{"id":3181,"date":"2020-12-03T15:29:16","date_gmt":"2020-12-03T14:29:16","guid":{"rendered":"http:\/\/hesychia.eu\/?p=3181"},"modified":"2020-12-03T15:44:31","modified_gmt":"2020-12-03T14:44:31","slug":"sainte-etienne-le-jeune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/2020\/12\/03\/sainte-etienne-le-jeune\/","title":{"rendered":"Saint \u00c9tienne le Jeune, martyr \u00e0 Constantinople  [\u2020756 &#8211; F\u00eat\u00e9 le 28 novembre]"},"content":{"rendered":"<h4 style=\"text-align: center;\"><em>Ainsi donc, fr\u00e8res, demeurez fermes, et conservez les traditions que vous avez apprises.<\/em><br \/>\n[II Thes II.14]<\/h4>\n<p>Etienne naquit \u00e0 Constantinople, sous l&#8217;empire d&rsquo;Anastase 11(713-719). Jean, son p\u00e8re, et Anne, sa m\u00e8re, \u00e9taient riches ; mais ils n&rsquo;avaient pas encore assez de biens pour contenter leur lib\u00e9ralit\u00e9 envers les \u00e9glises et les pauvres.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3188\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/etienne.nouveau.500px.01.doxologia.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"454\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/etienne.nouveau.500px.01.doxologia.jpg 500w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/etienne.nouveau.500px.01.doxologia-300x272.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p><!--more-->Dieu leur ayant donn\u00e9 deux filles, ils souhait\u00e8rent d&rsquo;avoir un gar\u00e7on; ils l&rsquo;obtinrent par un v\u0153u qu&rsquo;ils firent de le consacrer \u00e0 la sainte Vierge. Anne, \u00e9tant enceinte de lui, pria saint Germain, patriarche de Constantinople, \u00e0 son entr\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9glise de Sainte- Sophie, de le b\u00e9nir dans son sein. Il connut aussit\u00f4t, par un esprit proph\u00e9tique, quel serait cet enfant, et il lui donna sa b\u00e9n\u00e9diction, disant : \u00ab <em>Que notre Seigneur b\u00e9nisse ce fruit par l&rsquo;intercession du premier des Martyrs<\/em> \u00bb. Cette pieuse femme vit alors une flamme sortir de la bouche de ce glorieux pr\u00e9lat, et elle le supplia, d\u00e8s que l&rsquo;enfant fut n\u00e9, de prendre lui-m\u00eame la peine de le baptiser. Il le fit, et lui donna le nom d\u2019\u00c9tienne. Aussit\u00f4t apr\u00e8s son bapt\u00eame, ses parents le port\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise des Blaquernes et l&rsquo;offrirent \u00e0 la sainte Vierge devant une de ses ic\u00f4nes, et Anne protesta \u00e0 son mari que celle qui \u00e9tait repr\u00e9sent\u00e9e par cette image lui \u00e9tait apparue avant qu&rsquo;elle con\u00e7\u00fbt, et lui avait promis l&rsquo;enfant dont elle avait le bonheur d&rsquo;\u00eatre m\u00e8re.<\/p>\n<p>Notre Saint s&rsquo;appliqua \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude avec beaucoup de soin; mais il aimait par-dessus tout la lecture de l\u2019\u00c9criture sainte, qu&rsquo;il apprit si parfaitement par c\u0153ur, que sa m\u00e9moire lui servait de livre. Il prenait aussi un singulier plaisir aux ouvrages de <a href=\"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/chrysostome\/\">saint Jean Chrysostome<\/a> pour qui il avait une affection presque incroyable; mais il faisait encore plus de progr\u00e8s dans la vertu que dans la science. Il aimait \u00e0 entendre la parole de Dieu; il m\u00e9prisait les richesses et les grandeurs de ce monde p\u00e9rissable, et il n&rsquo;avait point d&rsquo;autre vue que de se rendre digne des biens immortels que l&rsquo;on acquiert par une vie pure et innocente. Il travaillait incessamment \u00e0 bien r\u00e9gler sa langue et \u00e0 soumettre ses passions \u00e0 l&#8217;empire de la raison; et, comme il \u00e9vitait la conversation avec les hommes, il se rendit assidu \u00e0 la pri\u00e8re, \u00e0 la visite des \u00e9glises et \u00e0 toutes sortes d&rsquo;exercices spirituels.<\/p>\n<p>En ce temps-l\u00e0, L\u00e9on l&rsquo;Isaurien, ayant usurp\u00e9 l&#8217;empire, commen\u00e7a une guerre acharn\u00e9e contre les saintes ic\u00f4nes et contre les fid\u00e8les qui avaient fait profession de les honorer. Il chassa le patriarche saint Germain de son si\u00e8ge, fit mourir quantit\u00e9 de chr\u00e9tiens, et, s&rsquo;acharnant surtout contre les religieux, en confina dans les prisons et les basses-fosses, en envoya en exil, et en condamna plusieurs \u00e0 mort. Cette pers\u00e9cution n&#8217;emp\u00eacha pas le p\u00e8re et la m\u00e8re de notre Saint, d\u00e8s qu&rsquo;ils le virent \u00e2g\u00e9 de seize ans, de le mener sur le mont Auxence, qui est vis-\u00e0-vis de Constantinople, vers la province de Bithynie, pour le d\u00e9dier \u00e0 Dieu, selon le v\u0153u qu&rsquo;ils avaient fait pour l&rsquo;obtenir. Saint Auxent \u00e9tait le premier qui l&rsquo;avait habit\u00e9, et c&rsquo;est de lui qu&rsquo;il avait pris le nom d&rsquo;Auxence. Serge, son disciple, avait \u00e9t\u00e9 l&rsquo;h\u00e9ritier de sa grotte aussi bien que de ses vertus. Bendien, qui \u00e9tait un homme d&rsquo;un admirable saintet\u00e9, lui avait succ\u00e9d\u00e9. Gr\u00e9goire en \u00e9tait demeur\u00e9 possesseur apr\u00e8s