouis, j\u2019en suis heureux. Rien, en effet, no peut \u00eatre compar\u00e9 \u00e0 une v\u00e9ritable affection. Vous me demandez de vous conserver toujours les m\u00eames sentiments qu\u2019autrefois\u2009; moi je ne puis me contenter de cette mesure, et je m\u2019applique tous les jours \u00e0 les augmenter\u2009; en cela je me rends service \u00e0 moi-m\u00eame : car je ne cesse de me repr\u00e9senter dans ma pens\u00e9e la noblesse de votre \u00e2me, votre sinc\u00e9rit\u00e9, votre d\u00e9licatesse, votre bont\u00e9, votre caract\u00e8re loyal, ennemi de toute dissimulation, et ces souvenirs me causent une grande joie. Assur\u00e9e de mon attachement, ne vous f\u00e2chez pas si j\u2019ai renvoy\u00e9 ce que votre v\u00e9n\u00e9ration m\u2019avait adress\u00e9. Je l\u2019ai re\u00e7u cependant et j\u2019en ai joui par le c\u0153ur\u2009; mais, ne manquant de rien, je vous ai pri\u00e9e de garder cela pour un autre temps. Si jamais j\u2019\u00e9prouve les rigueurs de l\u2019indigence, vous verrez avec quelle libert\u00e9 je r\u00e9clamerai ce que je repousse aujourd\u2019hui\u2009; ce ne sera, d\u2019ailleurs, que vous ob\u00e9ir. Vous me disiez, en effet, \u00e0 la fin de votre lettre : Montrez \u2014 moi votre confiance en usant de ce qui est \u00e0 moi comme de votre bien propre. \u2014 Donc, puisque vous voulez que je sois dans cette disposition et que je regarde ce qui vous appartient comme m\u2019appartenant, envoyez-moi ce que je demanderai, quand je le demanderai, et non lorsque je n\u2019en ai nul besoin. C\u2019est la meilleure mani\u00e8re de prouver que j\u2019entre dans vos vues\u2009; et vous me t\u00e9moignerez votre charit\u00e9 sinc\u00e8re et votre respect, en me pardonnant mon refus et m\u2019\u00e9crivant au plus t\u00f4t que vous n\u2019en \u00eates pas bless\u00e9e. Jusque-l\u00e0 je serai dans une grande inqui\u00e9tude, par la crainte de vous avoir fait de la peine&#8230;. Il est bon que vous sachiez que je n\u2019ai pas cherch\u00e9 \u00e0 m\u2019excuser aupr\u00e8s d\u2019autres qui avaient pour moi les m\u00eames proc\u00e9d\u00e9s et qui \u00e9taient fort de mes amis. 11 m\u2019a suffi de refuser ce qu\u2019ils m\u2019envoyaient. Mais je tiens \u00e0 me justifier \u00e0 vos yeux, et je vous prie en outre de ne pas vous f\u00e2cher : c\u2019est le langage que je ne cesserai de tenir, jusqu\u2019\u00e0 ce que vous m\u2019ayez rassur\u00e9\u2009; et si je re\u00e7ois une lettre selon mes v\u0153ux, je croirai avoir re\u00e7u mille fois plus que ce que vous m\u2019avez offert. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">Lettre de Constantius \u00e0 Porphyre<\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2339\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/05.940px-1.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"247\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/05.940px-1.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/05.940px-1-300x79.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/05.940px-1-768x202.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><\/p>\n<p>La bont\u00e9 de ses amis le condamnait \u00e0 renouveler tous les jours ces refus. L\u2019un d\u2019entre eux ayant insist\u00e9 pour ne pas reprendre ses cadeaux, Jean les exp\u00e9dia aux missionnaires de Ph\u00e9nicie par le messager m\u00eame qui les lui avait apport\u00e9s et qu\u2019il enr\u00f4la dans la milice \u00e9vang\u00e9lique de Constantius. \u00c0 Olympiade seule \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 le privil\u00e8ge de pourvoir \u00e0 ses besoins\u2009; et, quoique proscrite, quoique priv\u00e9e de ses biens, elle le faisait avec une prodigalit\u00e9 touchante qui tournait au profit des malheureux\u2009; car le pieux exil\u00e9 trouvait, dans le superflu d\u2019une existence extr\u00eamement s\u00e9v\u00e8re, de quoi nourrir autour de lui une foule d\u2019indigents, racheter aux Isaures de nombreux captifs, et secourir efficacement les missions de la Ph\u00e9nicie, de la Perse, de l\u2019Arabie, et de quelques pays occup\u00e9s par les Goths.<\/p>\n<p>Mais ces cadeaux, ces hommages, cette affluence de visiteurs attestaient autre chose que la piti\u00e9 ou l\u2019admiration d\u2019Antioche. C\u2019\u00e9tait aussi une mani\u00e8re de protester contre la tyrannie de Porphyre et ses inf\u00e2mes mensonges\u2009; car le sacril\u00e8ge usurpateur ne se bornait pas \u00e0 appeler la violence au secours de son intrusion. Ayant adopt\u00e9 comme le meilleur moyen de pros\u00e9lytisme les amendes, la prison, la confiscation, et se trouvant tromp\u00e9 dans son attente, il en con\u00e7ut plus de haine contre les amis de Jean dont le nom, qui lui semblait l\u2019\u00e2me de celle r\u00e9sistance, r\u00e9sonnait sans cesse \u00e0 ses oreilles comme une accusation et une menace. De l\u00e0, son acharnement \u00e0 les poursuivre de ses fureurs, et surtout \u00e0 calomnier ce grand nom par eux v\u00e9n\u00e9r\u00e9. C\u2019est \u00e0 ces calomnies qu\u2019ils r\u00e9pondaient par leurs visites \u00e0 Cucuse. Quant \u00e0 Jean, il se borna \u00e0 laisser \u00e9crire par son ami Constantius cette lettre o\u00f9 respire toute la douceur d\u2019une \u00e2me vraiment sacerdotale.