{"id":1769,"date":"2020-09-24T19:06:59","date_gmt":"2020-09-24T17:06:59","guid":{"rendered":"http:\/\/hesychia.eu\/?p=1769"},"modified":"2020-09-24T20:38:36","modified_gmt":"2020-09-24T18:38:36","slug":"divination","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/2020\/09\/24\/divination\/","title":{"rendered":"De la divination des d\u00e9mons"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: center;\"><em>Dieu permet que les d\u00e9mons devinent, et qu\u2019il leur soit rendu un certain culte : mais il ne suit pas de l\u00e0 que ces divinations et ce culte soient dans l\u2019ordre. \u2014 D\u2019o\u00f9 viennent les divinations des d\u00e9mons. \u2014 Pourquoi elles sont quelquefois vraies, et pourquoi elles sont fausses la plupart du temps.<\/em><\/h3>\n<p><!--more--><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">par le bienheureux Augustin<\/h3>\n<div id=\"attachment_980\" style=\"width: 950px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-980\" class=\"size-full wp-image-980\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/001.003.b.940px.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"314\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/001.003.b.940px.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/001.003.b.940px-300x100.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/001.003.b.940px-768x257.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><p id=\"caption-attachment-980\" class=\"wp-caption-text\">Mistras. L&rsquo;\u00c9glise de Saint Dimitrie. Saint Mamas, d\u00e9tail<\/p><\/div>\n<h4><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\">CHAPITRE PREMIER<\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><em>A QUELLE OCCASION FUT \u00c9CRIT CE TRAIT\u00c9. \u2014 CE QUE DIEU PERMET N\u2019EST PAS POUR CELA TOUJOURS SELON LA LOI.<\/em><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1. Un matin, pendant nos saints jours d\u2019octaves, un certain nombre de nos fr\u00e8res la\u00efques se trouvaient chez moi r\u00e9unis au lieu habituel de nos s\u00e9ances, quand la conversation tomba sur notre sainte religion compar\u00e9e \u00e0 cette science si pr\u00e9somptueuse des pa\u00efens, qu\u2019on nous pr\u00e9sente comme \u00e9tonnante et vraiment s\u00e9rieuse. J\u2019ai cru devoir r\u00e9diger par \u00e9crit et m\u00eame compl\u00e9ter les souvenirs que cette conversation m\u2019a laiss\u00e9. Je tairai cependant le nom de mes honorables contradicteurs, bien qu\u2019ils fussent de vrais chr\u00e9tiens, et que leurs objections eussent plut\u00f4t pour but d\u2019arriver \u00e0 mieux conna\u00eetre ce qu\u2019il faut r\u00e9pondre aux pa\u00efens.<br \/>\nOn traitait donc de la divination des d\u00e9mons, et l\u2019on pr\u00e9tendait que je ne sais quel individu avait pr\u00e9dit la destruction du temple de S\u00e9rapis, qui r\u00e9ellement eut lieu dans la ville d\u2019Alexandrie. \u2014 Rien d\u2019\u00e9tonnant, r\u00e9pondis-je, que les d\u00e9mons aient pu savoir et pr\u00e9dire le renversement de leur temple et de leur idole, ainsi que maints autres faits\u2009; ils l\u2019ont pu dans la mesure o\u00f9 il leur est permis de conna\u00eetre l\u2019avenir et de l\u2019annoncer.<\/p>\n<p>2. Ainsi, me fut-il aussit\u00f4t r\u00e9pliqu\u00e9, ainsi les divinations de ce genre ne sont point un mal, et Dieu ne les r\u00e9prouve point\u2009; si elles \u00e9taient coupables et mauvaises, ni sa toute-puissance ni sa justice ne les permettraient.<br \/>\nJe r\u00e9pondis : De ce qu\u2019un Dieu tout-puissant et infiniment juste les permet, ce n\u2019est pas, ce semble, une raison pour les d\u00e9clarer conformes \u00e0 la justice. Bien d\u2019autres faits sont manifestement injustes, tels que les homicides, les adult\u00e8res, les vols, les rapines et tous les autres crimes semblables\u2009; bien que certainement ils d\u00e9plaisent \u00e0 ce Dieu juste au seul titre de leur injustice, ils n\u2019en arrivent pas moins avec sa permission, par un d\u00e9cret infaillible de sa haute sagesse, qui certes ne leur garantit point l\u2019impunit\u00e9, mais au contraire prononce la damnation de ceux dont le crime offense sa souveraine justice.<\/p>\n<p>3. Une objection m\u2019attendait : La toute-puissance et la justice de Dieu sont hors de doute\u2009; mais ces sortes de p\u00e9ch\u00e9s sont purement humains, puisqu\u2019ils ne s\u2019attaquent qu\u2019\u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 humaine\u2009; Dieu n\u2019y attache donc pas d\u2019importance au moment o\u00f9 ils se commettent, et c\u2019est pour cela qu\u2019ils peuvent \u00eatre commis\u2009; car \u00e9videmment ils seraient impossibles, sans la tol\u00e9rance du Tout-Puissant. Quant \u00e0 ces faits, au contraire, qui blesseraient directement la religion m\u00eame, on ne croira jamais que Dieu les m\u00e9prise. Par suite, ils ne peuvent arriver, si Dieu ne les approuve, et l\u2019on ne peut les regarder comme mauvais.<br \/>\nA cette difficult\u00e9, j\u2019ai r\u00e9pondu : Dites donc plut\u00f4t qu\u2019il les d\u00e9sapprouve aujourd\u2019hui, puisque nous voyons tomber temples et idoles, et que les sacrifices qui ont lieu aujourd\u2019hui, sont punis aussit\u00f4t. En effet, comme vous pr\u00e9tendez qu\u2019autrefois il leur a fallu l\u2019approbation de Dieu pour pouvoir se produire, et que par suite ils sont l\u00e9gitimes puisque la souveraine Justice les agr\u00e9e, ainsi peut-on dire que, s\u2019ils ne lui d\u00e9plaisaient point, ils n\u2019auraient pas subi cette proscription, cette abolition, ce ch\u00e2timent. Ainsi, enfin, suppos\u00e9 qu\u2019autrefois ils \u00e9taient irr\u00e9pr\u00e9hensibles, par la raison qu\u2019ils plaisaient au Dieu souverainement juste, avouez que maintenant ils seraient coupables, puisque Dieu, ordonnant ou permettant qu\u2019on les abolisse, c\u2019est une preuve qu\u2019ils lui d\u00e9plaisent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">CHAPITRE II<\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><em>DIEU A PERMIS, COMME TOUT-PUISSANT, CE QU\u2019IL D\u00c9SAPPROUVAIT COMME INFINIMENT JUSTE. \u2014 LIVRES PONTIFICAUX QUI R\u00c9GLAIENT LES C\u00c9R\u00c9MONIES PROFANES. \u2014 R\u00c9SUM\u00c9 ET \u00c9NONC\u00c9.