lui. Enfin, c&rsquo;\u00e9tait Jean, personnage d&rsquo;un m\u00e9rite incomparable et dou\u00e9 de l&rsquo;esprit de proph\u00e9tie, qui l&rsquo;occupait lorsque \u00c9tienne y fut conduit. Ce bienheureux vieillard reconnut d&rsquo;abord les desseins de la divine Providence sur cet enfant, et qu&rsquo;il serait une colonne in\u00e9branlable qui soutiendrait l\u2019\u00c9glise contre les attaques des h\u00e9r\u00e9tiques. Ayant donc dit \u00e0 ses parents qu&rsquo;il paraissait bien que l&rsquo;Esprit de Dieu reposait sur lui, il le retint en sa compagnie; puis, apr\u00e8s les pri\u00e8res de la nuit, et apr\u00e8s lui avoir donn\u00e9 de saintes instructions sur l&rsquo;\u00e9tat qu&rsquo;il allait embrasser, il lui coupa les cheveux et le rev\u00eatit de l&rsquo;habit religieux.<\/p>\n<p>\u00c9tienne entreprit ce genre de vie avec beaucoup de ferveur, et n&rsquo;omit aucun des exercices qui pouvaient l&rsquo;avancer dans la pi\u00e9t\u00e9. Outre les veilles et les je\u00fbnes qu&rsquo;il employait pour mortifier sa chair, il pratiqua toutes les vertus monastiques dans un tr\u00e8s haut degr\u00e9 de perfection. Il se faisait surtout remarquer par l&rsquo;humilit\u00e9 et l&rsquo;ob\u00e9issance; il recherchait avec empressement les minist\u00e8res les plus vils et les plus laborieux. On remarque qu&rsquo;il allait tous les jours chercher de l&rsquo;eau et les autres choses n\u00e9cessaires en un lieu fort \u00e9loign\u00e9 et de difficile acc\u00e8s; ce qui, dans les chaleurs de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 et les glaces de l&rsquo;hiver, lui causait des peines incroyables. Mais ce travail, quelque rude qu&rsquo;il f\u00fbt, ne tira jamais de sa bouche une parole d&rsquo;impatience, ni ne lui fit manquer \u00e0 aucune des observances, et il m\u00e9rita par cette ferveur de si grandes gr\u00e2ces, que les animaux les plus farouches lui devinrent ob\u00e9issants, et s&rsquo;offraient d&rsquo;eux-m\u00eames \u00e0 lui rendre service.<\/p>\n<p>Un jour qu&rsquo;il venait de s&rsquo;acquitter de quelques-uns de ces offices, il trouva le saint vieillard qui avait la t\u00eate appuy\u00e9e sur sa fen\u00eatre et pleurait am\u00e8rement. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 fort longtemps prostern\u00e9 en terre, selon sa coutume, pour recevoir sa b\u00e9n\u00e9diction, voyant qu&rsquo;il ne la lui donnait point, il ne savait d&rsquo;o\u00f9 cela pouvait venir. Enfin ce saint homme leva la t\u00eate et lui dit : \u00ab<em> C&rsquo;est \u00e0 cause de vous, mon tr\u00e8s cher fils, que je pleure de la sorte, parce que je sais certainement qu&rsquo;apr\u00e8s que le service de Dieu se sera accru en ce lieu sous votre conduite, il sera ruin\u00e9 par ces impies ennemis des saintes images<\/em> \u00bb. Ces paroles firent soupirer \u00c9tienne au fond de son c\u0153ur, et il r\u00e9pondit : \u00ab <em>Quoi, mon p\u00e8re, pr\u00e9voyez-vous aussi que je serai assez l\u00e2che pour me laisser empoisonner de cette fausse doctrine ?<\/em> \u00bb \u2013 \u00ab <em>Dieu me garde, mon fils<\/em> \u00bb, r\u00e9pliqua le saint vieillard, \u00ab <em>d&rsquo;avoir une telle pens\u00e9e de vous ! Il ne permettra jamais que cela arrive; mais rendez-vous digne de cette gr\u00e2ce par une profonde humilit\u00e9 et une attention continuelle sur vous-m\u00eame<\/em> \u00bb. Il lui pr\u00e9dit ensuite plus clairement toutes les pers\u00e9cutions qu&rsquo;il devait endurer.<\/p>\n<p>Cependant le p\u00e8re d\u2019\u00c9tienne mourut, et celui-ci s&rsquo;en alla, par l&rsquo;ordre de son sup\u00e9rieur, \u00e0 Constantinople, pour lui rendre les derniers devoirs. Il y vendit tous ses biens et en donna le prix aux pauvres; laissant dans la ville une de ses s\u0153urs, nomm\u00e9e Th\u00e9odote, qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 religieuse, il amena l&rsquo;autre avec sa m\u00e8re recevoir la b\u00e9n\u00e9diction du saint vieillard; puis il les mit dans un monast\u00e8re de femmes fond\u00e9 par saint Auxent, o\u00f9 elles se firent aussi religieuses, et ainsi, de fils et de fr\u00e8re, qu&rsquo;il leur \u00e9tait auparavant, il devint leur p\u00e8re spirituel. Peu de temps apr\u00e8s, son admirable conducteur passa de cette vie \u00e0 l&rsquo;immortalit\u00e9, et tous les solitaires d&rsquo;alentour, en \u00e9tant avertis, vinrent baiser son corps et le mettre en terre. Ils ne pouvaient assez d\u00e9plorer leur perte, mais ils trouv\u00e8rent dans \u00c9tienne comme un autre Josu\u00e9, successeur de Mo\u00efse, ou comme un autre \u00c9lis\u00e9e qui n&rsquo;h\u00e9rita pas seulement du manteau d\u2019\u00c9lie, mais encore de son double esprit. Il \u00e9tait alors \u00e2g\u00e9 d&rsquo;un peu plus de trente ans, et il s&rsquo;enferma dans cette petite grotte, o\u00f9, selon le conseil de l&rsquo;Ap\u00f4tre, il joignait le travail \u00e0 la pri\u00e8re, soit en faisant des filets pour des p\u00eacheurs, soit en copiant des livres, afin que non seulement il ne f\u00fbt \u00e0 charge \u00e0 personne, mais qu&rsquo;il e\u00fbt m\u00eame de quoi faire l&rsquo;aum\u00f4ne aux n\u00e9cessiteux.