<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:22px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:22px !important;\">\u2009Votre pi\u00e9t\u00e9 e\u00fbt d\u00fb ne pas se laisser surprendre par les paroles qu\u2019on vous a dites, mais chercher avec attention la v\u00e9rit\u00e9 dans ce flot de mensonges : car si l\u2019on prend pour des faits tout ce qui se d\u00e9bile dans le public, il n\u2019y a pas de r\u00e9putation qui ne soit en p\u00e9ril\u2009; si, au contraire, c\u2019est par les lois et par les tribunaux qu\u2019on veut arriver \u00e0 conna\u00eetre la v\u00e9rit\u00e9, je m\u2019offre volontiers \u00e0 \u00eatre jug\u00e9 par vous, pourvu que la calomnie ne lance pas contre moi de nouveaux traits. Je crains, en effet, apr\u00e8s la mani\u00e8re dont vous m\u2019avez trait\u00e9, je crains les ombres m\u00eames et les fant\u00f4mes. Des amis ont trahi l\u2019amiti\u00e9, et les ennemis ont aiguis\u00e9 le mensonge. Vous avez tout fait pour que je fisse naufrage au milieu du port. Mais, quoique chass\u00e9 de la ville et arrach\u00e9 de mon \u00c9glise, je suis r\u00e9solu \u00e0 tout souffrir, m\u00eame les plus grands supplices plut\u00f4t que de m\u2019\u00e9carter del\u00e0 mod\u00e9ration \u00e9vang\u00e9lique et de manquer de patience\u2009; car je sais, d\u2019une mani\u00e8re certaine, que la solitude est plus s\u00fbre que la ville, et que les b\u00eates fauves sont plus douces que certains amis. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-2579\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/08.650px-585x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"585\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/08.650px-585x1024.jpg 585w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/08.650px-171x300.jpg 171w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/08.650px.jpg 650w\" sizes=\"auto, (max-width: 585px) 100vw, 585px\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5 style=\"text-align: center;\">Saint Jean Chrysostome<\/h5>\n<h5 style=\"text-align: center;\"><em>\u0152uvres compl\u00e8tes traduites pour la premi\u00e8re fois en fran\u00e7ais sous la Direction de M. Jeannin<\/em><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: center;\">Tome Premier, pp. 444-454 \u2013 <strong>Histoire de Saint Jean Chrysostome<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: center;\">Sueur-Charruey, Imprimeur-Libraire-Editeur, Arras, 1887<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"vlp-link-container vlp-layout-basic\"><a href=\"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/exil-persecutions\/\" class=\"vlp-link\" title=\"Saint Jean Chrysostome - la fin d&#039;une vie d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Dieu\"><\/a><div class=\"vlp-layout-zone-side\"><div class=\"vlp-block-2 vlp-link-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"max-width: 150px;\" width=\"150\" height=\"181\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/07.650px.jpg\" class=\"attachment-150x999 size-150x999\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/07.650px.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/07.650px-249x300.jpg 249w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/div><\/div><div class=\"vlp-layout-zone-main\"><div class=\"vlp-block-0 vlp-link-title\">Saint Jean Chrysostome - la fin d'une vie d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Dieu<\/div><div class=\"vlp-block-1 vlp-link-summary\">&nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/div><\/div><\/div>\n<div class=\"vlp-link-container vlp-layout-basic\"><a href=\"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/chretiens-de-france\/\" class=\"vlp-link\" title=\"Saint Jean Chrysostome, aux chr\u00e9tiens de France\"><\/a><div class=\"vlp-layout-zone-side\"><div class=\"vlp-block-2 vlp-link-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"max-width: 150px;\" width=\"150\" height=\"181\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/07.650px.jpg\" class=\"attachment-150x999 size-150x999\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/07.650px.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/07.650px-249x300.jpg 249w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/div><\/div><div class=\"vlp-layout-zone-main\"><div class=\"vlp-block-0 vlp-link-title\">Saint Jean Chrysostome, aux chr\u00e9tiens de France<\/div><\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Voyage de Jean \u2014 S\u00e9jour \u00e0 Nic\u00e9e &nbsp; Nous devons revenir sur nos pas et suivre dans sa&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2575,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[27,2],"tags":[30,271],"class_list":["post-3681","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chrysostome","category-orthodoxie","tag-chrysostome","tag-persecution"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3681","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3681"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3681\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3692,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3681\/revisions\/3692"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2575"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3681"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3681"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3681"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}