{"id":1564,"date":"2020-09-14T00:22:05","date_gmt":"2020-09-13T22:22:05","guid":{"rendered":"http:\/\/hesychia.eu\/?p=1564"},"modified":"2020-09-14T00:37:09","modified_gmt":"2020-09-13T22:37:09","slug":"conversations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/2020\/09\/14\/conversations\/","title":{"rendered":"Conversations avec un vieil ami de Dieu"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><em>\u00c9changes entre l\u2019<strong>adolescent<\/strong> (Arkadi Makarovitch Dolgorouki) et Macaire Ivanovitch Dolgorouki sur la beaut\u00e9, le myst\u00e8re de la vie et Dieu.<\/em><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/fedordostoevsky.ru\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1562\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/karama.01.650px.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"534\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/karama.01.650px.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/karama.01.650px-225x300.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ah\u2009! comme c\u2019est d\u00e9plaisant, un vieillard malade, soupira-t-il. Je ne sais pas \u00e0 quoi est accroch\u00e9e mon \u00e2me, mais elle tient toujours, et toujours heureuse d\u2019\u00eatre au monde, et il semble que, si je devais recommencer ma vie, elle n\u2019en aurait pas peur, bien que peut-\u00eatre une telle id\u00e9e soit un p\u00e9ch\u00e9.<br \/>\n\u2013 Pourquoi un p\u00e9ch\u00e9\u2009?<br \/>\n\u2013 Arriver \u00e0 la mort avec r\u00e9volte ou m\u00e9contentement c\u2019est un grand p\u00e9ch\u00e9. Et si l\u2019on quitte la vie avec un c\u0153ur bien gai, alors je pense que Dieu pardonne, m\u00eame \u00e0 un vieillard. Savoir ce qui est p\u00e9ch\u00e9 est chose difficile. Il y a l\u00e0 un myst\u00e8re qui passe l\u2019esprit humain, et le vieillard doit \u00eatre content \u00e0 chaque moment, et mourir en pleine connaissance de son esprit, heureux de ses jours, et r\u00e9joui d\u2019accomplir son myst\u00e8re.<br \/>\n\u2013 Vous dites \u00ab\u2009<em><strong>le myst\u00e8re\u2009<\/strong><\/em>\u00bb\u2009; que signifie \u00ab<strong><em>\u2009accomplir son myst\u00e8re<\/em><\/strong>\u2009\u00bb, demandai-je en jetant un regard vers la porte.<br \/>\nJ\u2019\u00e9tais content d\u2019\u00eatre seul avec lui, et qu\u2019autour r\u00e9gn\u00e2t un silence absolu. Le soleil brillait dans les vitres avant de se coucher. Le vieillard s\u2019exprimait un peu pompeusement, mais tr\u00e8s sinc\u00e8rement et avec quelque surexcitation, comme s\u2019il s\u2019\u00e9tait senti heureux de mon arriv\u00e9e, mais je remarquai en lui, un \u00e9tat f\u00e9brile, tr\u00e8s f\u00e9brile m\u00eame. J\u2019\u00e9tais malade aussi, f\u00e9brile aussi, depuis que je me trouvais pr\u00e8s de lui.<br \/>\n\u2013 Que signifie le myst\u00e8re\u2009? Tout est le myst\u00e8re, mon ami : en tout est le myst\u00e8re de Dieu. En chaque arbre, en chaque herbe. Le petit oiseau chante, ou les \u00e9toiles brillent au ciel dans la nuit, tout cela, c\u2019est le m\u00eame myst\u00e8re. Et le plus grand myst\u00e8re est dans ce qui attend l\u2019homme en l\u2019autre monde. Voil\u00e0, mon ami\u2009!<br \/>\n\u2013 Je ne saisis pas dans quel sens vous l\u2019entendez\u2026 je ne dis pas cela pour vous d\u00e9sobliger, et soyez s\u00fbr que je crois en Dieu, mais tous ces myst\u00e8res sont depuis longtemps \u00e9lucid\u00e9s par l\u2019esprit, et ce qui ne l\u2019est pas encore le sera s\u00fbrement, peut-\u00eatre dans le plus bref d\u00e9lai. Le botaniste sait tr\u00e8s bien comment grandit l\u2019arbre\u2009; le physiologiste et l\u2019anatomiste savent m\u00eame pourquoi chante l\u2019oiseau, ou bient\u00f4t le sauront. Et quant aux astres, non seulement on les d\u00e9nombre, mais chacun de leurs mouvements est calcul\u00e9 avec une pr\u00e9cision telle qu\u2019on peut pr\u00e9dire mille ans \u00e0 l\u2019avance l\u2019apparition d\u2019une com\u00e8te. Maintenant on conna\u00eet m\u00eame la constitution des \u00e9toiles les plus lointaines. Prenez un microscope, c\u2019est un verre pur qui grossit les objets des milliers de fois, et regardez une goutte d\u2019eau : on y distingue de nouveaux \u00eatres vivants. Pourtant c\u2019\u00e9tait aussi un myst\u00e8re\u2009; eh bien, on l\u2019a perc\u00e9.