<\/em><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>4. On me r\u00e9pliquait que de nos jours ces actes sont injustes, mais non point mauvais cependant\u2009; injustes, puisqu\u2019ils attaquent une loi qui les proscrit\u2009; non point mauvais toutefois, puisque s\u2019ils \u00e9taient un mal, ils n\u2019auraient jamais d\u00fb plaire \u00e0 Dieu\u2009; et que s\u2019ils lui avaient toujours d\u00e9plu, jamais ils n\u2019auraient exist\u00e9, car ils n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 tol\u00e9r\u00e9s par Celui qui peut tout, par Celui qui ne m\u00e9prisera jamais des faits pareils, assez importants et assez graves pour attaquer la religion m\u00eame et le culte de Dieu, s\u2019ils sont coupables.<br \/>\nEh bien\u2009! dis-je alors, si vous n\u2019y voyez aucun mal sous pr\u00e9texte que le Tout-Puissant, en laissant faire, montre assez qu\u2019il approuve, comment sera-t-il permis et bon de les interdire et de les abolir\u2009? Car, s\u2019il n\u2019est pas bien d\u2019abolir ce qui pla\u00eet \u00e0 Dieu, sa toute-puissance ne devrait pas permettre cette abolition. En d\u00e9truisant ainsi ce qui pla\u00eet \u00e0 Dieu, les hommes, en effet, attentent au culte qui honore le vrai Dieu. Or, si sa toute-puissance laisse s\u2019accomplir cette abolition suppos\u00e9e coupable, vous ne devez donc pas justifier les faits eux-m\u00eames, sous le pr\u00e9texte que le Tout-Puissant les permet.<\/p>\n<p>5. On me dit alors qu\u2019il fallait bien accorder que ces faits sont maintenant coupables. On alla plus loin\u2009; ils ont cess\u00e9 de se produire, me dit-on, parce qu\u2019ils d\u00e9plaisent maintenant au Tout-Puissant\u2009; mais ils lui ont agr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 ils se produisaient. Nous ne savons pas pourquoi ils lui \u00e9taient alors agr\u00e9ables, et pourquoi ils lui \u2014 d\u00e9plaisent aujourd\u2019hui\u2009; mais une chose est certaine du moins : c\u2019est que jadis ils n\u2019auraient point eu lieu, s\u2019ils n\u2019avaient point agr\u00e9\u00e9 au Tout-Puissant, et qu\u2019ils n\u2019auraient point fini de nos jours, s\u2019ils n\u2019avaient point cess\u00e9 de plaire \u00e0 sa toute-puissance.<br \/>\nPourquoi donc, r\u00e9pliquai-je aussit\u00f4t, pourquoi des actes semblables s\u2019op\u00e8rent-ils en secret, de nos jours m\u00eames, tant\u00f4t cach\u00e9s \u00e0 tout jamais, tant\u00f4t surpris et ch\u00e2ti\u00e9s, \u2014 s\u2019il est vrai que le Tout-Puissant ne permette aucun acte de ce genre qui ne plaise \u00e0 sa souveraine justice\u2009? Car une chose injuste ne peut jamais plaire \u00e0 Celui qui est juste par excellence.<\/p>\n<p>On me r\u00e9pondit en niant absolument l\u2019existence d\u2019actes semblables \u00e0 notre \u00e9poque. Les rites d\u00e9crits dans les livres Pontificaux ne s\u2019accomplissent plus aujourd\u2019hui, me dit-on\u2009; alors, au contraire, ils avaient lieu l\u00e9gitimement\u2009; alors ils plaisaient \u00e9videmment \u00e0 Dieu, par cela seul que, tout-puissant et juste, il laissait tout faire. Que si maintenant quelques-uns de ces sacrifices d\u00e9fendus se font clandestinement et contrairement aux lois, ils ne peuvent \u00eatre compar\u00e9s avec ces rites Pontificaux des c\u00e9r\u00e9monies sacr\u00e9es\u2009; bien plus, il faut les ranger parmi les rites nocturnes\u2009; et toutes ces op\u00e9rations illicites sont proscrites et condamn\u00e9es par les livres Pontificaux eux-m\u00eames.<br \/>\nMa r\u00e9ponse fut. Pourquoi Dieu permet-il m\u00eame ces faits irr\u00e9guliers, s\u2019il est vrai qu\u2019il ne m\u00e9prise aucun des actes attentatoires \u00e0 la religion\u2009? Ces faits eux-m\u00eames, doivent inqui\u00e9ter le ciel\u2009; c\u2019est un aveu que sont forc\u00e9s de faire ceux-l\u00e0 surtout qui estiment les livres Pontificaux jusqu\u2019au point de regarder comme d\u00e9fendu de Dieu ce que ces livres d\u00e9fendent. A quel titre, d\u00e8s lors, Dieu les d\u00e9fend-il, sinon comme lui \u00e9tant d\u00e9sagr\u00e9ables\u2009? Et sa d\u00e9fense ne montre-t-elle pas non-seulement qu\u2019il les d\u00e9sapprouve, mais encore qu\u2019il en a souci, loin de les couvrir d\u2019un m\u00e9pris absolu\u2009? Concluez plut\u00f4t que certains faits sont condamn\u00e9s par sa justice, bien que permis par sa toute-puissance.<\/p>\n<p>6. Apr\u00e8s ces explications, on m\u2019accorda qu\u2019il ne fallait pas juger une \u0153uvre, en g\u00e9n\u00e9ral, comme juste et bonne, par la seille raison que le Tout-Puissant la laissait passer, bien qu\u2019elle lui d\u00e9plaise. On convint m\u00eame d\u2019avouer que les \u0153uvres d\u00e9testables qui attaquent directement le culte de Dieu, se trouvent tout ensemble et d\u00e9sapprouv\u00e9es par la Souveraine Justice et permises par la Toute-Puissance en consid\u00e9ration du jugement \u00e0 venir. On demanda d\u00e8s lors \u00e0 traiter un point nouveau\u2009; \u00e0 savoir d\u2019o\u00f9 viennent les divinations proph\u00e9tiques des d\u00e9mons, ou de ces \u00eatres, quels qu\u2019ils soient, que les pa\u00efens appellent leurs dieux. Il importait, disait-on, d\u2019examiner si ces faits sont l\u00e9gitimes, non plus parce que la Toute-Puissance les autorise, mais parce qu\u2019en eux-m\u00eames ils sont tellement s\u00e9rieux, qu\u2019on ne peut les attribuer qu\u2019au pouvoir m\u00eame de Dieu. \u2014 Je promis de r\u00e9pondre \u00e0 ces diff\u00e9rentes questions, mais plus-tard seulement, parce que l\u2019heure me pressait pour une r\u00e9union des fid\u00e8les\u2009; et, d\u00e8s que je trouvai le temps d\u2019\u00e9crire, je ne diff\u00e9rai point de r\u00e9diger notre premi\u00e8re conversation, et d\u2019y ajouter ce qui suit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">CHAPITRE III.<\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><em>LA DIVINATION DES D\u00c9MONS S\u2019EXPLIQUE PAR TROIS CAUSES.