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9clat de ses vertus lui attira bient\u00f4t des disciples, et les moines n&rsquo;eurent pas de peine \u00e0 quitter les vall\u00e9es pour aller sur ce rocher se mettre sous sa conduite. D&rsquo;abord il en re\u00e7ut douze, parmi lesquels les plus consid\u00e9rables furent Marin, Jean, Christophe et Zacharie; mais le nombre s&rsquo;\u00e9tant accru jusqu&rsquo;\u00e0 vingt, il nomma le premier de ces quatre pour leur sup\u00e9rieur et il r\u00e9solut de mener une vie plus cach\u00e9e et plus aust\u00e8re. Il se retira sur la cime de la montagne, o\u00f9 il s&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 une nouvelle grotte d&rsquo;une structure extraordinaire. Elle n&rsquo;avait que deux coud\u00e9es de long et une demie-coud\u00e9e de large, et si peu de hauteur, qu&rsquo;\u00e0 peine y pouvait-il tenir debout, m\u00eame en se courbant. Elle \u00e9tait \u00e0 moiti\u00e9 d\u00e9couverte, de sorte que l&rsquo;ardeur du soleil pouvait l&rsquo;y br\u00fbler pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9, et la rigueur du froid l&rsquo;y transir pendant l&rsquo;hiver. Il n&rsquo;avait pour v\u00eatement qu&rsquo;une simple peau de mouton fort petite, et cette aust\u00e9rit\u00e9 ne le satisfaisant pas enti\u00e8rement, il se ceignit tout le corps avec une cha\u00eene de fer. Il s&rsquo;accoutumait ainsi aux tourments du martyre qui lui \u00e9taient pr\u00e9par\u00e9s. Ses disciples, qui ne savaient pas encore sa retraite, all\u00e8rent, apr\u00e8s Matines, se prosterner \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de sa grotte ordinaire, pour recevoir sa b\u00e9n\u00e9diction; mais, ne l&rsquo;y trouvant plus, ils le cherch\u00e8rent de tous c\u00f4t\u00e9s, et enfin ils le d\u00e9couvrirent dans sa nouvelle cellule. Surpris de le voir en cet \u00e9tat, ils lui dirent, les larmes aux yeux : \u00ab <em>Eh quoi ! notre p\u00e8re, voulez-vous vous faire mourir par cette aust\u00e9rit\u00e9 ? voulez- vous nous rendre orphelins par une mort pr\u00e9cipit\u00e9e ?<\/em> \u00bb \u2013 \u00ab <em>Ne savez-vous pas, mes enfants<\/em>\u00bb, leur r\u00e9pondit-il, \u00ab <em>qu&rsquo;il est \u00e9crit que la voie du ciel est \u00e9troite ?<\/em> \u00bb Ils n&rsquo;os\u00e8rent rien r\u00e9pondre \u00e0 ces paroles, mais ils le pri\u00e8rent de couvrir au moins sa cellule. \u00ab <em>Cela n&rsquo;est point n\u00e9cessaire<\/em> \u00bb, dit-il, \u00ab<em> le ciel me tiendra lieu de couverture<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Cependant, quelque d\u00e9sir qu&rsquo;il e\u00fbt de se tenir cach\u00e9, il ne put emp\u00eacher que la r\u00e9putation de sa saintet\u00e9 ne se r\u00e9pand\u00eet de tous c\u00f4t\u00e9s et qu&rsquo;elle n&rsquo;attir\u00e2t aupr\u00e8s de lui une infinit\u00e9 de personnes, qui venaient lui demander conseil dans la pers\u00e9cution dont l\u2019\u00c9glise d&rsquo;Orient \u00e9tait agit\u00e9e par la fureur des Iconoclastes. Car c&rsquo;\u00e9tait en ce temps que le d\u00e9testable empereur Constantin Copronyme, fils et successeur de L\u00e9on, voulant ench\u00e9rir sur les crimes de sou p\u00e8re, d\u00e9solait et ravageait les \u00e9glises comme une b\u00eate farouche; et parce que des solitaires, pleins du z\u00e8le de Dieu et de l&rsquo;honneur d\u00fb aux saintes images, l&rsquo;avaient repris de son impi\u00e9t\u00e9, il leur d\u00e9clarait une guerre plus cruelle. Il avait fait faire, \u00e0 une grande multitude de peuple ignorant, un serment solennel et public sur la croix de J\u00e9sus Christ, sur l\u2019\u00c9vangile et sur la sainte Eucharistie, qu&rsquo;ils briseraient les images comme des idoles et qu&rsquo;ils fuiraient la communion de tous ceux qui les honoraient, et principalement des solitaires, qui en soutenaient vigoureusement le culte sacr\u00e9. Ceux-ci donc, qui \u00e9taient pers\u00e9cut\u00e9s \u00e0 outrance par ce mis\u00e9rable empereur, n&rsquo;avaient point de plus fort refuge que de recourir \u00e0 notre Saint, pour apprendre de lui ce qu&rsquo;ils devaient faire dans une affliction si g\u00e9n\u00e9rale. Il les re\u00e7ut avec beaucoup de charit\u00e9, et, apr\u00e8s les avoir puissamment exhort\u00e9s et encourag\u00e9s \u00e0 d\u00e9fendre la vraie foi jusqu&rsquo;\u00e0 la mort, il leur conseilla de se retirer n\u00e9anmoins dans les endroits qui n&rsquo;\u00e9taient pas encore infect\u00e9s du poison de l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie, les assurant que Dieu serait leur protecteur, et qu&rsquo;ils auraient enfin la joie de voir l\u2019\u00c9glise veng\u00e9e de toutes ces injures et la paix rendue aux fid\u00e8les.