<br \/>\n\u2013 J\u2019ai souvent entendu les hommes parler de cela, mon ami. Que dire\u2009? c\u2019est une grande chose\u2009; tout nous est transmis par la volont\u00e9 de Dieu. Ce n\u2019est pas en vain que Dieu nous a souffl\u00e9 la vie : vis et connais.<br \/>\n\u2013 C\u2019est un lien commun\u2026 Cependant vous n\u2019\u00eates pas un ennemi de la science, un cl\u00e9rical\u2009? C\u2019est-\u00e0-dire\u2026 je ne sais pas si vous comprendrez\u2026<br \/>\n\u2013 Non, mon ami, depuis l\u2019enfance j\u2019ai respect\u00e9 la science\u2009; bien que je ne sois pas savant, je ne me r\u00e9volte pas contre elle. Il vaut peut-\u00eatre mieux que chacun ait sa sp\u00e9cialit\u00e9. Parce que, mon ami, la science n\u2019est pas toujours un avantage. On se laisse aller \u00e0 vouloir \u00e9tonner le monde, et moi, si j\u2019\u00e9tais savant, je le voudrais plus que tous. Ignorant, comment m\u2019enorgueillir\u2009? Quant \u00e0 ce verre, que tu appelles microscope, il n\u2019y a pas si longtemps que je l\u2019ai vu.<br \/>\nIl soupira. Assur\u00e9ment mon arriv\u00e9e lui faisait plaisir. Il avait un grand besoin de causer, un besoin presque maladif. En outre, je ne me tromperai pas en affirmant qu\u2019il me regardait parfois avec une affection extraordinaire\u2009; il posait sa main avec tendresse sur la mienne, me touchait l\u2019\u00e9paule. Et, par moments, il faut l\u2019avouer, il m\u2019oubliait tout \u00e0 fait, comme s\u2019il avait \u00e9t\u00e9 seul, et, bien qu\u2019il parl\u00e2t avec chaleur, on e\u00fbt dit qu\u2019il parlait pour lui-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2013 Il y a, mon ami, continua-t-il, dans le couvent Gu\u00e9nadi\u00e9va-Poustine, un homme de haute intelligence. Il est d\u2019origine noble, tr\u00e8s riche, et a le grade de lieutenant-colonel. Voil\u00e0 dix ans qu\u2019il a fui le si\u00e8cle pour cet asile, o\u00f9 il repose son esprit des tracas du monde. Il observe tous les r\u00e8glements du couvent, mais il ne veut pas prendre le froc. Il poss\u00e8de tant de livres, mon ami, que je n\u2019en ai vu autant chez personne. Il m\u2019a dit lui-m\u00eame en avoir pour huit mille roubles. On l\u2019appelle Pierre Val\u00e9rianovitch. Il m\u2019a enseign\u00e9 beaucoup de choses en divers temps, et j\u2019aimais beaucoup l\u2019\u00e9couter. Et, une fois, je lui ai dit : \u00ab\u2009<em>Comment, monsieur, avec votre grand esprit, et vivant d\u00e9j\u00e0 depuis dix ans dans l\u2019ob\u00e9issance \u00e0 la r\u00e8gle et l\u2019abn\u00e9gation de votre volont\u00e9, pourquoi ne prenez-vous pas le froc pour vous rendre plus parfait encore\u2009?<\/em>\u2009\u00bb Et il me r\u00e9pondit : \u00ab\u2009V<em>ieillard que parles-tu de mon esprit\u2009? Peut-\u00eatre est-ce mon esprit qui m\u2019a capt\u00e9 d\u00e9j\u00e0, et non moi qui l\u2019ai dompt\u00e9. Et que discutes-tu de mon ob\u00e9issance\u2009? Peut-\u00eatre y a-t-il longtemps d\u00e9j\u00e0 que j\u2019ai perdu la mesure. Et que dis-tu de l\u2019abn\u00e9gation de ma volont\u00e9\u2009? Vois-tu, je consentirais \u00e0 abandonner sur-le-champ ma fortune, je vendrais imm\u00e9diatement mes titres et mes ordres, mais voil\u00e0 d\u00e9j\u00e0 dix ans que je m\u2019efforce en vain de me d\u00e9shabituer de la pipe, et je n\u2019y puis parvenir<\/em>\u2009\u00bb. Et je m\u2019\u00e9tonnais alors de son humilit\u00e9. Eh bien, voil\u00e0, l\u2019\u00e9t\u00e9 pass\u00e9, le jour de la saint-Pierre, je me trouvais de nouveau dans ce couvent, et je vois dans sa cellule ce m\u00eame objet, le microscope. Ah\u2009! il l\u2019avait fait venir de l\u2019\u00e9tranger pour beaucoup d\u2019argent. \u00ab\u2009<em>Attends, dit-il, vieillard, je te montrerai une chose \u00e9tonnante que tu n\u2019as encore jamais vue. Tu vois cette goutte d\u2019eau, pure comme une larme\u2009? Eh bien\u2009! regarde ce qu\u2019elle renferme et tu verras que les m\u00e9caniciens, bient\u00f4t, d\u00e9couvriront tous les secrets de Dieu, sans en laisser un seul.