<\/em><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>7. Telle est la nature des d\u00e9mons, que leur corps a\u00e9rien jouit d\u2019une sensibilit\u00e9 bien sup\u00e9rieure \u00e0 celle des corps terrestres\u2009; et que ce m\u00eame corps a\u00e9rien est dou\u00e9 d\u2019une si grande facilit\u00e9 de mouvement, que sa rapidit\u00e9 non-seulement surpasse celle des hommes et des animaux sauvages, mais qu\u2019elle l\u2019emporte incomparablement sur le vol des oiseaux m\u00eames. Gr\u00e2ce \u00e0 ces deux facult\u00e9s inh\u00e9rentes \u00e0 ce corps a\u00e9rien, c\u2019est-\u00e0-dire, gr\u00e2ce \u00e0 ces sens plus exquis et \u00e0 ces mouvements plus rapides, ils savent avant nous bien des choses qu\u2019ils pr\u00e9disent ou r\u00e9v\u00e8lent, au grand \u00e9tonnement des hommes, dont le sens tout terrestre est bien plus alourdi. Ajoutez que les d\u00e9mons, \u00e0 la faveur de la dur\u00e9e si longue de leur vie toujours pers\u00e9v\u00e9rante, ont acquis l\u2019exp\u00e9rience des choses\u2009; bien plus que ne peuvent la poss\u00e9der les humains dont la vie est si courte. Aid\u00e9s de ces forces propres \u00e0 la nature de leur corps a\u00e9rien, les d\u00e9mons non-seulement pr\u00e9disent plusieurs \u00e9v\u00e9nements futurs, mais ils op\u00e8rent maintes \u0153uvres merveilleuses. Et comme les humains sont incapables de telles pr\u00e9dictions et de telles op\u00e9rations, il se voit des gens qui regardent les d\u00e9mons comme dignes d\u2019\u00eatre servis, et de recevoir m\u00eame les honneurs divins\u2009; et ces gens ob\u00e9issent surtout \u00e0 l\u2019instigation de ce vice de la curiosit\u00e9 qui leur fait aimer un bonheur faux et terrestre et une sup\u00e9riorit\u00e9 mondaine.<br \/>\nQuant aux hommes qui se maintiennent purs de ces mauvaises passions, loin de se laisser abuser et captiver par elles, ils ne cherchent, ils n\u2019aiment que le bien immuable et dont la participation doit les rendre heureux. Partant de l\u00e0, ils commencent par se convaincre que, pour \u00eatre dou\u00e9s de sens plus p\u00e9n\u00e9trants qu\u2019ils doivent uniquement \u00e0 leur substance a\u00e9rienne, \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9ment plus subtil de leur corps, les d\u00e9mons ne poss\u00e8dent pour cela sur l\u2019homme aucune sup\u00e9riorit\u00e9 v\u00e9ritable. En effet, en se comparant avec des corps terrestres, ils n\u2019iront pas se placer au-dessous des b\u00eates, bien que chez elles les sens soient tout autrement p\u00e9n\u00e9trants que chez nous. Ainsi, la sagacit\u00e9 du chien sait d\u00e9couvrir, gr\u00e2ce \u00e0 son flair exquis, le gibier qui se cache, et c\u2019est l\u2019animal m\u00eame qui sert comme de guide \u00e0 l\u2019homme pour s\u2019en saisir\u2009; non certes qu\u2019il ait une \u00e2me plus que la n\u00f4tre d\u00e9velopp\u00e9e, et intelligente, mais seulement un sens physique plus p\u00e9n\u00e9trant. Ainsi, encore, le vautour se pr\u00e9cipite \u00e0 tire d\u2019ailes vers le cadavre le plus \u00e9loign\u00e9. Ainsi l\u2019aigle planant dans le ciel aper\u00e7oit, dit-on, de cette grande hauteur, le poisson qui nage sous les flots\u2009; et, tombant brusquement sur les eaux, d\u00e9ployant et ses jambes et ses serres, il se saisit de sa proie. Ainsi, enfin, nombre d\u2019autres animaux rencontrent sous leurs pas errants des herbes nuisibles sem\u00e9es au hasard dans leurs p\u00e2turages, et ne touchent \u00e0 aucune de ces plantes dangereuses, tandis qu\u2019\u00e0 grand\u2019 peine l\u2019exp\u00e9rience instruit l\u2019homme \u00e0 les \u00e9viter, et qu\u2019il redoute bien des aliments innocents, parce qu\u2019il ne les a pas essay\u00e9s. De l\u00e0 il est ais\u00e9 de conjecturer combien plus vifs encore doivent \u00eatre les sens de corps a\u00e9riens, sans que pour cela jamais homme sage n\u2019assigne aux d\u00e9mons la sup\u00e9riorit\u00e9 sur les gens de bien. \u2014 Je pourrais dire la m\u00eame chose \u00e0 l\u2019endroit de la vitesse des corps : en cette facult\u00e9, les hommes sont tellement inf\u00e9rieurs, non-seulement aux oiseaux, mais \u00e0 un grand nombre de quadrup\u00e8des, qu\u2019on nous jugerait lourds comme le plomb en comparaison de leur rapidit\u00e9. Et toutefois nul ne se placera au-dessous de ces races d\u2019animaux pour cette mince raison\u2009; nul n\u2019oubliera que, pour les prendre, les apprivoiser, les plier \u00e0 notre usage ou \u00e0 notre caprice, la raison et non la force physique suffit \u00e0 notre entreprise.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">CHAPITRE IV.<\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><em>BIEN QUE LES D\u00c9MONS FASSENT CERTAINES CHOSES \u00c9TONNANTES, IL FAUT LES M\u00c9PRISER.<\/em><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la troisi\u00e8me facult\u00e9 des d\u00e9mons, \u00e0 cette longue exp\u00e9rience qui leur a fait apprendre mille choses dont ils ont la prescience et font la pr\u00e9diction, c\u2019est un avantage que m\u00e9prise quiconque s\u2019\u00e9tudie soigneusement \u00e0 tout juger d\u2019apr\u00e8s les pures lumi\u00e8res de la v\u00e9rit\u00e9. Dans ces conditions, un jeune adolescent, vraiment honn\u00eate, ne se croira pas inf\u00e9rieur \u00e0 un d\u00e9testable vieillard qui, pour avoir beaucoup exp\u00e9riment\u00e9, aura l\u2019air d\u2019en savoir plus que lui\u2009; et quand m\u00eame des m\u00e9decins, des navigateurs, des agronomes se mettraient en parall\u00e8le avec lui, s\u2019ils ont une \u00e2me d\u00e9prav\u00e9e et des m\u0153urs coupables, le jeune homme sage ne les pr\u00e9f\u00e9rerait pas \u00e0 lui-m\u00eame, pour ce motif que les maladies, les orages, la science des arbustes ou des plantes leur donnent lieu de faire de telles pr\u00e9dictions que, vu son inexp\u00e9rience de ces choses, ils posent en proph\u00e8tes devant lui.<\/p>\n<p>8. Or, comme les d\u00e9mons ne se contentent pas de pr\u00e9dire quelques faits \u00e0 venir\u2009; comme ils op\u00e8rent encore certains actes \u00e9tonnants, gr\u00e2ce sans doute \u00e0 la perfection de leur corps, faut-il moins pour cela qu\u2019un homme sage les m\u00e9prise\u2009; lui qui voit tant d\u2019individus pervers et mis\u00e9rables exercer \u00e0 tel point leurs membres, d\u00e9ployer tant d\u2019habilet\u00e9 dans leurs diff\u00e9rentes professions, que ceux qui n\u2019y sont point initi\u00e9s ou n\u2019en ont pas \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins peuvent \u00e0 peine croire aux faits qu\u2019on en raconte\u2009? Quelles merveilles n\u2019ont point ex\u00e9cut\u00e9es les funambules et les artistes de th\u00e9\u00e2tre\u2009! Quels prodiges sortent des mains d\u2019ouvriers et surtout de m\u00e9caniciens\u2009! Sont-ils pour cela meilleurs que les gens de bien, en qui reluisent la saintet\u00e9 et la pi\u00e9t\u00e9\u2009?