<\/p>\n<p>Constantin, qui connaissait la vertu d\u2019\u00c9tienne, entreprit de le gagner \u00e0 son parti, se flattant que, s&rsquo;il pouvait l&rsquo;y engager, il n&rsquo;y aurait pas d&rsquo;anachor\u00e8te qui p\u00fbt lui faire aucune r\u00e9sistance. Il envoya pour cela vers lui un s\u00e9nateur nomm\u00e9 Calixte, qui \u00e9tait tr\u00e8s instruit de son h\u00e9r\u00e9sie et parlait parfaitement bien, et qui lui fit des pr\u00e9sents pour l&rsquo;obliger de souscrire \u00e0 un faux concile, ou, pour mieux dire, \u00e0 un brigandage qu&rsquo;il avait fait tenir dans l&rsquo;\u00e9glise des Blaquernes, o\u00f9, par la l\u00e2chet\u00e9 et la trahison de trois cent trente-huit \u00e9v\u00eaques, l&rsquo;impi\u00e9t\u00e9 des Iconoclastes avait \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e, et la doctrine catholique sur la v\u00e9n\u00e9ration des images condamn\u00e9e. Mais \u00c9tienne, qui ne c\u00e9dait point en constance au premier des martyrs, dont il portait le nom, r\u00e9pondit g\u00e9n\u00e9reusement :<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:20px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:20px !important;\">\u00ab Je ne souscrirai point \u00e0 ce faux Synode, qui s&rsquo;est raidi contre la doctrine des P\u00e8res et la tradition de l&rsquo;Eglise; je ne dirai point que ce qui est amer est doux, et que les t\u00e9n\u00e8bres sont la lumi\u00e8re. Je suis pr\u00eat \u00e0 mourir pour le culte d\u00fb aux figures de J\u00e9sus Christ et des Saints, et, quand je n&rsquo;aurais plus de sang que plein le creux de ma main, je le r\u00e9pandrais volontiers pour la confession de cette doctrine \u00bb. <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>Calixte, tout couvert de honte, retourna vers l&#8217;empereur lui porter cette r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>Alors ce tyran plein de furie envoya des soldats sur le mont Auxence, pour arracher \u00c9tienne de sa cellule et le mener prisonnier dans le monast\u00e8re qui \u00e9tait au dessous. Ses aust\u00e9rit\u00e9s l&rsquo;avait r\u00e9duit en un \u00e9tat si pitoyable, qu&rsquo;il donna m\u00eame de la compassion \u00e0 ces barbares; car ses nerfs s&rsquo;\u00e9taient tellement retir\u00e9s \u00e0 force d&rsquo;\u00eatre continuellement sur ses genoux ou assis contre terre, qu&rsquo;il ne pouvait plus les \u00e9tendre ni se tenir debout. Ils le port\u00e8rent donc sur leurs bras, et, l&rsquo;ayant enferm\u00e9 avec les solitaires qui \u00e9taient \u00e0 la grotte de Saint-Auxence, ils firent garde \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e, en attendant de nouveaux ordres du prince. Six jours se pass\u00e8rent sans que le Saint pr\u00eet aucune nourriture, et, pendant ce temps, Constantin ayant appris que les Scythes venaient en armes contre lui, il manda qu&rsquo;on le reconduis\u00eet dans sa cellule.<\/p>\n<p>A peine y fut-il, que Calixte, ce s\u00e9nateur impie qui l&rsquo;avait inutilement sollicit\u00e9 de se rendre au sentiment de son prince, ne doutant point qu&rsquo;il ne f\u00eet quelque chose d&rsquo;agr\u00e9able \u00e0 ce tyran, s&rsquo;il pouvait ruiner la r\u00e9putation d&rsquo;un si saint homme, gagna par argent et par promesse le nomm\u00e9 Serge, un des douze premiers solitaires qui s&rsquo;\u00e9taient donn\u00e9s \u00e0 lui, pour d\u00e9poser contre son innocence et l&rsquo;accuser de crimes d\u00e9testables. Celui-ci donc, imitant le tra\u00eetre Judas, composa un libelle diffamatoire plein d&rsquo;horribles calomnies contre lui, l&rsquo;accusant, entre autres choses, d&rsquo;avoir trait\u00e9 l&#8217;empereur de tyran, d&rsquo;h\u00e9r\u00e9tique, et d&rsquo;un autre Vitellius; et d&rsquo;avoir eu un commerce impudique avec une dame nomm\u00e9e Anne, \u00e0 qui il avait donn\u00e9 l&rsquo;habit de religieuse, dans le monast\u00e8re proche de sa cellule. Calixte, pour autoriser ces impostures, gagna aussi une esclave de cette dame, en lui promettant la libert\u00e9 et un mariage avantageux, pour dire que ce commerce sacril\u00e8ge d&rsquo;Etienne avec sa ma\u00eetresse \u00e9tait v\u00e9ritable, et qu&rsquo;elle-m\u00eame en \u00e9tait t\u00e9moin. Il fit tenir toutes ces \u00e9critures \u00e0 l&#8217;empereur, en Scythie, lequel en eut une joie extr\u00eame et manda aussit\u00f4t \u00e0 Anth\u00e8te, pr\u00e9fet de Constantinople, de se transporter dans ce monast\u00e8re de filles, d&rsquo;en tirer Anne par force et de la lui envoyer au camp; elle y alla g\u00e9n\u00e9reusement, et ce monstre d&rsquo;iniquit\u00e9 n&rsquo;\u00e9pargna rien pour l&rsquo;obliger de d\u00e9chirer l&rsquo;honneur d\u2019\u00c9tienne, en avouant ces crimes dont il \u00e9tait innocent; mais ses efforts furent inutiles et, ni les menaces qu&rsquo;il lui fit au camp, ni les supplices auxquels il la condamna \u00e0 son retour, ne purent jamais arracher de sa bouche la calomnie et le faux t\u00e9moignage qu&rsquo;on lui demandait.<\/p>\n<p>L&#8217;empereur, apr\u00e8s la guerre, voyant que ce stratag\u00e8me n&rsquo;avait pas r\u00e9ussi pour perdre le bienheureux solitaire, s&rsquo;avisa d&rsquo;un autre artifice ce fut de donner charge \u00e0 un de ses favoris, nomm\u00e9 Georges, de faire semblant de vouloir se convertir et d&rsquo;aller demander l&rsquo;habit de moine \u00e0 cet homme c\u00e9leste dont la charit\u00e9 s&rsquo;\u00e9tendait sur tous les p\u00e9cheurs qui voulaient faire p\u00e9nitence. Georges y fut effectivement, et il fit si bien l&rsquo;hypocrite, que le Saint, le croyant touch\u00e9 de Dieu, ne diff\u00e9ra point de le recevoir au nombre de ses disciples et de le rev\u00eatir de l&rsquo;habit d&rsquo;ob\u00e9issance. Il persista trois jours en cet \u00e9tat, pour mieux couvrir son imposture, et au bout