<\/em>\u2009\u00bb Or, moi, j\u2019avais regard\u00e9 dans un microscope, trente-cinq ans auparavant, chez Alexandre Vladimirovitch Malgassov, notre ma\u00eetre, oncle d\u2019Andr\u00e9 P\u00e9trovitch dans la ligne maternelle\u2009; de son domaine, Andr\u00e9 P\u00e9trovitch a h\u00e9rit\u00e9 jadis. C\u2019\u00e9tait un grand seigneur, un g\u00e9n\u00e9ral tr\u00e8s important, et il poss\u00e9dait une meute nombreuse, et pendant de longues ann\u00e9es, je fus veneur chez lui. Voil\u00e0, il avait achet\u00e9 aussi ce m\u00eame microscope et avait ordonn\u00e9 \u00e0 tous les domestiques de s\u2019approcher \u00e0 tour de r\u00f4le et de regarder dedans, et il leur a montr\u00e9 ainsi une puce, un pou, une pointe d\u2019aiguille, un cheveu, une goutte d\u2019eau. Ah\u2009! c\u2019en fut une r\u00e9jouissance\u2009! On avait peur de s\u2019approcher et on avait peur aussi de m\u00e9contenter le ma\u00eetre si on ne s\u2019approchait pas : car il \u00e9tait tr\u00e8s emport\u00e9. Mais je n\u2019ai pas racont\u00e9 \u00e0 Pierre Val\u00e9rianovitch qu\u2019ainsi plus de trente-cinq ans auparavant j\u2019avais vu le m\u00eame miracle, parce que je crois qu\u2019il avait du plaisir \u00e0 me montrer cela. Au contraire, je m\u2019\u00e9tonnai et fis semblant d\u2019avoir peur. Au bout d\u2019un instant il me demanda : \u00ab\u2009<em>Eh bien, vieux, que diras-tu maintenant\u2009?<\/em>\u2009\u00bb Et moi, je le saluai et lui dis : \u00ab\u2009<em>Dieu dit : Que la lumi\u00e8re soit, et la lumi\u00e8re fut.<\/em>\u2009\u00bb Et lui, il me r\u00e9pond : \u00ab\u2009<em>Et peut-\u00eatre ce sont les t\u00e9n\u00e8bres\u2026\u2009<\/em>\u00bb Et il dit cela si \u00e9trangement, sans sourire. Je m\u2019\u00e9tonnai alors en le regardant, et lui, comme f\u00e2ch\u00e9, se taisait.<\/p>\n<p>\u2013 Tout simplement, votre Pierre Val\u00e9rianovitch fait le bigot dans le couvent et ne croit pas en Dieu, et vous \u00eates tomb\u00e9 dans un de ses moments de franchise. Voil\u00e0 tout, dis-je. Et en outre, c\u2019est un homme assez dr\u00f4le : assur\u00e9ment il avait regard\u00e9 dans le microscope dix fois avant. Pourquoi est-il devenu comme fou la onzi\u00e8me\u2009? Effet d\u2019une sensibilit\u00e9 nerveuse acquise au couvent.<br \/>\n\u2013 C\u2019est un homme pur et de grand esprit, pronon\u00e7a le vieillard avec importance, et il n\u2019est pas ath\u00e9e. En lui il y a une masse d\u2019esprit, mais le c\u0153ur n\u2019est pas tranquille. Il y a beaucoup d\u2019hommes pareils, maintenant, et voil\u00e0 ce que je te dirai encore : on se punit soi-m\u00eame\u2026 Tu pries avant de dormir\u2009?<br \/>\n\u2013 Non, je consid\u00e8re cela comme une coutume un peu sotte. Je dois vous avouer cependant que votre Pierre Val\u00e9rianovitch me pla\u00eet : ce n\u2019est pas un chiffon, mais un homme un peu semblable \u00e0 quelqu\u2019un que nous connaissons bien tous deux.<br \/>\nLe vieux ne fit attention qu\u2019\u00e0 la premi\u00e8re partie de ma r\u00e9ponse.<br \/>\n\u2013 Tu as tort, mon ami, de ne pas prier : \u2013 c\u2019est tr\u00e8s bon et tr\u00e8s gai pour le c\u0153ur, \u00e0 l\u2019aube, et au cr\u00e9puscule du soir, et la nuit quand tu t\u2019\u00e9veilles. \u00c9coute. Pendant l\u2019\u00e9t\u00e9 au mois de juillet, nous nous h\u00e2tions vers le couvent de la Nativit\u00e9 pour une f\u00eate. \u00c0 mesure que nous en approchions, la foule augmentait, enfin nous nous sommes trouv\u00e9s plus de deux cents qui tous allions baiser les saintes reliques des deux martyrs Joanice et Gr\u00e9goire. Nous nous \u00e9tions couch\u00e9s dans les champs et je me suis \u00e9veill\u00e9 de bonne heure. Tous dormaient, et le soleil n\u2019\u00e9clairait pas encore la for\u00eat. Je jetais les yeux de tous les c\u00f4t\u00e9s