<br \/>\nJ\u2019ai rappel\u00e9 ces exemples, afin que l\u2019observateur qui les \u00e9tudiera sans pr\u00e9vention opini\u00e2tre ni vain esprit de dispute et de contradiction, arrive de lui-m\u00eame \u00e0 faire le raisonnement suivant : Des mati\u00e8res infimes et grossi\u00e8res, telles que le corps humain, ou telles que la terre et l\u2019eau, les pierres, les bois, les divers m\u00e9taux, peuvent enfanter des prodiges dans les mains de certains hommes, \u00e0 ce point que les gens incapables d\u2019en faire de pareils, p\u00e9n\u00e9tr\u00e9s de stupeur, les appelleront divins, en les comparant avec eux-m\u00eames. Malgr\u00e9 cela, toujours les uns gardent leur sup\u00e9riorit\u00e9 professionnelle, tandis que les autres conservent la sup\u00e9riorit\u00e9 de leurs vertus. Combien donc de merveilles, et plus difficiles et plus \u00e9tonnantes, les d\u00e9mons pourront-ils ex\u00e9cuter par la force et par la souplesse du plus subtil des corps, je veux dire, de leur substance a\u00e9rienne\u2009; bien que la d\u00e9pravation de leur volont\u00e9 et surtout leur \u00e9talage d\u2019orgueil et la noirceur de leur jalousie les constituent toujours esprits impurs et immondes\u2009! \u2014 Il serait trop long de d\u00e9montrer quelle puissance cet air, cause de leur force corporelle, poss\u00e8de pour agir invisiblement sur maintes choses visibles, pour les mouvoir, les changer, les bouleverser. Je pense, d\u2019ailleurs, qu\u2019apr\u00e8s un instant de r\u00e9flexion, il est facile de se l\u2019imaginer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">CHAPITRE V.<\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><em>D\u2019O\u00d9 VIENT QUE LES D\u00c9MONS ANNONCENT L\u2019AVENIR.<\/em><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>9. Les choses \u00e9tant ainsi, il faut savoir tout d\u2019abord, en cette question de la divination par les d\u00e9mons, que le plus souvent ils pr\u00e9disent ce qu\u2019eux-m\u00eames doivent faire. Car souvent ils re\u00e7oivent le pouvoir d\u2019envoyer les maladies, de rendre l\u2019air malsain en l\u2019infectant, de conseiller le mal aux hommes d\u00e9j\u00e0 pervertis ou trop amis des avantages terrestres, et dont les tristes m\u0153urs leur donnent la certitude d\u2019un consentement absolu \u00e0 leurs perfides conseils. Et ces suggestions, ils les produisent par mille proc\u00e9d\u00e9s aussi \u00e9tonnants qu\u2019invisibles, en p\u00e9n\u00e9trant par leurs corps si subtils dans les corps des hommes qui ne s\u2019en doutent point, en se m\u00ealant \u00e0 leurs pens\u00e9es par des images et des fant\u00f4mes dans l\u2019\u00e9tat de veille ou dans le sommeil.<br \/>\nQuelquefois aussi leur pr\u00e9diction n\u2019a pas pour objet ce qu\u2019ils font eux-m\u00eames, mais ce dont ils pr\u00e9sagent l\u2019avenir d\u2019apr\u00e8s certains signes naturels, signes que nos sens humains ne peuvent percevoir. On ne regardera pas comme un devin, par exemple, le m\u00e9decin qui pr\u00e9voit certains faits que ne voit point d\u2019avance l\u2019homme \u00e9tranger \u00e0 son art. Or, faut-il s\u2019\u00e9tonner que comme le m\u00e9decin pr\u00e9voit d\u2019apr\u00e8s une perturbation ou d\u2019apr\u00e8s une am\u00e9lioration du temp\u00e9rament humain, notre sant\u00e9 \u00e0 venir, bonne ou mauvaise\u2009; ainsi le d\u00e9mon, d\u2019apr\u00e8s certaine disposition ou r\u00e8gle de l\u2019air qu\u2019il conna\u00eet, lui, et qui nous \u00e9chappe, pr\u00e9voie les variations du temps\u2009?<br \/>\nParfois m\u00eame, les d\u00e9mons apprennent tr\u00e8s-facilement les dispositions intimes des hommes, non-seulement quand notre langue les d\u00e9clare, mais m\u00eame quand notre pens\u00e9e les a simplement con\u00e7ues, si toutefois certains signes de notre corps les ont exprim\u00e9es et trahies hors de notre esprit. De l\u00e0, bien des pr\u00e9dictions de choses \u00e0 venir, \u00e9tonnantes pour d\u2019autres personnes qui ne connaissent pas ces dispositions secr\u00e8tes. En effet, comme un mouvement trop vif de notre \u00e2me se refl\u00e8te sur notre visage, de fa\u00e7on que nos semblables reconna\u00eetront \u00e0 ces traits ext\u00e9rieurs ce qui se passe en notre int\u00e9rieur\u2009; ainsi ne doit-il pas para\u00eetre incroyable que des pens\u00e9es m\u00eame plus calmes donnent sur notre corps certains signes que le sens moins d\u00e9licat des hommes ne peut saisir, tandis qu\u2019il peut l\u2019\u00eatre par le sens bien plus p\u00e9n\u00e9trant des d\u00e9mons.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_501\" style=\"width: 468px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-501\" class=\"size-full wp-image-501\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/metmuseum.org_.02.jpg\" alt=\"Jaharis Byzantine Lectionary\" width=\"458\" height=\"440\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/metmuseum.org_.02.jpg 458w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/metmuseum.org_.02-300x288.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 458px) 100vw, 458px\" \/><p id=\"caption-attachment-501\" class=\"wp-caption-text\">Jaharis Byzantine Lectionary<\/p><\/div>\n<h4><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\">CHAPITRE VI.<\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><em>QUE, LE PLUS SOUVENT, LES D\u00c9MONS SONT TROMP\u00c9S ET TROMPEURS.