de ce temps il vint retrouver l&#8217;empereur, lequel, ayant assembl\u00e9 dans l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre une grande multitude de peuple, se plaignit hautement que les solitaires lui enlevaient ceux de sa cour, et, pour preuve, il produisit ce fourbe, encore couvert de la cucule religieuse; ensuite, il le d\u00e9pouilla de cet habit, qu&rsquo;il jeta dans l&rsquo;assembl\u00e9e, afin qu&rsquo;on le foul\u00e2t aux pieds, et il le fit laver depuis les pieds jusqu&rsquo;\u00e0 la t\u00eate, comme pour le purifier de la t\u00e2che qu&rsquo;il avait contract\u00e9e en portant ce v\u00eatement. Enfin, tout \u00e9cumant de rage, il envoya des gens sur le mont Auxence, qui en br\u00fbl\u00e8rent l&rsquo;\u00e9glise et le monast\u00e8re, dispers\u00e8rent les solitaires, et, ayant arrach\u00e9 une seconde fois le Saint de sa cellule, le tra\u00een\u00e8rent comme un voleur, avec toute la cruaut\u00e9 et les outrages imaginables, au bas de la montagne, et jusqu&rsquo;\u00e0 Chalc\u00e9doine.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il y fut, ils l&#8217;embarqu\u00e8rent, tout bris\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait, dans un vaisseau et le transport\u00e8rent au monast\u00e8re de Philippique, de la ville de Chrysopolis. L&#8217;empereur t\u00e9moigna beaucoup de joie des mauvais traitements que l&rsquo;on avait faits au saint martyr; et il fit aussit\u00f4t publier un ordre par lequel il d\u00e9fendait, sous peine de mort, de demeurer sur le mont Auxence et m\u00eame d&rsquo;en approcher, de peur que les disciples du Saint n&rsquo;y retournassent. Il d\u00e9puta ensuite vers lui plusieurs \u00e9v\u00eaques iconoclastes, avec son secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat et un autre officier, pour lui faire subir un interrogatoire. \u00c9tienne souffrit de grands outrages de la part de ces \u00e9v\u00eaques, dont l\u2019un lui donna des coups sur le visage, et les autres le laiss\u00e8rent maltraiter et fouler aux pieds par un soldat. Mais, d&rsquo;autre part, il les couvrit de confusion, leur faisant voir clairement que le Concile de Constantinople, qu&rsquo;ils appelaient saint, \u0153cum\u00e9nique et septi\u00e8me Concile g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019\u00c9glise, n&rsquo;avait aucune de ces qualit\u00e9s; qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait point <em>saint<\/em>, parce qu&rsquo;il avait aboli les choses saintes, savoir les saintes images et les vases sacr\u00e9s, o\u00f9 l&rsquo;histoire de l\u2019\u00c9glise \u00e9tait grav\u00e9e; qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait point <em>\u0153cum\u00e9nique<\/em>, parce qu&rsquo;il n&rsquo;avait point \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 ni approuv\u00e9 par le souverain Pontife, sans lequel on ne peut \u00e9tablir aucun dogme de foi; et que les patriarches m\u00eame d&rsquo;Alexandrie, d&rsquo;Antioche et de J\u00e9rusalem n&rsquo;y avaient point consenti; enfin, qu&rsquo;il ne pouvait pas \u00eatre appel\u00e9 le septi\u00e8me <em>concile<\/em>, parce qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas suivi les six autres; puisqu&rsquo;au lieu que ces six avaient honor\u00e9 les saintes images qui \u00e9taient dans les \u00e9glises o\u00f9 ils avaient tenu leur Synode, au contraire, ils les avaient d\u00e9chir\u00e9es, rompues et condamn\u00e9es au feu. Il leur demanda ensuite si ce qu&rsquo;il disait n&rsquo;\u00e9tait pas v\u00e9ritable; et, comme ils ne pouvaient pas le nier, levant les yeux et les mains au ciel, et jetant un profond soupir, il dit \u00e0 haute voix :<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:20px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:20px !important;\">\u00ab Quiconque ne r\u00e9v\u00e8re pas l&rsquo;image de notre Seigneur J\u00e9sus Christ selon son humanit\u00e9, qu&rsquo;il soit anath\u00e8me et mis au nombre de ceux qui cri\u00e8rent autrefois : Faites mourir cet homme, crucifiez-le, crucifiez-le ! \u00bb<\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>Cette g\u00e9n\u00e9reuse libert\u00e9 \u00e9tonna tellement tous ces Pr\u00e9lats, qu&rsquo;ils s&rsquo;en revinrent tout confus vers l&#8217;empereur. Il leur demanda l&rsquo;issue de leur conf\u00e9rence; mais, comme ils s&rsquo;effor\u00e7aient de cacher leur honte, Calixte lui dit : \u00ab <em>Nous avons \u00e9t\u00e9 vaincus, seigneur, nous avons \u00e9t\u00e9 vaincus. La doctrine de cet homme est profonde; il est puissant dans la discussion, sa vertu est incomparable et son \u00e2me est intr\u00e9pide. Non seulement il m\u00e9prise les menaces, mais il ne craint pas la mort<\/em> \u00bb. Ce rapport fid\u00e8le ayant irrit\u00e9 l&#8217;empereur, il ordonna qu\u2019\u00c9tienne f\u00fbt conduit en exil dans le Procon\u00e8se, qui est une \u00eele de l&rsquo;Hellespont. Il demeura n\u00e9anmoins encore dix-sept jours dans le monast\u00e8re de Philippique et passa tout ce temps sans rien manger; avant d&rsquo;en sortir, il rendit miraculeusement la sant\u00e9 au sup\u00e9rieur de cette maison, qui \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9. Lorsqu&rsquo;il fut au lieu de son bannissement, il y rencontra une caverne que les gens du pays nommaient Cissade, o\u00f9 il y avait une chapelle consacr\u00e9e \u00e0 sainte Anne, m\u00e8re de la glorieuse Vierge. Il en eut une joie extr\u00eame, et, ne doutant point que la Providence divine ne lui e\u00fbt pr\u00e9par\u00e9 cette demeure, il s&rsquo;y \u00e9tablit, ne vivant que des racines des herbes qui croissaient \u00e0 l&rsquo;entour.