et je soupirais. Partout la beaut\u00e9 inexprimable. Tout est calme, l\u2019air est l\u00e9ger. L\u2019herbe pousse, pousse, petite herbe de Dieu\u2009! L\u2019oiseau chante. Chante, petit oiseau de Dieu\u2009! Un enfant aux bras d\u2019une femme a lanc\u00e9 un cri. Dieu soit avec toi, petit enfant\u2009; grandis pour le bonheur\u2009! Et, pour la premi\u00e8re fois de ma vie, je compris la beaut\u00e9. Je m\u2019endormis de nouveau, et si bien, si facilement. C\u2019est beau le monde, mon ami\u2009! Si je me porte mieux, j\u2019y retournerai au printemps. Et que ce soit un myst\u00e8re, tant mieux. C\u2019est terrible pour le c\u0153ur et admirable, et cette peur concourt \u00e0 la ga\u00eet\u00e9 du c\u0153ur. \u00ab\u2009<em>Tout est en toi, mon Dieu, et moi-m\u00eame je suis en toi\u2009; re\u00e7ois-moi\u2009!\u2026<\/em> \u00bb Ne te r\u00e9volte pas, jeune homme : c\u2019est d\u2019autant plus beau que c\u2019est un myst\u00e8re, ajouta-t-il avec attendrissement.<br \/>\n\u2014 \u00ab\u2009<em>C\u2019est d\u2019autant plus beau que c\u2019est un myst\u00e8re\u2026<\/em>\u2009\u00bb Je me rappellerai ces paroles. Vous ne vous exprimez pas avec pr\u00e9cision, mais je comprends\u2026 Vous savez et comprenez beaucoup plus que vous ne pouvez exprimer\u2026<br \/>\n\u2013 Sais-tu, mon cher enfant, reprit-il, comme poursuivant son r\u00e9cit, sais-tu que la m\u00e9moire qu\u2019on conserve d\u2019un homme est limit\u00e9e\u2009? Elle est limit\u00e9e \u00e0 cent ans. Tous ceux qui l\u2019ont vu vivant, sont morts. Sa tombe, au cimeti\u00e8re, est couverte d\u2019herbes, de pierres, et ses descendants m\u00eames ont oubli\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 son nom : car peu restent dans la m\u00e9moire des hommes\u2026 Eh bien, soit\u2009! qu\u2019ils m\u2019oublient, les ch\u00e9ris, moi je les aimerai par del\u00e0 le tombeau. J\u2019entends, petits enfants, vos voix gaies, j\u2019entends vos pas sur la tombe paternelle. Vivez tant que vous voyez le soleil, et cependant je prierai Dieu pour vous, et je para\u00eetrai dans vos r\u00eaves. \u2026 L\u2019amour subsiste apr\u00e8s la mort\u2009!&#8230;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1561\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/dosto.portrait.21.940px.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"229\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/dosto.portrait.21.940px.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/dosto.portrait.21.940px-300x73.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/dosto.portrait.21.940px-768x187.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u2013 Ces savants professeurs (probablement venait-on de parler des professeurs), tout d\u2019abord je les craignais beaucoup, dit Macaire Ivanovitch. Je n\u2019osais rien devant eux, parce que je redoutais un ath\u00e9e plus que tout : je pense que je n\u2019ai qu\u2019une \u00e2me, et que, si je la perds, je n\u2019en trouverai pas de rechange. Mais ensuite je m\u2019encourageai : \u00ab\u2009<em>Apr\u00e8s tout, me dis-je, ce ne sont pas des dieux, mais des hommes comme nous.\u2009<\/em>\u00bb Et une grande curiosit\u00e9 me vint : \u00ab\u2009<em>Je saurai ce que c\u2019est que l\u2019ath\u00e9isme.<\/em>\u2009\u00bb Seulement, mon ami, depuis, cette curiosit\u00e9 m\u00eame a pass\u00e9.<br \/>\nIl se tut : la na\u00efvet\u00e9 se fie \u00e0 tous et \u00e0 chacun sans soup\u00e7onner l\u2019ironie. De tels hommes sont toujours bern\u00e9s, \u00e9tant pr\u00eats \u00e0 tirer de leur c\u0153ur, devant le premier venu, ce qu\u2019il renferme de pr\u00e9cieux. Mais chez Macaire Ivanovitch, la na\u00efvet\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas seule en cause. Il y avait de l\u2019ap\u00f4tre en lui. Je saisis au passage une moquerie fine, adress\u00e9e par lui au docteur, peut-\u00eatre m\u00eame \u00e0 Versilov. [\u2026]\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>L\u2019ath\u00e9e-homme,<\/strong> continua le vieillard d\u2019un air