<\/em><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>10. Avec cette facult\u00e9 si puissante, les d\u00e9mons font quelques pr\u00e9dictions, sans jamais approcher, m\u00eame de loin, de cette hauteur proph\u00e9tique \u00e0 laquelle Dieu \u00e9l\u00e8ve ses saints anges et ses proph\u00e8tes. Car si les malins esprits annoncent d\u2019avance quelque chose des desseins de Dieu, c\u2019est qu\u2019ils l\u2019ont entendu pour l\u2019annoncer\u2009; et quand ils pr\u00e9disent ainsi ce qu\u2019ils entendent par cette voie, ils ne sont ni tromp\u00e9s ni trompeurs, puisque les oracles ang\u00e9liques ou proph\u00e9tiques sont infaillibles. On aurait tort, au surplus, de trouver inconvenantes ces quelques pr\u00e9dictions qu\u2019il est donn\u00e9 aux d\u00e9mons d\u2019entendre et de nous r\u00e9p\u00e9ter une chose qu\u2019on dit pour la faire savoir \u00e0 tous, peut, sans inconvenance, passer par la bouche non-seulement des bons, mais des m\u00e9chants eux-m\u00eames. Ne voyons-nous pas, dans la soci\u00e9t\u00e9, les hommes pervers aussi bien que les justes c\u00e9l\u00e9brer les maximes de la saine morale\u2009? Et, loin de perdre son prestige sur les l\u00e8vres de gens qui la contredisent par leurs m\u0153urs d\u00e9prav\u00e9es, la v\u00e9rit\u00e9 y gagne d\u2019\u00eatre plus connue, plus en renom, quand ils disent ce qu\u2019ils en savent. \u2014 Dans leurs autres pr\u00e9dictions, au contraire, les d\u00e9mons, la plupart du temps, sont tromp\u00e9s et trompeurs. Ils sont tromp\u00e9s, parce qu\u2019au moment o\u00f9 ils r\u00e9v\u00e8lent leurs intentions, un ordre impr\u00e9vu part d\u2019en-haut qui bouleverse tous leurs desseins. C\u2019est ainsi que quand des subalternes m\u00e9chants prennent certaines dispositions qu\u2019ils esp\u00e8rent ne devoir pas \u00eatre entrav\u00e9es par leurs sup\u00e9rieurs, et qu\u2019ils s\u2019engagent ainsi \u00e0 r\u00e9aliser, il arrive, au contraire, que ceux-ci, aux mains desquels est le pouvoir principal, emp\u00eachent tout \u00e0 coup par un ordre supr\u00eame le fait d\u00e9j\u00e0 arrang\u00e9 et pr\u00e9par\u00e9. Ils sont tromp\u00e9s, encore, lorsque, comme nos m\u00e9decins, nos navigateurs, nos agriculteurs, et m\u00eame avec une sagacit\u00e9 et une p\u00e9n\u00e9tration beaucoup plus habiles et plus subtiles, puisque leur nature jouit de sens plus fins et plus exerc\u00e9s, ils pr\u00e9disent certains \u00e9v\u00e9nements d\u2019apr\u00e8s la science de leurs causes naturelles\u2009; ces \u00e9v\u00e9nements, en effet, sont chang\u00e9s d\u2019une fa\u00e7on soudaine et impr\u00e9vue et subissent une disposition nouvelle et inconnue aux d\u00e9mons, par le minist\u00e8re des anges, pieux serviteurs du Dieu supr\u00eame. Ainsi un accident ext\u00e9rieur vient frapper de mort un malade auquel un m\u00e9decin avait promis la vie, d\u2019apr\u00e8s certains sympt\u00f4mes ant\u00e9rieurs et vraiment favorables. Ainsi encore, pr\u00e9voyant l\u2019\u00e9tat de l\u2019atmosph\u00e8re, quelque navigateur avait pu pr\u00e9dire une longue dur\u00e9e \u00e0 ce vent d\u2019orage auquel Notre-Seigneur, embarqu\u00e9 avec ses disciples, commanda de s\u2019apaiser, \u00ab\u2009<em>et un grand calme r\u00e9gna sur-le-champ<\/em>\u2009\u00bb (Matt. VIII, 26). C\u2019est enfin comme si un agriculteur garantissait pour telle ann\u00e9e la f\u00e9condit\u00e9 heureuse d\u2019une vigne, d\u2019apr\u00e8s la connaissance qu\u2019il a de la nature du terrain et de la quantit\u00e9 des bourgeons\u2009; et que cependant, cette ann\u00e9e m\u00eame, la vigne f\u00fbt dess\u00e9ch\u00e9e par l\u2019\u00e9tat impr\u00e9vu d\u2019un ciel incl\u00e9ment ou arrach\u00e9e par ordre sup\u00e9rieur. Pareillement nombre de faits sont soumis \u00e0 la prescience des d\u00e9mons et peuvent \u00eatre pr\u00e9dits par eux, parce que des causes d\u2019un ordre inf\u00e9rieur et ordinaire permettent de les pr\u00e9voir dans l\u2019avenir\u2009; mais ces m\u00eames faits sont emp\u00each\u00e9s et chang\u00e9s par des causes majeures et plus secr\u00e8tes.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, les d\u00e9mons nous trompent aussi, pour le seul plaisir de tromper, et par cet esprit d\u2019envie qui les fait se r\u00e9jouir de nos erreurs. Mais pour ne pas perdre aupr\u00e8s de leurs sectaires leur cr\u00e9dit et leur autorit\u00e9, ils font en sorte que la faute, quand ils sont tromp\u00e9s ou qu\u2019ils ont menti, soit attribu\u00e9e \u00e0 leurs interpr\u00e8tes et \u00e0 ceux qui font m\u00e9tier de conjecturer d\u2019apr\u00e8s leurs signes.<\/p>\n<p>11. O\u00f9 donc est la merveille, si \u00e0 l\u2019heure imminente, et d\u2019ailleurs depuis si longtemps pr\u00e9dite par les proph\u00e8tes du vrai Dieu, o\u00f9 devaient tomber les temples et les idoles, le d\u00e9mon S\u00e9rapis a fait conna\u00eetre l\u2019\u00e9v\u00e9nement tout prochain \u00e0 quelqu\u2019un de ses adorateurs, pour recommander ainsi son fant\u00f4me de divinit\u00e9 au moment m\u00eame de sa retraite ou de sa fuite\u2009?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">CHAPITRE VII.<\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><em>POURQUOI LES D\u00c9MONS TANT\u00d4T SE TAISENT SUR LEURS PROPRES MALHEURS, ET TANT\u00d4T LES PUBLIENT.<\/em><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ils sont chass\u00e9s, en effet, lui et ses pareils\u2009; ou bien, paf les ordres supr\u00eames, ils sont encha\u00een\u00e9s et arrach\u00e9s des lieux m\u00eames de leur domaine, afin que sur les choses sujettes jusqu\u2019alors \u00e0 leur empire et servant \u00e0 leur culte, d\u00e9sormais s\u2019accomplisse la volont\u00e9 de Dieu qui, depuis tant de si\u00e8cles, a pr\u00e9dit cette r\u00e9volution comme d\u00e9viant s\u2019op\u00e9rer chez tous les peuples et qui a m\u00eame command\u00e9 qu\u2019elle s\u2019ex\u00e9cut\u00e2t par la main de ses fid\u00e8les. Or, pourquoi le d\u00e9mon n\u2019aurait-il pas eu la permission de pr\u00e9dire un coup dont il se savait d\u00e9j\u00e0 menac\u00e9\u2009? En effet cette pr\u00e9diction de sa ruine \u00e9tait attest\u00e9e par les Proph\u00e8tes qui l\u2019avaient \u00e9crite tout au long\u2009; Dieu d\u2019ailleurs, rayait donn\u00e9e \u00e0 pressentir aux hommes sages en leur recommandant de se garer des fourberies des d\u00e9mons et de fuir leur culte. Ces malins esprits, apr\u00e8s avoir, pendant de longs si\u00e8cles, gard\u00e9 le silence dans leurs temples sur des faits dont ils ne pouvaient ignorer la pr\u00e9diction par les Proph\u00e8tes comprirent leur prochain accomplissement et voulurent se donner l\u2019air de les pr\u00e9dire, de peur de passer pour des ignorants et des vaincus. Cette ruine avait donc \u00e9t\u00e9 depuis longtemps et pr\u00e9dite et \u00e9crite\u2009; et pour n\u2019en point donner d\u2019autres preuves, je ne citerai que ces paroles du proph\u00e8te Sophronie : \u00ab\u2009<em>Dieu pr\u00e9vaudra contre eux, il exterminera tous les dieux des nations de la terre, et lui-m\u00eame sera ador\u00e9 par chacun dans son pays, par toutes les \u00eeles des nations\u2009<\/em>\u00bb (Sophon. II, 1).