<\/p>\n<p>Ses disciples l&rsquo;y vinrent trouver, except\u00e9 Serge, dont nous avons parl\u00e9, et un autre, nomm\u00e9 \u00c9tienne, qui renon\u00e7a \u00e0 sa profession et \u00e0 son sacerdoce pour se donner au service de l&#8217;empereur impie et sacril\u00e8ge. Sa m\u00e8re et sa s\u0153ur, qu&rsquo;il avait faites religieuses sur le mont Auxence, y vinrent aussi et y moururent au bout de quelque temps, \u00e0 sept jours l&rsquo;une de l&rsquo;autre. Il avait alors quarante-neuf ans, et, comme s&rsquo;il n&rsquo;e\u00fbt fait que commencer une vie p\u00e9nitente, il b\u00e2tit une colonne sur laquelle il \u00e9difia une petite cellule o\u00f9 il se renferma et pratiqua de jour en jour de nouvelles aust\u00e9rit\u00e9s. Dieu le r\u00e9compensa d\u00e8s ce monde par la gr\u00e2ce des miracles car il donna la vue \u00e0 un aveugle-n\u00e9, il d\u00e9livra le fils unique d&rsquo;une grande dame de Cyzique, poss\u00e9d\u00e9 du d\u00e9mon, et il rendit la sant\u00e9 \u00e0 une femme d&rsquo;H\u00e9racl\u00e9e travaill\u00e9e depuis sept ans d&rsquo;un flux de sang. Lorsqu&rsquo;il voyait la mer en temp\u00eate, il se mettait en pri\u00e8res pour les passagers, et ils l&rsquo;ont vu souvent, tant\u00f4t soulever le vaisseau, tant\u00f4t travailler \u00e0 la man\u0153uvre, tant\u00f4t conduire lui-m\u00eame le gouvernail : ce qui les pr\u00e9servait du naufrage.<\/p>\n<p>Ces merveilles devaient sans doute confondre ses ennemis et les faire entrer en eux- m\u00eames; mais il en arriva tout le contraire, et elles furent cause qu&rsquo;on lui suscita une nouvelle pers\u00e9cution. Car l&#8217;empereur ayant su qu&rsquo;il avait gu\u00e9ri un paralytique en lui faisant r\u00e9v\u00e9rer les saintes images de notre Seigneur et de la sainte Vierge, il envoya prendre saint \u00c9tienne dans le d\u00e9sert o\u00f9 il \u00e9tait exil\u00e9, et, l&rsquo;ayant fait revenir \u00e0 Constantinople, il le fit renfermer dans l&rsquo;obscure prison de Phiale, les fers aux mains et les pieds \u00e9troitement serr\u00e9s entre deux morceaux de bois. Quelques jours apr\u00e8s, il le fit amener au lieu appel\u00e9 le Phare, o\u00f9 il le traita avec la derni\u00e8re indignit\u00e9. Le Saint, ne perdant rien de sa douceur ordinaire, lui prouva solidement la saintet\u00e9 du culte des images et lui fit voir, par des arguments invincibles, que le lecteur trouvera dans l&rsquo;histoire enti\u00e8re de sa vie, que ce culte n&rsquo;avait rien de l&rsquo;idol\u00e2trie; et, pour le confondre enti\u00e8rement, il tira de son capuce une pi\u00e8ce d&rsquo;or qu&rsquo;il avait demand\u00e9e sur le chemin \u00e0 un homme de pi\u00e9t\u00e9, et sur laquelle la figure de ce prince \u00e9tait grav\u00e9e; puis il lui dit, comme J\u00e9sus Christ l&rsquo;avait dit autrefois aux Juifs : \u00ab <em>De qui est cette inscription ?<\/em> \u00bb Copronyme, \u00e9tonn\u00e9 de cette demande, lui r\u00e9pondit fi\u00e8rement : \u00ab <em>De qui serait-elle, sinon de l&#8217;empereur ?<\/em> \u00bb \u2013 \u00ab <em>Et si quelqu&rsquo;un<\/em> \u00bb, ajouta \u00c9tienne, \u00ab <em>la jetait par terre avec m\u00e9pris et la foulait aux pieds, lui ferait-on souffrir quelque ch\u00e2timent ?<\/em> \u00bb \u2013 \u00ab <em>Oui, sans doute<\/em> \u00bb, r\u00e9pliqu\u00e8rent ceux qui \u00e9taient pr\u00e9sents, \u00ab<em> et ce serait avec beaucoup de justice, puisqu&rsquo;il aurait trait\u00e9 outrageusement la figure du prince<\/em> \u00bb. L&rsquo;homme de Dieu jeta sur lui un profond soupir, et, ayant le co\u00bbur p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 de douleur, il s&rsquo;\u00e9cria :<\/p>\n<div class=\"perfect-pullquote vcard pullquote-align-full pullquote-border-placement-top\" style=\"border-color:#FFB236 !important;font-size:20px !important;\"><blockquote><p style=\"font-size:20px !important;\">\u00ab O aveuglement d\u00e9plorable ! vous dites qu&rsquo;il faudrait ch\u00e2tier celui qui aurait foul\u00e9 aux pieds la figure de l&#8217;empereur, qui n&rsquo;est qu&rsquo;un homme mortel; et quelle peine ne m\u00e9ritent donc pas ceux qui ont foul\u00e9 aux pieds et jet\u00e9 dans le feu les images du Fils de Dieu et de sa tr\u00e8s sainte M\u00e8re ? \u00bb <\/p><\/blockquote><\/div>\n<p>Et, en achevant ces paroles, il jeta \u00e0 terre cette pi\u00e8ce d&rsquo;or et marcha dessus. A l&rsquo;heure m\u00eame, on se jeta sur lui pour l&rsquo;aller pr\u00e9cipiter dans la mer; mais l&#8217;empereur, dissimulant sa fureur, voulut seulement qu&rsquo;on le men\u00e2t dans la prison du pr\u00e9toire, la corde au cou et les mains li\u00e9es, afin d&rsquo;\u00eatre puni de ce pr\u00e9tendu attentat dans une justice r\u00e9gl\u00e9e et selon l&rsquo;ordonnance des lois.