concentr\u00e9, peut-\u00eatre bien que je le redoute encore. Seulement voil\u00e0, mon cher Alexandre Semenovitch, cet ath\u00e9e-l\u00e0, je ne l\u2019ai jamais rencontr\u00e9, pas une seule fois, et \u00e0 sa place, j\u2019ai rencontr\u00e9 l\u2019ath\u00e9e brouillon, voil\u00e0 comment il faut l\u2019appeler. Ce sont des gens de toute esp\u00e8ce\u2009; on ne peut pas m\u00eame bien voir lesquels\u2009; des grands et des petits, des sots et des savants, et m\u00eame des gens du peuple, et tous des brouillons. Ils passent toute leur vie \u00e0 lire et \u00e0 raisonner, ils sont satur\u00e9s du charme des livres, mais eux ils restent toujours dans le doute, sans rien pouvoir d\u00e9cider. Il y en a qui sont tout \u00e9parpill\u00e9s, qui ne se remarquent plus eux-m\u00eames\u2009; d\u2019autres sont plus endurcis que pierre, et leur c\u0153ur est parcouru de r\u00eaves\u2009; d\u2019autres sont insensibles et l\u00e9gers, pourvu qu\u2019ils l\u00e2chent leurs plaisanteries. D\u2019autres n\u2019ont pris dans leurs livres que la fleur, et encore \u00e0 leur id\u00e9e \u00e0 eux\u2009; mais ils sont toujours brouillons et sans d\u00e9cision. Voici ce que je vous dirai encore : il y a l\u00e0 beaucoup d\u2019ennui. Le petit homme est dans le besoin, pas de pain, rien \u00e0 donner aux enfants, il dort sur la paille piquante, mais il a toujours le c\u0153ur gai et l\u00e9ger\u2009; il fait des p\u00e9ch\u00e9s et dit des grossi\u00e8ret\u00e9s, mais le c\u0153ur reste l\u00e9ger. Le grand homme se gave de boisson et de nourriture, il est assis sur son tas d\u2019or, , mais son c\u0153ur est toujours plein d\u2019ennui. Il en est qui ont travers\u00e9 toutes les sciences, et l\u2019ennui est toujours l\u00e0. Je crois bien que, plus on a d\u2019esprit, et plus on a d\u2019ennui. Prenez seulement une chose : on enseigne depuis que le monde est monde, eh bien\u2009! qu\u2019est-ce qu\u2019on a appris de bon, pour que le monde soit une demeure belle et gaie, au possible et d\u00e9bordante de toutes les joies\u2009? Et je vous dirais encore : ils n\u2019ont pas de beaut\u00e9, ils n\u2019en veulent m\u00eame pas\u2009; ce sont tous des morts, seulement chacun vante sa mort et ne songe pas \u00e0 se tourner vers l\u2019unique V\u00e9rit\u00e9\u2009; vivre sans Dieu n\u2019est que tourment. Il arrive ainsi que nous maudissons ce qui nous \u00e9claire, et cela sans m\u00eame le savoir. Et quel bon sens y a-t-il\u2009? L\u2019homme ne peut pas vivre sans s\u2019agenouiller\u2009; il ne se supporterait pas, aucun homme n\u2019en serait capable. S\u2019il rejette Dieu, il s\u2019agenouille devant une idole, de bois, ou d\u2019or, ou imaginaire. Ce sont tous des idol\u00e2tres, et non des ath\u00e9es, voil\u00e0 comment il faut les appeler. Et comment ne pas \u00eatre ath\u00e9e\u2009? Il y en a qui sont v\u00e9ritablement ath\u00e9es, seulement ceux-l\u00e0 sont beaucoup plus terribles que les autres, parce qu\u2019ils se pr\u00e9sentent avec le nom de Dieu \u00e0 la bouche. J\u2019en ai entendu parler bien des fois, mais je n\u2019en ai jamais rencontr\u00e9. Mais ils existent, mon ami, et je crois qu\u2019ils doivent exister.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1563\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/netochka.01.940px.jpg\" alt=\"\" width=\"940\" height=\"201\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/netochka.01.940px.jpg 940w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/netochka.01.940px-300x64.jpg 300w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/netochka.01.940px-768x164.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>Je go\u00fbtais surtout en lui certaines vues tr\u00e8s originales sur les \u00e9v\u00e9nements de la vie courante.<\/p>\n<blockquote><p>Une fois, il racontait, par exemple, l\u2019aventure d\u2019un soldat en retraite dont il s\u2019\u00e9tait trouv\u00e9 presque t\u00e9moin.