<\/p>\n<p><strong>Or, de deux choses, l\u2019une<\/strong><\/p>\n<p>1\u00b0 V\u00e9n\u00e9r\u00e9s dans les temples des Gentils, peut-\u00eatre les d\u00e9mons ne croyaient-ils pas \u00e0 l\u2019accomplissement de ces oracles, et c\u2019est pour cela qu\u2019ils ne voulurent pas les publier par leurs devins et leurs illumin\u00e9s fanatiques. C\u2019est ainsi qu\u2019un de leurs po\u00e8tes nous montre Junon n\u2019ayant point une foi absolue \u00e0 ce que Jupiter avait pr\u00e9dit sur le mont de Turnus.<br \/>\nCette Junon, que l\u2019on aime \u00e0 nommer chez eux la puissance de l\u2019air, parle ainsi dans Virgile : \u00ab\u2009<em>Aujourd\u2019hui un bien rude coup menace la t\u00eate innocente de Turnus\u2009; ce coup, je le vois venir, ou je m\u2019abuse. Ah\u2009! puiss\u00e8-je \u00eatre le jouet de vaines alarmes\u2009! Et vous, qui le pouvez, que ne changez-vous en l\u2019adoucissant un arr\u00eat si rigoureux<\/em>\u2009!\u2009\u00bb (En\u00e9ide, liv. X, 630-632 et suiv.) \u2014 Je dis donc : Ou bien ces pr\u00e9dictions, qu\u2019ils savaient avoir \u00e9t\u00e9 faites par les proph\u00e8tes, les d\u00e9mons, ces puissances a\u00e9riennes, doutant de leur accomplissement, les regardaient comme simplement possibles, et, par suite, ils ne voulurent point \u2014 en publier l\u2019oracle\u2009; \u2014 et ce silence donne la mesure de leur caract\u00e8re\u2009;<\/p>\n<p>2\u00b0 Ou bien, au contraire, sachant \u00e0 n\u2019en point douter qu\u2019elles se r\u00e9aliseraient, ils se sont tus dans leurs temples pour cette raison m\u00eame, de peur de se voir d\u00e8s lors abandonn\u00e9s et m\u00e9pris\u00e9s par les hommes intelligents, puisque le renversement de leurs temples et de leurs idoles e\u00fbt \u00e9t\u00e9 attest\u00e9 par les proph\u00e8tes m\u00eames qui d\u00e9fendaient de les honorer.<br \/>\nMais, de nos jours, le temps.; \u00e9tait venu o\u00f9 d\u00e9j\u00e0 s\u2019accomplissaient les oracles des proph\u00e8tes de ce Dieu unique, qui d\u00e9clare les d\u00e9mons autant de faux dieux et interdit tr\u00e8s-s\u00e9v\u00e8rement leur culte : pourquoi, d\u00e8s lors, connaissant le d\u00e9cret de leur ruine, les d\u00e9mons n\u2019auraient-ils pas re\u00e7u la permission de la pr\u00e9dire et de montrer ainsi avec \u00e9vidence ou qu\u2019ils n\u2019y ont point cru auparavant, ou qu\u2019ils ont craint de l\u2019annoncer \u00e0 leurs adorateurs\u2009? Et cette pr\u00e9diction, enfin, dans leur intention, ne prouvait-elle pas que n\u2019ayant d\u00e9sormais rien \u00e0 faire de mieux, ils ont voulu du moins se montrer devins habiles, et \u00e0 l\u2019heure m\u00eame o\u00f9 les faits venaient les convaincre d\u2019avoir longtemps usurp\u00e9 les honneurs divins\u2009?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">CHAPITRE VIII.<\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><em>LES D\u00c9MONS ONT PU FAIRE QUELQUES PR\u00c9DICTIONS VRAIES. D\u2019APR\u00c8S LEURS CONNAISSANCES DES ORACLES DES PROPH\u00c8TES\u2009; MAIS ILS N\u2019ONT JAMAIS OS\u00c9 RIEN DIRE CONTRE LE VRAI DIEU.<\/em><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>12. Toutefois les adorateurs qui leur restent encore pr\u00e9tendent que certains de leurs livres contiennent ces pr\u00e9dictions. On aurait droit de croire, il est vrai, qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9es d\u2019apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements m\u00eames, puisque, si elles \u00e9taient authentiques, leurs temples auraient d\u00fb, depuis si longtemps, les faire conna\u00eetre \u00e0 leurs peuples. Ainsi agit-on, en effet, non-seulement dans nos \u00e9glises, \u00e0 nous\u2009; mais, ce qui est un t\u00e9moignage plus \u00e9crasant encore, contre tous nos ennemis, ainsi agissent les synagogues des Juifs, qui les donnent \u00e0 lire de toute antiquit\u00e9 et en toute clart\u00e9. Cependant les quelques pauvres pr\u00e9dictions que l\u2019on produit si rarement et \u00e0 la d\u00e9rob\u00e9e, ne nous doivent point \u00e9tonner, suppos\u00e2t-on qu\u2019on ait pu extorquer de quelque d\u00e9mon un aveu fait \u00e0 ses adorateurs, un secret que lui-m\u00eame avait appris par les pr\u00e9dications \u2014 des proph\u00e8tes ou par les oracles des anges. Pourquoi ce fait serait-il impossible, puisqu\u2019il n\u2019attaque pas et qu\u2019il atteste au contraire la v\u00e9rit\u00e9\u2009? Un seul oracle leur doit \u00eatre demand\u00e9 comme valide contre nous\u2009; mais ils ne l\u2019ont jamais produit\u2009; mais ils n\u2019essaieront jamais de le produire \u00e0 moins de le fabriquer : c\u2019est de nous montrer leurs dieux comme ayant os\u00e9 rien pr\u00e9dire ou dire m\u00eame par leurs devins contre le Dieu d\u2019Isra\u00ebl. Ce Dieu, leurs \u00e9crivains les plus savants, qui ont pu tout lire et conna\u00eetre, ont demand\u00e9 qui il \u00e9tait, plut\u00f4t qu\u2019ils n\u2019ont eu le pouvoir de nier sa divinit\u00e9. Or, au contraire, ce Dieu dont aucun d\u2019eux n\u2019a os\u00e9 nier le titre de Dieu v\u00e9ritable, et qu\u2019une n\u00e9gation si hardie n\u2019emp\u00eacherait pas de les punir comme ils le m\u00e9ritent, outre que des faits certains la convaincraient de mensonge\u2009; ce Dieu, oui, dont aucun d\u2019eux, je l\u2019ai dit, n\u2019a os\u00e9 nier qu\u2019il f\u00fbt le Dieu v\u00e9ritable, les a trait\u00e9s de divinit\u00e9s fausses qu\u2019on doit abandonner\u2009; temples, idoles, culte, il veut, par ses vrais devins, c\u2019est-\u00e0-dire par ses Proph\u00e8tes, que tout s\u2019\u00e9croule\u2009; son arr\u00eat publiquement l\u2019a pr\u00e9dit\u2009; sa puissance publiquement l\u2019a command\u00e9\u2009; sa v\u00e9rit\u00e9 publiquement l\u2019a accompli. Aussi, quel homme sera d\u00e9sormais fou, jusqu\u2019\u00e0 ne pas donner tout son culte de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Celui que les dieux m\u00eames qu\u2019il honorait ne lui d\u00e9fendent point d\u2019honorer\u2009? Et, d\u00e8s qu\u2019il commencera \u00e0 lui porter son hommage, il le refusera bien certainement \u00e0 ceux qu\u2019un Dieu qu\u2019il honore lui d\u00e9fend d\u2019honorer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">CHAPITRE IX.