<\/p>\n<p>D\u00e8s que le Saint vit la prison, il connut par un mouvement de l&rsquo;Esprit de Dieu qu&rsquo;il y finirait ses jours. Il y trouva aussi trois cent quarante- deux solitaires d&rsquo;une \u00e9minente vertu, qui y avaient \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s de divers endroits. On avait coup\u00e9 le nez \u00e0 quelques-uns, \u00e0 d&rsquo;autres les oreilles, \u00e0 d&rsquo;autres les mains, et plusieurs avaient eu les yeux crev\u00e9s ou arrach\u00e9s pour avoir d\u00e9fendu de bouche ou par \u00e9crit le culte des saintes images. Ils portaient encore les marques de mille autres indignit\u00e9s qu&rsquo;on leur avait fait souffrir. Le Saint, \u00e0 la vue de tant de tourments qu&rsquo;ils avaient endur\u00e9s, ne pouvait se lasser de relever leur bonheur et de se plaindre lui-m\u00eame de n&rsquo;avoir pas encore perdu un seul membre pour une si juste cause. D&rsquo;autre part, ces solitaires vinrent \u00e0 lui comme \u00e0 leur ma\u00eetre, afin de recevoir de sa bouche de salutaires instructions. Il les encouragea \u00e0 pers\u00e9v\u00e9rer dans les souffrances et leur enseigna \u00e0 pratiquer dans la prison m\u00eame tous les exercices de la vie r\u00e9guli\u00e8re; de sorte que le pr\u00e9toire fut bient\u00f4t chang\u00e9 en un monast\u00e8re.<\/p>\n<p>Les ge\u00f4liers \u00e9taient si \u00e9difi\u00e9s de sa conduite, qu&rsquo;ils le consid\u00e9raient comme un ange venu du ciel; l&rsquo;un d&rsquo;eux l&rsquo;ayant t\u00e9moign\u00e9 \u00e0 sa femme, celle-ci, qui \u00e9tait fort sage, vint se jeter \u00e0 ses pieds et le pria d&rsquo;interc\u00e9der pour elle aupr\u00e8s de Dieu, et d&rsquo;agr\u00e9er qu&rsquo;elle le nourrit pendant sa captivit\u00e9. Il lui refusa d&rsquo;abord le second point, croyant qu&rsquo;elle \u00e9tait h\u00e9r\u00e9tique iconoclaste; mais il apprit de sa bouche qu&rsquo;elle honorait les images; elle lui en apporta m\u00eame trois : l&rsquo;une de la sainte Vierge tenant l&rsquo;enfant J\u00e9sus entre ses bras, et les deux autres des Ap\u00f4tres saint Pierre et saint Paul, qu&rsquo;elle avait gard\u00e9es dans sa cassette; il consentit alors \u00e0 recevoir d&rsquo;elle les aliments qui lui \u00e9taient n\u00e9cessaires. Ce n&rsquo;\u00e9tait que six onces de pain et un peu d&rsquo;eau par semaine.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s neuf mois, le moment de son triomphe et de sa r\u00e9compense approchant, il voulut passer quarante jours sans aucune nourriture corporelle. Il appela donc sa ge\u00f4li\u00e8re, la remercia de sa charit\u00e9, et lui dit de ne plus rien lui apporter, parce qu&rsquo;il voulait passer les quarante jours qui lui restaient de vie dans une p\u00e9nitence continuelle. Il accomplit heureusement son projet, et n\u00e9anmoins, durant tout ce temps, il ne laissa pas de chanter les louanges de Dieu et de s&rsquo;occuper de la m\u00e9ditation de ses bont\u00e9s. Il s&rsquo;entretenait aussi quelquefois avec les solitaires de la constance des martyrs qui avaient d\u00e9j\u00e0 souffert la mort pour la v\u00e9n\u00e9ration des saintes images; et leurs colloques \u00e9taient si saints et si spirituels, que les s\u00e9culiers m\u00eame se procuraient \u00e0 l&rsquo;envi l&rsquo;entr\u00e9e de la prison pour en \u00eatre t\u00e9moins. Le trente- huiti\u00e8me jour, il donna de nouvelles b\u00e9n\u00e9dictions \u00e0 sa pieuse nourrici\u00e8re, et lui rendit les trois images qu&rsquo;elle lui avait pr\u00eat\u00e9es, l&rsquo;assurant qu&rsquo;elles la pr\u00e9serveraient de toutes sortes de maux et seraient un gage de son respect et de son amour envers Dieu; puis, jetant un profond soupir, il dit : \u00ab <em>J&rsquo;irai demain dans un autre monde et voir un autre empereur<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>En effet, le lendemain, il se fit \u00f4ter son habit, de peur qu&rsquo;il ne f\u00fbt d\u00e9shonor\u00e9 par les h\u00e9r\u00e9tiques impies et sacril\u00e8ges; deux mis\u00e9rables fr\u00e8res, pour complaire \u00e0 Copronyme qui se plaignait de ce que personne ne le d\u00e9faisait de ce malheureux \u00c9tienne, entr\u00e8rent avec une troupe de soldats dans la prison et command\u00e8rent au ge\u00f4lier de le leur mettre entre les mains. Il vint lui-m\u00eame au-devant d&rsquo;eux, et, disant comme J\u00e9sus Christ aux Juifs, qu&rsquo;il \u00e9tait celui qu&rsquo;ils cherchaient, il s&rsquo;abandonna \u00e0 leur cruaut\u00e9. Ils le jet\u00e8rent par terre et l&rsquo;entra\u00een\u00e8rent par les rues et les ruisseaux de la ville, l&rsquo;accablant de coups de pied, de pierres et de b\u00e2tons, comme un abominable sc\u00e9l\u00e9rat qui aurait caus\u00e9 la ruine de toute la R\u00e9publique. Lorsqu&rsquo;il fut devant l&rsquo;\u00e9glise de Saint-Th\u00e9odore, qui n&rsquo;\u00e9tait pas loin du pr\u00e9toire, il s&rsquo;appuya de ses deux mains sur la terre, et, levant la t\u00eate, il rendit un dernier t\u00e9moignage de v\u00e9n\u00e9ration \u00e0 ce glorieux martyr. Alors Philomace, l&rsquo;un de ses bourreaux, lui d\u00e9chargea un grand coup sur la t\u00eate, qui lui \u00f4ta la vie temporelle, pour le mettre en jouissance du bonheur de l&rsquo;immortalit\u00e9. Ce fut le 28 novembre 756.