<br \/>\nLe soldat, ses ann\u00e9es de service achev\u00e9es, rentra au pays : or il lui \u00e9tait d\u00e9sormais insupportable de vivre parmi les moujiks, et lui-m\u00eame d\u00e9plaisait aux moujiks. Le bonhomme perdit la t\u00eate de plus en plus, se mit \u00e0 boire, et d\u00e9valisa quelqu\u2019un. Malgr\u00e9 le manque de preuves d\u00e9cisives, on l\u2019arr\u00eate, on le tra\u00eene devant le tribunal. L\u2019avocat, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019incertitude de la culpabilit\u00e9, est sur le point d\u2019enlever son acquittement. Quand tout \u00e0 coup l\u2019ancien soldat se l\u00e8ve et interrompt l\u2019orateur : \u00ab\u2009<em>Non, attends, cesse de parler.<\/em>\u2009\u00bb Et il raconte tout \u00ab<em>\u2009jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re miette<\/em>\u2009\u00bb et se repent devant tous avec larmes. Les jur\u00e9s, se retirent pour d\u00e9lib\u00e9rer, puis ils reviennent\u2009; ils prononcent : \u00ab<em>\u2009Non coupable.<\/em>\u2009\u00bb Et l\u2019auditoire de se r\u00e9jouir. Seul le soldat n\u2019a pas boug\u00e9. Il ne comprend rien, il ne comprend pas davantage ce que le pr\u00e9sident lui dit en le remettant en libert\u00e9. Le soldat part enfin et toujours sans rien comprendre \u00e0 ce qui lui arrive. Il devient pensif, taciturne, ne boit plus, ne mange plus, ne cause avec personne, et le cinqui\u00e8me jour se pend. \u00ab\u2009<em>Voil\u00e0 ce qu\u2019il en co\u00fbte de vivre avec ses p\u00e9ch\u00e9s sur l\u2019\u00e2me\u2009!\u2009<\/em>\u00bb conclut Macaire Ivanovitch.<\/p><\/blockquote>\n<p>Cette aventure sans doute est banale et les journaux doivent en relater une foule de pareilles\u2009; mais ce qui me saisit, c\u2019est le ton et, plus que tout, certaines paroles exprimant une fa\u00e7on toute nouvelle de voir les choses. En expliquant, par exemple, comment le soldat revenu aux champs d\u00e9plaisait aux moujiks, Macaire Ivanovitch disait : \u00ab\u2009<em>Un soldat, on sait ce que c\u2019est\u2009; \u2014 un soldat, c\u2019est un paysan d\u00e9prav\u00e9<\/em>\u2009\u00bb. Parlant ensuite de l\u2019avocat qui avait enlev\u00e9 l\u2019acquittement, il s\u2019exprimait ainsi : \u00ab\u2009<em>Et l\u2019avocat, on sait ce que c\u2019est, \u2014 la conscience de louage<\/em>\u00bb. \u2014 Ces deux expressions, il les a employ\u00e9es en passant et cependant, elles formulent une conception arr\u00eat\u00e9e sur ces deux sujets, et, pour ne pas repr\u00e9senter l\u2019opinion de tout le monde, elles ne correspondent que mieux \u00e0 celle de Macaire Ivanovitch.<\/p>\n<p>\u2013 Et comment, Macaire Ivanovitch, consid\u00e9rez-vous le p\u00e9ch\u00e9 de suicide\u2009? lui demandai-je.<br \/>\n\u2013 Le suicide, c\u2019est le plus grand p\u00e9ch\u00e9 humain, r\u00e9pondit-il en soupirant. Mais le juge ici, c\u2019est Dieu seul : lui seul conna\u00eet tout, chaque limite et chaque mesure. Nous, il nous faut absolument prier pour un tel p\u00e9cheur. Chaque fois que tu entendras parler d\u2019un p\u00e9ch\u00e9 pareil, avant de dormir prie de toute ta tendresse pour le p\u00e9cheur.<br \/>\n\u2013 Une pri\u00e8re lui viendra-t-elle en aide, s\u2019il est d\u00e9j\u00e0 condamn\u00e9\u2009?<br \/>\n\u2013 Qu\u2019en sais-tu\u2009? Plusieurs ne le croient pas, et il ne faut pas que tu les \u00e9coutes : ils ne savent eux-m\u00eames o\u00f9 ils marchent. C\u2019est pourquoi, quand tu prieras avant de dormir, \u00e0 la fin ajoute : \u201cPardonne, J\u00e9sus, \u00e0 tous ceux pour qui personne ne prie.\u201d Une telle pri\u00e8re est agr\u00e9able et efficace. Il faut aussi prier pour tous les p\u00e9cheurs qui vivent encore. \u201cSeigneur Dieu, sauve tous les impertinents\u2009!\u201d C\u2019est encore une bonne pri\u00e8re.<br \/>\nJe lui promis de prier, \u2014 pour lui faire plaisir. Et, en effet, la joie \u00e9claira son visage. Mais je me h\u00e2te d\u2019ajouter qu\u2019en pareil cas, il ne le prenait jamais de haut avec moi : il \u00e9vitait ce ton morig\u00e9nant et cet \u00e9talage d\u2019exp\u00e9rience qui rend les vieillards insupportables \u00e0 la jeunesse. Il se rendait compte que, s\u2019il avait sur moi la sup\u00e9riorit\u00e9, contestable, de l\u2019\u00e2ge, j\u2019avais sur lui celle de la culture.