<\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><em>LES PROPH\u00c8TES ONT PR\u00c9DIT QUE LE CULTE DES D\u00c9MONS DISPARAITRA POUR FAIRE PLACE AU CULTE D\u2019UN SEUL DIEU.<\/em><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>13. Que lui-m\u00eame, au contraire, d\u00fbt enfin recevoir le culte des nations, heureuses de bannir les fausses divinit\u00e9s qu\u2019elles honoraient auparavant, c\u2019est un fait pr\u00e9dit par les proph\u00e8tes, comme je l\u2019ai rappel\u00e9 d\u00e9j\u00e0 et comme j\u2019aime \u00e0 le redire encore : \u00ab\u2009<em>Le Seigneur pr\u00e9vaudra contre eux, est-il dit\u2009; il exterminera les dieux des nations de la terre, et c\u2019est lui qui sera ador\u00e9 par chacun dans son pays, par toutes les \u00eeles des nations\u2009<\/em>\u00bb (Sophon. II, 1) \u2014 Ce ne seront pas les \u00eeles seulement, mais toutes les nations si bien au complet que toutes leurs \u00eeles m\u00eames voudront l\u2019adorer\u2009; d\u2019autant plus qu\u2019en un autre livre sacr\u00e9, l\u2019Ecriture ne mentionne pas les \u00eeles, mais le monde habit\u00e9 tout entier : \u00ab\u2009<em>La terre dans toute son \u00e9tendue se souviendra de ces choses et se convertira au Seigneur\u2009; et tous les peuples diff\u00e9rents des nations seront dans l\u2019adoration en sa pr\u00e9sence, parce que la vraie, royaut\u00e9 appartient au Seigneur\u2009; \u00e0 lui reviendra l\u2019empire sur toutes les nations<\/em>\u2009\u00bb (Psal. XXI, 28-29, 17-19). L\u2019accomplissement de ces proph\u00e9ties par J\u00e9sus-Christ \u00e9tait annonc\u00e9 assez \u00e9videmment par d\u2019autres t\u00e9moignages encore, et sp\u00e9cialement par ce m\u00eame psaume auquel j\u2019emprunte ces paroles. En effet, apr\u00e8s nous avoir entretenus de sa Passion \u00e0 venir, en disant par le Proph\u00e8te dans les versets pr\u00e9c\u00e9dents : \u00ab\u2009<em>Ils ont perc\u00e9 mes mains et mes pieds\u2009; ils ont compt\u00e9 tous mes os\u2009; ils se sont plu \u00e0 me regarder et \u00e0 me contempler\u2009; ils ont partag\u00e9 mes v\u00eatements entre eux, et ils ont jet\u00e9 ma robe au sort<\/em>\u2009\u00bb, presque aussit\u00f4t apr\u00e8s ces plaintes, le Seigneur ajoute les paroles que j\u2019ai cit\u00e9es : \u00ab\u2009<em>La terre dans toute son \u00e9tendue se souviendra de ces choses et se convertira<\/em>\u2009\u00bb. D\u2019ailleurs, le texte que j\u2019ai cit\u00e9 en premier lieu, o\u00f9 vous lisez : \u00ab\u2009<em>Le Seigneur pr\u00e9vaudra contre eux, il exterminera tous les dieux de la terre<\/em>\u2009\u00bb, ce texte, parce seul mot \u00ab<em>\u2009il pr\u00e9vaudra<\/em>\u2009\u00bb, est d\u00e9j\u00e0 une proph\u00e9tie d\u2019un double fait, \u00e0 savoir : des combats que les pa\u00efens devaient livrer \u00e0 l\u2019Eglise, de ces pers\u00e9cutions \u00e0 outrance contre le nom chr\u00e9tien, pour l\u2019effacer enti\u00e8rement de ce monde, s\u2019il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 possible\u2009; puis de la victoire que le Seigneur remporterait sur eux par la patience de ses martyrs et la grandeur des miracles qui am\u00e8neraient enfin tous les peuples \u00e0 la vraie foi. C\u2019est le sens de l\u2019expression : \u00ab\u2009Le Seigneur pr\u00e9vaudra contre eux\u2009\u00bb. Il ne serait point dit que Dieu d\u00fbt pr\u00e9valoir contre eux, si eux-m\u00eames n\u2019avaient pas d\u00fb lui r\u00e9sister en l\u2019attaquant. Aussi le Psalmiste l\u2019avait ainsi proph\u00e9tis\u00e9 :<br \/>\n\u00ab\u2009<em>Pourquoi les nations ont-elles fr\u00e9mi, et pourquoi les peuples ont-ils form\u00e9 de vains complots\u2009? Les rois de la terre se sont lev\u00e9s, et les princes se sont assembl\u00e9s contre le Seigneur et contre son Christ<\/em>\u2009\u00bb. \u2014 Mais il ajoute bient\u00f4t : \u00ab\u2009<em>Le Seigneur m\u2019a dit : Vous \u00eates mon fils\u2009; je vous ai engendr\u00e9 aujourd\u2019hui. Demandez-moi, et je vous donnerai les nations pour votre h\u00e9ritage et j\u2019\u00e9tendrai votre empire jusqu\u2019aux extr\u00e9mit\u00e9s de la terre<\/em>\u2009\u00bb (Psal. II, 1, 2, 7). C\u2019est ce qui dictait d\u00e9j\u00e0 les paroles pr\u00e9cit\u00e9es d\u2019un autre psaume : \u00ab\u2009<em>La terre dans toute son \u00e9tendue se souviendra de ces choses et se convertira au Seigneur\u2009<\/em>\u00bb. \u2014 Ces proph\u00e9ties majestueuses annon\u00e7aient \u00e9videmment un fait r\u00e9alis\u00e9 par J\u00e9sus-Christ, \u00e0 savoir, que le Dieu d\u2019Isra\u00ebl, par nous reconnu comme le seul vrai Dieu, serait honor\u00e9 bient\u00f4t non pas seulement dans cette unique nation qui s\u2019est appel\u00e9e Isra\u00ebl, mais par tous les peuples, et que tous les faux dieux des nations seraient par lui arrach\u00e9s et de leurs temples, et des c\u0153urs m\u00eames de leurs adorateurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">CHAPITRE X.<\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><em>LES TRISTES RESTES DES PA\u00cfENS VANTENT EN PAIN LEUR SCIENCE ET LEUR SAGESSE.<\/em><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>14. Qu\u2019ils viennent maintenant, ces vaincus\u2009; et qu\u2019en face de la religion chr\u00e9tienne et contre le culte du vrai Dieu, ils osent batailler encore en faveur de veilleries pu\u00e9riles, afin de p\u00e9rir sans doute avec quelque bruit. Car le psaume leur pr\u00e9dit encore ce sort mis\u00e9rable, et voici les paroles du Proph\u00e8te :<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u2009Vous vous \u00eates assis sur votre tr\u00f4ne, vous a qui jugez selon la justice. Vous avez condamn\u00e9 les nations, et l\u2019impie a p\u00e9ri\u2009; vous avez effac\u00e9 leur nom pour toute l\u2019\u00e9ternit\u00e9 et pour les si\u00e8cles des si\u00e8cles. Les armes de l\u2019ennemi ont perdu leur force pour toujours et vous avez d\u00e9truit leurs villes. Leur m\u00e9moire a p\u00e9ri avec grand bruit\u2009; mais le Seigneur demeure \u00e9ternellement\u2009\u00bb (Ps. IX, 5-8).<\/p><\/blockquote>\n<p>Il faut absolument que tout cela s\u2019accomplisse\u2009; et si ce petit nombre d\u2019ennemis qui survivent osent encore vanter leurs doctrines gonfl\u00e9es de vent, et se moquer des chr\u00e9tiens comme d\u2019ignorants inhabiles, nous ne devons pas \u00eatre surpris de cette accusation, puisque nous y voyons se r\u00e9aliser une proph\u00e9tie de plus.