<\/p>\n<p>Son corps fut ensuite trait\u00e9 avec toutes les indignit\u00e9s que l&rsquo;on aurait pu faire \u00e0 celui d&rsquo;un incendiaire et d&rsquo;un parricide. On continua de le tra\u00eener dans la boue; on lui per\u00e7a le ventre et on en fit sortir les entrailles; on lui brisa le cr\u00e2ne et on en fit jaillir le cerveau. Les femmes et les enfants \u00e9taient tellement acharn\u00e9s contre lui, par complaisance pour l&#8217;empereur, que chacun t\u00e2chait de le frapper. On voulait m\u00eame forcer sa s\u0153ur, religieuse, en passant devant son monast\u00e8re, de lui jeter des pierres; mais elle \u00e9vita cette violence en sa cachant dans l&rsquo;obscurit\u00e9 d&rsquo;un s\u00e9pulcre. Enfin on enterra ce qui en restait, apr\u00e8s tant de cruaut\u00e9s, dans la fosse o\u00f9 l&rsquo;on jetait les pa\u00efens que l&rsquo;on avait ex\u00e9cut\u00e9s publiquement pour leurs crimes. C&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 qu&rsquo;\u00e9tait auparavant l&rsquo;\u00e9glise de saint P\u00e9lage, martyr; mais l&rsquo;impie Copronyme, qui avait \u00f4t\u00e9 \u00e0 tous les bienheureux, soit martyrs, soit confesseurs, le titre de Saints, l&rsquo;avait fait d\u00e9truire et en avait souill\u00e9 le lieu par cet usage profane. Dieu fit aussit\u00f4t para\u00eetre qu&rsquo;il voulait \u00eatre le vengeur d&rsquo;un massacre si barbare; car celui qui donna au Saint le coup de la mort fut \u00e0 l&rsquo;heure m\u00eame saisi, tourment\u00e9 et \u00e9trangl\u00e9 par le d\u00e9mon; toute la ville de Constantinople fut couverte d&rsquo;un nuage si \u00e9pais, quoiqu&rsquo;il f\u00eet tr\u00e8s serein auparavant, que le jour \u00e9tait devenu semblable \u00e0 la nuit; et, apr\u00e8s un horrible tourbillon de vent, il tomba autour du palais une gr\u00eale d&rsquo;une grosseur si excessive que plusieurs pens\u00e8rent en \u00eatre \u00e9cras\u00e9s. Le cerveau du Saint et quelques autres parties de son corps furent recueillis par un saint homme nomm\u00e9 Th\u00e9odore, qui les porta au monast\u00e8re de Die, o\u00f9 on les mit sous l&rsquo;autel de la chapelle de saint \u00c9tienne, premier martyr. Les bienheureux Basile, Pierre et Andr\u00e9, avec tous les autres saints solitaires prisonniers dont nous avons parl\u00e9, endur\u00e8rent aussi en m\u00eame temps la mort pour l&rsquo;honneur des saintes images.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Les petits bollandistes, <em>Vies des saints de l\u2019Ancien et du Nouveau Testament<\/em>, par Mgr. Paul Gu\u00e9rin, septi\u00e8me \u00e9dition, tome treizi\u00e8me, p. 650-657, Bloud et Barral, Libraires, Paris, 1876<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5 style=\"text-align: center;\">Version \u00e9lectronique [<a href=\"http:\/\/orthodoxievco.net\/ecrits\/vies\/synaxair\/novembre\/etienne.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">pdf<\/a>] disponible sur le site des <em>Vrais chr\u00e9tiens orthodoxes<\/em><br \/>\nPubli\u00e9e ici avec l\u2019aimable autorisation de l\u2019<em>archimandrite Cassien<\/em><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"vlp-link-container vlp-layout-basic\"><a href=\"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/saint-etienne-le-jeune\/\" class=\"vlp-link\" title=\"Saint \u00c9tienne le Jeune, martyr \u00e0 Constantinople [\u2020756 - F\u00eat\u00e9 le 28 novembre]\"><\/a><div class=\"vlp-layout-zone-side\"><div class=\"vlp-block-2 vlp-link-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"max-width: 150px;\" width=\"150\" height=\"375\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/etienne.nouveau.300px.01.doxologia.jpg\" class=\"attachment-150x999 size-150x999\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/etienne.nouveau.300px.01.doxologia.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/etienne.nouveau.300px.01.doxologia-120x300.jpg 120w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/div><\/div><div class=\"vlp-layout-zone-main\"><div class=\"vlp-block-0 vlp-link-title\">Saint \u00c9tienne le Jeune, martyr \u00e0 Constantinople [\u2020756 - F\u00eat\u00e9 le 28 novembre]<\/div><\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<span hidden class=\"__iawmlf-post-loop-links\" data-iawmlf-links=\"[{&quot;id&quot;:649,&quot;href&quot;:&quot;http:\\\/\\\/orthodoxievco.net\\\/ecrits\\\/vies\\\/synaxair\\\/novembre\\\/etienne.pdf&quot;,&quot;archived_href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/web-wp.archive.org\\\/web\\\/20240630234924\\\/http:\\\/\\\/orthodoxievco.net\\\/ecrits\\\/vies\\\/synaxair\\\/novembre\\\/etienne.pdf&quot;,&quot;redirect_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;checks&quot;:[{&quot;date&quot;:&quot;2026-04-15 09:04:10&quot;,&quot;http_code&quot;:206}],&quot;broken&quot;:false,&quot;last_checked&quot;:{&quot;date&quot;:&quot;2026-04-15 09:04:10&quot;,&quot;http_code&quot;:206},&quot;process&quot;:&quot;done&quot;}]\"><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ainsi donc, fr\u00e8res, demeurez fermes, et conservez les traditions que vous avez apprises. 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