<br \/>\nPar exemple, il parlait tr\u00e8s volontiers de la vie du solitaire et il la prisait bien plus haut que celle du p\u00e8lerin. Je le contredisais avec chaleur, insistant sur l\u2019\u00e9go\u00efsme de ces hommes qui, au b\u00e9n\u00e9fice de leur salut personnel, abandonnent le monde, le frustrant ainsi de leur concours. Tout d\u2019abord il ne comprit pas. Alors je lui d\u00e9veloppai le tableau complet de l\u2019activit\u00e9 utile d\u2019un savant, d\u2019un m\u00e9decin, en g\u00e9n\u00e9ral de tout serviteur de l\u2019humanit\u00e9, et le menai ainsi jusqu\u2019\u00e0 l\u2019enthousiasme, de sorte que lui-m\u00eame m\u2019interrompait \u00e0 tout moment pour m\u2019approuver.<br \/>\n\u2013 Oui, c\u2019est cela, mon ami\u2009! que Dieu te b\u00e9nisse, tu penses la v\u00e9rit\u00e9\u2009!<br \/>\nMais quand j\u2019eus termin\u00e9, il ne souscrivit pas enti\u00e8rement \u00e0 ma conclusion :<br \/>\n\u2013 C\u2019est cela, soupira-t-il profond\u00e9ment\u2009; mais en est-il beaucoup qui pers\u00e9v\u00e8rent dans leur souci du bonheur des autres. L\u2019argent, s\u2019il n\u2019est pas un dieu tout \u00e0 fait, est un demi-dieu. Et les femmes\u2026 Et puis, dans la solitude, l\u2019homme se fortifie pour les \u0153uvres de saintet\u00e9. Oui, mon ami\u2009! Mais dans le monde que se passe-t-il\u2009?<br \/>\nEt il s\u2019\u00e9cria avec un sentiment extraordinaire :<\/p>\n<p>\u2013 N\u2019est-ce pas seulement un r\u00eave\u2009? Prends du sable et s\u00e8me-le sur des cailloux\u2009; quand ce sable jaune l\u00e8vera sur tes cailloux, alors ton r\u00eave se r\u00e9alisera dans le monde, voil\u00e0 comment on parle chez nous. Mais chez le Christ : \u201cVa et distribue ta richesse et fais-toi le serviteur de tous.\u201d Et tu seras plus riche qu\u2019avant, une infinit\u00e9 de fois\u2009; car ce n\u2019est pas la nourriture seulement, ni les habits pr\u00e9cieux, ni l\u2019orgueil et l\u2019envie qui donnent le bonheur, mais l\u2019amour infiniment multipli\u00e9. Ce n\u2019est pas une petite richesse, ni cent mille, ni un million, mais l\u2019univers entier que tu gagneras\u2009! Maintenant, nous amassons sans nous rassasier et nous dissipons follement : mais alors il n\u2019y aura ni orphelins, ni pauvres, car tous sont \u00e0 moi, tous sont mes parents, je les ai tous acquis, tous achet\u00e9s jusqu\u2019au dernier\u2009! Aujourd\u2019hui, il n\u2019est pas rare que m\u00eame le riche et le grand soient indiff\u00e9rents au nombre de leurs jours, et ne sachent pas eux-m\u00eames quelle distraction inventer\u2009; mais alors tes jours et tes heures seront multipli\u00e9s mille fois, car tu ne voudras plus perdre une seule petite minute et de chacune tu prendras conscience dans la joie de ton c\u0153ur. Alors, tu acquerras la sagesse non point par les livres seulement, car tu seras avec Dieu lui-m\u00eame face \u00e0 face\u2009; et la terre resplendira plus que le soleil, et il n\u2019y aura ni chagrin, ni soupir, mais seulement un unique paradis, sans prix\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5 style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/L%27Adolescent\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1556\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/adoles.01.650px.jpg\" alt=\"\" width=\"350\" height=\"490\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/adoles.01.650px.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/adoles.01.650px-214x300.jpg 214w\" sizes=\"auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px\" \/><\/a><\/h5>\n<h5><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: center;\">F. M. Dosto\u00efevski, <em>Un Adolescent<\/em>, roman traduit du russe par J. W. Bienstock et F. F\u00e9n\u00e9on, \u00c9ditions de la Revue blanche, Paris, 1923<\/h5>\n<h5 style=\"text-align: center;\">Version \u00e9lectronique disponible sur le site <a href=\"https:\/\/www.ebooksgratuits.com\/ebooks.