<br \/>\nEn effet, cette inhabilet\u00e9, cette folie des chr\u00e9tiens, o\u00f9 se d\u00e9voile la plus haute, la seule v\u00e9ritable sagesse aux yeux des humbles et des saints, qui l\u2019\u00e9tudient avec amour : oui, c\u2019est elle, c\u2019est cette pr\u00e9tendue folie des chr\u00e9tiens qui a r\u00e9duit leurs adversaires \u00e0 n\u2019\u00eatre plus qu\u2019une infime minorit\u00e9, parce que, selon le mot de l\u2019Ap\u00f4tre : \u00ab\u2009<em>Dieu a rendu insens\u00e9e la \u201csagesse de ce monde\u201d<\/em>\u2009\u00bb\u2009; aussi ajoute-t-il un trait admirable \u00e0 qui sait le comprendre, quand il poursuit :<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u2009En effet, Dieu voyant que le monde avec la sagesse humaine, ne l\u2019avait point connu dans les ouvrages de sa sagesse divine, il lui a plu de sauver par la folie de la pr\u00e9dication ceux qui croiraient en lui. Car les Juifs demandent des miracles et les gentils cherchent la sagesse\u2009; et nous, nous pr\u00eachons J\u00e9sus-Christ crucifi\u00e9, lequel est un scandale pour les Juifs, et une folie pour les Gentils\u2009; mais il est la force de Dieu et la sagesse de Dieu pour ceux qui sont appel\u00e9s, soit Juifs, soit Gentils\u2009; parce que ce qui para\u00eet en Dieu une folie, est plus sage que la sagesse des hommes, et ce qui para\u00eet en Dieu une faiblesse, est plus fort que toute la force des hommes\u2009\u00bb (I Cor. I, 20-25).<\/p><\/blockquote>\n<p>Qu\u2019ils se moquent donc, et de tout leur possible, de notre pr\u00e9tendue ignorance et de notre folie, et qu\u2019ils vantent leur science et leur sagesse. Ce que je sais, c\u2019est que nos insulteurs sont d\u00e9j\u00e0 moins nombreux cette ann\u00e9e qu\u2019ils ne l\u2019\u00e9taient l\u2019an dernier. Car depuis l\u2019\u00e9poque o\u00f9 les nations ont fr\u00e9mi, et o\u00f9 les peuples ont vainement complot\u00e9 contre le Seigneur et contre son Christ, alors qu\u2019ils versaient le sang des saints et qu\u2019ils ravageaient l\u2019\u00c9glise, jusqu\u2019au temps pr\u00e9sent et dans les \u00e2ges qui suivront, ils diminueront en nombre de jour en jour. Quant \u00e0 nous, nous sommes fortifi\u00e9s \u00e0 l\u2019infini contre leurs opprobres et leurs moqueries superbes, par les oracles de notre Dieu, que nous voyons sur ce point m\u00eame, que nous sommes heureux de voir se v\u00e9rifier toujours. Car c\u2019est \u00e0 nous qu\u2019il d\u00e9clare par son Proph\u00e8te :<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u2009Ecoutez-moi, vous qui connaissez la justice\u2009; vous, mon peuple, qui avez ma loi grav\u00e9e dans vos c\u0153urs\u2009; ne craignez point les opprobres des hommes\u2009; ne vous laissez pas vaincre par leurs outrages\u2009; et s\u2019ils vous m\u00e9prisent aujourd\u2019hui, ne faites pas grand cas de leur m\u00e9pris. Car, comme les v\u00eatements, ils seront us\u00e9s par le temps\u2009; et comme la laine, ils seront d\u00e9vor\u00e9s par les vers\u2009; mais ma justice subsiste \u00e9ternellement\u2009\u00bb (Isa\u00ef. LI, 7, 8).<\/p><\/blockquote>\n<p>Qu\u2019ils lisent cependant nos r\u00e9flexions, s\u2019ils daignent nous entendre\u2009; et quand leurs objections arriveront \u00e0 nos oreilles, autant que Dieu nous aidera, nous esp\u00e9rons y r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>In <em>\u0152uvres compl\u00e8tes de saint Augustin<\/em> traduites pour la premi\u00e8re fois en fran\u00e7ais sous la direction de M. Raulx, Tome XII, p. 270-279. BAR-LE-DUC, 1866.<br \/>\nVersion <a href=\"https:\/\/www.bibliotheque-monastique.ch\/bibliotheque\/bibliotheque\/saints\/augustin\/divination\/index.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00e9lectronique<\/a> disponible sur le site de l&rsquo;Abbaye saint Beno\u00eet<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"vlp-link-container vlp-layout-basic\"><a href=\"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/bienheureux-augustin\/\" class=\"vlp-link\" title=\"Bienheureux Augustin [\u2020430]\"><\/a><div class=\"vlp-layout-zone-side\"><div class=\"vlp-block-2 vlp-link-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"max-width: 150px;\" width=\"150\" height=\"184\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/b.-Augustin.650px.jpg\" class=\"attachment-150x999 size-150x999\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/b.-Augustin.650px.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/b.-Augustin.650px-245x300.jpg 245w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/div><\/div><div class=\"vlp-layout-zone-main\"><div class=\"vlp-block-0 vlp-link-title\">Bienheureux Augustin [\u2020430]<\/div><\/div><\/div><span hidden class=\"__iawmlf-post-loop-links\" data-iawmlf-links=\"[{&quot;id&quot;:750,&quot;href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/www.bibliotheque-monastique.ch\\\/bibliotheque\\\/bibliotheque\\\/saints\\\/augustin\\\/divination\\\/index.htm&quot;,&quot;archived_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;redirect_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;checks&quot;:[],&quot;broken&quot;:false,&quot;last_checked&quot;:null,&quot;process&quot;:&quot;done&quot;}]\"><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dieu permet que les d\u00e9mons devinent, et qu\u2019il leur soit rendu un certain culte : mais il ne suit&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1016,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[206,2],"tags":[231],"class_list":["post-1769","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-catechese","category-orthodoxie","tag-augustin"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1769","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1769"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1769\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1774,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1769\/revisions\/1774"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1016"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1769"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1769"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1769"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}