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Ebooks libres et gratuits<\/a><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"vlp-link-container vlp-layout-basic\"><a href=\"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/dostoievski\/\" class=\"vlp-link\" title=\"F. M. Dosto\u00efevski [\u20201881]\"><\/a><div class=\"vlp-layout-zone-side\"><div class=\"vlp-block-2 vlp-link-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"max-width: 150px;\" width=\"150\" height=\"167\" src=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/dosto.portrait.02.650px.jpg\" class=\"attachment-150x999 size-150x999\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/dosto.portrait.02.650px.jpg 650w, https:\/\/hesychia.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/dosto.portrait.02.650px-270x300.jpg 270w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/div><\/div><div class=\"vlp-layout-zone-main\"><div class=\"vlp-block-0 vlp-link-title\">F. M. Dosto\u00efevski [\u20201881]<\/div><div class=\"vlp-block-1 vlp-link-summary\">&nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/div><\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p><span hidden class=\"__iawmlf-post-loop-links\" data-iawmlf-links=\"[{&quot;id&quot;:759,&quot;href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/fedordostoevsky.ru&quot;,&quot;archived_href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/web-wp.archive.org\\\/web\\\/20260328025533\\\/https:\\\/\\\/fedordostoevsky.ru\\\/&quot;,&quot;redirect_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;checks&quot;:[{&quot;date&quot;:&quot;2026-04-27 00:17:28&quot;,&quot;http_code&quot;:206},{&quot;date&quot;:&quot;2026-04-30 14:05:12&quot;,&quot;http_code&quot;:206},{&quot;date&quot;:&quot;2026-05-11 14:22:28&quot;,&quot;http_code&quot;:206},{&quot;date&quot;:&quot;2026-05-24 23:42:41&quot;,&quot;http_code&quot;:206}],&quot;broken&quot;:false,&quot;last_checked&quot;:{&quot;date&quot;:&quot;2026-05-24 23:42:41&quot;,&quot;http_code&quot;:206},&quot;process&quot;:&quot;done&quot;},{&quot;id&quot;:760,&quot;href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/fr.wikipedia.org\\\/wiki\\\/L%27Adolescent&quot;,&quot;archived_href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/web-wp.archive.org\\\/web\\\/20260328031736\\\/https:\\\/\\\/fr.wikipedia.org\\\/wiki\\\/L%27Adolescent&quot;,&quot;redirect_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;checks&quot;:[],&quot;broken&quot;:false,&quot;last_checked&quot;:null,&quot;process&quot;:&quot;done&quot;},{&quot;id&quot;:632,&quot;href&quot;:&quot;https:\\\/\\\/www.ebooksgratuits.com\\\/ebooks.php&quot;,&quot;archived_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;redirect_href&quot;:&quot;&quot;,&quot;checks&quot;:[],&quot;broken&quot;:false,&quot;last_checked&quot;:null,&quot;process&quot;:&quot;done&quot;}]\"><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9changes entre l\u2019adolescent (Arkadi Makarovitch Dolgorouki) et Macaire Ivanovitch Dolgorouki sur la beaut\u00e9, le myst\u00e8re de la vie et&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1562,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[211,2,189],"tags":[214],"class_list":["post-1564","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature","category-orthodoxie","category-russie","tag-litterature"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1564","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1564"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1564\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1577,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1564\/revisions\/1577"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1562"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1564"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1564"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/hesychia.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1564"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}